Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

Le FSLN s'organise face à l'escalade impérialiste

· Inprecor n° 149, 9 mai 1983 · p. 28 · 709 mots

Nicaragua

* L'agression nord-américaine contre notre pays a atteint une nouvelle dimension », a proclamé la direction nationale du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), dans un communiqué émis le 8 avril dernier. La déclaration a été lue à la radio et à la télévision, la veille des funérailles de la dirigeante salvadorienne assassinée à Managua, la « comandante » Ana Maria. Elle a été publiée dans les trois quotidiens nicaraguayens, le jour suivant.

Le FSLN a informé que de nouvelles unités d'ex-gardes nationaux somozistes s'étaient infiltrées à partir du Honduras dans la région minière de la province atlantique de Zelaya, et a rapporté que des actions contre-révolutionnaires moins importantes avaient eu lieu sur la côte Pacifique, dans la province de Chinandega, au nord du pays. Au même moment, « les provocations de l'armée hondurienne se sont accrues. Commencées sous la forme de tirs de fusil, elles sont passées ensuite à des tirs d'artillerie et ont récemment inclu des incursions d'unités militaires de l'armée hondurienne en territoire nicaraguayen ».

Le FSLN a appelé toute la population à l'unité pour défendre le pays. «Nous devons nous préparer à toute eventualité », poursuit le communiqué du FSLN. « Nous devons nous opposer de toutes nos forces à la première étape de l'agression nord-américaine, à l'invasion des fauteurs de génocide. Nous devons aussi nous préparer à une éventuelle agression de l'armée hondurienne dirigée par le gouvernement nord-américain, et être prêts à défendre notre souveraineté nationale, même face à une intervention directe des Etats-Unis. »

Dans ce but, par un décret adopté trois jours plus tard, le Gouvernement de reconstruction nationale (GRN) a réinstitué les Tribunaux populaires antisomozistes, organes de justice révolutionnaire qui ont jugé les criminels de guerre de la dictature, arrêtés immédiatement après le triomphe de la révolution. Ces tribunaux - composés de deux citoyens et d'un avocat — Jugeront tous les criminels de guerre, tous les « contras » (contre-révolutionnaires) capturés à l'avenir.

Tout homme ou femme du Nicaragua et toutes les ressources disponibles du pays seront mobilisés pour défendre la Révolution, a aussi affirmé le FSLN, ajoutant « que cela signifie des difficultés majeures pour le développement de nos programmes économiques et de sérieuses limitations quant à la disponibilité des

Le FSLN s'organise face à l'escalade impérialiste ressources matérielles destinées à être distribuées dans le pays ». Tout spécialement, le FSLN reconnaît qu'« il est possible que, dans un proche avenir, nous ayons à nous trouver confrontés à des combustibles, de de limitations transd'articles de première nécessité et à ports, toutes sortes d'autres privations.

Toutefois, pour s'opposer à ces difficultés inévitables, notre gouvernement prendra des décisions fermes, tant pour assurer une distribution équitable à tous les niveaux que pour s'opposer à l'agiotage et à la spéculation ».

Il ne fait aucun doute que les plans de Washington recherchent la multiplication et l'approfondissement de telles difficultés. Pour le FSLN, l'agression nord- américaine est une guerre, « qui comprend aussi la recherche du mécontentement populaire, en stimulant artificiellement le manque d'approvisionnement

Solidarité internationale avec le Nicaragua. (DR)

LATERA RTU en produits de première nécessité et en boycottant les efforts que fait le gouvernement révolutionnaire pour assurer une juste distribution de ces produits. » C'est « une guerre où sont lancées des rumeurs insidieuses pour semer l'inquiétude et la confusion dans la population », précise également le document du FSLN.

Il affirme aussi très clairement que tout le poids de la justice révolutionnaire s'abattra sur ceux qui collaboreront à de tels actes. « Nous avertissons tous ceux qui sont en liaison avec l'activité contrerévolutionnaire, sous quelque forme que ce soit, qu'ils seront considérés comme des traîtres à la Patrie et traîtés implacablement comme tels. »

La direction nationale du FSLN a rappelé que le Nicaragua restait toutefois disposé à entreprendre des négociations aussi bien avec les Etats-Unis qu'avec le Honduras. Mais elle a ajouté qu'il y avait une condition non négociable pour qu'un tel dialogue puisse s'instaurer: « Le retrait inconditionnel des fauteurs de génocide introduits au Nicaragua par les EtatsUnis, et l'arrêt des attaques frontalières lancées depuis le territoire hondurien que la contre-révolution somoziste mène de façon permanente avec lappui militaire des forces armées du Honduras. »

Michael BAUMANN Managua. (Publié dans Intercontinental Press du 2 mai 1983).

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