Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

L'intervention de la Ligue communiste révolutionnaire

· Inprecor n° 148, 25 avril 1983 · p. 7 · 846 mots

France Syndicalisme

trale du début d'année, la LCR a jeté toutes ses forces dans cette bataille. Pour elle, il s'agissait de mener une campagne politique nationale autour de trois thèmes indissociables : le refus de la politique d'austérité du gouvernement, la volonté de s'opposer au retour de la droite, et l'exigence d'une politique au service des travailleurs. Il s'agissait, par là, de défendre devant les travailleurs une réelle perspective de changement, s'opposant au chantage du PS et du PCF sur le mode : « Soutenez la politique du gouvernement ou vous faites le jeu de la ouvrière (LO) pour présenter, dans 80 villes, des listes unitaires intitulées « La voix des travailleurs contre l'austérité ». Outre les militantes et les militants de la LCR et de LO, ces listes incluaient des sympathisants des deux organisations, des militants syndicalistes et, dans quelques villes, des militants du PSU et des mis de réunir plus de 15 000 personnes dans les différents meetings tenus dans toute la France par Alain Krivine, sans compter les 5 000 participants au meede la souscription d'un million de franes lancée pour financer les activités de cipales de 1977 pouvaient laisser espérer des scores aussi significatifs en 1983.

Tel ne fut pas le cas. Avec une moyenne nationale légèrement supérieure à 2 %, et dans une situation générale de recul de la gauche, on retrouve les scores habituels de l'extrême gauche (ceux réalisés, au total, par Alain Krivine et Arlette

Laguiller en 1974, par exemple). Bien sûr, des inégalités très grandes selon les villes et les quartiers ont été enregistrées, les listes LO-LCR obtenant leurs meilleurs scores dans les quartiers ouvriers. Ceux-ci ont d'ailleurs permis d'avoir

Dans 33 villes, les listes « La voix des travailleurs contre l'austérité » recueillent gagnée par l'extrême gauche et des limites qu'elle a trouvé dans sa traduction des travailleurs. Mais nombre d'entre eux n'ont pas voulu, cette fois, franchir le pas qui consiste à voter pour les organisations révolutionnaires. Soit ils se sont abstenus au premier tour, soit ils ont voté, « sans illusions », pour les listes du fense des clauses d'indexation des salaires sur les prix et, surtout, avec les grèves a participé activement à toutes ces batailles. Mais celles-ci ne se sont pas retranscrites directement dans le débat politique des municipales, qui abordait des questions plus générales : l'austérité est-elle inévitable ? Le gouvernement res sont confrontées à la question que vont poser les travailleurs : faut-il acceprefus des mesures d'austérité. Le PS et le PCF n'ont pas été portés au pouvoir par les travailleurs pour mener cette politique anti-ouvrière. Et c'est aux travailleurs eux-mêmes de le leur rappeler, en organisant la riposte indispensable :

par l'expression de leur mécontentement et de leur volonté, sous toutes les formes possibles (motions, pétitions, adresses), par la préparation, dans les syndicats et les entreprises, d'une grève unitaire interprofessionnelle d'avertissement, des syndicats - la première du genre depuis 1979 — avec son propre cortège et ses mots d'ordre. Elle appellera ses militants syndiqués à rejoindre les cortèges

« communistes critiques », soit, au total, plus de 4 000 candidats.

la LCR durant cette campagne.

villes, plus de 5 %.

PS-PCF, afin de battre la droite.

PS et du PCF, afin de faire barrage à la droite.

de leurs centrales syndicales.

L'intervention de la LCR

Estimant que les élections municipales allaient constituer l'échéance cenUn accord national avait été conclu avec l'organisation trotskyste Lutte C'est une campagne extrêmement dynamique qui a été menée. Elle a perting central parisien. Signe de l'écho rencontré par cette campagne : la réussite

Les très bons résultats électoraux obtenus par l'extrême gauche aux munideux camarades de la CR élus conseillers municipaux, à Saint-Etienne-du-Rouvray, dans la banlieue de Rouen, et à Cenon, dans la banlieue de Bordeaux. plus de 3 % des suffrages exprimés, dans 14 d'entre elles, plus de 4 %, et dans 7

Au deuxième tour, à la différence de LO, la LCR s'est battue pour le vote La campagne et les scores électoraux témoignent à la fois de l'audience électorale, au vu de la situation actuelle. Incontestablement, les thèmes défendus par la LCR correspondent aux préoccupations d'une fraction significative

Une évolution qualitativement différente aurait supposé une maturation plus avancée de la situation politique et, surtout, l'expérience de conflits de classes qui restent à venir. Certes, un certain nombre de batailles ont été menées, pour le remboursement de l'avortement par la sécurité sociale, pour la déde l'automobile, pour la défense du salaire et des conditions de travail. La LCR pourrait-il agir autrement qu'il le fait ? Que proposent les révolutionnaires ?

A présent, ces discussions vont se concrétiser dans la bataille générale qui s'engage avec le nouveau plan d'austérité du gouvernement. Au moment où tous les acquis sont brutalement remis en question en matière de pouvoir d'achat, de sécurité sociale, de budgets sociaux, toutes les organisations ouvriè-

La LCR, par sa campagne électorale, a annoncé la couleur : c'est celle du et par toutes les actions de lutte qui permettent de défendre salaires et acquis.

La LCR participera, à l'occasion du ler Mai, à la manifestation unitaire

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