Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

Ils ne passeront pas !

· Inprecor n° 147, 11 avril 1983 · p. 28 · 952 mots

Nicaragua Amérique centrale

La révolution sandiniste n'est pas isolée

••/o

COS

VICI ANCIA REVOLUCIONARIA

* Contre-révolutionnaire, des milliers d'yeux te surveillent 24 h sur 24 ! » (DR)

Le gouvernement nicaraguayen a annonce, le 21 le pays était confronté à « l'opération militaire la plus agressive » lancée par l'impérialisme depuis le renversement du dictateur Anastasio Somoza en juillet 1979

Les autorités sandinistes ont annoncé qu'elles lanceraient immédiatement une vigoureuse campagne internationale, Sergio Ramirez, membre de la Junte de reconstruction nationale, a déclaré que le Nicaragua présenterait auprès des pays non-alignés ainsi Conseil de sécurité de l'ONU.

Dès février dernier, en effet, 1 200 anciens gardes somozistes se sont infiltres dans le nord du pays, à partir des bases établies à la frontière du Honduras. D'après les informations données par le ministre de la Défense, Humberto Ortega, environ 200 des 1 200 hommes sont parvenus jusqu'aux montagnes de Matagalpa, à 80 kilomètres à peine de la capitale Managua. Les chiffres donnés par l'ambassadeur du Nicaragua aux Etats-Unis, Victor Tinoco, sont plus élevés. Il parle de 2 000 agresseurs, dont 500 seraient parvenus au centre du pays.

« Cette escalade agressive », a déclaré Humberto Ortega dans une conférence de presse, le 21 mars, « est en train d'être défaite et elle sera défaite ». Tous les batailsandiniste ont été mobilisés pour défendre la révolution jusqu'à la victoire. On a également fait appel au renfort de nombreuses unités des milices populaires.

Bien que confiant en la victoire, Humberto Ortega insiste sur la gravité de la situation : « Le danger, c'est que dans l'affrontement militaire, nos forces écrasent la Garde nationale somoziste, et que

Ils ne passeront pas !

contrarrevolucionario

MILES DE OJOS

TE VIGILAN,

Comite de Defensa Sandinista l'impérialisme en tire prétexte pour provoquer des confrontations frontalieres en-

Get l'armée hondurienne pour créer une situation qui pourrait déboucher sur une guerre. »

Vu la grave menace pour l'ensemble de la région, le vice-ministre des Affaires étrangères, Victor Tinoco, a réclamé, le

June réunion

Conseil de sécurité des Nations-Unies. Il a expliqué que les groupes d'invasion

« jouissent du soutien, de l'entraînement et de l'appui matériel et logistique fourni par les agences de l'administration nord-

Humberto Ortega a également souligné la responsabilité de l'administration de Ronald Reagan, en l'opération contre le Nicaragua « a pour but de détourner l'attention internationale du dilemme que vit aujourd'hui le Salvador et de créer les meilleures conditions (...) pour empêcher et déstabiliser le développement de notre processus détruire notre pays. » Il a ajouté : « Vous avons les moyens de réduire l'ennemi et de l'écraser. (...) Nos tanks, nos canons, notre marine de guerre, les forces aériennes sont prêtes à défaire les actions de plus grande envergure que l'ennemi pourrait

Ces déclarations ont été précédées d'une réunion de deux jours de l'Assemblée sandiniste, la direction pleinière du Front sandiniste de libération nationale (FSLN). Lors de leur conférence de presse, destinée à démentir la campagne de rumeurs alarmistes propagées les contre-révolutionnaires, la véritable situation militaire fut exposée par le commandant Lenin Cerna, chef de la sécurité d'Etat du Nicaragua, et par le commandant Leopoldo Rivas, vice-ministre de la Défense.

Six unités contre-révolutionnaires sont engagées dans l'invasion, a déclaré Rivas. Les quatre plus importantes, stationnées au nord du pays, ont été pratiquement assiégées par les forces sandinistes et n'ont pu se livrer qu'à de petites attaques de harcèlement. Les deux autres unités, plus réduites, sont pratiquement démantelées dans le département de Matagalpa : « Elles ne peuvent pas prendre le moindre village, et encore moins aucune ville importante du nord du pays. Elles ne peuvent qu assassiner des paysans, des éducateurs populaires et des techniciens du gouvernement révolutionnaire. » Il a ajouté : « Elles n'ont engagé jusqu'à présent aucune action offensive importante, si ce n'est l'embuscade dans laquelle 17 membres de la Jeunesse sandiniste ont trouvé une mort héroïque. » Le 21 mars, les contre-révolutionnaires avaient déjà perdu 309 combattants, soit un quart de leurs forces. Les pertes sandinistes, pour cette même période, de février à mars, s'élèvent à 97 soldats et 17 civils.

Les préparatifs de l'escalade en cours remontent, selon Lenin Cerna, à 1981. La CIA avait, à l'époque, déjà commencé à essayer de rassembler en un seul groupe les forces somozistes dispersées pour former le prétendu Front démocratique nicaraguayen (FDN).

En 1982, 800 hommes armés du FDN ont franchi la frontière, en provenance du Honduras, pour tenter de prendre la ville de Jalapa, dans le nord, et la déclarer « zone libérée ». L'agression fut vaincue après deux mois d'intenses combats, qui ont atteint leur moment le plus violent l'été dernier. L'opération actuelle, baptisée par la CIA « plan C », a commencé vers la fin janvier. Elle comportait deux aspects principaux : occuper et tenir des positions dans les départements de Jinotega et Nueva Segovia au nord, et mener des attaques de diversion dans le département de Zelaya sur la côte atlantique du pays. Ultérieurement, des forces contre-révolutionnaires basées au Costa Rica, sous le commandement du traitre Eden Pastora, devaient se joindre à cette

Les effectifs contre-révolutionnaires engagés dans les combats en cours ont reçu un entraînement complet aux EtatsUnis, au Honduras ou au Costa Rica. Des conseillers américains, israéliens ou argentins les ont aidés à mettre sur pied un commandement unifié, des structures logistiques, des hôpitaux de campagne, etc. « Tout ce qu'il faut à une armée d'invasion », a déclaré Lenin Cerna.

Ces informations soulignent l'importance qu'il y a à répondre à l'appel lancé par Sergio Ramirez à la solidarité internationale en défense de la révolution popusandiniste. Le Nicaragua n'est pas isolé : ils ne passeront pas !

Michael BAUMANN Managua, mars 1983, traduit de « PERSPECTIVA MUNDIAL » du 4 avril 1983.

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