Interné lors du coup d'Etat du général Jaruzelski, le 13 décembre 1981, Edmund Baluka a été maintenu en prison après la « suspension » de l'état de guerre, alors que la junte annonçait la libération de tous les internés. Il est accusé d'avoir « commis un crime grave contre l'Etat polonais ». Le 24 janvier dernier, il a entrepris une grève de la faim pour protester Depuis, les nouvelles qui parviennent sur son état de santé se font de plus en plus
L'acharnement de la bureaucratie contre Baluka ne date pas d'hier. Président du comité de grève du chantier naval A. Warski de Szczecin en janvier 1971, principal interlocuteur, à ce titre, du nouveau Premier secrétaire du POUP de l'époque, Edouard Gierek, Baluka avait été élu à la direction des syndicats officiels lors d'élections libres que les grévistes avaient alors arrachées. Au congrès national des syndicats, en 1972, il fut le seul délégué à voter contre la résolution officielle. Cela, tout comme son opposition farouche à la « normalisation » bureaucratique de la vie syndicale dans le chantier naval et à Szczecin, dans la période qui a suivi, lui a valu d'être en butte à la bureaucratique. Licencié de son travail, pourchassé, Edmund Baluka
Ouvrier dans une entreprise à Manchester, en Grande-Bretagne, il se lie tout d'abord au Parti socialiste polonais en exil
(adhérent à la lle Internationale), puis, à
Paris, il édite, avec les militants de l'Orgacommuniste internationaliste
(aujourd'hui Parti communiste internationaliste), un bulletin de propagande socialiste en polonais, Szerszen (le lon). En avril 1981, il rentre en Pologne sous une fausse identité et se présente sur son ancien lieu de travail. La section de
Solidarité du chantier naval l'admet alors en son sein et assure sa défense contre la
Contrairement aux autres internés, qui ont été maintenus en détention après la « suspension » de l'état de guerre, en décembre 1982 (les sept dirigeants nationaux de Solidarité et les militants
KOR), Baluka n'a pas joué un rôle important dans les débats qui ont traversé le syndicat polonais avant le coup d'Etat.
Il ne fut pas élu à un poste de responsabilité au sein de Solidarité. Depuis son retour d'exil, il a consacré toute son énergie à propager la nécessité d'un parti socialiste, puis à faire connaître le « Parti socialiste polonais du travail », qu'il a proclamé avec quelques camarades. Une telle attitude ne pouvait que conduire à le marginaliser.
Interné, Edmund Baluka a très vite gagné l'estime de ses camarades de détention par le rôle qu'il a joué dans l'organisation de la résistance à l'intérieur du camp de Wierzchowo. S'opposant sans cesse à l'arbitraire bureaucratique, il est devenu la bête noire de ses geôliers.
C'est cet itinéraire de militant ouvrier intransigeant que la junte polonaise veut
Edmund Baluka. Le défendre, c'est défendre le droit des travailleurs à s'organiser au sein de syndicats et de partis indépendants du pouvoir établi.
C'est défendre leur droit à proclamer leurs convictions socialistes.
Envoyez les lettres et télégrammes de protestation à : Zarzad Aresztu Sledezego, ul. Kaszubska, Szczecin, Pologne. librairie diffusion
LA BRECHE
5 % de réduction sur tous les livres
*** * *** Horaires d'ouverture : - le lundi de 14 h à 20 h - du mardi au samedi de 12 h à 20 h 9, rue de Tunis, 75011 PARIS. Tél : 367 63 57