Thatcher contre les travailleurs du Service des eaux Alors que la grève des employés du Service des eaux entre dans sa deuxième semaine, près de 5 millions et demi de Britanniques doivent faire bouillir leur eau avant de l'utiliser, et 15 000 personnes sont complètement privées d'eau. A la fin de la première semaine de cette grève pour l'augmentation des salaires, ces travailleurs ont rejeté à une majorité écrasante une offre de 7,3 % d'augmentation pour un contrat de 16 mois.
Ils réclament 15 % d'augmentation, ce qui les placerait à parité avec ceux du gaz et de l'électricité. Leurs revendicacomprennent également une dela semaine de travail, et la cinquième semaine de vacances après un an de service.
Bien sûr, cette revendication salariale d'une partie des travailleurs du publie va à l'encontre de la norme de 4 % d'augmentation pour l'année, imposée par le gouvernement de Margaret Thatcher. Après le succès qu'elle a remporté contre les travailleurs de la santé, les mineurs et les cheminots, Thatcher nourrit l'espoir d'ajouter un nouveau scalp à sa ceinture et, en même temps, de poursuivre sa stratégie d'affaiblissement continu leurs bastions du secteur public. Ainsi, la au gouvernement un pour menacer accords salariaux en vigueur signés avec les syndicats.
Le gouvernement conservateur et la presse nationale, anti-ouvrière dans sa quasi-totalité, se sont lancés dans une campagne hystérique contre les grévistes, accusant cette « minorité » d'« inonder les rues britanniques d'eaux sales ». Thateher a pressé les grévistes d'adopter de travail victoriennes puritaines » et « de cesser de priver la communauté de l'une des choses essen(Guardian, 29 janvier 1983). Elle garde l'espoir que « l'esprit des Falklands » la protègera et, au cas, où les appels moraux et les sondages d'opinion ne seraient pas suffisants, elle envisage de faire intervenir l'armée pour assurer la distribution de
La victoire des employés des eaux dépendra beaucoup du type de soutien qu'ils rencontreront chez les autres travailleurs, et jusqu'à quel point ils pourront porter atteinte à la production industrielle. Gagner le soutien des travailleurs signifie également pouvoir prévenir toute tentative, par la direction du syndicat ou du Trade Union Congress (TUC, Confédération syndicale nationale), de signer des accords de compromis pourris, comme ceux qui ont scellé la défaite des travailleurs de la santé et des cheminots. Contrairement aux travailleurs de la santé, les employés des eaux peuvent frapper un grand coup, qui peut s'avérer très douloureux pour Thatcher ; on sait que l'industrie a d'énormes besoins en eau. Imperial Chemicals (ICI) qui utilise chaque jour 16 000 m3 d'eau a déjà déclaré que c'est l'affaire de quelques jours avant que la firme ne soit obligée de fermer ses unités de production.
Quant à l'opposition travailliste, selon la déclaration de son porte-parole pour l'environnement, Gerald Kaufman, dans le Guardian du 3 janvier, elle met uniquement l'accent sur la possibilité pour les dirigeants du Service des eaux de négocier sans interférence gouvernementale, et ne souffle mot du soutien total et inconditionnel à accorder à ces travailleurs.
Aux dernières nouvelles, les grévistes sont plus que jamais résolus à poursuivre la lutte. Dans plusieurs régions, ils refusent maintenant d'assurer même un service minimum. Les militants de la gauche du Parti travailliste et les groupes d'extrême gauche, dont nos camarades de la Ligue socialiste (section britannique de la IVe Internationale), font tout pour construire la solidarité avec les travailleurs des eaux. Contrairement à la direction travailliste, qui craint d'être indentifiée avec des actions militantes qui risqueraient de ternir son image électorale (des élections générales sont à prévoir dans le courant de cette année), l'extrême gauche explique que la seule façon pour le Parti trasur les dix points d'avance que possède Margaret Thatcher, d'après les sondages d'opinion, est de construire la mobilisation qui pourra faire céder le gouvernement et redonner confiance aux travailleurs.
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« Pour le pain et la liberté, 1956 », manifestation à Poznan en juin 1981. (DR)
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