Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BOLIVIE

De la dictature à l'ouverture démocratique, trois années d'activité révolutionnaire

· Inprecor n° 145, 14 mars 1983 · p. 13-14 · 1 705 mots

Pérou et Bolivie Syndicalisme

Populaire (UD) atou sans doute provisoire mas el, a il dite frere tre 'ARRIVEE de la coalition de collaboration de classes de l'Union démocratique

/ d'une période de retour, sans doute provisoire mais réelle tout de même, à une certaine forme de démocratie. Les organisations révolutionnaires et le mouvement ouvrier dans son ensemble doivent tirer profit de cette nouvelle situation pour multiplier

L'existence maintenue de bandes paramilitaires et de secteurs ultra-réactionnaires dans et hors de l'armée - celle-ci n'a été que légèrement épurée par le déplacement de quelques responsables factieux et leur remplacement par des militaires « constitutionnalistes » -, et la perspective d'un coup de force de la droite réactionnaire, sous une forme ou une autre, mettent néanmoins à l'ordre du jour la question de l'organisation de l'autodéfense des mobilsations des masses et de leurs organisations syndicales

Enfin, comment une organisation révolutionnaire comme le POR-Combate a-t-il vécu la période de clandestinité des deux dernières années, puis le retour aujourd'hui à une activité politique plus ouverte et légale ? C'est la question que le correspondant d'Inprecor en Bolivie a posé aux camarades du Secrétariat de la Commission politique du POR-Combate. C'est leurs réponses, sous forme de témoignage et de bilan d'activité

Trois ans d'activité du POR-Combate leurs initiatives d'organisation et de lutte.

et politiques.

de la section bolivienne de la IVe Internationale, que nous publions ci-dessous.

Bien qu'étant encore un petit parti avec une infrastructure matérielle limitée, en deux ans de dictature, le POR-Combate n'a pas été détruit. Certes, un tiers de notre organisation a été frappée par la répression, et nous avons dû concentrer nos forces dans des secteurs sociaux et géographiques déterminés. Il aurait été d'ailleurs incorrect de travailler de façon dispersée, car nous aurions alors été une cible facile pour la dictature.

Après le coup d'Etat militaire du 17 juillet 1980, nous avons proclamé « ni

Les mineurs de Siglo XX. (Photo Stephane France)

de nocratiqu

exil ni reddition ». Nous avons fait confiance aux masses travailleuses, à leur capacité de réorganisation. Et nous avons aussi eu confiance en nous-mêmes et en la solidarité internationale.

nous faisions de la nature du gouvernement militaire (sans soutien populaire ni international), appuyé sur la seule répression, sans soutien même des fractions sociales qu'il prétendait représenter, nous permettait d'affirmer que la dictature ne durerait pas très longtemps, et que les rodomontades selon lesquelles elle se maintiendrait vingt ans n'étaient qu'un bluff.

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Pourtant, nous avons dû commencer par faire face à la répression dans de mauvaises conditions. Nous n'avions pas de maisons, pas d'argent, pas de presse ni d'infrastructure élémentaire. Tout cela, nous avons dû le construire au cours de la lutte contre la dictature. Ce n'est pas que le coup d'Etat nous ait surpris, mais, en dépit de nos efforts antérieurs, nous n'avions pas les moyens matériels de nous préparer une infrastructure clandestine. Notre organisation était petite mais cohérente et, en grande partie, relativement qualifiée au niveau politique et organisationnel. Ce fut notre première arme contre la répression. Notre parti n'a jamais cessé de faire son travail politique de masse. Il était fermé à la répression mais pas fermé aux masses, et nous avons pu faire les premiers pas en tant que Parti.

LES PREMIERS PAS

DE LA RÉSISTANCE La peur vaincue, surmontée la première phase d'organisation de notre sécurité, nous avons commencé à concentrer nos forces et à mettre sur pied notre direction politique. Nous avons avancé dans la réorganisation du parti et stimulé le moral des militants comme des secteurs de masse où nous intervenions. Nous avons publié notre presse dans la clandestinité, en maintenant la parution régulière bimensuelle de Combate. Nous avons commencé avec un nombre réduit d'exemplaires, distribués au début parmi les syndicalistes et les militants des autres partis politiques. Ensuite, nous avons dépassé nos carences techniques et sommes passés à un tirage de :2 500 exemplaires distribués au niveau national. Dans une période de répression, un journal, ou même un simple tract, sont une richesse aux mains des travailleurs, et c'est ainsi que notre presse était largement diffusée de la main à la main.

Sans doute, si nous n'avions pas bénéficié de la solidarité internationale, nous aurions eu du mal à survivre à la ré. pression. Nous aurions peut-être été obligés de nous exiler, ou bien nous aurions été davantage exposés à la répression, du fait de la précarité des conditions dans lesquelles nous militions.

Nous avons eu le soutien militant et révolutionnaire des camarades de la IVe Internationale et de quelques camarades indépendants à l'extérieur du pays. Mais notre parti lui-même a su aussi faire face à l'adversité et la surmonter. Nous avons ainsi prouvé qu'il était possible de construire une organisation révolutionnaire en pleine période de répression, quand on a une politique juste et quand le moral des combattants est à la hauteur de la situa-

C'est durant cette période de destinité que nous avons commencé mettre sur pied des organes de masse : le (FTR), le Front des étudiants révolutionnaires (FER) chez les étudiants et les lycéens, le Front des paysans révolutionnaires (FCR). Nous avons remporté-là grands succès, dans la mesure où se sont incorporés à ces organes des syndicalistes indépendants, et même des militants d'autres organisations. Notre parti était à la tête de ces instruments de lutte unitaires et donnait la ligne politique à suivre.

Durant cette période, nous avons consolidé notre présence politique dans le mouvement de résistance. Nous étions une composante substantielle du Comité national de la démocratie (CONADE) dans la clandestinité, auquel participaient la COB, le MNR-I, le MIR, le PCB, le PS-1, le MRTK, le PRIN, nous-mêmes et un groupe indépendant. Le doeument élaboré en avril-mai 1981 le fut à partir de notre proposition, présentée en commun avec les camarades socialistes du PS-1 et la COB. Nous avons lancé une offensive de propagande pour mobiliser les masses et déclencher des grèves, en mai 1981, propagande aussitôt falsifiée par la dictature et présentée sous le qualificatif de « terroriste ». En novembre 1981, nos camarades mineurs, avec à leur tête le camarade Felipe Vasquez, membre du Comité exécutif de la Fédération syndicale des travailleurs des mines de Bolivie (FSTMB), parvinrent à ce que les mineurs de Huanuni organisent lancent un appel à des signatures, déclenchent une grève générale et s'affrontent à la dictature. compris le camarade Felipe Vasquez, ont été arrêtés et sauvagement torturés. Mais en riposte immédiate, nos camarades ménagères de la région minière organisérent une grève de la faim et infligérent une nouvelle défaite à la dictature, qui, au terme de la dure et longue lutte menée par les grévistes, fut obligée de libérer les militants détenus. Le mouvement s'est ensuite généralisé et a marqué le début de la fin pour la dictature.

Par deux fois, la dictature est parvenue à démanteler la direction de notre parti. Par deux fois, nous sommes parvenus à la recomposer avec de nouveaux camarades et à poursuivre la lutte.

DE LA CLANDESTINITÉ

A LA LÉGALITÉ A cette époque, notre politique sur la question démocratique était liée une perspective révolutionnaire de renversement de la dictature et de marche à un gouvernement des travailleurs.

En mai 1982, nous avons été le seul parti politique présent en tant que tel dans la mobilisation et la marche ouvrière. Nous l'avons été avec nos drapeaux, nos affiches et notre propre presse, sous la protection des groupes de sécurité organisés par les partis. Nous avons vécu tout un processus sans être détruits par la répression, alors qu'à notre gauche, organisations révolutionnaires étaient numériquement supérieures à la coup d'Etat disparurent sans laisser de traces, et que surgissait face à nous le monstre de l'UDP.

Pendant cette période, nous nous sommes également développés quantitativement, surtout dans le secteur ouvrier et les couches moyennes. Tout cela créait des conditions nouvelles dans la perspective du retour à la légalité.

Il n'est ni simple ni facile de passer d'un état de répression et de clandestinité à une situation de démocratie et de légalité. De plus, il n'est pas correct que l'ensemble du parti s'ouvre à la légalité dans un pays où la démocratie n'a jamais la vie bien longue. Nous maintenons une politique de masse, d'organisation et d'agitation, mais nous respectons les niveaux élémentaires d'organisation clandestine, capables de supporter demain le retour du parti à la clandestinité, si nécessaire.

Il y a aujourd'hui les fronts de masse qui agissent publiquement, et nous avons des militants et des dirigeants du parti qui agissent publiquement. En même temps, nous défendons la nécessité de l'organisation clandestine et du travail de sécurité, tant pour la période actuelle, où subsistent les bandes paramilitaires, que pour les périodes à venir. Ainsi, le parti se prépare pour toutes les situations. Nous rejetons le culte de la « clandestinité », mais nous combattons aussi le libéralisme organisationnel. Nous faisons done tous les efforts possibles pour travailler dans ces deux di-

La contradiction principale entre le prolétariat et la bourgeoisie n'a pas été ré. solue par l'accession au pouvoir du gouvernement de l'UDP. Cette contradiction se résoudra nécessairement par une guerre civile. Qu'elle soit déclenchée par un coup de force de droite ou par un soulèvement populaire, cela dépend de l'état d'effervescence de la lutte sociale. Mais, de toute façon, le chemin nous mènera à la guerre civile, à court ou moyen terme. Nous ne sommes évidemment pas préparés organisationnellement et militairement pour vaincre par nous-mêmes un coup d'Etat sanglant. Mais nous nous appuyons sur les masses laborieuses et leur capacité de lutte. Si les masses étaient défaites, nous le serions sans doute aussi nous-mêmes en tant qu'organisation révolutionnaire, et nous devrions alors entreprendre tâches d'une nouvelle phase de notre combat, avec de nouvelles méthodes et de nouvelles formes de lutte.

- Avanzar, luchar, vencer ! Trabajadores al poder ! (Avancer, lutter, vaincre, les travailleurs au pouvoir!)

POR-COMBATE La Paz, 17 février 1983. LES ARTICLES DEJA PUBLIÉS PAR « INPRECOR » EN 1982 - La grève générale du 29 mars 1982 : numéro 125 du 3 mai.

dirigeant du POR-Combate : numéro 130 du 12 juillet.

- Banqueroute économique et désastre institutionnel : numéro 134 du 11 oc-

- La longue évolution du mouvement paysan : numéro 137 du 22 novem-

- Entretien avec un dirigeant du MITKA : numéro 137 du 22 novembre.

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