Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FINLANDE

Les résultats des élections de mars 1983

Inprecor n° 154, 4 juillet 1983 · p. 22 · 605 mots

LES RÉSULTATS DES ELECTIONS DE MARS 1983 Les élections législatives des 20 et 21 mars derniers n'ont pas confirmé la poussée électorale en faveur des partis ouvriers que l'on avait observée lors de l'élection de Koivisto, candidat présenté en janvier 1982 à la présidence de la République par la social-démocratie.

Globalement, les partis ouvriers - SDP et DFFF - qui totalisent 40,8 % des suffrages, ont subi une petite perte électorale d'environ 1 % par rapport aux législatives de 1979. Ces dernières avaient déjà enregistré une diminution de plus de 2% des résultats des partis ouvriers par rapport à 1975. Mais, au sein de ce camp, le SDP continue à progresser, en passant de 24 % en 1979 à 26,8 % en 1983, avec 57 élus sur un total de 200 parlementaires, aux dépens de la DFFF, qui passe de 17,9 % en 1979 à 14% en 1983 et obtient 27 sièges. A gauche toujours, les verts ont obtenu 1,5 % des suffrages et deux élus.

Parmi les formations politiques les plus importantes, les gagnants de ces élections sont respectivement le SDP à gauche, qui progresse de 5 sièges, et le vieux Parti rural finnois (FLP), formation populiste réactionnaire de Veikko Vennamo, qui gagne 11 sièges. Dans les partis de moindre importance, les progrès sont aussi à noter du côté des verts et du parti d'extrême droite, le Parti constitutionnel (KHP), qui font tous deux leur entrée au Parlement.

S'il est difficile de définir une tendance claire de ces élections, du fait notamment de la complexité du champ politique finlandais, on peut avancer l'idée que ces résultats ont traduit des « sentiments de protestation » envers la politique gouvernementale et marqué une certaine évolution à droite. La DFFF en a été la principale victime, et son retrait tactique du gouvernement, quelques mois avant les élections, ne l'a pas aidé à améliorer son résultat électoral et à re-

Au sein des formations bourgeoises, la tendance est également marquée par une évolution à droite, qui voit un déplacement de la droite « établie », participant aux coalitions gouvernementales avec les sociaux-démocrates et les communistes, vers la droite d'opposition. Le FLP, parti populiste réactionnaire disposant d'une base électorale petite-bourgeoise, a bénéficié de cette évolution, grâce à son programme démagogique. Au cours de sa campagne, ce parti a promis de lutter contre la corruption mise en évidence par la prolifération des scandales financiers impliquant des personnalités politiques diverses et a présenté une liste de revendications économiques radicales contre la politique d'aus-

L'aspect « protestation » de ces élections s'est aussi exprimé par l'important succès de la candidature « sauvage » que les « communistes minoritaires » ont présentée à Lappland. Dans cette région, le principal candidat des « communistes minoritaires » était une personnalité exclue de la liste de la DFFF. Grâce à un appel à la lutte contre l'austérité, il a réussi à obtenir 15 000 suffrages et à devancer le candidat officiel de la DFFF.

Les élections de 1983 doivent donc être considérées comme un signal d'avertissement, tant pour Koïvisto lui-même que pour les forces politiques dirigeantes, qui voient entrer au Parlement une série de partis « contestataires » de droite et de gauche. Mais cela est vrai également pour le mouvement ouvrier organisé, dont les résultats totaux n'ont jamais été aussi bas depuis l'après guerre. Rappelons qu'en 1966, le SDP et la DFFF avaient obtenu un total de 51 % des

Toutefois, il faut noter que « protestation » n'équivaut nullement à une gadi ne peuvent te globalement paliendées axe collame de recel de la conscience de classe socialiste dans certains secteurs de la classe ouvrière.

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