les mobilisations ouvrières
Entretien avec Rocco Papandrea, dirigeant de la LCR et membre du conseil d'usine de la Fiat Mirafiori
ITALIE
'ACCORD accepté par les directions des trois confédéra-
IL tions syndicales italiennes, le 23 janvier 1983, représente
/ une importante capitulation des dirigeants du mouvement ouvrier face aux prétentions du patronat.
Cette trahison des directions syndicales est d'autant plus révoltante qu'elle vient après une importante vague de mobilisation ouvrière qui illustre la détermination de la base syndicale à résister aux attaques patronales et à riposter à la politique gouvernementale.
« INPRECOR » : - Quel portes-tu sur l'accord qui a été conclu le 23 janvier 1983 entre le gouvernement, les organisations syndicales et le patronat, à la suite des mobilisations et des très importantes grèves du début janvier ?
Rocco PAPANDREA : - Pour porter un jugement sur cet accord, il faut le placer dans un contexte plus général. On ne peut émettre une appréciation dans l'abstrait. Si les mobilisations n'avaient pas eu l'ampleur que l'on sait, le contenu de cet accord n'apparaîtrait pas aussi directement contradictoire avec la volon-
Il faut se rappeler que, durant l'automne 1982, les syndicats ont consulté les travailleurs dans les entreprises sur leur fameuse plate-forme en 9 points, dans laquelle se trouvait déjà la proposition de diminuer de 10% la couverture du pouvoir d'achat assurée par l'échelle mobile des salaires. En contrepartie, il devait y avoir des « avantages » pour les travailleurs dans le domaine des impôts, etc.
A l'époque, les dirigeants syndicaux nous ont expliqué qu'il était impossible de mettre en avant une plate-forme différente, car la mobilisation était très difficile.
Pourtant, dans les entreprises, malgré les manœuvres des bureaucraties syndicales, ces propositions ont été très largement re-
Après cette consultation, le gouvernement a lancé une attaque : les dégrèvements fiscaux ont été supprimés (pour un total de 2 850 milliards de lires, soit, environ, 14,25 milliards de FF) (2), sous prétexte que les salaires avaient augmenté plus que l'inflation. Ce qui est évidemment faux. De plus, l'actuelle échelle mobile, étant donné sa base de calcul, ne couvre que 70% du pouvoir d'achat. Le gouvernement a aussi adopté une série de telles que l'augmentation du prix de l'essence, de nouveaux impôts, la diminution du remboursement des soins médicaux. Les directions syndicales sont restées totalement passives. Pourtant, un mouvement de grève s'est initié, qui est allé bien au-delà de ce que l'appareil bureaucratique attendait. Au centre des re-
Un Pacte social contre tive suffisamment puissante au sein ouvrières (1). dicales réformistes, vendications se trouvait la défense de passé par les directions syndicales se fait donc après une mobilisation d'une ampleur rarement connue. Dans les entreprises, par exemple à la FIAT, la volonté d'« aller de l'avant », de préparer et de se lancer dans la grève générale, était explicite. C'est ce que craibien les dirigeants syndi. ceux du Parti communiste (PCI) et du Parti socialiste (PSI).
Dès lors, passer un accord entérinant une diminution de 20% de la couverture du pouvoir d'achat par l'échelle mobile est un peu fort. Mieux même, selon l'interprétation patronale de l'accord, interprétation « techniquement » possible, la réduction pourrait aller jusqu'à 35 %. La contrepartie sur le plan fiscal est largement factice. Elle ne prévoit un dégrèvement significatif que pour les salaires allant jusqu'à 9 millions de lires brut par année (ce qui fait environ 500 000 lires net par mois, soit 2 500 francs français). Or, l'essentiel des travailleurs de l'industrie ont un revenu net mensuel su-
En dehors de ces mesures, les dirigeants syndicaux ont accepté des dispositions jamais discutées auparavant : le gel des contrats de catégorie pour une durée de trois ans et demi à compter de l'échéance précédente ; les contrats d'embauche à durée déterminée ; la fixation d'une limite de temps pour le paiement du chômage technique (cassa integrazione) : après un certain temps, l'indemni-
Une modification substantielle de du marché du travail est aussi prévue. Les patrons vont désormais pouvoir, à concurrence de 50 %, embaucher directement sans passer par l'Agence pour l'emploi (Ufficio di collocamento). L'Agence présentait jusque-là des listes uniques au patronat, qui était contraint de les accepter. La modification proposée peut devenir un moyen de répression efficace contre les militants syndicaux. Ainsi, un patron peut-il demander 20 ouvriers à l'Ufficio di collocamento et en choisir 20 autres directement. Au bout de douze
Dans cette bataille, c'est l'absence d'une direction alternamême du mouvement syndical qui a, avant tout, hypothéqué l'issue des mobilisations
Sur la conclusion de cette phase de la lutte des travailleurs italiens et sur l'état actuel de l'opposition aux directions synnous nous sommes entretenus avec notre camarade Rocco Papandrea, membre du conseil d'usine de la
FIAT-Mirafiori et dirigeant de la Lega Comunista Rivoluzionaria (LCR), section italienne de la IVe Internationale.
jours d'essai, il peut mettre à la porte 20 travailleurs, parmi lesquels les militants syndicaux proposés par l'Agence pour l'emploi. Formellement, il s'est plié à la règle des 50%. En fait, il a les mains libres pour porter atteinte à l'organisation syndicale dans l'entreprise. En outre, cette mesure de réorganisation du marché du travail doit permettre que s'exerce tout le poids de l'armée de sur les conditions de travail et sur les bas salaires. Dans l'accord, des nouvelles normes de contrôle de l'absentéisme sont aussi mises en avant. Elles vont à l'encondu célèbre « statut des travailleurs » arraché au lendemain des luttes de 1969.
Enfin, a été reprise l'idée d'une contribution de 0,5 % sur le salaire brut des travailleurs. Cette contribution doit être versée à un fonds de solidarité (Fondo di solidarietà). Sous le couvert de la sauvegarde de l'emploi, ce fonds vise à renflouer les entreprises. Pourtant, les ouvriers, consultés à ce propos en juin 1980, avaient déjà rejeté cette proposition concoctée par Carniti (secrétaire général de la CISL, centrale syndicale démocrate- chrétienne). Ils l'ont refusée une nouvelle fois en 1982. On assiste là à une sorte de revanche des directions syndicales contre la classe ouvrière qui avait mis en échec
- Quelles ont été les réactions des militants syndicaux face à la politique des directions de la CGIL, de l'UIL et de la
CISL (3) ?
- Un des aspects les plus marquants de ces mobilisations a été leur dynamique antigouvernementale. Le gouvernement honni d'Amintore Fanfani était incapable
1. Voir Inprecor numéro 135 du 25 octobre 1982, numéro 139 du 20 décembre 1982 et numéro 142 du 31 janvier 1983.
2. 1 FF - 200 lires.
3. CGIL (Confederazione Generale Italiana del Lavoro). principale cale, à majorité communiste : UIL (Unione Italiana del Lavoro), centrale à majorité socialiste :
CISL (Confederazione Italiana Sindacale dei Lavoratori), centrale dont la direction se réfère à la Démocratie chrétienne.
geants syndicaux, quand bien même il va que nous venons de vivre, sur la situation d'imposer de telles mesures par décret.
Cet accord, dans l'immédiat, donne un second souffle à ce gouvernement, qui est le pire ennemi des travailleurs.
La Confindustria (l'organisation pad'une part, bien le risque de crise gouvernementale majeure qui pouvait surgir en cas d'échec des négociations et, d'autre part, elle craignait les effets cumulatifs d'une crise politique dans le climat social et économique actuel de l'Italie.
La direction syndicale avait, de son point de vue, la même analyse.
donc pas un hasard si l'appareil bureaucratique a convergé avec la représentation patronale sur cet accord. Il concrétise en effet, en substance, l'orientation des dirià l'encontre des intérêts des travailleurs.
UNTE
1 79 A l'occasion de la consultation sur la plate-forme en 9 points, comme à l'occasion des mobilisations des deux dernières années, s'est manifestée une contradiction dramatique : d'un côté, une large couche de travailleurs dans le syndicat exprime à chaque occasion son opposition à la ligne de l'appareil bureaucratique, ce sont même ces militants qui initient et dirigent les mobilisations ; de l'autre côté, cette couche d'avant-garde ne trouve pas de porte-parole dans les structures de direction du syndicat. Sous cet angle, la situation est encore plus désastreuse actuellement que par le passé.
Les éventuelles différenciations dans ces structures de direction ne s'expriment pas, car cela impliquerait assez vite des orientations effectivement antagoniques, étant donné la profondeur de la crise socio-économique. Les structures de direction apparaissent comme s'opposant au développement des luttes. Au mieux, comme cette fois, un secteur cherche à les canaliser. Mais ces cadres de direction ont avalisé l'accord et n'ont pas tenté de traduire, au niveau des négociations, la volonté exprimée par les travailleurs.
Certains cadres vont jusqu'à dire aux dirigeants confédéraux : « Vous vous êtes trompés! » Cependant, ils n'organisent en aucune façon l'opposition. On retrouve là une caractéristique traditionnelle de
"gauche syndicale » italienne, qui a toujours préféré la pression sur les sommets à l'organisation d'un courant de classe combatif dans les centrales syndicales (4). Les travailleurs paient aujourd'hui le prix fort pour cette capitulation présentée comme une prétendue habileté « anti-sectaire » pour obtenir une modification du cours suivi par les directions
Cette absence d'une opposition organisée est dangereuse. Elle peut déboucher, après quelques épisodes identiques à celui suivante : pour certains travailleurs com-
10C
« On ne touche pas à l'échelle mobile ». (DR) batifs, la méfiance envers les directions peut se traduire en défiance envers le syndicat en tant que tel. Cela pourrait se développer d'autant plus facilement si les forces politiques à la gauche du PCI ne se montrent pas capables d'offrir une alternative politique plus crédible.
- La direction du PCI n'a-t-elle pas été surprise par la vague de lutte, et comment a-t-elle tenté de la canaliser ?
- La direction du PCI a effectivement été surprise par les mobilisations. Elle ne s'y attendait pas. De plus, les militants de base du PCI ont joué un rôle significatif dans l'essor de cette lutte. La direction du PCI ne s'est pas opposée mouvement. d'abord, elle a pensé l'utiliser politiquement pour renforcer ses positions et mettre le PSI en difficulté, et pour souffler à l'oreille de la bourgeoisie : « Nous avons un rôle important à jouer, vous ne pouvez pas vous passer de nous, nous sommes les seuls capables de canaliser une montée ouvrière et de faire accepter un accord aux travailleurs. »
Dans les articles signés de membres de la direction du PCI, ont été mises très rapidement en avant des propositions très similaires à l'accord qui a finalement été passé. Cependant, face à la pression de la base, la direction du parti a tout fait pour donner l'impression qu'elle s'était vue imposer ce type d'accord.
Il faut bien comprendre que l'orientation fondamentale de la direction Enrico Berlinguer est favorable à l'austérité, une austérité que les travailleurs « doivent aussi supporter ». Elle estime que l'ausnécessaire, et c'est pour cela qu'elle admire tant la politique menée par François Mitterrand en France. Donc, le PCI a pu s'efforcer, dans un premier profit d'une ouvrière inattendue, il ne pouvait que finir par s'opposer à une lutte mettant en dynamique était relativement imprévisi-
Tout en essayant de ne pas apparaître aux yeux des masses comme directement responsables de l'accord, les dirigeants du PCI n'ont cessé d'en souligner les aspects positifs. Ils ont aussi grossi fort à propos la force de l'ennemi et les risques d'un affrontement, afin de pouvoir présenter les résultats des négociations comme un compromis raisonnable. Actuellement, ils n'hésitent pas à mentir en prétendant que le pouvoir d'achat est, en fait, défendu. Leur campagne de presse mensongère est impressionnante.
Les responsables communistes jouent sur le partage des rôles entre direction de la CGIL et celle du PCI. n'ont cessé de se consulter pour fixer les termes de l'accord. Il n'est jamais venu à l'idée d'un dirigeant du PCI et de la CGIL, comme Luciano Lama ou Bruno Trentin, de dire : « C'est aux ouvriers de décider », tant il est évident - pour eux - que la décision appartient aux instances supérieures du parti et du syndicat.
— Quelle a été l'attitude du Parti d'unité prolétarienne (PDUP) et de Democrazia Proletaria (DP) ?
- Des secteurs du PDUP se sont prononcés contre l'accord et expriment leur opposition lors des consultations actuellement en cours dans les entreprises pour ratifier l'accord. Néanmoins, l'essentiel des cadres du PDUP et sa direction ne veulent en aucune façon organiser une quelconque opposition syndicale. Il est vrai que, pour eux, la structuration d'une telle opposition serait difficile, étant donné que les options fondamentales du PDUP convergent avec celles du PCI.
Quant à DP, il faut regretter que, durant les mois précédant cette lutte, alors qu'il était évident que la question de l'é-
4. Cette orientation a été encouragée par le fait que, durant une période, les pressions de la base ont été telles que les directions syndicales ont dû effectivement en tenir compte et que certains secteurs de direction les ont même parfois traduites en termes de propositions plus ou moins alternatives.
les lieux de travail. Ce n'est pas une des des conseils d'usine et à truquer ouvertechelle mobile se trouvait au centre des affrontements de classe, elle se soit lancée dans une série d'opérations politiques sur d'autres terrains. Elle n'a pas préparé la mobilisation. DP a fini par entrer dans la mobilisation, mais sa ligne politique consiste essentiellement à opposer ses intérêts particuliers d'organisation à une politique de Front unique qui permettrait la constitution d'une large opposition pouvant se convertir en un point de réfé. rence pour toute une couche de travailleurs. DP s'est opposée à l'accord et combat sa ratification dans les consultations en cours.
- Comment s'annoncent les assemblées d'entreprise sur l'accord ?
- Dans de nombreuses usines - Italsider et Ansaldo de Gênes, Alfa Romeo de Milan, Aeritalia de Turin, conseil d'usine de la FIAT Rivalta à Turin toujours, ainsi que de nombreuses usines de la ré gion de Brescia - les travailleurs ont re. poussé l'accord. Mais cela restera seulement un jugement négatif porté par de larges secteurs ouvriers sur l'accord. Aussi bien la politique des directions syndicales que l'absence d'une opposition structurée empêcheront de renverser les résultats de la négociation. La direction du PCI, après avoir prétendu subir l'accord, se trouve aujourd'hui contrainte de tout faire pour obtenir sa ratification. C'est à cela que ses cadres doivent s'employer aujourd'hui sur
Quatrième
Internationale
janvier - février - mars 1983 EDITORIAL: Relève de la garde au Kremlin. Doug Jenness Notre continuité politique avec le Bolchevisme. . Ernest Mandel Défense de la révolution permanente. NOTES DE LECTURE : Alexandre Zimine : Le stalinisme et son « socialisme réel »,.. Jacques Rupnik : Histoire du Parti communiste tchécoslovaque. ABONNEMENTS : 1 an, 4 NUMEROS FRANCE Ab. ordinaire ..... 70 francs français Ab. soutien 140 francs français Chèques à l'ordre de : P.E.C. 2, rue Richard Lenoir 93100 MONTREUIL FRANCE moindres contradictions de la ligne du
Une vague de luttes a été brisée. La reprise sera plus difficile, d'autant que le renouvellement des contrats est reporté de deux ans. Il est possible qu'augmennombre des travailleurs qui comprennent que la pression sur les directions n'est pas suffisante, qu'il est nécessaire d'organiser une opposition. Mais cela peut avoir pour conséquence, à un autre niveau, d'accroître les hésitations avant de se relancer dans une lutte. Il est possible que le « Pacte social » soit rompu au niveau des entreprises. Néanmoins, il est difficile d'imaginer que se répète rapidement le scénario de 1978, où la mobilisation de toute la branche des métallos avait mis en question de Pacte social de
Cependant, reste toujours présent le facteur d'une crise politique qui peut s'ouvrir à tout moment, étant donné les contradictions internes à la Démocratie chrétienne (DC), à son système d'alliances et l'instabilité sociale. Or toute crise politique peut aboutir à une redistribution des cartes et à une relance des luttes sociales.
- Cet accord, comme le déroulement des luttes, ne pose-t-il pas - une fois de plus - le problème de la démocratie syndicale au moment même où les directions tendent à restreindre le champ d'activité
3 17 83 127 AUTRES PAYS Ab, ordinaire 500 francs belges Ab. soutien .. 1 000 francs belges Par avion ... 600 franes belges Mandats, virements, chèques pour le compte CGER n° 001-1020473-12 de
Quatriême Internationale 29, rue Plantin 1070 BRUXELLES BELGIQUE ment le résultat des consultations de la base, comme cela a été si manifeste en novembre dernier ?
- Effectivement, un des plus grands problèmes qui a été mis en relief et qui reste posé par l'accord est celui de la dé mocratie syndicale. Premièrement, il y a la façon même dont est défini le contenu d'un tel accord, puis sa signature. Deuxiêmement, dans l'accord lui-même, est prévue une réduction du rôle contractuel des conseils d'usine. Ces derniers ont été, depuis des années, un élément favorisant une certaine démocratie syndicale.
Des secteurs syndicalistes, le plus ouvertement dans TUlL, sont favorables a une réduction de la démocratie syndicale et à la transformation des syndicats en un instrument docile aux mains de l'appareil.
terrorisme a été utilisé atteindre cet objectif. Des dirigeants syndicaux n'hésitent pas à affirmer que les structures favorisant la démocratie syndicale facilitent l'infiltration des terroristes dans le syndicat. Giorgio Benvenuto, le secrétaire général de l'UIL, a le culot d'utiliser « l'affaire Luigi Scricciolo » pour justifier cette opération. Je ne sais pas si Luigi Sericciolo est un agent ou pas. En Italie, depuis quelques années, les accusations les plus fantaisistes ont souvent été portées par le pouvoir contre des militants. Officiellement, il est accusé d'avoir collaboré avec les Brigades rouges (BR), d'être un agent des Bulgares, d'avoir dé noncé des syndicalistes de Solidarité après le coup de force des généraux polonais (il avait organisé le voyage de Lech Walesa en Italie).
Mais, un fait reste certain. Luigi Scricciolo n'est pas arrivé à son poste de responsabilité syndicale à partir d'une activité militante dans une structure de base ou d'une élection à un conseil d'usine. Il n'a jamais été élu par un congrès syndical à une instance de direction. Il est entré dans les cercles dirigeants de l'UIL grâce à ses rapports personnels avec Giorgio Benvenuto. En quelques mois, il était devenu l'un des principaux dirigeants de l'UIL. Le vrai problème auquel devrait répondre Giorgio Benvenuto est le suivant : comment une ascension aussi vertigineuse est-elle possible dans le syndicat? Le problème réel ne réside donc pas dans un trop-plein de démocratie, mais bien dans l'absence de contrôle organique de la base sur la direction syndicale. La question clé n'est évidemment pas que des structures de base soient « infiltrables », mais que la bureaucratie puisse engager des négociations et signer comme bon lui semble des accords dont les effets sont désastreux pour les travailleurs et le syndicat lui-même.
Propos recueillis par André DURET Turin, 8 février 1983. 5. C'est en janvier 1978, lors d'une réunion nationale des trois centrales syndicales au Palais de l'EUR à Rome, que les dirigeants syndicaux se sont déclarés explicitement pour l'austérité et la paix sociale.