Inprecor 1974–2004

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PORTUGAL

Front électoral UDP-PSR pour les élections législatives du 25 avril 1983

Inprecor n° 145, 14 mars 1983 · p. 34-35 · 1 092 mots

Portugal

cise et sur un nombre suffisant de cir- plate-forme électorale de cette coalition :

PORTUGAL

Front électoral UDP-PSR pour les législatives du 25 avril

Dès l'annonce des élections législatives anticipées pour le 25 avril 1983 (cf.

numéro 143 du 14 février 1983), nos camarades du Parti socialiste révolutionnaire (PSR), section portugaise de la IVe Internationale, ont entrepris des démarches pour parvenir à une candidature révolutionnaire unitaire. Cela correspond à la volonté d'affirmer un courant défendant un programme d'indépendance de classe et une alternative à la politique de collaboration de classe du Parti socialiste (PS) de Mario Soares et du Parti communiste (PCP) d'Alvaro Cunhal. Mais cette unité était aussi nécessaire pour éviter la dispersion des candidatures d'extrême gauche, capitaliser l'écho des propositions de lutte du PSR, et accroître les chances de faire élire des députés révolutionaires. Rappelons à ce propos que lors des législatives du 5 octobre 1980, le PSR, totalisant 1,03 % des suffrages, avait frôlé de quelques centaines de voix l'élection d'un député à Lisbonne, quant à l'Union démocratique populaire (UDP), d'origine maoïste et la plus implantée des organisations d'extrême gauche, si elle avait perdu environ 40 % de ses voix habituelles, elle avait tout de même réussi à garantir son siège de dépu-

Le PSR désirait donc, pour toutes ces raisons, parvenir à un accord électoral fondé sur une plate-forme politique présion nationale tout en garantissant la possibilité, aux organisations signataires, de mener campagne sur l'ensemble de leurs propres orientations.

Le 16 février dernier, devant la presse, la radio et la télévision, les dirigeants de l'UDP et du PSR signaient publiquement l'accord constitutif du « Front électoral UDP-PSR », qui présentera des candidats dans les principales circonscriptions électorales. Ce Front présente Mario Toma (député de l'UDP à Lisbonne depuis 1979) comme tête de liste à Lisbonne, et Hector de Sousa (membre du Comité central du PSR et ouvrier des transports publics) à Porto.

C'est la première fois qu'un front électoral de ce type est réalisé. Dans toutes les circonscriptions où le Front n'est pas présent, le PSR présente ses propres candidatures, garantissant ainsi son autonomie dans la campagne électorale et dans l'expression de ses positions politiques propres à la télévision et à la radio.

La plate-forme politique de la coalition électorale UDP-PSR dénonce largement les conséquences désastreuses de la politique de ¡Alliance démocratique (AD), formation de droite au pouvoir, et note que « la direction du PS, au nom du "consensus national", se prépare à appeler le PSD (parti bourgeois social-démocrate) au gouvernement après les élections » tandis que, de son côté, la coalition électorale du PCP, l'Alliance du peuple uni (APU), « qui affirme s'opposer aux alliances de la direction du PS avec la droite, propose un "gouvernement démocratique" où l'on tend également la main aux chefs réactionnaires du PSD, et veut amarrer la lutte des travailleurs à ce qu'on appelle "pacte social"».

C'est donc pour faire entendre la voix des travailleurs au Parlement que « l'UDP et le PSR, deux organisations révolutionnaires aux programmes différents, assumant leurs responsabilités, ont su trouver l'unité nécessaire pour établir une coalition électorale, sur un programme de riposte contre la crise et la droite, pour concentrer les voix du camp populaire et élire des députés révolutionnaires le 25 avril. Aujourd'hui plus que jamais, il est fondamental pour la lutte et l'unité des travailleurs d'élire au Parlement des députés de la coalition UDP-PSR, véritables porte-parole de la ferme lutte contre la conciliation et les alliances avec la droite, défenseurs intransigeants des revendications populaires, comme le fut Mario Toma dans l'exercice de son mandat ».

Aussi les députés élus sur les listes du Front électoral UDP-PSR s'engagent-ils à la défense des cinq points d'action de la

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" 1) Opposition ferme à l'AD et aux partis de droite.

« Les députés UDP-PSR défendront l'exigence du départ des partis de droite du gouvernement, revendication imméde tous les travailleurs portugais, s'opposeront fermement, au Parlement, à la reconstitution de l'AD et à ce que le futur gouvernement décide des alliances avec les partis de droite. »

" 2) Indépendance face à un gouvernement formé autour du PS.

« Les députés UDP-PSR auront une position de totale indépendance face à un gouvernement formé autour du PS, s'opposant à son alliance avec un parti de droite quel qu'il soit, récusant tout type de "pacte social", , mobilisant les travailleurs pour empêcher toute concession de ce gouvernement au patronat, et pour imposer aux capitalistes la des exigences ouvrières et populaires les plus urgentes. »

« 3) Unité et lutte contre le pacte social".

« Les députés UDP-PSR défendront l'unité dans la lutte de tous les travailleurs et de leurs organisations de classe. (...) Dans le mouvement syndical, ils défendront la démocratie et le droit à la libre expression de tous les courants syndicaux, contre la bureaucratie et les divisions qui empêchent l'unité des travailleurs et de leurs organes représentatifs contre la droite. »

* 4) Appui aux luttes ouvrieres, populaires et démocratiques, et à leurs revendications les plus urgentes. »

Sous ce chapitre, la coalition se propose de lutter contre « l'augmentation du cout de la vie, pour le droit au travail pour tous (fin des licenciements, semaine de 40 heures ...), pour la défense des libertés et des droits des travailleurs (réintégration des syndicalistes licenciés, pour le droit des femmes et des jeunes, à travail égal salaire égal, pour la légalisation de l'avortement ...), pour la défense de la réforme agraire (décrétée en 1975), pour la défense des paysans pauvres, contre l'ingérence impérialiste (le Portugal sans militaires étrangères, hors de P'OTAN, contre l'entrée dans le Marché commun et contre les mesures du Fonds monétaire international, contre l'envoi de troupes au Liban et en Angola), pour la paix (contre toute intervention impérialiste, Europe et le monde sans armes nucléaires, pour la solidarité avec les révolutions et les luttes des travailleurs du monde entier contre la politique impérialiste de guerres et de rapines) ».

« 5) Pour l'élection de députés révolutionnaires au service de l'unité de la lutte du peuple travailleur.

« En présentant cet accord électoral, l'UDP et le PSR appellent tous les révolutionnaires et les travailleurs du PS, de TAPU et sans parti, à l'unité et à la lutte contre la droite et pour les revendications populaires. Renforcer l'appui électoral aux candidatures révolutionnaires, voter massivement pour la coalition UDP-PSR, élire des députés révolutionnaires, sera la meilleure garantie pour que les travailleurs disposent d'une voix indépendante au Parlement, renforçant l'élan populaire pour un authentique virage à gauche, aujourd'hui à la portée de la lutte ferme et indépendante des travailleurs portugais. »

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