litiques ont pour finalité la prise du pouvoir, il estime que, dans les conditions ac- L'Assemblée constitutive tuelles, des élections ne sauraient « remettre en jeu ni le projet ni le processus de la révolutionnaire ».
Le FSLN, de loin la force hégémonique par rapport aux cinq autres petites Centrale sandiniste des travailleurs formations du Front patriotique révolutionnaire, veut poursuivre ces consultations autour du projet de loi sur les partis politiques, comme autour des modalités de serutin qui seraient instituées. Ce- La Centrale sandiniste des travailleurs (CST) a tenu à Managua, pendant la pendant, si les premières discussions té- dernière semaine de février, son Assemblée nationale constitutive, avec la partimoignent de la volonté de respecter un cipation de trois cents délégués, représentant les assemblées constitutives déparcertain pluralisme politique, elles mon- tementales qui avaient eu lieu dans tout le pays. La tenue de l'Assemblée trent également les limites de son exer- nationale s'est traduite notamment par l'adoption de trois documents fondacice : les élections à venir sont conçues mentaux : les principes de la CST, les tâches générales, et le règlement général. essentiellement comme un mécanisme Huit axes de travail ont été définis pour 1983, parmi lesquels la révision des consultatif. Le résultat électoral restera indices salariaux en vigueur, l'amélioration du fonctionnement organisationnel donc subordonné à la défense de la ré- de chaque syndicat, notamment en ce qui concerne la discipline, la productivité. volution. Les agressions en cours renfor- du travail et l'incorporation aux tâches de défense. cent le poids de cet argument, tout en Avant la tenue de l'Assemblée nationale constitutive, des discussions aufaisant apparaître de plus en plus les tour des documents proposés par l'exécutif national ont eu lieu dans chacun liens historiques et organiques entre l'op- des cinq cents syndicats qui forment la CST. Parmi ces documents figure la déposition bourgeoise et les agresseurs so- claration de principe de l'Assemblée constitutive de Managua, la plus impormozistes soutenus par l'impérialisme US. tante du pays, qui contient les points suivants : 1) la CST et ses syndicats se En fait, face à l'agression impérialiste et développent conformément « aux principes du centralisme démocratique, ce contre-révolutionnaire, la seule réponse qui implique le droit à élire librement ses dirigeants et à les révoquer quand ils efficace à l'agitation bourgeoise en fa- manquent à leurs devoirs » ; 2) la discussion collective et la décision par vote veur d'élections immédiates réside dans majoritaire dans les assemblées générales, les conférences, les réunions de l'extension des pouvoirs réels exercés par direction et les conseils ; 3) l'application des décisions et la subordination des les organes de pouvoir populaire, tels que instances inférieures aux instances supérieures ; 4) la CST et les syndicats qui la les Comités de défense sandinistes (CDS) composent ne font pas partie de l'appareil d'Etat et ne sont pas davantage des ou les milices. organisations du parti , 5) le « but de la lutte classiste » est la formation d'une
S'il est vrai que les cing partenaires seule centrale syndicale. du FSLN dans le débat sur le projet de De plus, l'Assemblée a adopté huit tâches générales pour 1983. Constatant, loi des partis politiques sont tous des or- d'une part, les « limites organisationnelles et le développement qualitatif que ganisations très minoritaires, il n'en de- actuellement le mouvement syndical nicaraguayen, parallèle à une croissance quantitative vertigineuse des organisations professionnelles », et, meure pas moins important que ce débat ait lieu, et qu'il ait lieu publiquement. d'autre part, le faible niveau d'incorporation aux tâches de défense, l'AssemAlors que la presse occidentale, même blée nationale se propose : 1) de lutter pour la révision de la situation salariale dans ses organes les plus « éclairés », est en général , 2) d'améliorer la capacité de gestion de toute l'organisation syndià l'affût des moindres signes d'autorita- cale, de la base jusqu'au Conseil national ; 3) l'incorporation massive dans « la bataille pour le quatrième degré », qui prolonge la campagne d'alphabétisation risme au Nicaragua, il faut souligner les lancée dès 1979 ; 4) de continuer à impulser le mouvement des « travailleurs faits suivants: dans ce pays, les partis bourgeois, même en opposition déclarée novateurs (1) » ; 5) d'organiser l'émulation sandiniste pour atteindre de meilleurs niveaux de discipline, de productivité, ete. 6) de lutter pour un plan d'apau régime, ont droit à une existence légale aussi longtemps qu'ils n'appellent pas à provisionnement, pour un plan d'auto-construction de logements ; 7) de déveprendre les armes. Ensuite, la présence de lopper les loisirs, la culture et le sport , 8) de susciter, avec plus d'énergie, la solidarité des travailleurs nicaraguayens avec les peuples qui luttent pour leur partis de gauche, indépendants du FSLN, témoigne du maintien d'une discussion politique. Ces faits constituent à eux L'une des questions qui affectent le plus les travailleurs nicaraguayens, et seuls une performance démocratique dans qui a frappé en particulier le secteur des manufactures en raison de la récession un pays soumis au siège militaire et éco- économique, c'est celle de l'emploi. Ce fut l'un des thèmes les plus discutés par nomique de l'impérialisme. l'Assemblée nationale de la CST. La conclusion fut la nécessité « d'une révision
La riposte à l'escalade des agressions des projets d'emploi d'urgence » annoncés par la Junte de gouvernement fin impérialistes entrainera nécessairement 1982. D'après les statistiques connues, 1 100 seulement des 4 600 travailleurs une nouvelle radicalisation du processus ayant perdu leur emploi dans l'industrie ont trouvé à se reclasser grâce à des révolutionnaire au Nicaragua, de nouvel- projets étatiques. Plus de 100 d'entre eux se sont intégrés dans les programmes les incursions de l'Etat dans le secteur de de jardinage, 200 dans les programmes d'hygiène du ministère de la Santé, 400 la propriété privée pour répondre au sabo- dans les projets de la Junte régionale de Managua (réfection des rues, entretien tage et assurer les infrastructures nécessai- des bâtiments, etc.). Les 2 000 travailleurs sans emploi du secteur de la consres à l'effort de défense, et une marginali- truction sont ceux qui rencontrent le plus de difficultés, d'une part parce que sation acerue de l'opposition interne en les emplois d'urgence dégagés l'étaient en dehors de Managua et, d'autre part, collusion flagrante avec les agresseurs. parce que le salaire mensuel proposé était peu attractif. Utilisant leurs indemMais, en même temps, les dirigeants sandi- nités, une bonne partie des chômeurs se sont orientés vers le secteur urbain dit
" informel » (marchands ambulants) qui, en dépit de son instabilité, exerce une nistes auront à cœur de préserver l'image pluraliste de leur révolution et de ne rien forte attraction. faire qui puisse faciliter le jeu de l'impérialisme dans la région : ils n'ignorent pas Inforpress Centroamericana qu'à moyen terme, l'avenir de leur révolu- Ciudad Guatemala, 17 mars 1983. tion est lié à celui de la révolution au Salvador. 1. L'Etat a impulsé depuis deux ans un processus de recyclage de vieux matériaux dans l'industrie métallurgique pour limiter l'importation de matières premières dans ce domaine et limiter les dépenses de devises. Les « ouvriers novateurs » sont affectés à ce traDaniel JEBRAC vail de recyclage. 12 avril 1983.