La paysannerie bolivienne et le projet de co-gouvernement dirigeant de la Centrale syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie
BOLIVIE
Entretien avec Genaro Flores, ANS la foulée de la lutte de la Fédération syndicale des travailleurs des mines (FSTMB) pour la cogestion ouvrière majoritaire au sein de la Corporation minière bolivienne (COMIBOL), organisme de gestion des mines nationalisées (1), la Centrale ouvrière bolivienne (COB) a officiellement présenté, au mois d'août dernier, sa revendication d'un co-gouvernement avec l'Union démocratique populaire (UDP) au pouvoir (2). C'est en pleine crise gouvernementale, illustrée par le départ du gouvernement des ministres du très social-démo-
Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), et l'écartèlement en plusieurs tendances du Mouvement nationaliste révolutionnaire de gauche (MNR-I) du président de la République Hernan Siles Suazo, que la COB s'est adressée au gouvernement, le 9 août dernier, pour réclamer la mise en place d'un co-gouvernement, avec un partage des ministères entre la COB et l'UDP sur la base d'un programme économique et social de « libération nationale » (3).
Le document de la direction de la COB affirmait alors : « Le gouvernement doit opter pour une des deux alternatives suivantes: ou se soumettre aux diktats du Fonds monétaire international et aux pressions des groupes économiques privilégiés qui sont ses alliés et ses soutiens, ou mettre en marche avec une ferme volonté le co-gouvernement avec la COB, en formulant une nouvelle politique économique et sociale de défense des interets nationaux et de protection de son capital humain. » (El Dia, Mexico, 10 août 1983). Le Plan économique et social d'urgence de la COB proposait entre autres le non paiement de la dette extérieure, le rejet des négociations avec le FMI, la mise en place du contrôle ouvrier dans les entreprises privées et de la cogestion ouvrière majoritaire dans toutes les entreprises d'Etat.
L'opposition de droite, les groupes de pression patronaux, et même l'ambassadeur des Etats-Unis, Edwin Corr, s'en sont tout particulièrement émus. L'ancien dictateur Hugo Banzer, dirigeant de l'Alliance démocratique nationaliste (ADN) mit en garde le gouvernement en affirmant : « Le peuple attend une clarification de la part de Siles Suazo : soit il est nationaliste, soit il est socialiste. Nous voulons savoir pour pouvoir calculer ce à quoi nous devons faire face, et prendre des initiatives appropriées. » (Latin America Weekly Report, 12 août 1983). Après de longues discussions et une manifestation de dizaines de milliers de travailleurs organisée par la COB à La Paz, le 2 août, pour arracher le co-gouvernement, Siles Suazo, refusant d'accéder aux revendications ouvrières, forma en septembre son troisième cabinet, au sein duquel on note un accroissement du nombre des ministres membres de son parti, le MNR-I, et l'entrée de deux ministres du Parti démocrate-chrétien (PDC), formation initialement non membre de l'UDP.
La combativité des travailleurs, d'un côté, qui s'est encore exprimée le 30 août par une manifestation de 100 000 personnes organisée à l'appel de la COB « contre la politique de du gouvernement », et l'évolution toujours plus à droite du gouvernement bourgeois de l'UDP, de l'autre, ne pourront qu'accentuer les contradictions dans lesquelles se débat le Parti communiste bolivien (PCB), qui conserve toujours deux ministres (Mines et Travail) au gouvernement. L'équilibrisme auquel est contraint le PCB pour justifier sa politique vaut d'ailleurs quelques déboires à ses dirigeants syndicaux. L'un d'entre eux, Simon Reyes, reconnaissait que « le PC reste au gouvernement malgré tout le risque politique, malgré toute l'usure politique, parce que nous ne voyons pas une autre alternative » (Unidad, organe central du PCB, 11 septembre 1983). On peut effectivement imaginer la gêne du même Simon Reyes, dirigeant de la FSTMB, lorsque celle-ci, répondant au président Siles Suazo, affirma : « Laisser croi re à l'opinion publique que les niveaux de production actuels sont dus "à un sabotage, dont je ne sais s'il est délibéré, un plan déstabilisateur, ou simplement dû à la perte de conscience et de foi des travailleurs des mines", c'est prétendre designer les travailleurs des mines de ce pavs à la vindicte publique en les accusant de tous les malheurs du pays, ce qu'a d'ailleurs toujours fait la réaction. (...) C'est aussi se laisser aller à une attitude rageuse contre la Fédération des mineurs, qui démontre non seulement l'ignorance de ce qui se passe réellement dans la COMIBOL, mais encore représente une décision augmentant le vide politique que tant d'erreurs du docteur Siles ont créé autour de lui, le poussant à une dangereuse solitude dans l'abandon de l'appui populaire, et qui ressemble beaucoup à un hara-kiri politique. Il ne sera jamais possible de gouverner en Bolivie contre les travailleurs, et spécialement contre les mineurs, et cela, tout le monde doit le savoir et en tenir compte. » (Aqui, 10 septembre 1983).
Le PCB justifie son maintien au gouvernement par l'absence d'autres alternatives politiques et par la nécessité de faire pression, à ce niveau, pour l'application du programme initial de l'UDP, ce qui est déjà reconnaître les limites du bilan de l'action du gouvernement de Siles Suazo. Ce faisant, le PCB, sans se couper entièrement de sa base ouvrière et populaire, est
contraint de prendre quelques distances avec les secteurs qui veulent mener la lutte pour leurs revendications et tous ceux qui cherchent « à obtenir le divorce entre le gouvernement et son peuple, et les travailleurs et le gouvernement » (Unidad, 9
Depuis quelques années, les paysans ont pris toute leur place dans le combat des forces ouvrières et populaires, d'abord contre la dietature militaire issue du coup d'Etat de juillet 1980, puis dans la lutte pour la satisfaction des revendications populaires (4). Depuis 1979, ces paysans, organisés au sein de la Centrale syndicale unique des travailleurs paysans de
Bolivie (CSUTCB), participent aux mobilisations initiées par la
COB, parfois avec leurs propres moyens d'action, comme le blocage des voies de communication. Les paysans membres de la CSUTCB, Indiens pour la plupart, étaient présents dans la manifestation de la COB du 2 août dernier. Ce rapprochement illustre le début de concrétisation d'une
Victor MURILLO : - Camarade Genaro Flores, nous voudrions connaître au nom de quelle conception la Confédération syndicale unique des travailleurs paysans (CSUTCB) a si puissamment mené le débat sur la question du co-gouvernement au sein de la Centrale ouvrière de Bolivie (COB) et dans le pays tout entier.
Genaro FLORES : - Intéressés au premier chef par la défense du processus démocratique du pays, nous autres travailleurs des mines, cheminots, ouvriers du bâtiment, paysans, etc., avons acquis durant la résistance contre la dictature de
Garcia Meza, pendant deux ans, une expérience suffisante pour faire face à l'actuel processus démocratique. Les paysans sont les grands perdants de la situation actuelle, car jusqu'à présent, nos revendications n'ont pas encore abouti. Nous en avons arrachées certaines sous la pression de la lutte, mais elles sont restées lettre morte.
Dans la pratique, rien n'a changé. C'est dans ce contexte que s'est tenu le second
Congrès d'unité des travailleurs paysans assistaient plus de de Bolivie,
1 500 délégués titulaires et plus de 2 500 délégués suppléants, ces derniers ayant le droit de parole mais non le droit de vote
C'est à ce congrès qu'a été annoncée la décision du dernier comité élargi de la COB d'approuver la revendication du co-gouvernement.
- Cela signifie-t-il que les décrets favorables aux paysans obtenus à la suite du blocage des routes organisé par la Confédération, du 22 au 25 avril derniers, sont restés sans suite et que c'est cela qui a décidé la Confédération à avancer avec plus de force encore l'idée du co-gouvernement?
- C'est effectivement cela. Les revendications obtenues à l'époque à laquelle tu te réfères sont restées lettre morte.
Dans la pratique, aucune n'a été appliquée, et cela nous a conduits à affirmer avec beaucoup plus d'insistance, lors du second Congrès d'unité des travailleurs paysans, notre revendication commune avec la COB d'un co-gouvernement. C'est la décision d'un congrès représentatif de la majorité du pays, car il représentait les paysans, c'est-à-dire 70% de la population. Cette résolution fut portée à la con-
CSUTCB, pages suivantes). Internationale. alliance ouvrière et naissance de la COB, la plus grande organisation d'exploités de Bolivie.
Cette question a été réactualisée. La COB a préparé un programme de gouvernement qu'elle a fait connaître au gouvernement de Siles Suazo, qui donnera sa résans doute ces jours-ci. Nous verrons alors quelle attitude adopter face à cette nouvelle situation. Si nous avons des réponses précises, nous consulterons une nouvelle fois la base ou nous déciderons finalement de participer au co-gouvernement, si le programme de la COB est acsemblement en faveur du co-gouvernement, contre le danger de putsch militaire et pour l'approfondissement de la dé mocratie, a été organisé à La Paz. Comment apprécies-tu cette action ?
- Cette manifestation du 2 août est importante. C'est la première fois dans l'histoire que les salariés appellent à un acte de ce type le jour anniversaire de la promulgation de la loi de réforme agraire (5). Nous nous souvenons de ce jour, car la loi était pleine de bonnes intentions, mais elle a été complètement diluée. C'est pour cela que maintenant les petites parcelles sont nombreuses l'Altiplano, dans la vallée et même sous le tropique. C'est pour cela que nous avons fait, quant à nous, un nouveau projet de nous allons prochainement dans un congrès national. Actuellement, ce projet est en consultation dans les provinces et dans les communautés paysannes du pays.
Je pense ainsi que nous pouvons dire clairement aux paysans que personne ne nous fera cadeau de notre libération. Ni les bourgeois, ni les patrons, ni les partis qui représentent les patrons ne nous don-
- Camarade Genaro, je suis d'accord avec le projet de co-gouvernement qu'a présenté la COB, même s'il me paraît insuffisant. Mais d'un autre côté,
Get l'UDP voient le co-gouvernement sous l'angle de la collaboration de classes. Comment éviter que les travailleurs et les paysans ne collaborent avec un gouvernement qui défend les inpaysanne, qui a si souvent fait défaut en Bolivie, notamment avec l'instauration, en 1965, du pacte militaro-paysan, liant ces derniers à la dictature du général Barrientos et de ses successeurs « en défense de la nation » et « de la terre contre les communistes ». La CSUTCB approuve aussi la proposition de co-gouvernement de la COB, ce qui lui vaut les foudres des formations politiques de l'UDP (cf. article sur le congrès de la
Nous publions ci-dessous l'interview de Genaro Flores, secrétaire exécutif de la CSUTCB et militant de longue date de la lutte antidictatoriale. Cet entretien a été publié le 26 septembre 1983 dans Bandera Socialista, organe du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), la section mexicaine de la IVe
V.K.
térêts de la bourgeoisie? En dehors du programme de la COB de co-gouvernement, quels sont les autres moyens politiques et organisationnels que les travailleurs pourraient utiliser dans leur combat? Je pense à l'idée d'un parlement ouvrier et paysan devant lequel les ministres des travailleurs participant à un co-gouvernement auraient à rendre des comptes, et cela en plus du fait qu'ils pourraient être démis de leurs fonctions par décision majoritaire de ce parlement ?
ment de la COB a soulevé beaucoup de remous en Bolivie. Je pense aux réactions de dirigeants des entreprises privées, aux militaires qui commencent déjà à s'organiser en groupes dont le but est de faire un nouveau coup d'Etat (6) ... Il y a aussi d'autres partis politiques qui relèvent la tête au sein du Parlement, l'Action démo cratique nationaliste (ADN), la Phalange socialiste bolivienne (FSB). Il a même été rendu public que le Parti communiste marxiste-léniniste (PCML) de « Motete »
Zamora était aussi impliqué dans les pré paratifs de coup d'Etat (7).
Le programme de co-gouvernement de la COB est un programme d'urgence pour affronter la situation actuelle. Cette solution ne plaît pas aux gens qui sont au gouvernement, car ils sont extrêmement compromis avec le Fonds monétaire international (FMI) et le secteur privé. Ils refusent de s'identifier aux exploités du peuple. C'est pour cela que nous pouvons dire maintenant que l'UDP et le président
Siles Suazo doivent être avec nous ou avec les autres, avec les exploités ou avec les exploiteurs, mais se situer clairement d'un côté ou de l'autre.
Je crois que le moment est venu de démasquer ceux qui se nomment « gouvernement populaire ». C'est l'occasion de les découvrir. Nous pensons avoir ces jours-ci une réponse à la proposition de la
COB et nous verrons alors ce qui se passera. Je tiens à souligner que tant dans la
COB qu'au sein de la CSUTCB s'expriment certains dirigeants qui représentent des partis progressistes comme le Mouvement national révolutionnaire de gauche (MNR-I), le Parti communiste de Bolivie (PCB), le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), le Parti ouvrier ré volutionnaire unifié (POR-Unificado), le
Parti socialiste-Uno (PS-Uno), etc. Mais,
en vérité, au niveau de la COB, beaucoup de camarades laissent de côté le sigle de leur organisation - et celui qui vous parle également —, car cela n'intéresse pas la Centrale ouvrière de Bolivie. La COB est un instrument pour nous mener sur la voie de la libération nationale, pour aller, je le répète à nouveau, vers la prise de décisions encore plus importantes.
tu penses donc qu'un congrès extraordinaire de la COB pourrait jouer le rôle d'instance de double pouvoir, de telle façon que l'activité des ministres des travailleurs serait régie non pas par le gouvernement bourgeois mais par la
- Dans le cas où nous parviendrions à un co-gouvernement, la Centrale ouvrière de Bolivie devrait effectivement définir l'orientation de ses éventuels ministres au gouvernement, car ces derniers n'auraient rien à voir avec le gouvernement. Je pense qu'ils devraient se soumettre à ce que dira la COB. Si la COB organise une consultation élargie, cela veut dire que c'est à la base qu'il reviendra de décider, les dirigeants devant signaler les voies pouvant être suivies par la COB.
Nous ne pouvons imposer des décisions d'en haut, comme cela se pratique dans certains partis politiques et comme le fait le docteur Siles Suazo à la tête du gouvernement.
Pour nous, je le répète, ce sont les bases syndicales, et en particulier celle de la COB, qui définiront l'orientation des ministres de la COB en cas de participation au gouvernement. Mais, personnellement, je doute que l'on parvienne à une telle situation.
- Que faudra-t-il faire, de ton point de vue, pour contrecarrer la pression exercée par la droite, par le secteur privé, contre la mise en œuvre du projet de cogouvernement tel que le conçoit la COB ?
- Malheureusement, le secteur privé possède son bras armé, les forces armées de la nation, qui ont toujours été à son service. Il faut le dire clairement, et c'est ce que nous avons fait dans notre dernier document de la CSUTCB, beaucoup de dirigeants des entreprises privées ont été ministres des généraux René Barrientos, Hugo Banzer et Luis Garcia Meza.
Nous ne sommes pas opposés au secteur p.ivé dans sa totalité. Il y a une partie du secteur privé qui est totalement au service de l'impérialisme. Il y en a une autre qui remplit toutes les obligations du pays. Nous ne sommes pas opposés à cette dernière et aux petits entrepreneurs qui remplissent leurs devoirs vis-à-vis du pays.
- Un point du programme de cogouvernement de la COB réclame le contrôle ouvrier dans le secteur privé. Ce
1. Pour une plus ample information sur la cogestion ouvrière majoritaire voir le projet de cogestion ouvrière majoritaire de la FSTMB, dans Inprecor numéro 147 du 11 avril 1983, et « La prise de contrôle des mines par les travailleurs », dans Inprecor numéro 153
2. Pour une analyse complète du bilan du gouvernement de l'UDP, voir l'article rédigé par nos camarades du Parti ouvrier révolutionnaire, de la IVe Internationale et publié dans Inprecor numéro 145 du 14 mars 1983 sous le titre « Les cent jours du gouver-
3. Sans que les informations soient tout à ce sujet, il semble bien que la COB ait réclamé dans ses discussions avec le gouvernement de l'UDP une majorité de 51 % des ministères pour les représentants ouvriers et paysans dans le cadre du co-gouvernement entre l'UDP et la COB-CSUTCB.
4. Sur l'analyse de l'évolution du mouvement de radicalisation des paysans, voir Inprecor numéro 137 du 22 novembre 1982, « La longue évolution du mouvement paysan ».
5. La loi du 2 août 1953 du gouvernement de Paz Estenssoro, leader du Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR), venu au pouvoir après l'insurrection populaire de 1952, ne modifia pas fondamentalement la propriété fon cière. « Elle considéra trois types de proprié té, petite, moyenne, et l'entreprise agricole cacontrôle s'appliquera-t-il de la même façon aux petites et aux grandes entrepri-
- Nécessairement. C'est cette question qui leur fait peur, car les patrons du secteur privé sont de grands débiteurs des banques. Je pense surtout à la Banque agricole de Bolivie, qui fut créée pour l'aide aux petits paysans, aux petits agriculteurs et non pas pour les grandes entreprises. Et pourtant, cette banque a été au service des grands groupes agro-indus-
C'est pour cela que les chefs d'entreprises ont peur du contrôle ouvrier, et c'est pour cela que nous pensons qu'il faut ce contrôle si nous voulons sortir le pays de la situation économique dans laquelle il se trouve. Ceux qui, dans la situation actuelle, devraient donner le plus, ce pitaliste. Cette dernière catégorie englobait les grandes propriétés cultivées. Les Indiens reçurent en toute propriété les parcelles qu'ils occupaient précédemment. » (Marcel Niedergang, Les 20 Amériques latines, tome 2, Seuil, Paris
6. L'hebdomadaire progressiste Aqui du 15 octobre dernier titrait : « Le coup des trafiquants de drogue a avorté à Cochabamba. » Dans un reportage sur les événements survenus le 12 octobre 1983. Aqui cite les contacts suspects entre d'anciens militaires expulsés des forces armées pour corruption, comme Faustino Rico
«Bubby » Salomon et Oscar Angelo, et des officiers des garnisons de Cochabamba et de Santa Cruz, régions de prédilection des éléments fascisants dans et hors de l'armée, et des trafiquants de drogue. L'hebdomadaire cite les paroles du rénéral Alfredo Calvi, commandant de la 7e division de l'armée cantonnée à Cochabamba, prononcées devant des représentants ouvriers, le 12 octobre. Le général affirmait : « Le danger est passé. Je viens de désarticuler un coup d'Etat contre le gouvernement.»
7. La formation maoïsante du PCML a connu de nombreuses scissions à la suite d'une politique d'alliance avec la bourgeoisie, qui l'amena à des compromissions avec le MNR-H de Paz Estenssoro, et avec le projet des formations de droite de déstabilisation institutionnelle du gouvernement de l'UDP.
sont les chefs d'entreprises et non pas nous, les travailleurs.
- Pour finir, camarade Genaro, y a-t-il autre chose que tu veuilles ajouter ?
- Je veux apporter notre solidarité aux camarades qui luttent, spécialement ceux du Guatemala et du Salvador. Nous leur disons que le jour de leur libération est proche. Notre solidarité va également
aux camarades nicaraguayens qui ont libéré leur pays et qui aujourd'hui subissent la pression des Etats-Unis, un pays toujours, est qui, aujourd'hui comme l'ennemi principal de tous les Latino-américains.
Propos recueillis par
Victor MURILLO
La Paz, août 1983.
Travailleurs agricoles de la région de Tarija dans le sud bolivien. (DR)