Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SUEDE

Entretien avec Goete Kilden, responsable syndical à l'usine Volvo de Göteborg

· Inprecor n° 157, 26 septembre 1983 · p. 21-23 · 3 446 mots

Syndicalisme El Salvador

Une longue tradition d'opposition syndicale militant trotskyste et responsable

EPUIS plus de dix ans, l'usine Volvo de Göteborg, la plus importante de toute la Scandinavie (13 000 travailleurs), est le théâtre d'une lutte intense entre la direction socialdémocrate de la section syndicale du Metallindustriarbetarforbund (syndicat des métallurgistes de l'entreprise) et une opposition syndicale dans laquelle les militants du Socialistiska Parti

(SP, Parti socialiste, section suédoise de la IVe Internationale)

jouent un rôle capital.

L'entreprise Volvo est l'un des nerfs de l'économie suédoise et son usine de Göteborg sert donc de phare au mouvement syndical dans son ensemble. La section locale du Parti socialdémocrate suédois a tout fait pour isoler l'opposition syndicale et les forces révolutionnaires qui l'animent. Cependant, celle-ci a réussi une nouvelle percée lors des dernières élections syndicales. Ces résultats ont été obtenus dans un nouveau contexte politique, alors que les sociaux-démocrates, dans l'opposition depuis six ans, revenaient à la tête du gouvernement après les élections législatives de septembre 1982. Ils se trouvaient ainsi confrontés à la nécessité de défendre, dans les usines, les mesures d'austérité adoptées par Olof Palme dès son retour au gouvernement (1).

Lors des récentes élections syndicales à la direction de la section syndicale de l'entreprise, auxquelles ont participé 45 % des travailleurs de 23 ateliers différents (la majorité des travailleurs de l'usine est syndiquée) l'opposition, qui présentait comme candidat le camarade Goete Kilden, président de la section syndicale d'un des gros ateliers de l'usine et militant du SP, a obtenu 35 % des voix, contre 65 % pour le candidat social-démocrate. Ce résultat a varié suivant les ateliers, et dans deux d'entre eux, dont celui de la section des camions où il travaille,

« INPRECOR » : - Quel impact a eu le travail syndical mené dans l'usine Volvo à l'extérieur de l'entreprise ?

Goete KILDEN : - Les longues années de travail et les résultats obtenus ont fait de l'opposition syndicale dans l'usine

Volvo un facteur de la vie politique non seulement à Göteborg, mais également au niveau national. Göteborg est la ville industrielle la plus importante de Suède et Volvo est présent partout, le long des quais, sur les chantiers navals et dans de nombreuses autres entreprises. Tous ceux et toutes celles qui militent activement dans les syndicats ou qui sont intéressés vie des syndicats connaissent l'opposition. Au cours de l'année écoulée les journaux ont publié, surtout en rap port avec les dernières élections syndicales, nombre d'articles sur l'opposition. On en a également parlé à la radio locale.

L'opposition donc inévitablement devenue l'un des sujets à l'ordre du jour dans les écoles de formation syndicale.

- Comment les conditions de votre intervention syndicale se sont-elles modifiées au cours de ces derniers mois ?

Entretien avec Goete Kilden,

- L'opposition a en quelque sorte pris sa revanche lors des élections de 1983. Quand la coalition bourgeoise était au pouvoir, tout particulièrement vers la fin de son mandat, elle menait une politique de plus en plus anti-ouvrière. Mais social-démocrate l'opposition, la direction syndicale qui lui est liée disposait d'une importante marge manœuvre. L'opposition s'est donc trouvée d'une certaine manière mise à l'écart. L'abolition des assemblées générales au profit d'assemblées de délégués syndicaux nommés nous a porté un coup sérieux en réduisant la démocratie dans le syndicat. Pour l'opposition syndicale, cela signifiait que nous étions privés des moyens que nous avions à notre disposition auparavant et grâce auxquels nous pouvions nous réunir entre délégués de préparer les déclarations communes, les interventions et, plus généralement, nos d'orientation du La nature de l'opposition s'est également modifiée à la suite du déclin de diverses organisations politiques autrefois actives. Les groupes maoïstes et centristes

SUEDE syndical à l'usine Volvo de Göteborg

Goete Kilden a obtenu la majorité des voix. Pour tenter de minimiser ses résultats, les bureaucrates syndicaux des métallos avaient pourtant contraint notre camarade à se présenter sous l'étiquette d'un parti politique, en tant que candidat du SP et non pas de l'opposition syndicale. Mais cette manœuvre fut vaine.

Dans d'autres élections de délégués d'atelier, au début

1983, Goete Kilden avait déjà été élu président de la section des travailleurs de la plus importante des chaînes de montage de camions, avec 70% des votes. Jusque-là, l'opposition ne détenait de postes de responsabilité syndicale que dans l'atelier des chaînes de montage de camions. Lors des élections de début

1983, elle a réussi à obtenir deux nouveaux postes de responsables à la direction d'un autre atelier, tandis que dans les deux autres ateliers où elle présentait deux candidats, elle obtenait

35 % des voix. Ces scores électoraux ne donnent pourtant qu'une vision encore limitée de l'influence de l'opposition syndicale, étant donné que de nombreux délégués d'atelier peuvent soutenir son action sans pour autant accepter de se présenter sous son étiquette lors des échéances électorales.

Sur l'ensemble des 600 délégués syndicaux élus de l'usine

- de Göteborg, entre 75 et 100 élus sont prêts à accorder leur soutien actif à l'opposition syndicale. De plus, les batailles de défense des revendications et de la démocratie syndicale menées par l'opposition syndicale lui ont aussi donné un écho important parmi les travailleurs de la base.

C'est sur les différents aspects de cette riche expérience syndicale et politique que nous avons interrogé Goete Kilden, responsable syndical à l'usine Volvo de Göteborg et dirigeant de la section suédoise de la IVe Internationale.

nés de la radicalisation des années 1960 et

1970 ont simplement jeté l'éponge. L'organisation Förbundet Kommunist (Ligue communiste) s'est dissoute, tandis que le

Sveriges Kommunistisak Parti (SKP, Parti communiste de Suède, maoïste) autrefois si puissant, n'est plus que l'ombre lui-même. Depuis maintenant plusieurs années, il n'a plus aucune influence dans notre syndicat.

Nous sommes revenus à l'avant-scène lors des dernières élections syndicales. Cela reflète une modification conséquente de la situation et l'apparition des premières marques de défiance envers la politinouveau gouvernement social-démocrate. En fait, le Parti socialdémocrate n'a pas hésité à adopter une série de mesures anti-ouvrières : dévaluation de 16% de la couronne suédoise, augmentation des impôts indirects, ainsi qu'établissement d'un contrôle des salaires déguisé. De plus, les sociaux-démocrates ont obtenu des syndicats qu'ils baissent leurs revendications salariales.

- Dans une telle situation, quelles

1. Cf. Inprecor spécial économique numéro 151, du 30 mai 1983.

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tie à répondu par une campagne défensi- d'autres entreprises dans le reste du pays.

Délégation de travailleurs de l'usine Volvo. (DR) sont les questions politiques et syndicales qui ont été au centre des discussions, lors des élections syndicales de cette année ?

- Depuis 1976, dernière « année faste » pour le niveau de vie des travailleurs suédois, le pouvoir d'achat moyen d'un travailleur de Volvo a baissé d'environ 12%, alors que dans le contexte d'une crise généralisée de l'industrie automobile, Volvo a gagné de nouveaux marchés lui garantissant des profits sans précédent. Au cours des élections syndicales locales, nous avons fait remarquer que les bénéfices prévus pour l'année 1983, environ 4 milliards de couronnes (1 couronne vaut environ 1 frane français) représentaient l'équivalent de 70 000 couronnes pour chaque employé de l'usine dans le pays. La revendication salariale avancée par le syndicat se montait à environ 3 000 couronnes pour une année.

Les élections à la section syndicale locale ont conduit à la confrontation de deux lignes pour les négociations locales qui devaient débuter en mars ou en avril 1983. Nous avons demandé que la section se batte pour une augmentation locale des salaires de 3 couronnes par heure. Cette campagne a donné de bons résultats. La direction de la section syndicale a été forcée de débattre de la question du niveau de vie des travailleurs, ce qui a remis en existence. Elle a finalement été obligée de reprendre nos reven-

Bien entendu, nous avons mené de durs combats sur d'autres fronts, et principalement sur la question de la démocratie. Nous avons demandé à avoir des rapports réguliers sur l'état des négociations sur les contrats de salaires, le droit de vote sur les contrats avant qu'ils ne soient signés (ce qui n'est pas le cas actuellement), et que se tiennent des semblées générales au lieu de réunions de délégués, etc. Nous avons également attaqué la direction syndicale sur la manière dont elle utilise son mandat, comme par exemple, dans le cas de voyages au Portugal offerts par l'usine aux membres de la direction syndicale de l'entreprise. Pour les bureaucrates, cela revenait à accepter des pots-de-vin des pa-

Aux élections à la direction de la section de l'entreprise, une série de questions spécifiques, comme la réorganisation de la production et la façon dont les travailleurs étaient mutés dans d'autres ateliers, ont été débattues par les délégués syndi-

- Nombre de dirigeants de l'opposition syndicale sont membres d'organisations politiques, souvent de notre parti, le Parti socialiste. Quel impact cela a-t-il eu sur la campagne pour les élections à la direction de la section locale ? Et quel est le rapport entre les questions syndicales et les questions politiques au sens plus large ?

- Le fait même que je me sois présenté deux fois comme le porte-parole de l'opposition syndicale et comme membre du Parti socialiste a signifié que j'ai dû aborder tout un ensemble de questions liées les unes aux autres, comme je l'ai fait lors d'interviews données à la presse et à la radio. Tout le monde sait que le Parti socialiste soutient activement l'opposition syndicale et qu'un certain nomde ses dirigeants sont membres du Parti socialiste. Mais tout le monde sait aussi que l'opposition est un courant large, ouvert à tous ceux et à toutes celles qui sont prêts à se battre sur les questions de la lutte des classes et de la transformation du syndicat en une organisation démocratique et combative, c'est-à-dire les socialistes, les travailleurs qui ont voté sociaux-démocrates mais qui critiquent leur politique, ainsi que des travailleurs indépendants.

Le quotidien le plus important de la région, le Goteborg Post, lu par la majeure partie des travailleurs de Volvo, a publié une interview de presque une page qu'un dirigeant social-démocrate et moiavions donnée « Deux lignes pour les syndicalistes ». Cela nous a permis d'avancer des réponses plus élaborées, comme la nationalisation des banques et la socialisation des grosses compagnies. Ce à quoi la social-démocrave, voulant à tout prix éviter la discussion autour du pouvoir d'achat et de l'austérité, mais en vain. Ils ont mis l'accent, dans leur intervention, sur la longue expérience du parti social-démocrate et sur ses longues années passées à la direction de l'Etat. De plus, ils n'ont pas manqué, bien sûr, de jouer la carte de l'anticommunisme primaire, parlant du peu de confiance qu'il fallait avoir envers nous et envers les autres petits groupes.

- Peux-tu décrire de façon plus détaillée la relation entre le travail de l'opposition syndicale et celui du Parti socia-

- L'opposition syndicale n'a jamais été une organisation. Elle n'a jamais eu de statut ou de direction élue, comme cela est de coutume pour les partis politiques. Nous avons toujours parlé de l'opposition comme d'un courant. Son activité a toujours largement dépendu des responsabilités syndicales que nous détenions. C'est grâce à ces positions dans l'appareil syndical que nous avons pu prendre un certain nombre d'initiatives concrètes, reprises par les travailleurs ensuite dans plusieurs ateliers lorsque se posaient des problèmes, et ce, indépendamment des appartenances politiques. Cela signifie done que l'impact de l'opposition a connu des hauts et des bas. En même temps, les relations entretenues par l'opposition avec diverses forces politiques se sont modifiées. Je t'ai parlé de ce qui s'est passé pour le Förbundet Kommunist et le SKP. Le Parti comsuédois officiel, le Vänsterparti Kommunisterna (VPK) etait, au depart, impliqué dans le travail de l'opposition, mais il a ensuite abandonné sa participation. Aujourd'hui, ses faibles forces, à Volvo et dans les autres entreprises de Göteborg, s'affrontent à l'opposition syndicale et poursuivent une politique pressions courtoises à l'encontre de la direction de la section locale du syndicat. En même temps, la position du Parti socialiste s'est affermie dans la section. Il est compréhensible qu'un tel fluctuations rapport à la situation politique générale. Ainsi, quand il y a un reflux des luttes, les courants politiques jouent un rôle niveau d'activité. Mais quand il y a une période de montée des luttes, la base s'élargit de façon significative.

Nous l'avons vu au cours de la dernière période dans l'usine de montage de camions, à Volvo, où la montée des luttes a conduit la génération des travailleurs âgés de 40 à 50 ans à participer à l'activité de l'opposition, ce qui constitue un dé veloppement important de notre influenmajorité, ces travailleurs n'appartiennent à aucun parti, même si la plupart d'entre eux ont voté pour les sociaux-démocrates au cours de diverses

A Volvo, les membres et les sympathisants proches du Parti socialiste sont organisés dans un club syndical séparé, comme c'est le cas dans un certain nombre

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l'intérêt escomptés. Beaucoup de ce que cé notre travail. Nous ne sommes

Best la forme traditionnelle d'organisation des partis à l'intérieur du mouvement ouvrier suédois, et il n'y a là rien de nouveau. On pourrait dire que le club syndical est notre fraction politique dans le syndicat et dans l'entreprise. Il coordonne et organise les campagnes du parti et y prépare les membres, au travers de réunions, de groupes de discussions et d'un certain nombre d'activités sociales. Ce dernier point doit être souligné. La plupart des membres du club syndical - il en va de même pour l'opposition syndicale - ont des familles. Il faut en tenir compte pour planifier nos activités, quand nous déterminons leurs contenus, leurs formes et leurs rythmes. important, d'abord pour amener les travailleurs et les travailleuses à rejoindre le club syndical et, ensuite, pour les y gar-

Aussi, le club syndical des activités socio-culturelles de tous ordres. Ce n'est que lorsque nous avons élargi notre champ d'activité en intégrant la politique à la vie et au travail de nos camarades d'atelier que nous avons pu commencer à recruter « des travailleurs ordinaires de Volvo ». Notre club syndical à Volvo compte aujourd'hui environ

- Quelles conclusions tirent le Parti socialiste et l'opposition syndicale du travail à l'usine Volvo et dans d'autres entreprises dans le pays, en face d'une direction social-démocrate qui dispose encore d'un contrôle presqu'absolu sur le mouvement syndical au plan national ?

- La chose la plus significative est que nous ne passons pas notre temps à butiner. Nous avons vu un grand nombre d'autres groupes et d'individus « passer par » l'entreprise. Ils viennent de l'extérieur, prennent la parole lors de meetings, leurs propositions, vendent leur presse, distribuent leurs tracts, et ensuite disparaissent. Il n'est pas possible gner la confiance des travailleurs de cette

Nous avons procédé de façon différente. Tout d'abord, il faut dire que nous sommes à Volvo pour y rester, pour y gagner notre pain, pour obtenir les meilleures conditions de travail possible, pour les autres et pour nous-mêmes, et pour gagner la majorité des travailleurs au projet de construction d'une nouvelle tion syndicale et à un programme socialiste, et, enfin, pour construire une nouvelle force dans le mouvement ouvrier suédois, chose qui ne pourra être accomplie qu'en maintenant une activité de longue haleine, individuellement ou en groupe. Nous travaillons d'arrache-pied pour gagner la confiance des travailleurs à tous les niveaux, en étant les meilleurs camarades de travail et pour faire connaitre et défendre nos idées révolutionnaires.

Quand nous avons commencé notre travail à Volvo, nous avons souvent été engagés dans des campagnes de solidarité, par exemple pour le Vietnam. Mais nous n'avons pas su gagner le soutien ou nous avons dit n'a pas été entendu, parce que la majorité des travailleurs faisaient montre de scepticisme envers un parti nouveau dans l'entreprise. Ils ne savaient pas qu'ils pouvaient réellement compter sur nous et si nous resterions dans l'usine, quoiqu'il arrive. Aujourd'hui, nous pouvons tirer un bilan. Premièrement, nous avons effectué notre travail, pris nos responsabilités devant nos camarades de travail ; nous avons aussi souvent dû nous occuper, pour le syndicat, de questions ingrates comme celles des assurances, des transferts, des plaintes, de manière à obtenir de réels progrès. Ensuite, nous avons fait la démonstration de notre capacité à résoudre les problèmes qui se posaient à nous en tant que délégués d'atelier et en tant que membres des directions syndicales, en engageant des négociations avec la société et en obtenant des avantages lors de ces négociations. Ce n'est qu'alors que nous avons commencé à être écoutés. Nos camarades d'atelier ont commencé à lire avec plus d'intérêt ce que nous diffusions sur des questions politiques plus larges, en prenant Internationalen et notre feuille d'entreprise, et en participant à des réunions du parti. Bien sûr, ils n'étaient pas d'accord avec tout ce que nous disions, mais au moins ils voyaient que ce que nous avions à dire les concernait

Comparons les effets de notre travail de solidarité internationale aujourd'hui avec celui d'il y a 5, 6 ou 7 ans, par exemple celui du Salvador. A notre initiative et sans réelle opposition, la direction de la section syndicale locale a invité Gabriel Lara, le représentant du FMLN-FDR en Suède, à une réunion de délégués. On lui a remis une plate-forme appelant à la solidarité avec les combats au Salvador. Durant son intervention, qui dura une heure, il fut décidé d'organiser une collecte dans toute l'entreprise, les fonds recueillis devant être versés au FMLN-FDR. Il était important que cette initiative soit prise et qu'elle réussisse à l'usine Volvo, parce qu'elle pouvait servir d'exemple de solidarité pour les autres entreprises du pays. Cette initiative n'aurait jamais eu un si nous n'avions pas auparavant la confiance des travailleurs et une position sûre dans l'entreprise.

Au cours des dix dernières années, il y a eu une véritable accumulation de tracts et de journaux à l'usine Volvo. Durant certaines périodes d'intense activité, nous avons diffusé jusqu'à deux feuilles d'entreprise par semaine, en tant que membres de l'opposition syndicale et en tant que membres du Parti socialiste, ce qui n'a pas été de tout repos, mais il fallait briser le monopole de la social-démocratie sur l'information.

Dans la section où je travaille, peut constater que 95 % des travailleurs lisent les tracts que nous distribuons, l'intérieur comme à l'extérieur de l'entreprise. Même si les travailleurs lisent ce que nous imprimons avec un intérêt critique variable, il faut admettre qu'il existe aujourd'hui un climat complètement diffé. rent de l'époque où nous avons commenperçus comme des individus isolés, mais comme des personnes menant une action organisée et collective dans le plus de sections possible de la production lourde

Notre activité dans l'opposition synNous avons combattu pour rejeter toutes d'autres courants politiques visant transformer l'opposition en un substitut de parti, avec sa propre discipline et son journal politique. Selon nous, l'opposition aurait perdu sa force si elle avait agi de cette manière.

Nous avons lutté de toutes nos forces pour maintenir un courant large, ouvert, regroupant toutes celles et tous ceux prêts à s'impliquer dans le développement d'une orientation syndicale militante et combative, s'opposant à la direction de l'entreprise et à la direction syndicale capitularde et collaborationniste.

- Volvo est une société multinationale, qui effectue une partie importante de ses opérations à l'étranger. Qu'est-ce que cela a signifié pour l'activité de l'opposition syndicale, en solidarité avec les travailleurs de Volvo dans les

-Nous avons mis en avant les questions de la solidarité avec le Vietnam le Salvador, mais également avec les questions liées directement aux opérations internationales de Volvo. Par exemple, nous avons mené une campagne pour briser l'isolement du syndicat au Pérou. Nous avons également impulsé une grève de solidarité avec les travailleurs de Volvo-Belgique. Bien sûr, nous avons à franchir les obstacles que nous rencontrons lorsque nous tentons d'entrer en contact direct avec d'autres groupes de travailleurs qui vivent souvent très loin d'ici. Les actions que nous avons menées nous ont encouragé à aller plus avant dans cette direction. Il est facile de constater ce que peut signifier aujourd'hui l'appartenance organisation internationale telle que la IVe Internationale, surtout si elle réussit à augmenter le nombre de ses membres, le nombre de ses militants ouvriers, et à élargir son influence syndicale et politi-

Nous avons ici une base large qui est prête à participer et à soutenir une campagne internationale du type de celle pour les 35 heures sans réduction de salaire (ou pour la journée de 6 heures, une revendication populaire en Suède). Notre intervention dans l'automobile, au travers des oppositions syndicales et des clubs du parti, à l'usine Volvo de Göteborg ou ailleurs, avec l'aide de nos camarades de l'usine SAAB et d'autres usines automobiles et aéronautiques de Suèpour renforcer la campagne internationale autour de la question des 35 heures et de la diminution du temps de travail.

Propos recueillis par Tom GUSTAFSSON Stockholm, 30 juin 1983.

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