"nouvelles" relations avec les pays dominés ciétés de travaux publics réalisant des bâtiments agricoles, des silos, etc.
compensées par les bénéfices sur la revente de la farine importée.
dire qu'il soit vraiment perdant.
le prix de la farine ayant brutalement crû de 45 % en 1982.
Le groupe Doumeng est connu pour les attaches de son président Jean-Marie Doumeng avec le Parti communiste français (PCF). A la tête de tout un ensemble de sociétés et de coopératives, spécialisées principalement dans l'agro-alimentaire, mais aussi dans la construction et l'immobilier, Doumeng tire notamment de substantiels bénéfices du commerce des produits agricoles avec l'URSS. Mais le groupe Doumeng (Société Interagra, Silos du Sud-Ouest, etc) est devenu, depuis quelques années, spécialiste de l'intervention dans certains pays du Tiers-Monde dits « progressistes », et notamment au Congo. Il y est présent à la fois sous la forme de « sociétés de conseils », chargées d'établir et de vendre des « projets de développement », comme fournisseur d'équipements agricoles, dans l'import-export de produits alimentaires, et sous la forme de so-
Son originalité et son succès dans un pays comme le Congo, viennent de son discours apparemment « anti-impérialiste » et soucieux de ménager la souveraineté du pays, ne préconisant jamais, contrairement aux autres bureaux d'ingénieurs-conseils, le démantèlement du secteur public mais, au contraire, proposant ses services pour aider les entreprises nationalisées à mieux fonction-
Un exemple typique de son intervention se situe à la MAB (Minoterie-Alimentation du Bétail), entreprise de transformation des céréales, héritée de la période coloniale et nationalisée par les autorités congolaises. Jusqu'en 1980, la MAB était devenue, comme toutes les entreprises publiques, fortement déficitaire. L'outil de travail n'était pas entretenu, les pannes étaient fréquentes, la production avait chuté vertigineusement, et l'entreprise semblait promise à une fin prochaine. Doumeng propose alors ses services pour renflouer l'affaire. La MAB reste propriété de l'Etat congolais, mais les Silos du Sud-Ouest se font confier la gestion de l'entreprise. Doumeng promet alors d'équilibrer les comptes et de dégager des marges suffisantes pour rembourser les équipements neufs qu'il conseille d'acheter, étant donné que c'est une des sociétés de son groupe qui les fournit et qui les assemble. Cependant, il pose une condition : la MAB se verra confier le monopole de l'importation de blé et de farine dans tout le Congo et fixera, en accord avec l'Etat, un prix de vente « raisonnable ». Marché
Mais peu de temps après Doumeng révèle, qu'après étude, l'usine ne pourra jamais abaisser le prix de revient de la farine à un niveau concurrentiel avec le cours mondial. Aussi propose-t-il la solution suivante : l'usine tourne au ralenti et produit, avec du blé importé, 7 900 tonnes de farine en 1982, soit 16 % des besoins des Congolais. Le prix de revient de la tonne de farine ainsi produite s'élève à près de 200 000 francs CFA. Le complément nécessaire pour approvisionner les boulangeries congolaises est importé par la MAB au prix du cours mondial, soit 110 000 franes CF A la tonne en 1982. Le prix de vente de la farine sur le marché congolais est fixé à 127 000 francs CFA la tonne, c'est-à-dire de façon à ce que les pertes sur la farine produite par l'usine soient
Tout le monde est content, grâce à M. Goumeng : le personnel de la MAB, qui garde son emploi en travaillant à temps partiel ; le gouvernement, qui n'a plus besoin ni de fermer l'usine ni de la subventionner ; et Doumeng, bien sûr. Il a prélevé sa marge sur les équipements fournis à l'usine, c'est lui qui approvisionne la MAB avec son blé et fournit les 41 000 tonnes de farine supplémentaire. En outre, il touche pour ces ventes une subvention du Marché Commun, comme sur tous les produits agricoles exportés. Et pour tout ça, Doumeng est payé, en plus, en tant que « société de conseils de gestion ». On ne peut pas
Le gouvernement congolais n'a plus qu'à faire état de ce qu'il y a au moins une entreprise nationalisée qui n'est pas déficitaire. Pendant ce temps, le consommateur de Brazzaville a vu le pain augmenter dans toutes les boulangeries,