Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRENADE

La souveraineté ... US

Inprecor n° 162, 5 décembre 1983 · p. 25 · 402 mots

Amérique centrale

Après l'invasion de Grenade par les troupes US, le 25 octobre dernier, la campagne de désinformation impérialiste, a basé sa propagande sur le thème « des élections démocratiques vont se tenir sous peu ».

Aujourd'hui, les centaines d'arrestations, la mise en place d'un système carcéral analogue à celui qui était utilisé au Vietnam (les « cages à tigre »), le contrôle policier minutieux de la population pour réprimer les partisans du New Jewel Movement, (voir Inprecor numéro 160 du 7 novembre 1983), ont déjà démenti les discours de Reagan sur le rétablissement de la « démocratie » à Grenade.

Les dernières déclarations de Paul Scoon, le gouvernement général fantoche mis en place à Grenade après l'intervention, viennent compléter le tableau. A l'issue de la première réunion du Conseil de surveillance installé par l'impérialisme, Scoon affirma sans ambages que les« problèmes de sécurité » passaient bien avant les élections. Il insista sur le fait que deux ans, au moins, seraient nécessaires avant que Grenade ne puisse se donner un « gouvernement démocratique ».

Loren Jenkins, rapporte de la manière suivante, dans le Washington Post, les confidences d'un diplomate européen en poste à Grenade : « Le fait est que le gouvernement, ici, est placé sous le contrôle étroit de l'ambassadeur américain Charles Gillespie et du général Jack Farris, commandant des troupes amériraines. » (Cité dans International Herald Tribune du 22 novembre 1983).

Jenkins ajoute : « En désignant la sécurité à long terme, comme étant la priorité, les membres du Conseil (de surveillance) admettent que la présence militaire américaine est nécessaire pour une période illimitée. » (Ibid.). Voilà pour la souveraineté et la démocratie !

Ce journaliste américain démystifie, en outre, à sa façon, le bourrage de crâne effectué par les medias impérialistes sur la fonction prétendument militaire de l'aéroport qui était en construction à Grenade, à Point Salines, et qui fut l'un des arguments-choes de l'administration républicaine pour justifier l'intervention US. Il souligne que : « Maintenant que les Cubains et les Russes ont été écartés de Grenade, les autorités américaines ont allègrement changé de ton quant à l'importance d'un tel aéroport pour une économie en ruines. Adoptant un point de vue similaire à celui du Premier ministre marxiste Maurice Bishop, avant sa mort, les autorité américaines, expriment, en privé, leur accord sur le rôle crucial de l'aéroport pour l'avenir économique de l'ile (tourisme, etc., ndlr.) » (Ibid.).

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