Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SYRIE

Solidarité avec les militants réprimés du Parti d'action communiste (PAC)

Inprecor n° 153, 20 juin 1983 · p. 27 · 497 mots

Chaque offensive diplomatique du régime d'Hafez s'accompagne d'une vague de répression contre ses opintérieures. Le Parti d'action communiste (PAC), une des oppositions les plus radicales au régime syrien, est la cible favorite de cette répression.

Le 21 mars dernier, lors d'une fête traditionnelle de certaines régions kurdes de Syrie, la Fête de la rose, les mukhbarrats (services de renseignements syriens) ont arrêté plus d'une centaine gens. En effet, cette fête revêt un caractère insupportable pour le régime, car elle est extrêmement populaire et laisse la possibilité à tous les partis politiques de s'y exprimer. De plus, les jeunes gens y avaient manifesté une volonté de résistance à la répression.

Ce coup de filet a été opéré dans les villages situés autour des villes d'Alep et de Hama, qui sont des lieux traditionnels de résistance au régime, notamment Hama, qui a connu, en mars 1982, une révolte réprimée dans le sang (voir Inprecor, numéro 149, 9 mai 1983). La plupart des jeunes personnes arrétées, dont une douzaine de jeunes filles, ont été libérées dans les jours suivants. Tous les jeunes relâchés ont raconté leur interrogatoire et dénoncé l'utilisation de la torture pour obtenir d'eux des renseignements, sur le PAC en particulier. Mais quinze d'entre eux sont encore en prison au secret, sans qu'aucune nouvelle de leur situation n'ait été

Il est clair que cette répression vise directement le PAC, dont plusieurs jeunes membres ont été arrêtés le 21 mars dernier. C'est là la huitième vague d'arrestations contre cette organisation, dont plus d'une centaine de militants sont emprisonnés depuis des années, certains étant aujourd'hui physiquement très affaiblis du fait des conditions de détention. Chaque vague répressive a correspondu à une prise de position politique résolue du PAC, que le régime syrien essaye ainsi de faire « payer » à ses militants.

En mars 1977, c'est la condamnation de l'intervention syrienne au Liban (trente emprisonnés) ; en 1978, la répression répond à la publication de brochures et de revues du PAC ; en 1979-1980, le PAC dénonce la lutte entre le Parti baas au pouvoir et l'opposition des Frères musulmans comme un affrontement entre intérêts bourgeois divergents et appelle à la constitution d'un front populaire unifié pour mettre un terme à l'exploitation du peuple syrien ; plus de 100 militants seront arrêtés et torturés en prison ; en septembre 1981, l'annonce du congrès du PAC se solde par de nouvelles arrestations ; enfin, la condamnation du massacre d'Hama, de mars 1982, provoquera, elle aussi, une nouvelle d'arrestations de militants du PAC.

Aujourd'hui, c'est parce que le PAC n'a pas renoncé à publier son journal et à organiser ses cellules clandestines en Syrie que les services spéciaux du régime d'Hafez el Assad multiplient les arrestations et s'apprétent à frapper encore plus fort pour faire taire cette organisation révolutionnaire. L'activité multiforme de solidarité internationaliste avec les militants syriens réprimés s'impose tout mettre en œuvre pour les tirer des geôles du régime syrien.

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