Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

A Paris, le 19 juin, contre le militarisme, pour la paix et le socialisme

· Inprecor n° 152, 6 juin 1983 · p. 28 · 801 mots

France Paix et armements États-Unis URSS et Russie

contre la

militarisation

impérialiste

La décision de Ronald Reagan et de l'OTAN de déployer plus de 500 nouveaux missiles en Europe de l'Ouest à partir de la fin 1983 représente un danger immédiat pour les travailleurs et les peuples de tout le continent. C'est aujourd'hui l'expression la plus nette de l'offensive générale de militarisation des fauteurs de guerre impérialistes.

Il faut donc battre Ronald Reagan et l'OTAN et empêcher, par la mobilisation la plus large, le déploiement des Pershing et des missiles de croisière américains, dans la perspective d'un démantèlement de toutes les bases américaines en Europe.

Aucun pseudo-argument sur la prétendue supériorité militaire soviétique ne saurait en effet masquer cette vérité : c'est l'impérialisme qui est le principal responsable de la course aux armements et des conséquences sociales qu'elle entraîne pour tous les peuples. L'effort de guerre impérialiste, conjugué à la crise, c'est autant de coupes claires dans les budgets sociaux, d'éducation et de santé notamment.

CONTRE LES MISSILES DE L'OTAN, SOLIDARITÉ INTERNATIONALE CONTRE L'IMPÉRIALISME Mais l'impérialisme américain ne menace pas seulement l'Europe, il perpétue ses crimes atroces aux quatre coins de la planète et spécialement en Amérique centrale, contre les peuples du Salvador et du Nicaragua, menaçant même l'ile de Grenade et la révolution cubaine.

C'est pourquoi le combat contre l'impérialisme est un et indivisible, depuis l'Europe jusqu'à l'Amérique centrale, depuis l'Afrique jusqu'au Moyen-Orient. Seul le désarmement définitif des principales citadelles impérialistes pourra conduire à la paix et au socialisme.

REAGAN, BAS LES PATTES DEVANT LA RÉVOLUTION

EN AMÉRIQUE CENTRALE ET AILLEURS Les travailleurs et les peuples d'Europe eux-mêmes sont confrontés à des plans d'austérité qui accompagnent partout l'effort de surarmement des gouvernements capitalistes. Cette politique est le produit de la crise économique d'un capitalisme en faillite et de sa volonté de s'en sortir malgré tout et quel qu'en soit le prix, sur le dos de la classe ouvrière et des peuples opprimés.

CONTRE L'AUSTÉRITÉ ET LA MILITARISATION, MOBILISATION Dans ces conditions, rien n'est plus urgent que de rassembler dans un même élan, au-delà de la diversité des opinions des uns et des autres, tous ceux et toutes celles qui sont prêts au combat contre les menaces de guerre impérialistes. Plus de 3 millions d'Européens sont descendus dans la rue lors des dernières grandes mobilisations.

Aujourd'hui, c'est au tour de Paris d'être, l'espace d'un jour, le 19 juin prochain, le lieu d'une gigantesque mobilisation antiguerre. Le Bureau politique de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), section française de la IVe Internationale, répondant à l'Appel des cent personnalités qui ont initié ce rassemblement, appelle la population de Paris et des différentes régions de France à y participer massivement.

Pour accueillir Reagan et le sommet de l'OTAN à Bonn, 300 000 manifestants en juin 1982. (DR)

EN FRANCE AUSSI : CONTRE LES MISSILES ET LA BOMBE A NEUTRONS TRICOLORE La LCR appelle les travailleurs et la jeunesse à se mobiliser également contre l'effort de guerre en France, à l'heure où le gouvernement s'engage à engloutir quelque 830 milliards de francs pour le surarmement du pays, dont 250 milliards pour les seules forces nucléaires, tandis que la population laborieuse subit de plein fouet les effets du plan d'austérité de Jacques Delors.

La signification politique d'une mesure de désarmement unilatéral de ces forces nucléaires, exclusivement tournées contre les peuples de l'Europe de l'Est, serait la meilleure contribution de la France à la cause de la paix et du socialisme. Ce n'est pas la voie choisie par le gouvernement, c'est en revanche une exigence qui grandit parmi les travailleurs, et qu'il faut renforcer.

SOLIDARITÉ AVEC LES MILITANTS ANTIGUERRE

INDÉPENDANTS A L'EST La LCR ne saurait rester silencieuse devant la répression bureaucratique qui frappe de nombreux militants antiguerre indépendants en Europe de l'Est. Ceux qui s'engagent dans cette voie répressive déconsidèrent les mobilisations des mouvements officiels dans leurs pays, offrent un prétexte en or à la propagande impérialiste pour déconsidérer le mouvement antiguerre en Europe de l'Ouest et, au bout du compte, affaiblissent le mouvement de masse qui, de l'Europe de l'Ouest à l'Europe de l'Est, est le meilleur argument dissuasif possible contre les menées impérialistes.

La cause des dirigeants du Kremlin, ce n'est pas la défaite de l'impérialisme US et l'extension de la révolution. Ce qu'ils veulent, c'est le statu quo avec le Pentagone. Les chefs du Kremlin ont toujours préféré leurs généraux et leur stock de SS-20 aux mobilisations ouvrières, surtout dans leur propre pays. Et quand ils déclenchent des mouvements contre l'armement nucléaire, ils font tout pour en contrôler le but, afin qu'ils ne remettent pas en cause leur pouvoir et leur politique. Le développement de courants indépendants de masse à l'Est porterait à l'impérialisme un coup mille fois plus dur que quelques fusées soviétiques de plus.

Bureau politique de la Ligue communiste révolutionnaire, 26 mai 1983.

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