Déclaration du Comité Déclaration faite à Prague, le 14 novembre 1982, relative à l'anonymat et au programme du Comité préparatoire des syndicats libres en Tchécoslovaquie :
Une année vient de s'écouler depuis le moment où le Comité s'est pour la première fois en public. Après sa dernière déclaration pour le soutien de Solidarité en Pologne, au début de novembre 1982, diverses spéculations sont apparues, aussi bien dans le pays qu'à l'étranger. Elles concernaient l'orientation du travail, le programme, mais surtout la curiosité quant aux noms des personnes représentatives de ce Co-
Get les interrogations sur leur anonymat. Nous devons décevoir en déclarant que, pour l'instant, et vraisemblablement encore pendant longtemps, nous ne rendrons pas publics les noms des membres du Comité, ni les détails concernant sa façon de travailler. Nous avons pour cela deux raisons : d'abord, nous considérons actuellement comme essentiel le travail anonyme sur le plan d'une prise de conscience sociale. Nous ne souhaiNous ne voulons pas devenir une attraction dans notre pays, mais une des possibilités pour le transformer. Nous estimons hautement l'initiative civique de la Charte 77. Mais le sort de ses signataires et la répression violente dont ils sont victimes nous servent d'avertissement. Nous ne voudrions pas non plus nous retrouver dans la situation du VONS, par exemple, qui a été amené, il y a quelque temps, à se poser publiquement la question de la nécessité d'arrêter son courageux travail. Dans la situation où manquent les conditions pour la naissance et le développement d'un mouvement de masse, nous voulons nous consacrer à des activités préparatoires et sociales, dans l'esprit que nous avons formulé lors de notre première déclaration.
préparatoire des syndicats libres
Ensuite : tant que les dirigeants contre leur propre intérêt, à toute négative, comme nous en sommes les nous ne rendrons pas publies nos noms. Notre travail en serait sensiblement affecté et, vraisemblablestoppé définitivement. Dans notre premier document de programme, nous avons déjà déclaré que nous voulons utiliser toutes les voies légales pour assainir le Mouvement révolutionnaire des syndicats (centrale syndicale officielle et unique en Tchécoslovaquie), surtout dans ses composantes sur les lieux de travail ; que nous voulons agir pour que ce syndicat devienne un réel mouve ment de travaillleurs en Tchécoslovaquie, qui défendrait leurs intérêts quotidiens et généraux. Ce n'est que dans le cas où apparaîtraient les conditions pour que voie le jour un mouvement syndical parallèle et indépendant correspondant à nos buts et conceptions, que nous lui consa crerions tous nos efforts. Nous savons qu'aujourd'hui même existent dans les entreprises et dans certaines organisations, plusieurs groupes non officiels, nés spontanément, qui suivent de façon critique le travail des syndicats officiels, et qui s'occupent des problèmes liés à la stagnation des salaires, leur disproportion, des questions de sécurité du travail, de graves défauts de production, etc. Toutes ces activités, tous ces groupes existent et travaillent de facon non officielle, comme des cellules liées par des intérêts identiques ou voisins. Une situation favorable rendrait envisageable leur fusion. A tous ces groupes et à toutes ces personnes qui tentent spontanément de réanimer et de faire renaître le mouvement syndical en
Prague, 14 novembre 1982.