Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EQUATEUR

La riposte du mouvement ouvrier à la crise

· Inprecor n° 146, 28 mars 1983 · p. 21-25 · 3 349 mots

Syndicalisme Économie mondiale

La riposte du mouvement appréciations extrêmement positives de la situation économique équatorienne

• qui ne laissaient nullement présager l'éclatement, un an et demi plus tard, de véritables émeutes de la faim dans tout le pays et l'installation de l'état d'urgence le 20 octobre 1982. L'une de ces présentations avantageuses précisait que la « simple lecture des indicateurs économiques essentiels montre, sans aucun doute possible, que la situation générale n'est pas mauvaise : une balance commerciale en excédent (...) et qui le reste encore en 1980, une balance des paiements elle aussi en excédent (300 millions de dollars en 1978), une croissance soutenue du produit intérieur brut (PIB) (l'une des meilleures d'Amérique latine), des réserves de change en progrès constant (elles atteignaient 766,8 millions de dollars fin 1979), une inflation contenue (de 10 à 15 % suivant les années depuis 1976), une monnaie dont la valeur n'a pas sensiblement varié en cinq ans (25 sucres pour un dollar au marché libre) (1) ». Encore fallait-il ajouter à cette description le retour du régime équatorien à une forme civile de gouvernement par l'élection, en avril 1979, du président Jaime Roldos, il est vrai après un long accouchement, puisque les résultats du premier tour des présidentielles qui ont eu lieu en juillet 1978 ne furent proclamés qu'au mois de décembre de la même année, et que

Pourtant, les contradictions de cette situation économique en apparence bénéfique résidaient bien évidemment dans le fait qu'elle était essentiellement fondée sur les ressources tirées de l'exploitation du pétrole. En 1979, celles-ci représentaient l'équivalent de 60 % des recettes d'exportation et 14,5 % du PIB, contre seulement 3 % en

1972. L'économie était donc très dépendante des fluctuations du marché mondial.

D'autre part, la politique économique gouvernementale va être fondée sur un sérieux endettement. Dès 1980, le service de la dette extérieure représente 40 % du budget, soit environ 800 millions de dollars. Il faut y ajouter les 80 millions de dollars, soit

3,5 % du budget, dépensés lors des affrontements frontaliers avec le Pérou au début

1981 (2). Des luttes ouvrières dures pour obtenir des augmentations salariales et arracher une meilleure répartition de la manne pétrolière ont par ailleurs eu lieu.

Ces éléments forment le contexte dans lequel se situent à la fois les diverses propositions gouvernementales visant à faire payer les plus démunis, et les réactions ouvrières et populaires qui se sont exprimées à travers plusieurs grèves et actions d'envergure

L'article du camarade du Mouvement révolutionnaire des travailleurs (MRT), organisation sympathisante de la IVe Internationale en Equateur, que nous publions de l'année 1982, du rôle du Front uni des travailleurs (FUT) (3) dans leurs organisate de la direction nationaliste bourgeoise au Surinam n'est plus un secret pour personne. Celle-ci a sans cesse bloqué l'initiative des masses quand elles menaçaient de s'engager au-delà des frontières étroites définies par les réformes bourgeoises. De plus, les réformes introduites par Bouterse et Chin-a-Sen ne pouvaient être menées à bien sans une mobilisation de masse ou, du moins, de façon suffisamment efficace pour améliorer durablement le sort des masses opprimées. La faiblesse structurelle de la bourgeoisie nationale, l'approfondissement de la crise économique et l'opération de déstabilisation rendent minimes les résultats obtenus.

MENACE D'INTERVENTION A IMPERIALISTE Il y a donc seulement deux forces susceptibles de reprendre effectivement les choses en main : les impérialistes d'un côté, les masses opprimées sous une direction révolutionnaire, de l'autre. Le danger d'une intervention impérialiste est bien réel. Les dirigeants impérialistes ont le choix entre plusieurs options: le coup d'Etat militaire, l'opération « de sauvetage » ou l'invasion par mercenaires interposés. Les trois scénarios sont déjà très au point et peuvent être rapidement mis en pratique.

Par contre, les forces révolutionnaires au Surinam sont encore très faibles. Il n'existe pas d'unité réelle entre le mouve. ment ouvrier et celui des paysans. Le pays compte quatre confédérations syndicales et un syndicat paysan de gauche. Depuis 1980, les partis politiques de gauche ont vu leurs divisions s'accroître. Deux de ces partis, l'Union progressiste des ouvriers et paysans (PALU) et le Parti révolutionnaire du peuple (RVP) ont répondu aux avances de Bouterse après 1980, et ont été depuis intégrés à l'appareil d'Etat. Ils manifestent des déviations ultra-gauches (ils parlent de « révolution l'arme au poing »). Le Parti communiste pro-albanais du Surinam est très petit, sectaire et anti-cubain. Un autre parti, le Parti populaire (VP), a été incapable de se relever de la crise qu'il traverse depuis la scission du RVP en 1980

Ainsi, la tâche principale des révolutionnaires reste-t-elle d'intervenir au sein du mouvement de masse pour forger l'unité dans l'action et construire une direction révolutionnaire.

Depuis le 8 décembre, les révolutionnaires doivent concentrer leurs efforts sur les mots d'ordre appelant à l'instauration droits démocratiques et à l'éviction de Bouterse. Il est en même temps nécessaire de lutter contre l'intervention impérialiste et la campagne hystérique contre la gauche. En dehors du pays, la tâche principale est la solidarité avec le mouvement de masse au Surinam et la lutte contre les menaces d'intervention impérialiste. Elle confère des responsabilités toutes particulières aux révolutionnaires néerlandais et américains.

Bert PRINS Amsterdam, janvier 1983.

nationale.

ci-après,

EQUATEUR ouvrier à la crise

Derrière le miracle pétrolier, les émeutes de la faim

U début de l'année 1981 on pouvait encore lire, dans la presse spécialisée, des le second tour ne fut convoqué que l'année suivante ….

traite des dernières en date de ces mobilisations ouvrières, celles de la fin tions et des perspectives de mobilisation pour l'année qui s'ouvre.

DC

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Rafaël LAVAYEN

La cinquième grève nationale, du 22 septembre 1982, et la mobilisation nationale (paro nacional) du 21 octobre 1982, ont marqué un saut qualitatif dans les luttes du mouvement ouvrier équatorien. Le FUT est apparu à cette occasion comme la véritable avant-garde des exploités du pays. Le mouvement ouvrier a ainsi conquis un rôle politique important en tant qu'expression d'une force sociale dont le gouvernement doit tenir compte à l'heure ses décisions économiques et politi-

Ces deux échéances ouvrières ont été l'aboutissement d'un processus qui a transformé les rapports de forces dans la équatorienne. Auparavant, principales décisions concernant le pays étaient prises en fonction des seuls conflits inter-bourgeois et des seuls intérêts de la fraction de la classe dominante qui trouvait conjoncturellement au pouvoir. Maintenant, les réactions du mouvement ouvrier doivent aussi entrer en ligne toutefois, situation qui pourrait s'avérer momentanée si l'unité syndicale n'était pas renforcée et élargie, et si le mouvement ouvrier ne réussissait pas à construire une alternative politique.

LES EFFETS DE LA CRISE Les événements de septembre-octobre 1982 ont constitué la réponse de la classe ouvrière à la crise.

Pendant la période de la dictature militaire (1972-1979), puis à l'époque du gouvernement de Jaime Roldos, et ensuite sous son successeur, Oswaldo Hurtado (4), la politique économique officielle a toujours été orientée vers une industria-

1. Yves Saint-Geours, « Equateur : retour a la économique ». 4610, 10 mars 1981, la Documentation françai-

2. En janvier et février 1981, des affrontements frontaliers suscités par des questions de délimitation de frontières ont opposé les armées péruvienne et équatorienne.

uni des travailleurs (Frente Unitario de los Trabajadores, FUT), regroupe trois principales centrales syndicales l'Equateur (CTE) dirigée par le PCE, la Confédération équatorienne des organisations syndicales libres (CEOSL), et la Confédération équatorienne des organisations de classe (CEDOC), assez proche de la démocratie chrétienne. Ces trois centrales sont respectivement en rapport. au niveau international, avec la Fédération synlisation comportant une aide massive de l'Etat au secteur privé et en même temps une ouverture considérable aux monopoles internationaux. Les fonds destinés à l'aide au secteur privé proviennent avant tout des ressources tirées de l'exportation du pétrole, de l'exportation de produits agricoles traditionnels (bananes, cacao, café) et, en deuxième lieu, d'un endettement extérieur consécutif à une politique d'emprunts garantis par la production pétrolière (5).

Il est facile de comprendre quelles ont été les répercussions de la crise mondicale mondiale (FSM), la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et la Confédération mondiale du travail (CMT). Mais, à la différence de ces trois regroupements interles centrales équatoriennes maintiennent une orientation de type « classiste ». l'Etat avec le soutien de l'organisation bourgeoise traditionnelle dénommée Concentration des forces populaires (CFP) dirigée par Assad Bucaram, le Président Jaime Roldos trouvera la mort dans un étrange accident d'avion, le 24 mai 1981. Le vice-président Oswaldo Hurtado lui succédera alors à la présidence de la Répu-

5. Entre 1979 et 1982, les exportations de pétrole représentaient environ 54 % du total des exportations du pays, tandis que les exportations de produits agricoles représentaient environ 27 % du total des exportations. - Campagne pour la Centrale unique des travail-

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diale sur une telle structure économique entièrement dépendante de l'évolution du commerce extérieur. En 1982, par exemple, l'exportation du pétrole a baissé de 17 % par rapport à 1981, celle des matières premières de 7% et celle des produits industriels de 23%. Les exportations dans leur ensemble ont diminué de 10%. Par ailleurs, les réserves monétaires ont diminué de 13 % à la suite aussi bien des paiements de la dette extérieure et des importations que de la baisse des exportations et des investissements étrangers. Pour le produit intérieur brut (PIB), qui avait augmenté de 5,8% en 1979, de 4,6% en 1980 et de 4% en 1981, le gouvernement n'espère aujourd'hui qu'une croissance de 3 à 3,5 % pour 1982. Quant au déficit fiscal, il aura été, en 1982, l'équivalent de 20 % du budget, et il ne pourra pas être compensé par un nouvel endettement extérieur. En effet, dès le mois de septembre dernier, le gouvernement a été obligé de s'adresser à ses créanciers pour renégocier sa dette et il a dû faire appel au Fonds monétaire international (FMI).

L'aide étatique au secteur privé a donc été réduite. Cela a eu des répercusassez sérieuses, sous forme, par exemple, de faillites d'entreprises de préparation du cacao. En 1979, ce secteur assurait 43% des exportations de produits industriels et 11 % du total des exportations, occupant ainsi la troisième place derrière le pétrole (47 %) et le café

Pour financer ce déficit et continuer à subventionner le secteur privé, le gouvernement s'est efforcé de trouver de nouvelles ressources financières en adoptant une politique de libéralisation des prix des produits de consommation courante et en augmentant les impôts. Cela a provoqué une croissance de l'inflation : 10% en 1979, 13% en 1980, 16 % en 1981, plus de 20% en 1982. Le salaire minimum vital, qui était fixé en janvier 1979 à 4 000 sucres, n'atteignait en réalité que moins de 3 000 sucres à la fin de 1981 (environ 840 FF), soit une baisse de 27 % suivant les statistiques officiel-

En ce qui concerne les prix, l'essence de meilleure qualité est passée de 4,65 sucres à 15 sucres en 1981, et à 40 sucres l'année passée. La monnaie nationale, le sucre, a été dévaluée en septembre 1982 (le taux de change, qui était auparavant de 25 sucres pour un dollar est passé à 33 sucres pour un dollar). On estime qu'à la suite de ces mesures, le salaire réel a diminué de 56% par rapport à 1980 (7).

Depuis l'avènement du gouvernement de Jaime Roldos en avril 1979, et ensuite sous le gouvernement d'Oswaldo Hurtado, le mouvement ouvrier et populaire a riposté aux agressions du gouvernement et de la bourgeoisie. La première manifes tation de protestation contre l'augmentation des prix des produits alimentaires a eu lieu à Quito en janvier 1980, cinq mois après l'arrivée de Jaime Roldos au pouvoir. La répression a été très dure et deux étudiants ont été assassinés par la police.

LA RIPOSTE

DU MOUVEMENT OUVRIER Depuis lors, les manifestations de protestation ont été constantes. Elles ont atteint leur point culminant lors de trois

Get d'une mobilisation nationale (paro nacional). La troisième grève nationale a eu lieu le 13 mai 1981, après que Roldos, sous prétexte de la guerre avec le Pérou, ait décidé d'augmenter le prix des

6. Au taux de l'époque (25 sucres pour un dollar américain), un salaire de 4000 sucres

La 160 dollars et le salaire réel de 3 000 sucres à environ 120 dollars.

7. Avec un taux d'inflation compte-tenu du nouveau taux de change, le sa2 400 sucres par mois. Une autre dévaluation de 27 % a eu lieu le 19 mars 1983

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combustibles. La grève n'a eu lieu que trois mois après cette augmentation, car les bureaucraties syndicales, qui avaient accepté I'« union sacrée » durant les af-

Pérou, voulaient maintenir le dialogue avec le gouvernement. C'est la pression des masses populaires, qui s'était notamment exprimée à l'occasion des manifestations du ler mai, qui est à l'origine de cette troisième grève nationale. La participation du secteur des transporteurs à cette grève a entraîné la paralysie du pays, provoquant un sentiment de victoire alors même que les revendications avancées n'ont

Le 9 décembre 1981 a eu lieu la quacontre l'augmentation du prix décidée par le gouvernement en septem-

Encore une fois, c'est la politique conciliatrice de la bureaucratie syndicale qui a retardé la riposte. Et ce fut la presla base qui imposa la décision, en exigeant la convocation du premier congrès national du FUT avec participation de délégués de base. Le secteur des transports ne s'étant pas associé à cette nouvelle grève, l'activité du pays n'a donc pas été paralysée. C'est pourquoi la grève est apparue cette fois-ci comme une

Toutefois, il est important de souligner que, pour la première fois, la décidait d'effectuer une grève nationale à elle seule et réussissait à complètement l'activité industrielle et de services du pays. D'autre part, ce sont les secteurs de base des syndicats

Sont imposé un mécanisme leur permettant de prendre eux-mêmes les décisions. Ainsi, ces mobilisations ont-elles eu d'importantes répercussions dans le mouvement syndical. 1982, les congrès de la CTE et de la CEDOC ont chassé de leur direction deux des plus vieux bureaucrates syndicaux du pays et élu de nouveaux dirigeants. l'autre, à partir de la Ire Convention du toutes les décisions importantes seront prises par cet organisme. Jusqu'à maintenant, six conventions nationales ont eu lieu. Bien que leur mécanisme de fonctionnement reste assez formel, cela illustre l'exigence des militants de base de participer aux décisions et de ne plus les laisser aux mains de trois dirigeants.

Cette expérience et les progrès organisationnels accomplis vont donner à la cinquième grève nationale des caractéristiques assez différentes des grèves précédentes. Elle eut lieu le 21 septembre 1982, quelques semaines seulement après la dévaluation du sucre. Alors qu'auparavant les revendications étaient surtout défensives (abolition des mesures adoptées par le gouvernement plusieurs mois auparavant), cette fois-ci l'accent est mis des revendications offensives: aug. mentation générale des salaires, cinq années de stabilité de l'emploi et étatisation des transports publics (en plus d'autres objectifs inclus dans la plate-forme

La grève dura 48 heures au lieu des 24 heures habituelles. Malgré la non-partides transporteurs, la ouvrière, en collaboration avec des secteurs paysans, a réussi à paralyser le trafic pays, avec des barricades dans les villes et sur les routes. En même temps, des formes spécifiques de lutte ont été adoptées, parmi lesquelles une coordination entre des usines de la même zone et un comité de grève à Guayaquil nommé dans une assemblée provinciale du

Quelques jours après la grève, le Président Hurtado a annoncé de nouvelles mesures et notamment une augmentation du prix des combustibles et des transports publics. Parallèlement, il a soumis à la Chambre des représentants trois projets de loi portant sur des augmentations de salaires, la fixation du minimum vital à 4 800 sucres, le remboursement du prix des transports par les employeurs et la stabilité de l'emploi pour deux ans.

La riposte populaire contre mentation des prix des combustibles et des transports ne s'est pas faite attendre. Elle a été spontanée et au niveau du pays tout entier. Le FUT a lancé un appel à une mobilisation nationale pour le 21 octobre 1982, et à des mobilisations préparatoires dans les jours précédents. Le 21 octobre, le pays fut totalement paralysé. Pour le FUT, cela représenta une grande victoire : tous les secteurs en lutte mesures du gouvernement s'étaient mobilisés pour la date qu'il avait

Après cette mobilisation, la Chambre des représentants approuva les projets de loi proposés par le gouvernement. Et ce dernier décida de limiter l'augmentation du prix de l'essence ordinaire. Le mouvement ouvrier n'avait pas atteint tous ses objectifs, mais, contrairement à ce qui s'était passé à la suite des autres grèves, il de même arraché concessions au gouvernement.

UNE GRAVE ERREUR :

L'APPEL A LA GREVE ILLIMITÉE

Il était maintenant nécessaire de trouver le moyen de continuer la lutte. Une sérieuse erreur fut alors commise sous la forme d'un appel à une grève illimitée, alors que les conditions pour une telle action n'étaient pas réunies. La responsabilité en incombait directement aux formations majoritaires de gauche et à certains dirigeants syndicaux, qui ont imposé, lors de la cinquième convention du FUT, le mot d'ordre de grève générale pour le 8 novembre.

conditions n'en étaient pas réunies. Tout d'abord, les travailleurs n'étaient pas disposés à l'accepter. La mobilisation du 21 octobre avait impliqué l'effort maximum dans le contexte donné. Il y avait même des signes d'essouflement et les ouvriers étaient, par ailleurs, assez satisfaits des résultats partiels qu'ils avaient obtenu. En deuxième lieu, une grève générale illimitée ne pouvait pas être entreprise seulement par la classe ouvrière. On ne pouvait pas compter avec une nouvelle explosion spontanée et le FUT n'avait pas une influence organisationnelexploitées pour être capable d'organiser à lui tout seul ce mouvement d'envergure. Finalement, une grève générale illimitée met à l'ordre du jour la question du pouvoir, celle de l'alternative d'un gouvernement ouvrier et paysan. Or, une telle perspective est loin d'être comprise actuellement par la masse des travailleurs et il n'existe aucune organisation politique pour avancer cette alternative comme une issue crédible à la grève nationale illi-

Le 6 novembre eut lieu une convention extraordinaire du FUT, qui décida d'annuler l'appel à la grève. On s'était rendu compte que les travailleurs n'y auraient pas répondu. A la suite de l'erreur que représentait l'appel à la grève générale illimitée dans ces conditions, les militants ont commencé à perdre une partie de leur confiance dans la direction du FUT. L'unité du FUT au sommet a été sérieusement ébranlée par des conflits entre les partis de gauche. La méfiance des ouvriers envers certaines organisations de la gauche s'accentuait.

En revanche, des perspectives nouvelles ont commencé à s'esquisser sur le terrain de l'organisation des travailleurs dans une centrale syndicale unique. Aujourd'hui, une grande partie de la classe caux provinciaux en discutent et, dans certains cas, la formation d'une centrale unique des travailleurs est devenu le mot d'ordre principal de ces congrès.

Finalement, l'acquis le plus important de toute cette dernière période réside dans le fait que le mouvement ouvrier est apparu comme l'avant-garde de tous les secteurs exploités et comme une force sociale dont le pouvoir doit tenir

Puisque la crise économique tend à s'aggraver, 1983 sera une année de luttes dures. On l'a déjà vu dès le début janvier 1983. Dans le but de réduire le déficit budgétaire de l'année à venir, la Chambre des représentants a décidé de substantiellement les rémunérations des fonctionnaires. Le Président aurait dû approuver cette mesure qui, entre autres, avait été votée par les députés démocrates-chrétiens. Mais avant même que le Président ne se prononce, les fonctionnaires décidaient d'arrêter toute activité. Après quelques jours, la elle-même décidait de réviser Toutefois, ce n'était que la première escarmouche de l'année. Les organisations patronales exercent une pression de plus en plus forte, et le gouvernement cherche désespérément le moyen de satisfaire leurs demandes. Il faut donc s'attendre à ce que de nouvelles mesures anti-ouvrières soient adoptées.

Rafaël LAVAYEN Guayaquil, janvier 1983. 8. Le 4 janvier 1983 en effet. 200 000 employés du secteur public ont mené une « grépréventive » de 24 heures pour protester contre le projet de réduction de 40 % des primes et contre le blocage des salaires du secteur

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NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE se sont d'ailleurs refusés à faire), Anna matière de chômage. Ainsi les dockers,

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