prétextant du lourd héritage laissé par Va- dont la charge sera désormais assumée par
Le document publié ci-dessous est le texte intégral de l'accord électoral pour les élections municipales intervenu entre communiste révolutionnaire (LCR) et Lutte ouvrière (LO). Il a été publie dans Rouge, hebdomadaire de la LCR du 14 janvier 1983. et dans Lutte ouvrière du 15 janvier 1983
Les élections municipales des 6 et 13 mars 1983 seront un test politique, en quelque sorte le premier sondage grandeur nature, deux ans après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République et d'une large majorité de députés du Parti socialiste (PS) et du Parti communiste (PCF) à l'Assemblée nationale. Tous les jours, les démagogues bourgeois de l'Union pour la démocratie française (UDF) et du Rassemblement pour la République (RPR) font étalage de leur culot. D'un côté, ils crient au scandale à la moindre réforme qui égratigne les privilèges des capitalistes et des posséde l'autre, ils osent utiliser le mécontentement populaire des larmes de crocodile sur la baisse du
Mais qu'ont-ils fait quand ils étaient-ils pas pris au pouvoir d'achat, à l'emploi, aux droits et aux libertés des
Aujourd'hui, les patrons se félicitent des cadeaux du gouvernement et, en même temps, ils continuent à fermer les entreprises qui ne leur rapportent plus assez de profits. Ils frappent du poing sur la table pour exiger qu'on serre encore davantage la ceinture aux travailleurs.
Les exploiteurs et les politiciens des partis de droite voudraient utiliser un résultat électoral en leur faveur pour faire croire que les travailleurs regrettent leur départ du gouvernement. Eh bien, non ! Les travailleurs n'ont pas à les regretter, ils les ont vus à l'œuvre pendant vingt-trois ans et ils savent qu'ils n'ont rien à attendre de ces gens-là, parce qu'ils sont leurs ennemis irréductibles.
Alors, en mars prochain, aucun travailleur, aucun électeur, aucune électrice de gauche, ne donnera sa caution aux représentants de la droite.
Mais pour faire échec aux partis des bourgeois, le moyen est-il d'approuver le gouvernement et la politique du PS et dú PCF qui le soutiennent, comme le prétendent aujourd'hui leurs dirigeants? Ensemble, le PS et le PCF disposent des deux tiers des députés à l'Assemblée nationale. La gauche — à la présidence de la République, au gouvernement, au Parle-
La entre les mains des pouvoirs considérables. Et qu'en a-t-elle fait? D'abord, les dirigeants du PS et du PCF n'ont pas tenu l'essentiel de leurs promesses, en
L'accord électoral LO - LCR
léry Giscard d'Estaing et des difficultés liées à la crise économique internationale. Puis, ils ne se sont plus contentés de ne pas changer grand-chose, ils se sont mis à d'existence de toute la population laborieuse, y compris les plus défavorisés : les retraités, les chômeurs, les personnes touchant le salaire minimum (SMIC).
Avec l'appui des représentants socialistes et communistes, et avec la complicité des directions syndicales, le gouverne-
REVENDLLATIONS *TRONALE
Grévistes immigrés des usines Talbot. (DR) ment remet maintenant en cause les garanties sociales des travailleurs en matière de santé, d'assurance-vieillesse ou chômage. En transformant le blocage en freinage des salaires, il programme la baisse du niveau de vie de la classe ouvrière pour lui faire payer les frais de la crise du capitalisme. Ce qui ne sera évidemment pas sans conséquences sur celui des autres catégories laborieuses, comme les paysans-producteurs ou les artisans et petits commerçants, dont les ressources sont liées aux revenus des salariés, et le sort lié au bon-vouloir des banques et de leurs crédits de plus en plus coûteux
Tout ce qui est pris dans la poche des travailleurs va dans celle des possédants, sous forme de dégrèvements fiscaux, de primes diverses et variées, de baisse, voire de suppression, du paiement des cotisations patronales à la Sécurité sociale (SS)
caisses de protection collective,
les seuls contribuables. Tout cet argent redistribué ne sert pas à créer des emplois, à développer les productions utiles à la société, à enrayer les licenciements ni à freiner les prix. Les patrons et les banquiers s'en servent pour spéculer et investir là où ils trouvent leur intérêt, sans se soucier du chômage, de l'inflation et de leur cortège de misère, quitte à accentuer le marasme économique.
Le gouvernement, où siègent les représentants du PS et du PCF, met en œuvre une politique d'austérité, brutale et cynique, en comptant pour la faire passer sur le crédit dont il dispose auprès des tra-
Au plan international, ce gouvernement continue de tenir les peuples des d'outre-mer (TOM-DOM) sous la coupe de la colonisation française. Il maintient ses parachutistes dans le rôle de gendarmes au service des trusts et des dictatures en Afrique et au Liban. Il occupe fidèlement sa place au sein de l'alliance des puissances impérialistes qui dominent le monde.
Les capitalistes se réjouissent sans vergogne de l'application d'une telle politique qui répond à leurs intérêts. Mais ils utilisent toutes les concessions qu'on leur fait pour en demander plus, et pour préparer les conditions du retour au gouvernement de leurs fondés de pouvoir. Ils sont depuis longtemps incrustés dans la haute administration, dans l'armée et la police, ou rien n'a changé. Ils tiennent toujours le gouvernail économique et financier du pays, même dans les entreprises nationalisées. Le système du profit continue à dicter sa loi, et de plus en plus durement au fur et à mesure que la crise s'approfondit.
Pour sortir de cette crise, il n'y a pas d'autre issue que de rompre avec la logique du capitalisme, de la course au profit et aux armements : il faut s'attaquer résolument aux privilèges des possédants, leur arracher les leviers de commande, orienter l'économie vers la satisfaction des besoins sociaux et populaires, briser la toute-puissance des industriels et des banquiers en s'appuyant sur la mobilisation des travailleurs. Le gouvernement et sa majorité parlementaire tournent le dos à cette politi. que. Il suffit que le patronat hausse un peu le ton pour qu'ils s'inclinent. Leur politique est au service de la bourgeoisie. Ils gouvernement sur le dos des travail-
Les travailleurs qui ont voulu le changement le 10 mai 1981, les électeurs de gauche, ne peuvent se reconnaître dans cette politique. Ils ne peuvent pas se sentir solidaires de ce gouvernement qui leur réserve tous les mauvais coups.
Les représentants du PS et du PCF disent : « Peut-être êtes-vous déçus, mécontents. Mais cette déception, ce mécontentement, il faut les oublier aux élections pour ne pas faire le jeu de la droite. » En fait, ils se servent du chantage à la droite pour escamoter leurs propres responsabilités. Certes, beaucoup d'hommes Arlette Laguiller et Alain Krivine porte-parole respectifs de LO et de la LCR. (DR)
et de femmes mécontents de la politique du gouvernement voteront pour la gauche sans approuver l'austérité, uniquement parce qu'ils ne veulent pas mêler leur bulletin de vote à ceux de la droite.
Heureusement, dans de nombreuses villes, il y aura un autre choix : celui de se faire entendre, de dire vraiment ce qu'on pense. C'est le choix de voter contre la droite et de voter clairement à gauche, en condamnant ouvertement une politique qui ne sert que les capitalistes et leurs politiciens. Ce choix, c'est de soutenir la liste présentée par la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et Lutte ouvrière
Nous nous adressons aux électeurs socialistes pour leur dire qu'ils doivent exprimer leurs désaccords avec ce gouvernement qui impose des sacrifices à ceux qui l'ont élu, pendant qu'il prodigue ses faveurs à ceux qui ne rêvent que de le renverser. Car beaucoup ne sont pas d'accord pour qu'on utilise leurs espoirs en une vie meilleure pour faire passer une politique qui protège les grosses fortunes et dégrade les conditions de vie et de travail adressons aux électeurs communistes qui ne sont pas d'accord pour que les dirigeants de leur parti soutiennent et mettent en pratique une politique qui va à l'encontre des revendications pour lesquelles ils se battent tous les jours dans leurs usines et leurs quartiers.
Beaucoup ne supportent plus d'accepter ce qui est inacceptable et scandaleux quand on se réclame de la classe ouvrière.
Nous nous adressons à toutes les travailleuses et à tous les travailleurs. En votant pour les listes présentées par la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et Lutte ouvrière (LO), ils exprimeront leur volonté de mettre en échec la droite, tout en exprimant leur refus de la politique d'austérité du gouvernement. Ils pourront ainsi montrer qu'ils font moins que jamais confiance aux amis de Valéry Giscard du Parti socialiste et du Parti communiste qui les ont trompés.
Bien sür, à lui seul, un bulletin de vote ne peut pas changer le sort des travailleurs. Mais il peut servir à se faire entendre. Alors, il faut être nombreux pour dire haut et fort que nous ne voulons pas que la gauche continue à faire cette politique que nous condamnons, politique qui favorise le retour de la droite.
Pour construire un monde débarrassé de l'exploitation et de l'oppression, pour changer leur sort, les travailleurs ne peuvent compter que sur leur détermination et leur capacité à se défendre, ensemble et eux-mêmes, dans les entreprises, dans les rues, par la lutte. Les élections municipales peuvent au moins montrer que beaucoup y sont déjà prêts.
LIGUE COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE (LCR) section française de la IVe Internationale
LUTTE OUVRIERE (LO) Paris, janvier 1983.