destes, de 20 heures par an à partir du Piacenza, Parme, Florence et Rome. Une
ITALIE
Les travailleurs accepteront-ils le Contrat social ? L'accord que les organisations syndicales italiennes ont signé avec le patronat, le 23 janvier dernier, sous les auspices du gouvernement, représente la tentative de pacte social la plus systématique qu'on ait jamais vue en Italie. Fondamentalement, les directions syndicales ont accepté le cadre d'ensemble de la politique d'austérité du gouvernement et les demandes majeures du patronat.
L'accord prévoit tout d'abord un réajustement du mécanisme de l'échelle mobile (voir Inprecor numéro 135 du 25 octobre 1982 et numéro 139 du 20 décembre 1982). Il est vrai que l'augmentation de salaire correspondant à chaque point de variation de l'indice du coût de la vie reste égal pour tous (6 800 lires par point, environ 34 FF). Mais le nouveau mécanisme compensera moins qu'auparavant les effets de l'inflation. Il est difficile de calculer dès maintenant la perte de salaire réel pour les travailleurs : les estimations oscillent, en tout cas, entre 18 et 25 %. II faut ajouter, par ailleurs, qu'une polémique sur l'interprétation du texte signé s'est élevée, qui n'est pas tranchée à l'heure où nous écrivons. Les syndicats affirment que les fractions de point qui ne sont pas prises en considération pour un donné doivent être ajoutées dans le calcul du trimestre suivant, alors que les patrons prétendent qu'elles soient tout simplement perdues pour les travailleurs. Le gouvernement semble enclin à accepter l'interprétation des syndicats, mais la question reste ouverte.
En deuxième lieu, des limites rigides ont été mises aux augmentations salariales, à l'occasion de nouveaux contrats
Ces augmentations seront échelonnées sur trois ans, et ne pourront respectivement 35 000 et 40 000 lires (soit environ 125 FF, 175 FF et 200 FF). La durée des contrats est prolongée de trois ans à trois ans et demi (et non de deux ans à trois ans et demi, comme nous l'avions écrit par erreur dans le précédent numéro d'Inprecor), et les contrats au niveau de l'entreprise, qui traditionnellement jouaient un rôle important, seront presque vidés de tout contenu, dans la mesure où ils ne pourront pas comporter des avantages supérieurs à ceux contenus dans les contrats nationaux.
En ce qui concerne l'horaire de travail, on ne prévoit que des réductions modeuxième trimestre de 1984, et de 20 heures à partir du premier semestre 1985. Qui plus est, il s'agit de réductions d'horaire déjà inscrites dans les contrats précédents, mais que le patronat s'était refusé à appliquer sous divers prétextes.
Finalement — et il s'agit d'un point très important - le patronat obtient un succès incontestable en ce qui concerne les normes d'embauche. Il aura désormais le droit d'embaucher directement, sans passer par les bureaux d'embauche (où les syndicats ont un droit de regard), 50% des travailleurs dont il aura besoin, et limitées. Une limite de temps sera par ailleurs fixée pour la jouissance de la Cassa Integrazione (allocation mage), alors que jusqu'à présent aucune limite n'était formellement définie.
Nous avons déjà mentionné les polémiques sur l'application de l'accord, qui ont déjà commencé. Il est donc possible, encore une fois, qu'il y ait un décalage important entre ce que les syndicats ont concédé sur le papier et ce qui pourra être effectivement mis en pratique. Tout dé. pend des réactions dont sera capable la classe ouvrière.
Pour l'instant, un sentiment de confusion et de désarroi semble prévaloir. Dans les assemblées de travailleurs qui ont déjà eu lieu dans les usines, les bureaucrates syndicaux se sont efforcés de noyer le poisson et ont évité de soumettre l'accord au vote. Mais, au fur et à mesure que la portée de cet accord deviendra plus claire, il est difficile de croire qu'une classe ouvrière qui a donné, dans les premières semaines de 1983, une nouvelle preuve de son extrême combativité, avalera la couleuvre sans réagir (voir Inprecor numéro 142 du 31 janvier 1983). ITALIE