Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MOYEN-ORIENT

Une grave crise menace l'unité de l'OLP

· Inprecor n° 154, 4 juillet 1983 · p. 10-13 · 3 722 mots

Palestine et Israël Liban URSS et Russie

La crise au sein de l'Organisation de libération de la Palestine

MOYEN-ORIENT

'ORGANISATION de libération de la Palestine (OLP)

est composée de toute une gamme d'organisations différentes, qui ont connu de vifs débats entre elles, menant parfois à des scissions. Pour ne se limiter qu'à la période la plus récente, de vives polémiques ont eu lieu à l'occasion du sommet de Fès de septembre 1982 et ce, jusqu'à la réunion du

Conseil national palestinien, qui s'est tenue à Alger en février

1983. Deux organisations pro-syriennes, la Saika (la Foudre) et le Front de lutte populaire (FLP), s'étaient alors opposées aux négociations menées par Yasser Arafat avec le roi Hussein de

Jordanie, et cinq organisations réunies à Tripoli, en Libye, au mois de janvier 1983, avaient exprimé leur opposition aussi bien au plan de Ronald Reagan qu'à la résolution du sommet

Livio MAITAN

Il est évidemment difficile, dans l'impossibilité où nous nous trouvons de vérifications directes, de reconstruire exactement le fil des événements de la crise du mois de mai et, a fortiori, d'évaluer avec certitude la portée de l'opposition à la direction Arafat. Toutefois, sur la base des sources citées par la presse internationale, on peut, grosso modo, parvenir à résumer les événements qui

Le conflit au sein du Fath s'est développé entre le 9 et le 12 mai dans la plaine de la Bekaa, près de la ville de Baalbek, au Liban. A l'origine, il y aurait eu l'occupation d'une caserne par des militants liés à Abou Moussa, membre du

Conseil révolutionnaire du Fath (instance intermédiaire entre le Congrès et le Comité central). Arafat lui-même a fait explicitement allusion à la crise, dès le 15 mai, lors d'une déclaration émise à Damas à

Fath qui, commencée le 10, devait se prolonger jusqu'au 22 du même mois. Toujours depuis le 15 mai, dans un entretien accordé au quotidien arabe publié à Londres, Al-Chark el-Awsat, le commandant en chef adjoint des forces palestiniennes,

Abou Jihad, avait lui aussi mentionné les événements de la plaine de la Bekaa, en s'efforçant toutefois de les minimiser.

« L'affaire est résolue, (...) la direction a repris la situation en main », devait-il af-

Le 21 mai, le Comité central du

Fath a adopté une série de mesures disciplinaires. Huit officiers supérieurs ont été démis de leurs fonctions et « placés à la disposition de Yasser Arafat ». De même, tous ceux qui prendraient contact avec eux ont été menaces de sanctions. A la même occasion, les forces militaires des organisations de fedayin au Liban et en

Syrie ont été réorganisées. Elles ont été placées sous le commandement unique de

Ahmed Affani (Aboul Montassem), chef adjoint de l'état-major du Fath, que les dissidents considèrent comme pro-égyptien. En rapport à la demande exprimée par les dissidents d'une plus grande démocratie dans l'organisation, Arafat a également annoncé la convocation d'une réunion extraordinaire du Conseil révolutionnaire du Fath.

Les mesures disciplinaires ne résolvent pourtant pas les problèmes, et les déclarations d'Abou Jihad s'avèrent pour le

Au moins cinq des officiers frappés de sanctions disciplinaires par le Comité central du Fath refusent d'obéir. Un porte-parole des contestataires, Jihad Saleh, n'a pas hésité à déclarer que les décisions du Comité central du Fath constituaient « un acte hypocrite d'Arafat et de ses adjoints visant à scinder le mouvement du Fath » (Le Monde, 25

Quelques jours plus tard, le 28 mai, officiers du service logistique du Fath annonçaient leur soutien aux « rebelles » après avoir occupé, à Damas, six locaux utilisés pour le ravitaillement et l'entretien du matériel militaire du Fath. D'après leur déclaration, leur action constitue une riposte à la décision de la direction du Fath de « couper les vivres » aux bases contrôlées par les opposants. C'est dans ce cadre que des menaces de recourir aux armes pour régler ces différents ont été lancées de part et d'autre, de manière plus ou moins explicite. Yasser Arafat devait affirmer que les « membres du Fath défendront désormais leurs positions à l'extérieur de la capitale syrienne, et s'opposeront à toute personne ou partie qui ces positions » (Libération, 30 mai 1983). Un porte-parole de l'opposition a déclaré, de son côté, que ses hommes « ne repondront peut-étre pas a la première ou a la deuxième balle, mais sûrement à la troisième » (le Monde, 31 mai). La Syrie, pour sa part, a déclaré for mellement qu'elle ne tolérerait pas d'afde Fès (1). Au sein du Fath lui-même - l'organisation la plus importante au sein de l'OLP —, des porte-parole de son aile gauche, dont Abou Saleh, avaient critiqué durement les activités diplomatiques de Yasser Arafat en l'accusant, entre autres, de s'être « placé en dehors du consensus palestinien ».

Il faut ajouter, par ailleurs, qu'une opposition à la ligne d'Arafat s'était déjà manifestée, y compris dans le Fath, pendant le siège de Beyrouth-Ouest par l'armée israélienne durant l'été 1982. Et ce n'est qu'après les sanglants bombardements israéliens de début août que l'idée du départ des forces palestiniennes de Beyrouth avait été généralement acceptée.

Tous ces éléments aident à comprendre la crise qui a éclaté au sein du Fath au mois de mai dernier.

frontements armés sur son territoire.

Pourtant, le 4 juin, des affrontements ont effectivement eu lieu dans une localité située à 10 kilomètres de Baalbek, chacune des deux parties s'accusant mutuellement d'en avoir pris l'initiative.

Ceux-ci ont fait quelques morts et blessés.

Le conflit armé aurait pris fin à la suite de l'intervention de quelques centaines de civils palestiniens qui se sont interposés à

C'est à la même date que le représentant de l'OLP à Ryad, en Arabie Saoudite, Rafik al-Natché, a annoncé qu'un accord avait été réalisé, la promotion de deux officiers qui aurait été à l'origine de la contestation ayant été annulée. Pourtant, cette affirmation n'a pas eu de suites et, à ce jour, la crise reste ouverte.

QUI SONT LES OPPOSANTS

Il n'y a aucun doute que le conflit s'est développé essentiellement au sein du

Fath, qui est, de loin, l'organisation la plus importante au sein de l'OLP. L'un des principaux porte-parole de l'opposition est Abou Saleh, qui, comme nous l'avons rappelé, avait vivement critiqué

Arafat au mois de décembre dernier et, par la suite, en janvier, avait été démis de ses fonctions de membre du Comité central du Fath. Jusqu'en 1976, Abou Saleh avait commandé les forces palestiniennes

Un rôle encore plus marquant a été joué, semble-t-il, par le colonel Abou

Moussa, qui a fait plusieurs déclarations au cours du conflit. Un autre des opposants est le lieutenant-colonel Abou Raad, qui, de même qu'Abou Moussa, est membre du Conseil révolutionnaire du Fath. Il faut citer, en outre, les autres lieutenantcolonels, Abou Majdia, Mahmoud Issa et

1. Voir Inprecor, numéro 149, 9 mai

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Ziad el Soughair, qui auraient pris l'initial'occupation d'une 6 membres du Conseil révolutionnaire du Fath (sur 70) se seraient ralliés à l'opposition. Quant aux officiers des services logistiques ayant pris le contrôle de certains locaux du Fath à Damas, il s'agit du commandant Ali Choukri, responsable des fournitures, du capitaine Abou Haidar, chargé du ravitaillement, du capitaine Abou Khaled, chargé du transport, du capitaine Abou Imad, chargé du carburant, et du lieutenant Abou Hassan, chargé de l'entretien. Parmi les civils figure Moussa Awad, membre du Conseil révolutionnaire du Fath, dont le nom de guerre est Abou Akram. Selon ses dires, geants, représentant environ 10 000 membres du Fath, auraient participé à une réunion de l'opposition, à l'issue de laquelle un mémorandum soutenant les revendications des dissidents adressé à la direction du Fath. Il va de soi que de tels chiffres doivent être considé rés avec circonspection. Pour sa part, Abou Moussa a revendiqué quatre compa-

150 à 200 hommes chacune, alors qu'Arafat ne concède que 100 à 150 hommes au total à ses adversaires.

LES REVENDICATIONS

Les critiques à la direction majoritaire du Fath ressortent assez clairement de l'ensemble des déclarations faites par les représentants de l'opposition. Tout d'abord, le premier reproche adressé à Yasser Arafat concerne la décision du redes combattants palestiniens de Beyrouth sur la base des garanties américaines. Arafat est également accusé de miser, pour la solution du problème palestinien, sur les régimes arabes en place et donc, en dernière instance, sur les Etats-

Les négociations avec le roi Hussein de Jordanie, sous les auspices de Reagan, ainsi que les ouvertures vers l'Egypte, que les oppositionnels critiquent sévèrement, découlent précisément de cette orientation. Ceux-ci reprochent également à Arafat de sous-estimer la portée de l'alliance entre la Syrie et l'URSS. Une telle sous-estimation a contribué beaucoup, selon eux, à la décision d'abandonner Beyrouth. Chtaura, localité de la Bekaa, et repris par la presse internationale le 25 mai, les opposants réclament le rappel de toutes les forces palestiniennes exilées, « pour qu'elles reprennent leur place sur le champ de bataille », ainsi que l'élaboration d'un projet militaire visant à réorganiser toutes ces forces, et en premier lieu l'Assifa, la branche militaire du Fath. Ils réclament également la formation d'un comité de gestion des finances du Fath et la convocation d'un congrès extraordinaire.

Pour sa part, Moussa Awad a affirmé, dans une déclaration du ler juin, que des responsables du Fath avaient été hostiles au retrait de Beyrouth, et que certains d'entre eux avaient même menacé de s'y opposer en tirant sur

Yasser Arafat. (DR) les navires destinés à l'évacuation des fedayin. Il a expliqué que les combattants palestiniens devaient retourner au Sud-Liban, « d'où ils partiront pour la libération de la Palestine ». Puis il a ajouté : « Que ceux qui vivent dans les illusions des projets américains partent pour la Tunisie. Ils pourront ainsi se reposer sur les plages. » Dans un entretien accordé au journal Libération (29 mai), Abou Moussa a exprimé, en gros, les mêmes critiques, dé. nonçant notamment l'acceptation de la résolution de Fès et l'idée de confédération avec la Jordanie. « Nous sommes contre le projet de confédération avec la Jordanie. Nous voulons un Etat palestinien indépendant, non pour créer simplement un vingt-troisième pays arabe, mais pour pouvoir poursuivre le combat contre l'ennemi sioniste », a-t-il également affirmé (voir encart). Dans une déclaration ultérieure à l'hebdomadaire libanais Al Chiraa (11 juin), il s'est opposé à toute idée de scission, en préconisant « une réforme radicale du Fath ». Selon lui, les opposants avaient des chances de devenir majoritaires et de pouvoir ainsi convoquer un congrès « pour faire le procès des projets americains adoptés par la direction du

La revendication d'une démocratisation du mouvement palestinien semble avoir eu un écho important, y compris en dehors du Fath. Le dirigeant du Front démocratique et populaire de libération de la Palestine (FDPLP), Nayef Hawatmeh, a par exemple expliqué que « certaines des institutions bureaucratiques au sein de l'OLP étaient devenues un obstacle au développement de la révolution et devaient être purgées » (le Monde, 25 mai 1983), et le dirigeant du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Georges Habache, s'est déclaré pour sa part « favorable à la réforme démocratique au sein des cadres et des institutions de l'OLP et dans les rangs des forces palestiniennes » (Libération, 3 juin 1983). Par ailleurs, le FPLP et le FDPLP ont publié, à Damas, un communiqué commun « sur la base de l'unité nationale » et affirmant que « l'accélération de la réforme au sein des cadres, institutions et organismes de l'OLP et dans les rangs des forces palestiniennes implique la fin du rôle joué par les catégories bureaucratiques et embourgeoisées, administratives et diplomatiques » (le Monde, 4 juin 1983).

Au cours d'une entrevue publiée par le quotidien des Emirats Arabes Unis, Al Khalej, le principal collaborateur d'Arafat, Abou Iyad, n'a pas hésité à lui reprocher « d'avoir fait preuve de négligence et de ne pas avoir suffisamment consulté la direc tion collégiale du mouvement », tout en ajoutant que toute autre personne aurait fait la même chose, « étant donné la complexité de la situation dans le monde arabe ». Il a reconnu, en même temps, que les opposants avançaient des revendications légitimes, même si leurs méthodes n'étaient pas acceptables (2).

Dès que la crise a éclaté, certaines organisations n'ont pas tardé à se montrer favorables aux opposants du Fath. Nous avons déjà mentionné les prises de position du FPLP et du FDPLP (3). Le Front populaire de libération de la Palestine -

(FPLP-C) d'Ahmed Jibril, organisation d'obédience syrienne, est allé plus loin en envoyant

Uses hommes sur les lieux du conflit. Une démarche analogue a été adoptée par le Fath-Conseil révolutionnaire, le groupe d'Abou Nidal. Auteur d'une série d'actions terroristes irresponsables - dont la dernière a été l'assassinat, au mois d'avril, d'Issam Sartaoui, lors de la rencontre de l'Internationale socialiste, au Portugal -, celui-ci Jouit de la comné d'être infiltré par des agents services secrets israéliens. D'après Arafat, Abou Nidal aurait envoyé 65 hommes pour aider les « rebelles » (Libération, 13 juin 1983) (4).

Quoi qu'il en soit, les dissidents du Fath ne semblent pas avoir apprécié ces initiatives. Abou Moussa a même condamné explicitement Abou Nidal, expliquant que la position qu'il avait à son égard res-

2. Pendant la réunion du Conseil natiodu mois de février dernier. un membre du Fath a déclaré à un journaliste : « Un parlement à vie, un président à vie, décidément nous ressemblons de plus en plus aux régimes arabes que nous dénonçons. » (Libéra-

3. Ajoutons à cela qu'Hawatmeh, en se prononçant pour l'unité du Fath, a considéré certaines des revendications des opposants comme correctes, notamment celle réclamant la mise à l'écart des postes de responsabilité des militaires qui avaient obtenu des promotions malgré leur attitude de désertion au début de la guerre du Liban.

4. Le 9 mai dernier, les cadavres de cinq membres du groupe d'Abou Nidal ont été retrouvés dans la plaine de la Bekaa. Un mois plus tard, Arafat revendiquait l'exécution de ces personnes, en les accusant de s'être rendues coupables de tentatives d'assassinat sur la personne d'Abou Iyad, dirigeant du Fath.

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tait la même que celle de la majorité du Fath.

LE CADRE INTERNATIONAL

DE LA CRISE DU FATH La direction du Fath n'a pas hésité à aceuser explicitement la Libye, et indirectement la Syrie, d'avoir manipulé et soutenu les opposants. Une telle accusation est-elle fondée ?

Il n'est un mystère pour personne que le colonel Maamar Khadafi a tenté à plusieurs reprises d'exploiter à son profit les difficultés internes de l'OLP. En janvier dernier, à l'occasion de la réunion des cinq organisations palestiniennes à Tripoli, il avait prétendu qu'un « programme d'action politique et militaire » avait été mis au point en accord avec lui. Le 15 mai, des le début du conflit dans la plaine de la Bekaa, il prononçait un discours invitant les autres mouvements de l'OLP à rallier aux dissidents du Fath pour réorganiser la résistance sous un commandement unique, et lui permettre de « sortir de l'impasse où l'ont conduite ses dirigeants réactionnaires et défaitistes ». Yasser Arafat avait répondu vertement en menaçant Khadafi de lui couper la langue. Mais, au-delà de ces accusations verbales, rien n'indique, du moins jusqu'ici, que Khadafi ait joué un rôle effectif dans la crise du Fath ni que les opposants d'Arafat lui soient liés.

Il est notoire que les rapports entre Arafat et les dirigeants syriens se sont dégradés depuis un certain temps. Cela s'est confirmé avec les polémiques qui ont précédé le Conseil national palestinien d'Alger. Début mai, Damas avait lancé une nouvelle attaque contre Arafat. Mohamed Heydar, membre du haut commandement « national » (panarabe) du Baas au pouvoir en Syrie, lui a reproché d'être « davantage intéressé à fonder un Etat dont il serait le président qu'à poursuivre la révolution », et de mettre « tous les Etats arabes sur le même plan, confondant réactionnaires et progressistes » (le Monde, mai 1983). Au cours du conflit, le gouvernement syrien a pris des mesures qui, d'après lui, visaient à éviter des affrontements, mais qui, d'après la direction du Fath, aidaient en fait les dissidents.

Les déclarations favorables à la Syrie et à l'URSS qu'ont fait ces derniers apparaissent logiques de leur point de vue. Dans son entrevue à Libération Abou Moussa a expliqué son attitude comme suit : « La Syrie dit "non" au plan Reagan et pointe ses blindés en direction d'Israël. Je suis sur cette même position. » Il a ajouté : « Si la Syrie recule, j'adopterai la même position qu'à Saïda (5) », concluant qu'il était parfaitement possible pour son mouvement de rester indépendant de Damas.

En ce qui concerne l'attitude de PURSS, on ne peut pas dire que la bureaucratie de Moscou ait encouragé les dissidents. La direction du Fath, dans le cadre d'une contre-offensive diplomatique tous azimuts (voyage d'Arafat à Bucarest, en Arabie Saoudite, etc.), a envoyé Abou Iyad à Moscou. Les résultats semblent avoir été satisfaisants pour elle. Dans un message à l'OLP, Youri Andropov a évoqué, en lui réaffirmant son soutien, « l'unité palestinienne sous la direction légitime du président Arafat ». Au cours d'une conférence de presse donnée à Moscou le 7 juin dernier, Abou Iyad a pu ainsi déclarer : « Nous sommes profondément convaincus que l'URSS nous apporte son soutien dans le domaine politique, ainsi que dans les autres domaines où nous avons sollicité ce soutien. »

Par ailleurs, comme il fallait s'y attendre, l'Arabie Saoudite a explicitement soutenu Yasser Arafat. Celui-ci a été reçu à Djeddah par le roi Fahd, qui a déclaré : «Nous avons le bonheur d'avoir avec nous aujourd'hui Yasser Arafat, le chef de

5. En 1976, Abou Moussa était à la tête des forces palestiniennes ayant anéanti une colonne syrienne qui voulait réprimer les fedayin.

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l'OLP, sur lequel nous fondons de grands espoirs. (6) »

UN DÉBAT DÉMOCRATIQUE S'IMPOSE Les dissidents du Fath risquent done de se trouver dans une situation très difficile. Sur le terrain international, ils ne peuvent s'attendre à rencontrer beaucoup d'amis. D'autre part, ils risquent de subir, notamment de la part de la Syrie, des pressions très puissantes susceptibles d'entraver sérieusement leur action. Il faut ajouter qu'il subiste dans le Fath et dans l'OLP un réflexe unitaire qui, en dernière analyse, joue contre eux. Ce réflexe reflète deux réalités. La première renvoie à la force matérielle que l'OLP et son organisation la plus importante, le Fath, tirent des structures économiques, politiques et militaires existantes. En cas de rupture, beaucoup de choses seraient remises en question, tout l'appareil de l'OLP serait profondément bouleversé et affaibli. En second lieu, même si les militants palestiniens sont aujourd'hui beaucoup plus critiques envers leurs directions et éprouvent le besoin de réfléchir, de discuter et de redéfinir leurs choix stratégiques, ils craignent cependant que des ruptures éventuelles ne les affaiblissent davantage dans une situation qui, après Beyrouth, est devenue de plus en plus difficile.

Tout cela explique les propos unitaires des organisations qui se sont prononcées jusqu'ici au sein du Fath, sur les événements du mois de mai, et les déclarations des dissidents eux-mêmes en faveur du maintien de l'unité du Fath et de l'OLP

Toujours est-il que le souci unitaire ne doit pas amener à accepter une unité diplomatique de façade, telle qu'elle avait été proclamée à Alger en février de cette année, lors du Conseil national palestinien, et s'avérant tout à fait éphémère.

La situation de la résistance palestinienne est sans doute la plus difficile qu'elle ait connue depuis très longtemps. La crise récente au sein du Fath devrait confirmer aux yeux de tous ce qui était déjà évident pour nous auparavant. La résistance a besoin d'un bilan d'ensemble de son combat, de ses orientations politiques et de ses méthodes organisationnelles. C'est là une exigence qu'éprouve incontestablement la grande majorité des combattants palestiniens. Arafat lui-même, dont l'orientation politique n'a donné aucun résultat concret, a été acculé à faire, au cours du mois dernier, des déclarations d'apparence radicale. Il a notamment affirmé « que le meilleur moyen est que les dirigeants arabes choisissent la voie du combat et de la guerre afin de modifier l'équilibre des forces » (le Monde, 17 mai 1983). Il a également expliqué qu'il avait « toujours demandé aux Arabes de lancer une guerre contre Israël, car c'est la seule façon de corriger les équilibres politiques dans la région. Les Arabes ont gâché une occasion en or pour lancer cette guerre pendant le siège de Beyrouth » (Libération, 13 juin 1983).

De telles déclarations balaient aujourd'hui d'un seul coup l'argument qu'Arafat lui-même avait avancé, à savoir qu'après le départ des combattants palestiniens de Beyrouth, l'OLP se renforcerait politiquement. Elles prouvent aussi, involontairement, que les arguments avancés par certains de ses opposants pendant israélien de Beyrouth n'étaient le siège pas dépourvus de fondements. Ce n'est pourtant pas par des déclarations démagogiques ponctuelles - sans correspondance avec une pratique réelle — que la crise de la résistance palestinienne pourra être surmontée. C'est l'heure, répétons-le, de la réflexion critique et du débat, précondition pour élaborer une nouvelle orientation et relancer la lutte.

Pour être menée à bien, cette réflexion et ce débat exigent un cadre démocratique, donc une transformation des

Quatrième

Internationale juin - juillet - août 1983

SOMMAIRE

EDITORIAL :

Contre les menaces impérialistes, organisons la solidarité avec la révolution en Amérique centrale. .

Zbigniew M. Kowalewski - La ligne des usines

Syndicats et conseils en Italie .

Daniel Bensaid - Révolution permanente et révolution par étapes

Philippe Andréa - Lénine et la jeunesse .....

Philippe Andréa - Le mouvement trotskyste et la jeunesse dans l'entre-deux guerres

Jacques Kergoat — Le Parti socialiste français aujourd'hui

ARCHIVES DU MARXISME

Dégénérescence de la théorie et théorie de la dégénérescence.......

Manifestation palestinienne en Cisjordanie. (DR) structures et des méthodes de fonctionnement qui ont prévalu jusqu'à présent au sein du Fath et de l'OLP. Sur ce point, les revendications des dissidents semblent être très largement partagées. Il est donc dans l'intérêt du mouvement palestinien dans son ensemble que celles-ci soient acceptées.

Livio MAITAN 14 juin 1983. 6. D'après certaines informations, un compromis aurait été réalisé, y compris entre Yasser Arafat et Maamar Khadafi, grâce à la médiation du Nord-Yémen. Ces informations ont été par la suite démenties. Toutefois, des questions peuvent se poser au sujet du voyage entrepris par Khadafi dans les pays dont il avait jusqu'ici violemment dénoncé la politique: Nord-Ye men, Arabie Saoudite, Jordanie, et même Syrie.

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