rONGKONG est une colonie de l'impérialisme britannique depuis 1842. Avec
— plus de 5 millions d'habitants dont la grande majorité sont des Chinois, c'est
-la plus peuplée des possessions actuelles de la Grande-Bretagne. Le dernier des traités imposés à la Chine en 1898 prévoyait que les « nouveaux territoires », adjoints à l'ile de Hongkong et situés en face d'elle sur le continent, seraient administrés par le gouvernement de Londres jusqu'en 1997, alors que l'ile elle-même avait été longtemps sans l'aide de ces « nouveaux territoires » qui lui assurent, par exemple,
90 % de ses besoins en eau potable. C'est donc autour de cette échéance de 1997 que se sont engagés en septembre 1982 des pourparlers entre le gouvernement britannique et la Chine pour la rétrocession de Hongkong. Entourées du plus grand secret, ces discussions en sont à leur cinquième phase, avec la série des consultations ouvertes
Se considérant comme le « représentant de la population de Hongkong », l'un des négociateurs britanniques, Sir Edward Youde, gouverneur de Hongkong, a fait des déclarations qui ne laissent planer aucun doute sur la volonté britannique de maintenir, sous une forme ou une autre, son contrôle sur la colonie. Aujourd'hui, Hongkong est administrée par un Conseil exécutif nommé par le gouverneur britannique et habilité à prendre toutes les décisions importantes concernant la colonie. Ses membres font serment de tenir ses délibérations secrètes et les minutes de ses réunions ne peuvent être publiées avant trente ans. Un des membres de ce Conseil devait même récemment déclarer à la Far Eastern Economic Review que ce système était nécessaire parce que Hongkong n' « est pas prête pour des élections libres ». C'est dire si derrière le prétendu miracle financier de cette plaque tournante du capitalisme dans la région, se dissimule, en fait, l'exploitation des masses populaires chinoises de la colonie et leur tenue à l'écart de toute prise de décision concernant leurs propres affaires. Le droit à l'autodétermination et la lutte contre la domination coloniale sont done liés pour les
De son côté, le gouvernement chinois s'en remet, pour l'instant, à la date de
1997 pour fixer le moment de la rétrocession de la souveraineté chinoise sur Hongkong. Par divers canaux, Pékin a fait savoir que sa préférence pour l'avenir allait à une formule qui ferait de Hongkong une « région administrative spéciale ». Mais au-delà de certaines proclamations sur la possibilité, pour les populations chinoises, de décider de leur avenir, le Parti communiste chinois (PCC) n'a pourtant pas publiquement présenté ses projets précis sur le futur statut de la colonie. Une telle attitude ne peut done entraîner l'adhésion massive des populations chinoises de Hongkong. Car derrière cette idée d'une « région administrative spéciale » semblent se dissimuler des concessions économiques et financières à la bourgeoisie locale et aux capitaux étrangers plus que la reconnaissance réelle du droit à l'autodétermination des masses populaires de Hongkong par la garantie de toute une série de leurs revendications démocratiques ou même un encouragement à leur mobilisation contre la domination coloniale.
Nous publions ci-après un article d'October Review, revue marxiste-révolutionnaire publiée à Hongkong, qui précise la position de ce courant par rapport à la nécessité de la reconnaissance des droits démocratiques des masses populaires de Hongkong et à la rétrocession de la souveraineté de la Chine populaire sur cette colonie.
ganisa son meeting de fin de campagne électorale avec près de 50 000 participants, un grand meeting fut organisé et l'immense majorité des habitants éteignirent la lumière chez eux de 7 heures à 7 h 30 du matin. Puis, ils sortirent en manifestation jusqu'au centre de la ville en tapant sur des casseroles.
Ce même jour arrivait à Mexico la protestation Tzotziles de Chiapas, une ville se situant à la frontière avec le Guatemala. 700 Indiens Tzotziles, las de la situation de répression et de famine dans laquelle ils vivent participaient à cette marche qui dura une semaine. Quand ils traversèrent les marchés populaires de la ville de Mexico, les petits commerçants sortirent de leurs boutiques avec des paniers de vivres et de médicaments qu'ils leurs distribuérent afin d'exprimer leur solidarité. Presque toutes les écoles primaires et seconpays étaient paralysées. Plus
250 000 enseignants se mirent en grève, invitant les parents à se joindre à
La Chambre des députés discuta de cette journée de mobilisation. Le PRI, tout comme le PAN, et deux partis de gauche, complices de la politique du PRI, le Parti socialiste des travailleurs (PST) et populaire socialiste condamnèrent cette journée d'action et dénoncèrent le PSUM et le PRT comme ses manipulateurs. La Télévision nationale tout comme les journaux accusérent de même le PRT et le PSUM de vouloir déforte pression qui s'exerçait sur leur parti, certains dirigeants du PSUM se désolidarisèrent de la grève. Dans la matinée du 19 octobre, le local central du PRT recevait deux coups de téléphone anonymes affirmant qu'une bombe allait y exploser et que si le « PRT voulait la guerre, rait ». Ces provocations furent dénoncées par la coordination de la grève qui rendit le gouvernement mexicain responsable de toute action menée contre le PRT.
Ainsi donc, cette première action de protestation fut un succès. Non seulement par la dimension qu'elle prit, mais aussi parce que ce fut une journée de fraternisation. Quelques mois auparavant, il aurait été impensable de voir ensemble des militants du PSUM, du PRT et d'autres, organiser au coude à coude des meetings, des manifestations, des barrages de routes, ete. La journée d'action du 19 octobre constitue un nouveau succès pour le PRT et sa politique de front unique qui vise à faciliter le processus de généralisation et de centralisation des luttes. C'est pourquoi le PRT s'emploie dès maintenant à préparer la prochaine action, en menant une politique destinée à amener les travailleurs à prendre en main l'ensemble de l'action. C'est pourquoi la prochaine grève devra se préparer dans les syndicats.
Sergio RODRIGUEZ Mexico, 22 octobre 1983.
La fin de la domination
coloniale britannique
chinoise sur Hongkong concédée à la Grande-Bretagne à perpétuité, se trouvent toutes les institutions financieres le 19 octobre dernier. masses chinoises de Hongkong.
Du 9 au 23 juillet 1983, une délégation de la Fédération des étudiants de Hongkong s'est rendue à Beijing (Pékin), Changhai et Guangzou à l'invitation de l'Union nationale des étudiants chinois. De retour à Hongkong, la délégation a publié un communiqué de presse décrivant « la politique de la Chine en ce qui concerne l'avenir de Hongkong », telle qu'elle lui avait été expliquée par « les autorités responsables des affaires de Hongkong ». «les autorités responsables ont tenu à souligner que (...) cette politique n'était pas une promesse émanant d'une ou deux
HONGKONG prévue pour 1997
Pékin réclame le retour à la souveraineté en 1842. Or, l'ile de Hongkong où de la colonie ne saurait survivre bien personnes, ni la décision de quelque fonctionnaire ou organisme subalternes, mais la politique fondamentale au niveau national».
LA POSITION DU PCC
SUR HONGKONG
Avant d'exprimer notre réaction à la politique du Parti communiste chinois
(PCC), telle qu'elle apparaît dans ce communiqué, il convient en premier lieu de saluer les efforts de la délégation de la
Fédération des étudiants de Hongkong.
Nous avons eu l'occasion de voir par le
passé bon nombre de visiteurs des couches supérieures et moyennes, invités par la Chine, mais qui, en général, n'ont guère su ramener que des aperçus de la politique du PCC dénués de détails et de précisions et ne traitant que des questions intéressant les nantis.
Les étudiants qui ont, par contre, le souci de l'avenir de leur pays ont posé des questions aux autorités chinoises et ont ensuite publié les résultats de leur visite. C'est ainsi que l'opinion publique a pu se faire une idée plus précise de la politique du PCC sur l'avenir de Hongkong, et notamment de son orientation sur les questions liées à l'amélioration de la situation des citoyens de Hongkong (comme celle relative aux « élections », au « mode de vie », et aux « réformes
D'après le communiqué, les autorités concernées ont défini deux aspects de la politique du PCC : sa position sur la souveraineté, dans ses discussions avec les Britanniques, et la question des rapports entre la Chine et Hongkong après le rétablissement de cette souveraineté.
Sur la première de ces questions, le communiqué déclare : *les autorités concernées ont révélé que le rétablissement de la souveraineté sur Hongkong signifie le retour à l'exercice du pouvoir à Hongkong; la souveraineté et le pouvoir sont inséparables (...). Un pouvoir délégué ou un pouvoir conjoint sont impossibles ». La délégation a également été informée que « le moment approprié pour le rétablissement de la souveraineté se situe au cours de l'année 1997 .
D'après les articles parus ces derniers temps, Hu Yaobang, le secrétaire général du Parti communiste chinois, aurait déclaré au directeur du journal japonais Mainichi Shimbun : « En ce qui concerne les prétendus Trois accords sur Hongkong, nous les considérons comme injustes. Mais ces Accords sont une réalité, et il y est expressément affirmé que la date d'expiration est le 30 juin 1997 (1). Nous n'avons donc l'intention ni d'avancer cette date, ni de la repousser. Nous reprendrons Hongkong le ler juillet 1997. Pour la Chine, il s'agit là d'une attitude de respect de l'histoire. » (2). Le peuple apprenait, laquelle le PCC avait l'intention de restaurer sa souveraineté sur Hongkong et par la même occasion qu'il ne céderait pas le pouvoir à Hongkong à des étrangers, ni sous la forme d'un « pouvoir délégué », ni sous celle d'un « pouvoir conjoint ». Mais le gouvernement chinois devrait respecter le droit de décision du peuple de Hongkong avant d'annoncer au monde que le rétablissement de la souveraineté de la Chine sur Hongkong signifie que la nation, dans son ensemble, reprend pouvoir dans ses anciens territoires. Car cela signifie aussi que le peuple de HongKong a le droit d'avoir son propre gouvernement. Ce n'est que lorsque la souveraineté repose sur le peuple qu'il n'y a pas de séparation entre la souveraineté et le pouvoir et qu'il y a un véritable autogouvernement. Ce n'est qu'alors que le gouvernement chinois obtiendra le sou-
NG Yuen Long KOWLOON
- TĂN TAO
tien du peuple de Chine et de Hongkong, et des opprimés du monde entier, dans sa lutte contre les impérialistes pour le rétablissement de la souveraineté et pour-
Mais c'est précisément parce que le PCC refuse au peuple tous ses droits à gérer et à gouverner le pays, parce qu'il monopolise tout le pouvoir entre ses mains, que sa politique a connu l'échec et que le peuple de Hongkong perçoit le rétablissement de la souveraineté du PCC sur Hongkong comme l'extension du pouvoir dietatorial du PCC à Hongkong.
C'est ainsi qu'aujourd'hui, alors que la Grande-Bretagne est incapable de continuer à occuper Hongkong par la force, la majorité des gens en Chine et à Hongkong adoptent encore une attitude d'expectative sur cette question. Seule une minorité d'intellectuels, de jeunes, de travailmarxistes-révolutionnaires s'élèvent contre le régime colonial. Et la bourgeoisie, en alliance avec les colonialistes, peut parler de « maintien du statu quo » et tenter d'étendre le régime colo-
La revendication que les Britanniques rendent à la Chine la souveraineté sur Hongkong, n'est pas une position très ferme du PCC. Bien qu'il prétende ne pas reconnaître les accords passés avec les Britanniques, le PCC reconnaît, en fait, l'accord sur les « nouveaux territoires ». Le discours de Hu Yaobang l'a clairement précisé. La position du PCC sur le rétablissement de la souveraineté est, en effet, fondée sur la date d'expiration de l'accord sur les « nouveaux territoires » (en 1997) et ce, au nom du respect du fait historique, c'est-à-dire de l'intimidation de la Chine par les impérialistes britanniques. Avec de telles positions, il est hautement probable que le PCC fasse des concessions à la table des négociations, concessions qui permettront aux Britanniques de préserver les intérêts qu'ils ont acquis « historiquement » — mis à part le
Lo Wu
E Tai Po /suen Wan егоро - VICTORIA HONG KONG Aberdeen:
10 Km fait que le pouvoir à Hongkong sera remis au PCC.
Ce compromis défavorable à la Chine, mais néanmoins tres probable, ne peut se réaliser que par le biais de négociations secrètes. Le peuple chinois et en particulier les résidents de Hongkong doivent donc s'opposer à toutes discussions secrètes. Les négociations secrètes signifient que les deux parties en présence se servent des intérêts du peuple comme monnaie d'échange dans les marchandages qu'ils conduisent sous la table. Alors qu'on refuse aujourd'hui au peuple de Hongkong, jusqu'au droit élémentaire d'être informé du sort qu'on lui prépare, quels sont donc les moyens qui pourraient lui permettre de gouverner Hongkong, dans l'avenir ?
1)Le contrôle de l'ile de Honkong et des territoires adjacents par l'impérialisme britannique a été entériné par trois accords signés successivement en 1842, 1860 et 1898. Le traité de Nankin, en 1842, a été imposé par la Grande-Bretagne à l'issue de la guerre lopium et sanctionnait l'ouverture de la Chine à la pénétration commerciale britannique. Il accordait notamment le contrôle de Hongkong à la Grande-Bretagne et ouvrait plusieurs villes chinoises au commerce britannique. C'est après la seconde guerre de l'opium. menée par les Français et les Britanniques à partir de 1856, qu'en 1860, à la Convention de Pékin, de nouveaux territoires (Kowloon sur la partie continentale de la Chine et les fles Stonecutters) sont adjoints à la colonie britannique de Hongkong. Enfin, une nouvelle partie du territoire chinois est concédé à la domination britannique après une nouvelle défaite chinoise dans la guerre sino-japonaise de 1894. Une convention sino-britannique signée à Pékin en 1898, sanctionne cette cession de nouveaux territoires continentaux à la Grande-Bretagne pour une période de 99 ans. soit jusqu'en 1997. Ce dernier traité est souvent dénommé Accord sur les nouveaux territoires.
2) Dépêche du 15 aoüt 1983, en provenance de Pékin et publiée le 16, dans le Hui Bao de Hongkong.
LA QUESTION DE LA « ZONE ADMINISTRATIVE SPECIALE » En ce qui concerne les rapports de Hongkong et des résidents de Hongkong avec la Chine, et plus précisément avec le PCC, le communiqué a révélé que « lorsque la Chine récupérera la souveraineté, (...) elle pourra, selon les termes de l'article 31 de la Constitution, désigner Hongkong comme une 'zone administrative spéciale » pour « y instituer un haut degré de fonctionnement local autonome, d'autogowernement ». Cette prétendue autonomie locale du gouvernement est alors décrite en dix points (3), dont voici le résumé : le droit ultime et final de gouverner reviendra au PCC; le système capitaliste sera maintenu; les intérêts économiques des colonialistes pour« Hongkong gouverné Hongkong ». En d'autres termes, le PCC demande à l'ensemble des masses populaires de Hongkong d'accepter de passer, dans la période initiale de restauration de la souveraineté, de la sujétion au régime colonial à la sujétion conjoint du PCC et de la bourgeoisie (y compris les colonialistes), sans le moindre changement de leur situation d'opprimés.
Mais cela n'exclut pas la possibilité d'un pouvoir direct du PCC à Hongkong, dans l'avenir. Les autorités ont parlé de leur « haute position de principe » et de leur « grande flexibilité », ce qui implique que le PCC pourrait déployer ses armées à Hongkong dès lors qu'il lui serait nécessaire de placer Hongkong souș son contrôle direct.
Bien que le PCC ait promis « de ne pas intervenir dans les affaires intérieures de Hongkong, celles-ci devant toutes être décidées et gérées par le peuple de Hongkong », et bien qu'il ait souligné que c'était une décision politique fondamentale prise au niveau national, le peuple de Hongkong n'a pas confiance en lui parce qu'il connaît le passif de vacillations et de promesses non tenues du PCC. Pour que le peuple de Hongkong puisse avoir confiance dans le PCC, il faudrait que les conditions suivantes soient remplies :
1) Lorsque le peuple de la Chine continentale réclame des réformes démocratiques, et que les minorités nationales réclament l'autodétermination, le PCC doit exprimer sa sincérité par des actes, remettre le pouvoir aux ouvriers et aux paysans et permettre aux minorités nationales de s'autodéterminer. Auparavant, tous les prisonniers politiques doivent être libérés, et la liberté d'expression et d'organisation pour que les ouvriers et les paysans puissent créer leurs organisations et partis politiques doit être reconnue, c'est-à-dire que la démocratie socialiste doit être mise en pratique.
2) Le PCC, plus grand parti politique de Chine à l'heure actuelle, doit œuvrer, à Hongkong, à encourager et aider les humbles à s'organiser immédiatement dans le but de prendre le pouvoir à Hong-kong pour le remettre aux masses travailleuses. En même temps, il doit se dissocier de la bourgeoisie. Ce n'est qu'alors que les larges masses laborieuses pourront avoir confiance d'autogouvernement local » pourra se réaliser.
Mais la réalité nous montre que le PCC est incapable de s'orienter dans cette voie. L'intensification de la répression du mouvement démocratique en Chine montre que ses déclarations en faveur de réformes democratiques ne sont pas sinceres. Quant aux reformes democratiques
- la participation du peuple à la vie politique, la formulation de lois et d'un système légal, les réformes sociales — dont Hongkong a besoin aujourd'huimême, le PCC en décharge la responsabilité sur le peuple de Hongkong. Par contre, il insiste sur le fait que « mises à part les clauses contraires à la souveraineté, Hongkong peut garder les lois actuellement en vigueur ». Cela signifiera que la bourgeoisie et les colonialistes pourront continuer à utiliser leur puissance financière pour contrôler la législation, la justice et l'admnistration, et qu'il n'y aura aucun changement dans la situation des masses laborieuses, exploitées et opprimées, même après le rétablissement de la souveraineté, à moins que leurs propres forces ne leur permettent de se battre pour le changement.
L'autogouvernement de Hongkong ne pourra voir le jour que lorsque les masses elles-mêmes en créeront les conditions. Les masses laborieuses doivent se mobiliser et s'organiser en même temps qu'elles contribuent à aider à la réactivation de l'activité borieuses en Chine continentale, de maà ce que l'union soit possible et qu'elles avancent ensemble sur la voie de l'autogouvernement du peuple.
L'urgence et la justesse de cette voie sont aujourd'hui plus évidentes que jamais. Le fait est que tous ceux qui prônent l'unification de la Chine, mais rejettent les privilèges bureaucratiques, proposent des réformes démocratiques simultanées sur le continent, à Hongkong et à Taiwan. L'intégration authentique de la nation ne pourra s'accomplir que par la lutte du peuple pour l'autogouvernement. Ces idées ont trouvé une expression dans les documents politiques de certaines organisations étudiantes et de certains organes politiques.
Les masses laborieuses de Hongkong, dans leur majorité, préfèrent garder le silence sur l'avenir de Hongkong. Le régime colonial leur répugne, mais elles ne sont pas prêtes à accepter le régime bureaucratique. En même temps, elles manquent de confiance pour se lancer dans la lutte pour l'autogouvernement et ne se sentent pas soutenues par un mouvement de masse en Chine. Cependant, en pratique, elles se battent pour l'amélioration de leurs conditions de vie et de leur statut politique, comme en témoignent l'extension des luttes ouvrières, des luttes des associations de quartier, l'opposition aux augmentations de prix des denrées et des transports urbains, et les tentatives d'élargir leur participation à la vie politique. Pour que ce mouvement social puisse s'élever jusqu'au niveau d'une lutte générale pour l'autogouvernement, il faudrait que la mobilisation se poursuive afin d'unir les forces dispersées et qu'elle soit guidée par une direction consciente de l'orientation nécessaire de la lutte.
Les éléments progressistes ont le devoir de définir leur propre position politique et de lier la question des rédémocratiques aux besoins gents des larges masses. Par la lutte pour l'amélioration de leurs conditions de vie, la conscience et la confiance des masses pourront progresser. Cela signifie que les éléments progressistes doivent se placer dans le camp des masses populaires pour faire avancer le mouvement national démocratique par le bas.
POUR LE RESPECT DU DROIT DU PEUPLE DE HONGKONG A L'AUTODETERMINATION Puisque le PCC, tout autant que le gouvernement britannique de Hongkong ont été obligés de prétendre qu'ils représentaient la volonté du peuple, et qu'ils ont tous les deux pris position en faveur du « respect » de la volonté du peuple, le peuple de Hongkong a la possibilité et le devoir d'exploiter ces promesses verbales pour concrétiser ses droits. spéciale » signifie les points suivants :
1) Comme les organisations étudiantes l'ont indiqué, la réforme de la situation actuelle est la précondition au rétablissement de la souveraineté Chine. Sans elle, la souveraineté pouvoir resteraient aux mains de ceux qui maintiennent le statu quo injuste. Le gouvernement chinois doit encourager le peuple de Hongkong à participer à la vie politique et œuvrer pour le changement des
Aujourd'hui, les masses progressistes de Hongkong se battent pour des réformes démocratiques et notamment pour :
- l'abolition de toutes les lois et ordonnances qui violent les droits humains et les droits civiques; la formulation de nouvelle lois et d'ordonnances qui garantissent ces droits démocratiques;
- l'éducation dans la langue maternelle; onze ans d'éducation gratuite; la démocratisation du système éducatif;
- la surveillance des grandes entreprises industrielles, commerciales et financières; la suppression des profits énormes et de la spéculation financière;
- l'élargissement de la participation des citoyens à la vie politique; la réforme de toute la structure politique.
En un mot, les masses se battent, aujourd'hui, pour le droit de se gouverner et n'attendent pas simplement le rétablissement de la souveraineté.
3) Voir le communiqué reproduit dans Wen Hui Bao de Hongkong du 29 juillet
2) En ce moment, la bourgeoisie et le gouvernement de Hongkong sont en train d'intensifier leurs droits du peuple de Hongkong, grâce leur système de propriété privée. Face aux tentatives du gouvernement de privatiser les biens publies, il est nécessaire d'exiger que tous les biens mobiliers et immobiliers qui sont au nom du gouvernement actuel de Hongkong, propriété publique, que le fonds de réserve soit rendu à Hongkong, et qu'on interdise aux services publics de passer
Face aux tentatives des sociétés capitalistes étrangères de contrôler les moyens de subsistance du peuple grâce à leur position de monopole dans les principaux secteurs économiques, il est nécessaire, au minimum, d'exiger que tous les services d'utilité publique secteur public.
3) Il faut transformer la position vague selon laquelle « toutes les affaires de Hongkong doivent être décidées et gérées par le peuple de Hongkong » en affirmation plus précise de la nécessité d'un « gouvernement démocratique de Hongkong par le peuple de Hongkong ». Cela doit se concrétiser dans la création, par un processus démocratique, d'un Congrès de députés ayant les pleins pouvoirs et la création, par un processus démocratique, d'un gouvernement placé sous la surveillance des citoyens. Cela signifie :
- la mobilisation générale du peuple pour la participation à la vie politique par le biais d'élections générales; la reconnaissance des droits du peuple à participer à la prise des décisions, à la surveillance et à la révocation des responsables gouvernementaux;
- l'établissement de canaux par lesquels le peuple puisse proposer et débattre toutes sortes d'idées, par le plein exercice de la liberté de parole, de presse, de rassemblement, d'organisation de partis
- la limitation du pouvoir de coercition des organes policiers, pour les confiner aux seules affaires d'ordre véritablement criminel. La vie quotidienne du peuple doit être ordonnée par l'autodis-
Get l'autogestion, principalement par le biais des organisations de quartier;
les propositions concernant la législation, la justice, l'administration et la sécurité sociale doivent d'abord débattues démocratiquement par le peuple avant que le Congrès des députés du peuple, issu d'élections générales, souverain, ne prenne la décision finale. Les responsables des plus hautes instances administratives pourront aussi être nommés par le Congrès.
4) En même temps qu'on s'efforce de rendre Hongkong à la Chine, il faut que des réformes démocratiques soient instituées en Chine. Les Chinois de Hongkong veulent la création par un processus democratique d'un congres souverain des députés des ouvriers, des paysans et des soldats en Chine. Ils sont disposés à subordonner le congrès du peuple de Hongkong au congrès du peuple national. Mais | ils sont très réticents à le subordonner à une « assemblée » ou à un gouvernement qui fait fi des droits du peuple, qui est manipulé par la bureaucratie et qui s'oppose au peuple. S'il n'y a pas de réforme démocratique en Chine, le peuple de Hongkong a le droit de décider quand et comment Hongkong reviendra à la Chine.
Ceux qui mettent un trait d'égalité entre le parti et le pays peuvent accuser cette position de « séparatisme ». Mais, organisations ques de Hongkong l'ont déjà indiqué, l'identification avec un pays ou une nation n'équivaut pas à l'identification avec un régime. Il se peut qu'il y ait des réformes démocratiques en Chine, avant le « rétablissement de la souveraineté », de la Chine sur Hongkong (par exemple avant 1997, la date décidée par le PCC), auquel cas, il n'y aurait nulle raison de se préoccuper d'une « séparation ». En fait, c'est le schéma actuel du PCC qui accorde à la bourgeoisie le droit de se séparer du système économique de la Chine.
D'après le communiqué, le PCC a déclaré que « les éléments de droite, les trotskystes et toutes les personnalités religieuses » pourront se présenter aux élections et que « les activités du Kouomingtang, des trotskystes et de toute personne ayant un passé politique particulier ne seront pas limitées si elles ne s'engagent pas dans la voie du sabotage ». Le PCC a fait cette déclaration d'une part parce campagne pour rallier ses adversaires, et d'autre part parce qu'il
SOLIDARNOSC PRASOWA
WROCŁAW, LUBLN, SLĄSK Z REGIONÓW
Vient de paraitre INPREKOR EN POLONAIS
No 12
Au sommaire :
- Dossier : les rapports de travail et les conditions de lutte dans les entreprises (en annexe : le compte-rendu de ces derniers mois);
- « Nous avons misé sur les commissions d'entreprises », entretien avec deux dirigeants de Solidarité de la ré-
- Entretien avec les militants d'une grande usine de Wroclaw;
situation de Solidarité en
- Grèves à Pavlovo en URSS;
- La lutte pour l'indépendance de classe et la gestion ouvrière en Boa subi la pression des masses. En ce qui concerne les trotskystes, le PCC a dû les reconnaître comme une force parce qu'ils maintiennent leur point de vue depuis de années et qu'ils ont acquis une certaine influence parmi les masses. Les espoir, mais elles ne doivent pas se faire d'illusions puisque, à l'heure actuelle, de nombreux dissidents sont encore emprisonnés en Chine. démocratiques du peuple ne peuvent être garantis que par les efforts du peuple lui-
Il faut bien comprendre que la tactique du PCC consiste à attirer la haute société de Hongkong en lui promettant la protection de ses substantiels intérêts. Face aux jeunes intellectuels et aux larges masses laborieuses, il ne sait que faire l'argument du « nationalisme » pour les convaincre d'accepter le nouveau pouvoir. Pour contrer cette tactique du PCC, il faut établir un front uni de toutes les forces opprimées - tous les groupes populaires, partis et organisations - pour qu'elles se placent toutes sous l'étendard commun du « gouvernement démocratique de Hongkong par le peuple de Hongkong ». Il faut engager une action commune pour cet objectif commun, sans que les divergences sur viennent limiter l'efficacité de cette alliance.
OCTOBER REVIEW Hongkong, septembre 1983.
Z SOLIDARNOSCIA
październik listopad 1983
Prix d'un exemplaire : 15 franes; abonnement d'un an (6 numéros) : 75 francs. Commandes à :
PEC 2, rue Richard Lenoir 93108 Montreuil - France (mention « Inprekor - édition polonaise »).