Le général Figuereido a lancé un appel entendu à la "trêve politique"
BRESIL
'EST dans le contexte d'une situation financière particu-
C lièrement délicate et de négociations serrées avec le
Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir un rééchelonnement de sa dette, que le gouvernement brésilien du général Joao Baptista Figuereido a réclamé une « trêve politique » aux formations de l'opposition. Les appels des sirènes de l'unité nationale sont parvenus jusqu'aux fractions de l'opposition bourgeoise libérale. Certains, comme le Parti travailliste brésilien (PTB) se sont purement et simplement ralliés au parti gouvernemental pour former une coalition majoritaire à la chambre des députés. D'autres, comme le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), ou le Parti démocratique du travail (PDT) de Leonel Brizola, envisagent plutôt leur alignement sous une forme quelque peu différente, et surtout en adaptant à la politique du gouvernement fédéral la
Daniel JEBRAC
Les résultats des élections de novembre 1982 ont finalement donné satisfaction à beaucoup de monde (1). L'opposition libérale bourgeoise s'est réjouie parce qu'elle remportait une indiscutable victoire en nombre de voix et accédait au gouvernement des principaux Etats du pays
(à l'exception du Rio Grande do Sul et du Pernamboue), et le pouvoir parce qu'il évitait la déroute électorale tant redoutée, et gardait ainsi les moyens de désigner, en
1985, le prochain président de la République. Par ailleurs, et malgré la défaite électorale du Parti démocratique et social
(PDS) gouvernemental, le pouvoir pouvait puiser dans le fait même de la tenue de ces élections le semblant de légitimité qui lui était particulièrement nécessaire, au moment où il devait affronter des négociations internationales ardues.
En effet, avec une dette extérieure dépassant désormais les 90 milliards de dollars, soit environ 680 milliards de francs français, dont près de 1/5e à court terme, et une réserve de devises étrangères fondant à vue d'œil, le gouvernement brésilien devait bien reconnaître son insolvabilité, et se tourner vers le Fonds monétaire international (FMI) pour négocier de nouveaux crédits et un rééchelonnement du remboursement de sa dette. Dans la presse, cette démarche inévitable du président de la Banque centrale brésilienne,
Carlos Langoni, fut présentée comme une humiliation nationale.
LE RECOURS AU FMI
Le en décembre
FMI accordait,
1982, un ballon d'oxygène et un sursis aux finances brésiliennes. Les plus cyniles plus francs, des banquiers ques, ou brésiliens ne se gênaient d'ailleurs pas pour déclarer que leurs collégues améride l'opposition libérale élections de novembre 1982. oreilles d'amples net rejet de ces manœuvres. cains n'avaient guère le choix : vu le niveau d'endettement auprès des banques américaines un krach financier du Brésil risquerait d'avoir des conséquences en chaîne, sans parler des répercussions politiques dans la région. FMI faisait pression pour obtenir une remise en cause du système de réajustement semestriel des salaires et un assainissement des dépenses publiques. Ces dernières étaient aussitôt réduites de 20 %. Ainsi, début janvier 1983, le gouvernement annonçait-il l'ajournement sine die de la des réacteurs nucléaires Iguape I et II sur la côte, près de Sao Paulo. Le système salarial faisait l'objet d'attaques visant au blocage pur et simple des salaires. Plusieurs gouvernements d'Etats fixaient arbitrairement l'augmentation annuelle des salaires des fonctionnaires en vertu du taux d'inflation escompté. Parallèlement, ils se livraient à une manipulation des indices du coût de la vie, en retirant de la liste des éléments qui servaient à calculer cet indice certains postes dont les prix connaissaient une hausse particulièrement importante, pour justifier un ralentissement des salaires et un recul du pouvoir d'achat aussi spectaculai-
Enfin, le 18 février, le gouvernement annoncait une « maxi-dévaluation » de 30 % du cruzeiro par rapport au dollar, ce qui eut pour effet immédiat un renchérissement de 12,5 milliards du service de la de l'économie escomptaient en revanche un excédent commercial de 6 milliards de dollars pour l'année en cours au lieu de 1 milliard l'an dès les mois de mars et avril, il devenait clair que les mesures prises seraient insuffisantes et que le gouvernement devrait retourner à la table des gestion des gouvernements des Etats qu'ils dirigent depuis les
Au sein du Parti des travailleurs (PT) lui-même, des remous se sont produits auxquels ces pressions politiques et sociales ne sont pas totalement étrangères, les élus parlementaires essayant ainsi de « parlementariser » le parti et de le vider de son contenu de classe. L'opposition de la direction historique du Parti des travailleurs à une telle perspective a marqué un
C'est aujourd'hui autour de l'évolution en cours dans le mouvement syndical, confronté à une politique anti-ouvrière et au lâchage de l'opposition bourgeoise libérale, que se profilent donc à la fois un mouvement de luttes sociales et de nouvelles perspectives pour la construction du Parti des travailleurs.
négociations avec les représentants de la finance impérialiste.
Pour la première fois, le président
Joao Baptista Figuereido admettait publiquement la perspective d'une récession de
3 à 4% sur l'année. Le taux d'inflation du mois de mars atteignait 10% et faisait craindre une inflation annuelle dépassant les 150 %. Enfin, un responsable de l'Institut brésilien d'analyses économiques et de statistiques présentait une perspective peu optimiste sur la situation financière brésilienne en déclarant: « En supposant que nous arrivions à dégager les 6 milliards de dollars d'excédent dans nos échanges commerciaux, il nous faudra, cette année, 15 milliards de crédits pour faire face à nos échéances. Or, seuls 11 milliards sont pour l'instant assurés ... Si les 4 milliards manquants sont financés par des prêts-relais, nous nous retrouverons devant le même problème l'an prochain. (2) » Or,
1983, le commerce extérieur n'a dégagé que la moitié de l'excédent nécessaire pour atteindre les 6 milliards prévus sur l'année ...
Au moment même où l'on commençait à constater l'échec des mesures prises depuis le début de l'année, les émeutes de chômeurs dans le quartier populaire de
Santo Amaro, à Sao Paulo, constituaient, au début avril, un signal d'alarme pour les gouvernants. D'après un sondage effectué
1. Les élections brésiliennes du 14 novembre 1982 ont marqué une claire défaite du parti gouvernemental PDS, qui ne remporta qu'une douzaine de postes de gouverneurs d'Etat, tandis que les plus grands Etats revenaient aux partis d'opposition libérale, le PMDB et le PDT. Le
Parti des travailleurs, quant à lui, n'eut que des scores relativement modestes, soit une moyenne nationale d'environ 3 %, sauf à Sao Paulo, où il remporta 10 % des suffrages. Pour une analyse plus détaillée de ces résultats électoraux, se reporter à Inprecor numéro 139, du 20 décembre
1982.
2. Le Monde, 3 mai 1983.
au premier trimestre auprès des syndicats patronaux et de 620 entreprises, Sao Paulo aurait perdu sur ces trois mois près de 4% de ses emplois industriels, et 19 % sur les 27 derniers mois. Pour favoriser l'exportation, la consommation de viande bovine par habitant va être réduite de 17 kilos en moyenne par an à 12 kilos. Enfin, le retrait des subventions à certains produits agricoles (comme les céréales ou le sucre) va provoquer une augmentation des prix du pain.
Le gouvernement et les gouverneurs des grands Etats vivent donc dans la crainte d'une explosion sociale. Pour le moment, ils accumulent les trains de mesures par petits paquets (les fameux « pacote »), de semaine en semaine, s'efforçant de répondre aux contraintes des créanciers sans acculer le mouvement de masse au désespoir. Mais la voie est de plus en plus
L'OPPOSITION LIBÉRALE A LA RESCOUSSE DU REGIME Dans cette situation, il n'aura fallu que quelques mois pour que les partis de l'opposition bourgeoise, qui sont à la tête de gouvernements d'Etats comme ceux de Rio, de Sao Paulo ou du Minas Gerais (Belo Horizonte), révèlent leur véritable visage.
Tous ont répondu « présent » à l'appel à la trève nationale réclamée par le président Figuereido en mars. Le Parti travailliste du Brésil (PTB), dirigé par Iveta Vargas (fille de l'ancien dictateur Getulio Vargas) et par l'ancien président Janio Quadros, a carrément conclu un pacte parlementaire avec le PDS, parti au pouvoir. Les 13 députés du PTB faisant l'appoint, cette coalition s'assure ainsi une majorité à la chambre des députés, de 248 sièges sur un total de 479, contre 231 à l'opposition dans son ensemble.
Le PMDB, principal parti de l'opposition libérale, fait le dos rond et met une sourdine à son exigence d'élection directe du président de la République. Tancredo Neves, l'un de ses principaux dirigeants et gouverneur du Minas Gerais, invoque les impératifs de la crise : « La crise aujourd'hui est plus grave que celle de 1954. En 1954, il y avait une crise du gouvernement et non du régime. Il y avait des problèmes économiques. Mais nous n'avions pas, comme aujourd'hui, un contexte international aussi chargé d'appréhen-
Brizola lui-même, encore présenté par les militaires comme un trublion incendiaire à la veille de son élection comme gouverneur de Rio, devait déclarer après une entrevue avec Figuereido : « L'important, maintenant, n'est pas d'explorer les divergences, mais ce qui peut nous unir. » Son parti, le Parti démocratique du travail (PDT), a voté avec le PDS au Rio Grande do Sul et il a conclu un pacte national avec lui. Non sans arrière-pensées : Brizola, qui brigue d'ores et dé. jà la présidence de la République et bénéficie de la faveur des sondages, considère prématurée l'échéance présidentielle de 1985. C'est pourquoi il a proposé une prolongation de deux ans (jusqu'à 1987) du mandat de Figuereido, en échange d'une élection directe au suffrage universel, du président, à cette date. Si les modalités d'élection et les délais n'étaient pas modifiés, le prochain président serait en effet désigné en 1985 par un vote des grands électeurs, qui assurerait pratiquement une majorité automatique au PDS, à moins d'une crise de décomposition toujours possible de ce dernier.
Plus concrète encore que la conciliation au sommet, la politique des partis d'opposition dans les Etats qu'ils gouvernent les démasque aux yeux des travailleurs. L'Etat de Sao Paulo compte à lui seul une dette publique de 4 milliards de dollars. A Sao Paulo comme à Rio, les promesses sociales de la campagne électorale, les créations d'emplois, se font attendre, tandis que les gouverneurs de ces Etats, Franco Montoro et Leonel Brizola, travaillent la main dans la main avec les puissantes fédérations patronales. A Sao Paulo, c'est Montoro qui a envoyé la police contre les chômeurs en révolte de San-
Conformément à ses options fondaseul le Parti des travailleurs (PT) a rejeté fermement la proposition de trêve émanant de Figuereido, de même qu'il s'est récusé (non sans hésitations de la part de certain de ses élus) à participer aux gouvernements d'« opposition » des Etats de Rio et de Sao Paulo.
LA DROITE DU PT VEUT
«PARLEMENTARISER » LE PARTI
Le PT s'est constitué dans une phase ascendante du mouvement de masse, à partir des grandes grèves de la métallurgie de 1979 et 1980 dans la banlieue de Sao Paulo. Cet élan lui a permis d'arracher sa légalisation en 1981 et de dépasser les 300 000 adhérents. Il est alors entré directement dans la campagne électorale, sans avoir pu se consolider comme parti militant ni s'enraciner dans une véritable
Les résultats électoraux de novembre 1982 ont mis un terme à cette période euphorique. En dehors de son berceau, l'Etat de Sao Paulo, où il a atteint 10% des suffrages, le PT est resté un parti minoritaire, toujours à construire. La déception a fait son œuvre. Dans certains Etats où il était le plus fragile, ce parti a pratiquement disparu. Même à Sao Paulo, les noyaux de base ont du mal à fonctionner, et les congrès qui se sont tenus ces derniers mois indiquent une difficulté générale à réunir un quorum de participants dans les réunions préparatoires à ces congrès. En gros, la moitié seulement des noyaux de base y sont parvenus.
Il y a là un danger évident de voir le Parti se réduire aux courants et militants déjà organisés dans des organisations d'extrême gauche et perdre ainsi son caractère de masse. S'il est réel, ce danger a surtout servi de prétexte, dans un premier temps, à une offensive de la droite modérée du Parti visant à le transformer en une simple machine parlementaire. Cette offensive est venue, pour l'essentiel, de certains députés du PT tentés par une
E LIBERDADE!
La devise du PT : * Le travail, la terre et la liberté ! » (DR) coalition avec les partis bourgeois et par une participation aux gouvernements d'opposition, notamment à Rio. Elle s'est concrétisée par la proposition de caleuler à l'avenir les mandats des congrès du PI non sur la base du nombre de militants, mais sur la base des suffrages recueillis aux élections! Quand on sait à quel point le système électoral favorise le clientélisme et les inégalités de moyens entre candidats, il est clair que l'acceptation d'une telle proposition reviendrait à couler le PT dans le moule de la Loi organique édictée par la dictature pour contrôler les partis s'être brisée sur une double résistance : d'une part, celle de la base militante du Parti, qui s'est exprimée dans les congrès des grands Etats (Sao Paulo, Rio, Minas Gerais ...) et, d'autre part, celle du noyau dirigeant historique des syndicalistes du PT, a commencer par son président, Luis Inacio Da Silva « Lula » et par son secrétaire général, Jaco Bittar.
Lors d'une réunion de la direction nationale du Parti, le 16 avril dernier, « Lula » déclarait en effet : « Notre parti ne peut se contenter de courir derrière ce que font l'Eglise ou le mouvement syndi cal, et de trimbaler ses banderoles colorées dans les manifestations. Nous devons mettre directement la main dans la masse, sans intermédiaires, en organisant et diri geant les luttes. Nous devons organiser des noyaux par quartiers et par catégories professionnelles.
d'avancer nos propres propositions d'action et de sortir du rôle de simple assistants que nous tenons actuellement. »
Cette réaction contre une dérive parlementaire s'est traduite par des progrès réels dans l'organisation de l'activité syndicale du Parti autour de la perspective de grève générale contre les mesures du gouvernement. Une circulaire du secrétariat du Parti rappelant les élus à leurs devoirs de discipline envers le Parti a fait grand bruit (« Lula » s'en explique dans l'interview publiée ci-après). Elle a même valu à son auteur, Jaco Bittar, d'être dénoncé comme stalinien, dans la presse bourgeoise. Enfin et surtout, le PT a réussi à maintenir, malgré la tentation de certains de ses élus, son indépendance face aux gouvernements d'« opposition ».
LES AMBIGUITÉS DE LA RIPOSTE
DE LA DIRECTION DU PT Mais, dans le cours même de cette réaction salutaire de défense des principes initiaux du Parti, le noyau dirigeant tend à se constituer lui-même, de fait, en une fraction au-dessus de la mêlée. Certains indices laissent craindre qu'un souci de fausse symétrie entre les différentes sensibilités du PT ne se traduise par une restriction de la vie démocratique du Parti, au détriment des courants de gauche, qui ont pourtant activement contribué à sa construction.
Le premier de ces indices, c'est le coup de force opéré par la direction nationale du PT dans la municipalité de Diadème. En l'emportant dans cette municipalité ouvrière de 300 000 habitants, le PT avait obtenu son principal succès électoral. De plus, la direction du PT de Diadème était connue comme combative et radicale, à l'image du nouveau maire, Gilson Luis Correia de Menezes, ouvrier métallurgiste, qui s'était engagé à organiser un vaste réseau de conseils populaires en soutien au nouveau conseil municipal (3).
Au moment de désigner la nouvelle équipe municipale, Gilson sortait pourtant de sa manche une liste de personnes soutenue en coulisses par la direction nationale contre la volonté de la majorité locale du parti. Depuis ce coup de force du 4 janvier, le conflit ne s'est pas apaisé, et Gilson a été de nouveau mis en minorité lors du récent congrès local du parti.
Le second indice, c'est le lancement, au début juin, d'un Manifeste signé par 113 personnalités du PT, de Sao Paulo, parmi lesquelles « Lula », Djalma Bom (député fédéral), Irma Passoni (député d'Etat), Gilson (maire de Diadème), etc. Ce Manifeste a le mérite de réaffirmer fermement la fidélité du PT à ses origines et à son programme (« Travail, terre et liberté ») (4). Il confirme également l'option d'un parti militant, d'un parti de lutte, d'un parti de classe, contre les tentations parlementaristes. Mais il établit une symétrie dangereuse entre « le comportement individualiste » de certains députés, et les militants qui « se soumettent à des directions parallèles et donnent la priorité à la propagation de leurs propres propositions politiques au détriment de celles
PARTIDO DOS TRABALHADORES
du Parti ». L'accusation est assez malvenue de la part de responsables qui fonctionnent souvent eux-mêmes comme un réseau informel, parallèle aux organes de direction élus, et qui ont soutenu le coup de force de Diadème contre les organes locaux réguliers. Il n'empêche que ce Manifeste marque la volonté de consolider un noyau de direction, délimité sur sa droite par rapport aux députés qui lorgnent vers Brizola, et sur sa gauche par rapport aux courants révolutionnaires locaux ou nationaux plus définis.
La faiblesse de cette opération organisationnelle tient précisément à son manque de perspectives politiques. S'il réaffirme les acquis, le Manifeste des 113 pèche en effet par la faiblesse de ses propositions. Or, dès que l'on passe des combinaisons de sommet à de réelles options d'action, on retrouve la réalité militante de l'ensemble des composantes qui font la richesse et la vitalité du PT. Le déroulement des congrès du PT dans chaque Etat tend à prouver que cette réalité est difficilement contournable par quelque opération d'appareil que ce soit, aussi long-
PT
temps qu'elle s'enracine dans une mobilisation de masse, dans les syndicats, et dans la résistance aux mesures gouvernementales.
Or, face aux effets de la crise, au chômage et au blocage des salaires, le processus de recomposition se poursuit dans les syndicats, et un mouvement de lutte se dessine contre le blocage salarial. C'est en restant fidèle à ses sources que le PT Y puisera de nouvelles forces pour franchir une étape supérieure dans la construction d'un parti de classe.
Daniel JEBRAC, Paris, 25 juin 1983. 3. Voir l'interview de Gilson Menezes, publiée dans Inprecor numéro 140, du 3 janvier 1983.
4. Elaboré comme plate-forme électorale du PT pour les consultations de novembre 1982, le document intitulé « Travail, terre et liberté », dont nous avons publié de larges extraits dans Inprecor numéro 126, du 17 mai 1982, est devenu, depuis, le véritable programme de référence du PT.
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