Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

Entretien avec un membre du secrétariat national du Mouvement de la paix

· Inprecor n° 153, 20 juin 1983 · p. 7-9 · 3 412 mots

France Paix et armements Allemagne Afghanistan

menace la sécurité des peuples"

membre du secrétariat national du Mouvement de la paix

E Conseil mondial de la paix, regroupement international constitué dans les années 1950 en pleine période de guerre froide, en soutien aux initiatives diplomatiques de l'Union soviétique, comprend essentiellement des mouvements liés aux pays de l'Est et aux Partis communistes occidentaux.

Construit comme la branche française de la paix, le Mouvement de la paix a toujours mené, en France, une activité en conformité avec l'orientation du Parti communiste français (PCF), dont les représentants contrôlaient le Mouvement. Sur des questions comme celles des mobilisations antiguerre et de soutien aux luttes des peuples coloniaux, le Mouvement de la paix s'est, dans le passé, toujours principalement fait l'écho des mots d'ordre du PCF. Néanmoins,

INPRECOR : - Quelle est l'origine du Mouvement de la paix et quelles sont ses relations au niveau international ?

Jacques HUGUES :- Le Mouvement de la paix est né des inquiétudes de personnalités du monde scientifique, en

1949. Elles se sont exprimées par la voix du savant et du prix Nobel Frédéric Joliot-Curie qui, au Congrès mondial des partisans de la paix, a lancé le fameux

Appel de Stockholm, que l'on pourrait résumer de la façon suivante : « Exigence de l'interdiction absolue de l'arme atomique. » Joliot-Curie est ainsi devenu le premier président du Conseil mondial de la paix. Contrairement à ce qui se fait d'habitude, ce n'est donc pas par la base que s'est constitué un mouvement national et les divers mouvements nationaux qui se sont ensuite fédérés. C'est l'inverse qui s'est produit. Le fondateur du Mouvement de la paix français n'est pas Joliot-

Curie, mais Yves Farges, qui travaillait en

Le Mouvement français fait toujours partie du Conseil mondial de la paix, envers lequel il adopte une attitude à la fois positive et critique. Nous n'apprécions pas toujours les méthodes employées par le Conseil mondial de la Paix, qui font que les choses sont un petit peu préparées à l'avance. Il y a derrière cela la façon dont il est géré, et la manière dont il est parfois un peu trop pro-soviétique.

Nous avons aussi le souci de la pluralité, ce qui n'est pas toujours le cas dans d'autres pays. Le Mouvement de la paix apporte donc à l'intérieur de que positive. Il est vrai qu'un certain trouvent pas à leur aise. Mais nous avons pris la position qui nous paraît la plus raisonnable, celle d'être présent au sein du Conseil mondial pour faire évoluer un peu les choses.

"La course aux armements

Entretien avec Jacques Hugues dial de la paix. une situation nouvelle, de ce Conseil mondial

Au niveau international, le Mouvement de la paix français participe au grand élan international pour le désarmement. Et, à ce titre, le Mouvement est attentif à la préparation de toutes les manifestations pacifistes, et ce, quel que soit le pays concerné. On essaye, à notre maniè re, d'être vraiment à l'affût de tout ce qui se fait. Le Mouvement français souhaite s'associer à toutes les initiatives auxquelles il est invité si, respectueuses de la diversité des opinions, elles contribuent à développer un contre l'escalade nucléaire et pour le désarmement.

Notre politique en matière de rap ports internationaux est d'avoir des contacts avec tous ceux qui œuvrent pour la paix. Nous étions présents dans toutes les manifestations récentes, à Vienne, à Lisbonne, en République fédérale allemande (RFA), à Londres. Nous avons égaleaux marches de Pâques dans toutes les provinces de la RFA, aux marches franco-allemandes, aux manifestations de la jeunesse pour la paix en (RDA), à Bruxelles, à Genève. Notre véritable but, c'est d'être présent et de « collaborer », au sens véritable du terme, c'est-à-dire à faire en sorte que l'on discute de la paix et du désarmement.

- Quelle est votre position sur le désarmement et quelles sont vos orientations en ce qui concerne la paix ?

- Les orientations fondamentales de notre mouvement sont déterminées par le Conseil national. Le secrétariat national ne lance pas lui-même des idées comme cela. Nous les confrontons toujours, au sein de notre organisation, avec tous les repré départementaux. tations sont de trois ordres. Le premier axe de notre orientation est que la course aux armements n'assure pas la sécurité

FRANCE dans la dernière période, le Mouvement de la paix a été amené à adopter une attitude plus critique vis-à-vis du Conseil mon-

Cette évolution récente du Mouvement de la paix a créé qui s'est notamment concrétisée par l'invitation faite aux représentants de la Ligue communiste ré volutionnaire, section française de la IVe Internationale, à participer en tant que tels aux Etats généraux sur le désarmement organisés au mois de mai dernier par le Mouvement de la paix.

Sur cette question précise, ainsi que sur les perspectives et les orientations du Mouvement de la paix, nous avons interrogé

Jacques Hugues, membre du secrétariat national de ce mouvement. Nous publions ci-après de larges extraits de cet entretien.

des peuples, au contraire, elle la menace.

Notre second axe est qu'il ne faut pas ajouter de nouvelles armes nucléaires, à l'Est comme à l'Ouest, mais pour en réduire partout le nombre et la puissance. Enfin, et c'est là le troisième point de notre orientation, il faut affecter les crédits ainsi libérés au mieux-vivre et au développement du Tiers monde.

C'est une idée fondamentale, car nous pensons qu'outre les injustices découlant de sa situation, le Tiers monde est aussi un élément de déstabilisation, et donc de

- Etes-vous favorables à une mobilisation pour le désarmement unilatéral, en

France par exemple ?

- La position du Mouvement de la paix par rapport à la force de frappe française est la suivante. Tout d'abord, le

Mouvement de la paix a toujours affirmé son opposition irréductible à toutes les armes nucléaires. On rejoint bien là l'origine du Mouvement de la paix et sa volonté de tout mettre en œuvre pour qu'elles soient interdites dans tous les pays. C'est là notre position fondamentale. Ensuite, le Mouvement de la paix français est pleinement conscient des exigences d'une défense nationale efficace. Mais il réaffirme que son objectif demeure la renonciation par la France à l'armement nucléaire.

Sur la question des modalités de renonciation, des avis différents s'expriment au sein de notre Mouvement.

Certains souhaitent voir l'abandon immé diat de l'armement nucléaire français, une telle initiative pouvant servir en quelque sorte d'exemple aux autres nations. D'autres pensent que cet abandon est impossible aujourd'hui et qu'il ne peut que s'inscrire dans le cadre d'une négociation et d'accords internationaux. Le Mouvement de la paix français n'est donc pas monolithique. Il y a, en son sein, différen-

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- S'il fallait résumer vos positions en un mot d'ordre, vous ne feriez pas vôtre, pour l'instant, le slogan de « désarmement unilatéral » des pays capitalistes ?

- Pas dans la situation actuelle et aujourd'hui. Demain, si d'autres forces nous rejoignent, ou si nous rejoignons d'autres forces, il en sera peut-être autrement. Nous sommes véritablement ouverts à la discussion.

— Y a-t-il, à l'heure actuelle, une réflexion, au sein du Mouvement de la paix, sur la relation évidente - nous semble-t-il -, pour la situation en France, mais aussi dans toute une série d'autres pays capitalistes, entre la course aux armements du point de vue de l'investissement financier qu'elle représente, et la question des politiques d'austérité et de restriction des budgets sociaux ?

- Je dirais qu'au sein du Mouvement de la paix français, nous n'avons pas abordé le problème ainsi. Notre réfléxion est beaucoup plus globale, dans le sens où nous disons : il faut arrêter la course aux armements. Au niveau national, nous n'avons pas entrepris cette analyse. Mais je dois dire que nous avons découvert, grâce aux Etats généraux sur le désarmement, que cette question se posait de façon de plus en plus incisive, et nous nous sommes dès lors interrogés de manière différente que jusqu'à présent. La question reste ouverte, et nous n'avons pas du tout l'intention de l'éluder.

- Pouvez-vous nous rappeler les positions adoptées par le Mouvement de la paix sur certains grands événements internationaux, tels que ceux d'Afghanistan ou de Pologne ?

- Par rapport à l'Afghanistan, nous avons pris une position très claire dans une déclaration publiée le 9 janvier 1982. Le Mouvement français a demandé le retrait des troupes soviétiques de l'Afghanistan au nom de la non-ingérence dans les affaires de ce pays. Cette position a été votée par l'ensemble des membres présents. Pour nous, en tant que Mouvement de la paix français, ce qui se passait en Afghanistan a provoqué une inquiétude certaine et nous n'étions pas d'accord

En ce qui concerne la Pologne, je dois dire que nous avons consacré presqu'une journée d'un Conseil national à ce thème. Et là, il y a eu débat et divergences. Cela a même failli provoquer une mini-crise au sein du bureau. Il y a un certain nombre de nos amis qui ont quitté le Mouvement de la paix à cette occasion. Mais ceci étant, nous avons pris position le 28 février 1982. Le débat a porté sur le fait qu'un certain nombre de nos amis, dont certains nous ont quitté, voulaient que l'on aille plus loin que la position finalement adoptée.

Dans sa position sur la Pologne, le Mouvement de la paix a exprimé son émotion devant les mesures d'exception qui comportent la suppression des libertés fondamentales, ainsi que devant les internements et les pertes humaines. Par la rence étrangère.

Tout le problème était en effet de savoir si l'URSS interviendrait en Pologne, et le souci qu'avait à l'époque le Mouvement de la paix, c'est qu'il n'y ait pas d'intervention et qu'il n'y ait pas de nouveau un autre problème comme celui de l'Afghanistan. C'est là qu'il y a eu un certain nombre de gens qui disaient : « Vous n'allez pas assez loin, il faut condamner beaucoup plus. » On a pris une position intermédiaire, et ceci en conformité avec l'application des principes de l'acte final de la Conférence d'Helsinki.

Mais nous n'étions pas seulement polarisés sur les problèmes qui se passent à l'Est. Nous avons aussi pris des positions très dures par rapport à l'Amérique latine ou par rapport à l'Afrique du Sud et à l'apartheid. La paix ne peut se faire que si les peuples disposent d'une liberté d'expression. La paix ne peut pas se réaliser quand les gens sont cantonnés sous une dictature. La paix, c'est la possibilité pour chacun de pouvoir s'exprimer, se regrouper et donner son avis.

- Quelles sont vos relations avec les mouvements pacifistes officiels et indépendants des pays de l'Est ?

- Nous faisons partie mondial de la paix. Il est évident que nous avons des rapports avec toutes les organisations qui en font partie, compte Manifestation pacifiste dessinant le symbole de la paix. (DR)

11 tenu du fait qu'il y a des congrès tous les deux ans. Il va y avoir prochainement un congrès à Prague. Il y a un débat régulier. Nous souhaitons pouvoir discuter également avec les mouvements non-officiels dans les pays de l'Est. Mais le problème est tout à fait simple : nous n'avons pas de contact avec eux actuellement. n'est pas que nous refusions d'en avoir, simplement, nous n'en avons pas. Il est indispensable de tenir compte de toutes les forces de paix, et donc, pourquoi pas, de ces mouvements. Mais encore faut-il que l'on puisse les rencontrer.

En ce qui concerne les mouvements pacifistes officiels de l'Est, nous souhaitons que ceux-ci aient la plus grande indépendance par rapport aux gouvernements et qu'ils n'en soient pas un simple reflet. Nous croyons cela possible. Mais nous comprenons aussi que ces mouvements officiels aient une appréciation positive vis-à-vis d'un certain nombre de propositions avancées par leur pays. Nous croyons de toute façon très utile de garder et d'entretenir ces contacts. De plus, ils ont le mérite de nous informer sur les initiatives se passant chez eux, et celles-ci sont plus nombreuses que ne le dit la presse occidentale. Sur ce point, j'ai en vue les mouvements officiels et non pas les autres, parce que là, la presse s'en empare de façon magistrale. Je crois qu'il faut donner les deux informations.

- Vous avez récemment organisé

Etats généraux régionaux sur le désarmement qui étaient très ouverts. A Paris et dans certaines régions de provin-

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•ce, des représentants de la LCR, section française de la IVe Internationale, ont pu y présenter leurs positions. Quel bilan tirez-vous de ces initiatives et comment expliquez-vous cette ouverture du Mouvement de la paix, notamment par rapport à la LCR ?

- Le Mouvement de la paix a pris Pinitiative de ces Etats généraux et a contribué à leur organisation au niveau départemental et régional. Il nous a semblé que le moment était opportun pour ouvrir largement le dialogue, de façon à renforcer la lutte contre la course aux armements. Il est évident que, depuis deux ans, on voit une certaine partie de la jeunesse s'interroger sur la politique que les adultes ont pu mener. Les jeunes sont a priori contre la guerre, contre l'armement et donc, par là-même, plus sensibles à une réflexion plus globale. Cela nous a paru évident au sein du Mouvement de la paix, mais aussi en discutant avec d'autres organisations, et c'est pour cela qu'il nous semblait opportun d'ouvrir la réflexion. Ce qui est important pour nous, c'est de voir les convergences possibles, les actions à mener, et de les mener largement et démocratiquement. Lors des Etats généraux de la région parisienne, le 7 mai dernier, auxquels j'ai participé, on a tenu notre' pari. Et les gens ont pu exprimer véritablement leurs positions sans que celles-ci ne soient récupérées. Pas de récupération, cela est pour nous très important. A mon avis, c'est ce qui a permis que des personcomme Alain Krivine et l'amiral Sanguinetti, par exemple, se retrouvent côte à côte. Ces Etats généraux ont constitué une expérience assez intéres-

Get c'est dans cet esprit-là que nous voulons continuer ce dialogue, sans volonté de récupération, je le répète.

Par rapport à la LCR, la position du Mouvement de la paix francais découle de son attitude générale, c'est-à-dire celle d'un dialogue permanent. Cela me paraît tout à fait logique. Compte tenu des appréciations sur les Etats généraux, la principale leçon a en tirer est la nécessité d'ouverture et de trouver des convergences. Nous pensons que ces Etats généraux régionaux ont été profitables aux uns et aux autres. Il s'agit d'améliorer encore cette attitude pour préparer les Etats généraux nationaux dans le même esprit et avec l'expérience que nous avons de plusieurs dizaines de rassemblements.

- Comment se fait-il que cette ouverture du Mouvement de la paix n'ait pas eu lieu plus tôt, par exemple à l'époque des mobilisations contre la guerre du Vietnam ?

- Au moment des guerres coloniales, le Mouvement de la paix a été, avec d'autres, à l'avant-garde d'actions et de pressions sur les gouvernements en place. Après cette activité très intense par rapport au Vietnam et à l'Algérie, il y a eu un creux. Le Mouvement de la paix s'est un petit peu ensommeillé. Puis il y a eu la reprise de la course aux armements qui a motivé un certain nombre d'autres membres. Il y a eu une rupture de généra- européenne est possible et utile ? tions et le dialogue était assez difficile entre les anciens membres et les nouveaux, ceux qui n'avaient pas connu la guerre. D'autres hommes et d'autres femmes, venus d'horizons nouveaux, plus sensibles aux problèmes de la force nucléaire, ont rejoint le Mouvement de la paix. Il y a eu aussi des prises de position de l'Eglise catholique qui ont réveillé un certain nombre de chrétiens. Il y a donc eu un apport de nouveaux membres qui a changé effectivement la physionomie du Mouvement de la paix.

- Vous êtes un mouvement permanent pour la paix et vous soutenez les initiatives lancées par l'Appel des Cent, notamment la mobilisation du 19 juin prochain. Queis sont vos rapports avec le cartel d'initiative de l'Appel des Cent ?

- Le Mouvement de la paix français n'a pas de liens structurels avec l'Appel des Cent. Il en a par le biais des personnalités du Mouvement de la paix qui ont signé l'Appel des Cent. Il y a, je crois, une vingtaine de membres du bureau et du conseil national qui en sont signataires. Notre contact avec cette initiative se situe à ce niveau. Nous considérons cet Appel comme un moyen ponctuel d'action qui viendra soutenir tout l'effort par rapport à la lutte contre la course aux armements. L'Appel des Cent est un moyen ponctuel, nous, nous sommes un mouvement per manent de la paix. Nous ne sommes pas propriétaires de la paix. Toute initiative en faveur de la paix ne peut que nous réjouir. Cette année, nous considérons que la journée du 19 juin doit en effet donner un nouvel élan à la campagne permanente pour arrêter la course aux armements, nucléaires en premier lieu, et les réduire au

- Vous n'étiez pas présents au récent rassemblement international pour le désarmement à Berlin-Ouest. refus de la part du Mouvement de la paix

— Ce n'est pas que nous n'avons pas participé à Berlin-Ouest, mais nous n'y avons pas été invités. Parce que nous estimons que le Mouvement de la paix est l'un des plus représentatifs sur cette question en France, nous n'avions pas l'intention d'y aller comme ça, en nous présentant à la porte. Certains, au sein du Mouvement de la paix, voulaient y aller, quitte à y avoir un strapontin. Mais on ne nous à même pas offert ce strapontin. Personnellement, j'étais partisan d'y aller, car je crois qu'il est toujours indispensable d'être là où on parle de paix et ce, même si le cadre de ce rassemblement de Berlin-Ouest était très rigide et orienté. Mais nous n'avons même pas eu la possibilité de le dire, car on nous a ignorés. Pourtant, lorsque nous avons pris connaissance de cette initiative, nous avons écrit, mais nous n'avons pas reçu de réponse.

- Mais estimez-vous qu'une coordination du mouvement pacifiste à l'échelle

- Nous pensons qu'il est souhaitable et possible de trouver des convergences dans les actes du mouvement pacifiste européen. Mais nous croyons que cela n'est possible qu'à la condition que la ré flexion et les avis de chacun soient pris en compte au cours de la préparation de ces rencontres, c'est-à-dire qu'il y ait quand même un dialogue préparatoire.

- Comment voyez-vous la situation de la mobilisation pour le désarmement après les vacances, notamment en ce qui concerne l'échéance du déploiement des missiles en Europe ? Quelles sont les perspectives d'action du Mouvement de la

— Pour nous, cette période d'après les vacances est une date clé. Et cela est vrai en premier lieu pour l'ensemble du mouvement pacifiste en Europe, puisque c'est là que seront implantés les missiles si les négociations n'aboutissent pas. Il va donc y avoir de grands rassemblements. C'est pourquoi il nous semble qu'il faut développer toutes les initiatives d'action au cours de cette période, et peut-être dégager des convergences, ce qu'aucune réunion internationale n'a pu faire à ce jour.

initiatives seront lancées pendant la semaine pour le désarmement en octobre 1983, par le Mouvement de la paix français. Nous préparons de très grands rassemblements régionaux dans quatre ou cinq

Ils seront l'aboutissement de multiples actions locales qui formeront une véritable chaîne de la paix. L'idée de la chaîne de la paix est celle de rassemblements locaux devant désigner des délégations qui se rendront à des villes-relais. Ces délégations convergeront vers quelques grandes villes qui, à leur tour, désigneront une délégation devant se rendre à Genève. Nous invitons toutes les organisations à participer à ces actions. Cela signifie que nous voulons en

Sans vouloir créer d'illusions, nous souhaiterions que ces rassemblements régionaux, comme tous ceux qui se tiendront à travers l'Europe, voient partir de très larges délégations vers Genève. Il faudrait que Genève soit, pendant cette période, perpétuellement traversée par de multiples délégations européennes. Nous croyons que les gouvernements ne peuvent pas rester insensibles à cette pression

Pour le plus long terme, nous poursuivons nos efforts pour réaliser de nouveaux Etats généraux qui devraient aboutir, d'ici la fin de l'année, à la tenue des Etats généraux nationaux. Ces Etats généraux nationaux sont conçus, à l'instar des Etats généraux locaux, dans le même esprit d'ouverture, pour que soient représentées les forces et les mouvements pacifistes, sans risque de récupération et dans le respect de leurs positions respectives.

Propos recueillis par Vincent KERMEL

Paris, 9 juin 1983.

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