Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

URUGUAY

« Vote blanc contre la dictature ! »

· Inprecor n° 141, 17 janvier 1983 · p. 23 · 727 mots

La position :

"Vote blanc con

Nous reproduisons ci-dessous la prise de position du PST-U concernant les « élections internes » du 28 1982. Le PST-U appartenait au Comité international pour la reconstruction de la IVe Internationale (CIRQI) fondé en décembre 1980. Après son éclatement, PST-U n'a rejoint aucun des deux regroupements internationaux qui se constituèrent alors. Nous avons déjà publié dans le numéro 134 du 11 octobre 1982, un article du PST-U consacré à la réorganisation du mouvement ouvrier et popu-

CONTRE LA DICTATURE Dans une nouvelle tentative pour institutionnaliser son pouvoir, la dictature s'apprête à mettre en pratique son second scénario politique, après que la victoire écrasante du « non » au plébiscite constitutionnel de 1980 ait fait échouer lamentablement le premier. (...)

Grâce à la trève politique offerte par les politiciens « oppositionnels », la dictature est parvenue à se remettre des dégâts du plébiscite. Après un mois d'intenses conversations, au nom du dialogue et sur l'air de la « transition » et de la « transac tion », naissait un nouveau projet politique. Dans ce cadre, les politiciens des partis Blanco et Colorado appuyaient la promotion à la présidence du Général Gregorio Alvarez.

Pour les dirigeants patronaux d'opposition, la peur de la mobilisation ouvrière et populaire fut si forte qu'ils n'ont pas hésité à brader le triomphe du « non » au plébiscite pour se placer à nouveau sous l'aile protectrice de la dictature, qu'ils n'avaient guère quittée au cours de toutes ces années. Ce que les généraux avaient à proposer pour leur fermer la bouche n'é tait pourtant pas grand chose. Il a suffi de concessions partielles, et dans certains cas éphémères, pour que ces gens-là accourent au palais gouvernemental et viennent

Autrement dit, l'appel à voter pour les candidats des partis traditionnels le 28 novembre a la même signification pour le gouvernement que l'appel au vote « oui » lors du référendum 1980; voter « oui » au dialogue, c'est voter pour un pays aux salaires et aux chômeurs sans cesse plus misérables, pour un pays de sans travail, de prisonniers, de torturés, de proscrits, d'exilés et de disparus. veut dire « oui » au pillage du patronat et des militaires, à l'abandon du pays à l'impérialisme, à la négation des libertés démocratiques. Enfin, voter dans ces élections pour les candidats des partis bourdu PST-U tre la dictature!"

geois d'opposition, qu ils soient « d'op-

«pour le processus », c'est dire « oui » au maintien de la dictature. C'est d'autant plus clair au vu des listes où l'on retrouve, parmi les candidats « d'opposition », teurs et des responsables de la répression contre le mouvement ouvrier et populaire. Ceux qui appuient de leurs suffrages des « Blancos d'opposition » doivent savoir qu'ils voteront ainsi pour le général police et massacreur d'ouvriers, pour des représentants de la banque impérialiste comme Pons Etcheverry, ou pour d'anciens ministres de triste mémoire comme Pivel Devoto. Des personnages du même tonneau ornent les listes de « l'opposition Colorada », depuis les avocats défenseurs des monopoles impérialistes comme Tarigo jusqu'aux l'éducation publique comme Sanguinetti. C'est pourquoi le seul vote utile pour les travailleurs et le peuple, c'est le vote « blanc » contre la dictature et les partisans du dialogue

En votant « blanc », nous voterons contre les plans économiques du gouvernement et de l'impérialisme, pour le ratrapage des salaires et des pensions, con tre les licenciements et le chômage, pour la récupération des conquêtes sociales, contre l'augmentation des prix et des

Nous voterons contre la réglementation du droit de grève, pour le libre fonc tionnement des syndicats, contre la loi

Nous voterons « blanc » également pour que cesse l'intervention dans l'enseignement, pour l'autonomie et la cogestion à l'université, contre les examens

Nous voterons « blanc » pour la liberté des prisonniers, l'arrêt des tortures, le retour des exilés et la réapparition

En somme, nous nous mobiliserons pour le travail, le salaire et la liberté. Nous voterons et nous mobiliserons pour la chute de la dictature ! (...)

Pour l'unité du mouvement ouvrier et populaire :

- Vote « blanc » contre la dictature et les politiques de dialogue !

- Pour des élections libres et une Assemblée constituante élue au suffrage universel, sans proscrits ni prisonniers, ni exi-

- Pour un gouvernement ouvrier et PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS D'URUGUAY (PST-U)

Montevideo, octobre 1982.

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