FEMMES Rencontre internationale à Turin
23-24-25 avril 1983
C'est à la suite des « Assises sur le travail des femmes », qui se sont tenues en novembre 1981 à Paris, et auxquelles participaient des militantes de l'Intercatégorielle syndicale de Turin, qu'est née l'idée d'une Rencontre internationale pour confronter les éléments communs de la condition des femmes travailleuses dans les divers pays. Cette Rencontre sera organisée les 23, 24 et 25 avril 1983 à Turin.
« Nous avons relevé des tendances semblables dans de nombreux pays en ce qui concerne le travail a mi-temps, les services, les secteurs de travail féminin, l'expulsion de la force de travail féminin à cause de la crise, en relation avec les processus de restructuration et de division internationale du travail dans une situation substantiellement différente de celle des années 1960 et 1970. En même temps, nous pensons que pour beaucoup de femmes les perspectives de vie ont changé, ainsi que les conditions familiales, par rapport aux enfants, à leur sexualité, leur rapport au travail, etc. Nous sentons le besoin d'une discussion (qui ne débouche pas nécessairement sur des conclusions unilatérales) pour comprendre ces nouvelles réalités en formation. (...) Nous voulons une réunion d'où sorte le plus possible de conclusions pratiques. C'est pourquoi nous l'avons organisée par thèmes définis et demandons aux participantes d'arriver avec du matériel élaboré, des hypothèses, des propositions et des informations concernant la situation de chaque pays, et que les différents groupes de femmes élaborent leurs propres thèmes et leurs suggestions. »
C'est en ces termes que les organisatrices de la Rencontre internationale de Turin présentent leur initiative.
Qui sont-elles ? Il s'agit des collectifs de la Maison des femmes (Casa delle Donne) de Turin, de l'Intercatégorielle syndicale des femmes (CGIL-CISL-UIL) et de l'Union des femmes italiennes (Unione delle Donne Italiane, UDI).
Les collectifs féministes Casa delle Donne ont obtenu une maison des femmes il y a deux ans, après une longue lutte comprenant une occupation de locaux discussions avec la municipalité. Aujourd'hui, c'est dans cette maison que presque tous les groupes femmes de Turin rencontrent et s'organisent. C'est là aussi qu'ont lieu les débats plus généraux (campagne sur l'avortement, luttes sur la santé, 8 mars, lutte contre le viol, ete.) Des cours sur les questions intéressant les femmes, des « groupes de conscience », un journal Quotidiano Donna, etc., y ont également trouvé un lieu d'accueil.
L'Intercatégorielle syndicale des femmes a été créée en 1974 à la suite des luttes des femmes du début 1970. C'est une sorte de coordination nafemmes appartenant à diverses confédérations syndicales nationales. Elle a organisé la lutte des femmes dans les usines et les bureaux et au sein de l'organisation syndicale elle-même.
L'UDI est née en 1944. A l'origine, cette association d'extension nationale réunissait les femmes des partis de gauche (Parti socialiste et Parti communiste). Elle compte aujourd'hui 200 000 adhérentes et possède une revue hebdomadaire qui s'appelle Noi Donne (Nous les femmes). En mai 1982, lors de son Xle Congrès national, l'UDI a supprimé les organismes verticaux de direction et s'est organisée, horizontalement, sur la base de structures
Ces trois composantes ment des femmes ont souvent travaillé ensemble dans la réalité un peu spécifique de Turin, même s'il y a entre elles des divisions et des divergences importantes.
cahiers
do téminisme
Cette rencontre de Turin est organisée à un moment où, en Italie en particulier, des attaques importantes sont portées aux acquis récents des femmes travailleuses, avec entre autres une abolition de fait des mesures d'embauche préférentielle pour les femmes (les syndicats avaient obtenu 50 %), l'introduction massive du travail à temps partiel et des con-. trats de durée limitée, l'augmentation du coût des crèches et des services sociaux. Cette rencontre est envisagée comme une réponse d'ensemble à ces attaques.
fois qu'une rencontre internationale sur le thème de la femme et le travail est organisée, et ce, dans une situation de crise et d'offensive à leur encontre. Cela peut représenter une occasion exceptionnelle de relancer la lutte partout où ces attaques sont à l'ordre du jour (voir Inprecor numéro 141 du janvier 1983, « Les femmes contre l'austérité »).
Les organisatrices prévoient la participation d'environ 400 femmes (dont 200 italiennes). Les structures disponibles pour la rencontre ne permettent pas de chiffre qui, par ailleurs, semble optimum pour un travail collectif inscriptions à la Rencontre doivent être envoyées dans les délais les plus brefs. La contribution financière versée par l'administration locale étant faiseront offerts aux participantes que la chambre (trois nuits) et le déjeuner
Les fiches d'inscription, ainsi que les contributions ou le matériel, sont à adres-
Secrétariat d'organisation de la conférence, Casa delle Donne, Via G. Fiochetto 13, 10152 Torino, Italie. Permanence téléphonique assurée à Turin, de 10 à 12 heures : Alessandra Mecozzi, 205 23 23/4/5/6 et Carla Quaglino, 79 23 02. De 17 à 19 heures : UDI, 28 74 35,
VIENT DE PARAITRE Au sommaire • Le 8 mars. • Les municipales. • L'emploi. • Petite enfance. • Femmes battues. • Contraception. • International (Espagne./ USA, GB, RDA, Suède, Pa lestine, Pérou). Pour écrire aux Cahiers du féminisme : PEC. 2. rue Richard-Lenoir, 93108 Montreuil.