La mobilisation des opprimés
TOTEE par le Parlement blanc en septembre dernier, une nouvelle Constitutior.
était soumise, le 2 novembre, sous forme d'un référendum, aux électeurs blanes
(environ 2,7 millions d'inscrits sur une population blanche de plus de 4 millions), destiné à remplacer la Constitution de 1909 héritée du colonialisme britannique, prévoit la présidentialisation du régime et l'association partielle et séparée des représentants « Indiens » (un million de personnes) et « Métis » (trois millions de personnes)
cains » (1). Destinée à briser la formation d'un front de mobilisation des non-Blancs, cette nouvelle Constitution ne s'attaque nullement aux dispositions racistes qui constituent le fondement même de l'apartheid. L'exemple du nouveau projet des lois Koornhof concernant les conditions de résidence des Noirs en zone « blanche » atteste du maintien de l'essentiel de la politique ségrégationniste. Et ce, même si le gouvernement raciste souhaite réglementer la stabilisation d'une couche de travailleurs noirs en zone blanche, notamment pour satisfaire les besoins en main-d'œuvre de l'industrie capitalis-
Les résultats du référendum du 2 novembre ont donné une approbation, par les
2/3 des électeurs (65,96 % des votants), des projets constitutionnels du Parti national
(PN) au pouvoir depuis 1948. Ce chiffre n'est cependant pas dépourvu d'ambiguités.
Lors des élections générales d'avril 1981, le PN avait recueilli 57 % des voix et l'écrasante majorité des sièges parlementaires (131 sur 165). Plus tard, en mars 1982, la scission de son aile la plus conservatrice, le priva de 17 députés. Aujourd'hui au sein du
Parti conservateur (2), ce nouveau courant avait appelé à rejeter les projets constitu-
Lors de ce référendum, le Premier ministre Pieter Botha a done réussi à récupérer une partie des suffrages des électeurs traditionnels du Parti fédéral progressiste (PFP), formation représentant les secteurs patronaux qualifiés de « libéraux », anglophones pour la plupart, et dont la figure la plus connue, le magnat Harry Oppenheimer,
L'ambiguïté fondamentale de tous ces résultats porte sur la signification exacte qu'a représenté, pour la communauté blanche, le vote en faveur des projets constitutionnels. Doit-on y voir l'acceptation, par une partie de l'électorat libéral, d'une première brèche dans les institutions de l'apartheid ? Ou plus simplement la réaffirmation de la volonté d'exclure de tout droit politique les quelque 25 millions d' « Africains » , tout en accordant des droits limités aux 3 millions de « Métis » et au million d'« Indiens » ? Ou encore, est-ce une convergence des deux ? L'ambiguïté est symétrique en ce qui concerne l'opposition de 33,3% des électeurs blanes à ces projets gouvernementaux. Se sont-ils opposés à trop ou à trop peu de réformes ? Ou encore, ce vote « non », n'est-ce pas, à nouveau, une combinaison de ces deux réactions ?
Toujours est-il que ces résultats permettent au Premier ministre de se présenter aux yeux de la communauté blanche comme la seule solution, sans autre alternative crédible pour assurer la perpétuation de ses intérêts, et de promouvoir sa politique comme la seule à même de prévenir l'unité de l'ensemble des Noirs d'Afrique du Sud et un soulèvement qui jetterait à bas le pouvoir raciste. Il rencontre ainsi l'assentiment des secteurs impérialistes qui le pressaient d'adapter le système d'apartheid aux réalités économiques actuelles et à leurs intérêts. La satisfaction dont a fait preuve la Maisonaux patrons le « droit » de fermer une usine sans préavis, tandis que certains ont proposé que les travailleurs rachètent l'entreprise et en assurent eux-mêmes la gestion. Une campagne a été lancée par la Conférence des trois Etats (Tri-State Conference on Steel), un groupe à base communautaire, et par le groupe d'origine religieuse Stratégie de la misconfessionnelle (Denominational Mission Strategy), en vue d'obtenir le retrait des dépôts de fonds à la Mellon Bank, qui a investi 5,5 milliards de dollars (44 milliards de FF) en emprunts et dépôts outre-mer. Leur tract annonce que « la Mellon Bank commet un acte de trahison contre la vallée de la Mon et contre l'Amérique ».
D'autres militants encore proposent un programme massif de travaux publics, comparable à celui des années 1930, mais sur une échelle encore plus grande. Ils signalent que les routes, les ponts et les écoles sont en mauvais état, et ils attirent l'attention sur la nécessité d'améliorer les services de santé et les programmes de crèches. D'autres proposent une réduction de la semaine de travail, de 40 à 30 ou 35 heures. Un certain nombre de syndicats avait entériné cette revendication et voté des résolutions pour la réduction de la semaine de travail à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. LA NÉCESSITÉ D'UN PARTI OUVRIER
La discussion sur les moyens d'arriver au plein emploi ne fait que commencer. Les besoins immédiats des chômeurs - hantés par l'épuisement d'allocations-chômage déjà limitées, par les saisies de biens hypothéqués, par l'interruption des services publics et le manque de soins médicaux - ont leur origine dans l'incapacite du gouvernement a donner la priorité aux besoins humains par rapport aux profits du monde des affaires. Un des problèmes graves du mouvement américain des chômeurs réside dans l'absence de parti ouvrier aux Etats-Unis. C'est le grand capital qui contrôle le Parti démocrate tout autant que le Parti républicain, même si la base électorale traditionnelle du Parti démocrate se trouve dans les secteurs clés de la classe ouvrière, concentrée dans le mouvement syndical et parmi les minorités opprimées. Vu que le pouvoir est au main d'un républicain réactionnaire, pressions considérables s'exerceront sur le mouvement des chômeurs pour l'amener à chercher la solution du côté de la campagne « Pour se débarrasser de Reagan » orchestrée par le Parti démocrate.
On verra si le mouvement des chômeurs saura maintenir son indépendance et continuer à se préoccuper des problèmes des chômeurs tels qu'ils les définissent eux-mêmes, et non tels qu'ils sont définis par les politiciens. S'il s'en avérait capable, ce mouvement pourrait aider à changer le paysage politique des Etatsau bénéfice de la classe ouvrière tout entière.
Dianne FEELEY, Pittsburgh, novembre 1983.
AFRIQUE DU SUD contre la nouvelle constitution raciste seuls Sud-africains disposant aux institutions, te (voir encadré).
tionnels gouvernementaux.
appelait pourtant à voter « non » aux projets gouvernementaux.
Blanche à l'annonce des résultats vient d'ailleurs en témoigner.
Nathan PALMER
Le référendum constitutionnel du 2 novembre a eu lieu dans une conjoncture économique rendue maussade par les contrecoups de la récession internationale. Pour des raisons propres à la République sud-africaine (RSA), celle-ci n'a touché ce pays qu'avec retard par rapport au reste du monde capitaliste industrialisé.
Ce décalage trouve son origine dans le rôle de l'or, dont l'Afrique du Sud est le premier producteur du monde capitaliste, du droit de vote dans cette république raciste. Ce projet, tout en perpétuant l'exclusion totale des 25 millions d' « Afriavec 75 % de sa production. Servant de valeur-refuge de la spéculation, encore plus depuis l'éclatement du système monétaire international établi à Bretton-
Woods, l'or a protégé, pendant un temps, l'économie sud-africaine de la crise. Le maintien tout au moins partiel des investissements impérialistes d'une part, qui s'élevaient en 1981 à plus de 30 milliards de rands (210 milliards de FF), soit près de 50% de leur total en Afrique noire (3), et, d'autre part, le rôle du secteur de l'armement, ont également contribué à ce
décalage (4). Et, en retour, ces éléments spécifiques pourraient permettre une relance économique plus précoce. De fait, il n'y a donc pas de synchronisation exacte entre l'évolution économique de la RSA et celle des pays impérialistes dont elle est dépendante.
UNE SITUATION ECONOMIQUE
ENCORE DOMINÉE PAR LA RÉCESSION L'inflation s'est légèrement réduite, mais atteignait toujours, en juin dernier, le taux annuel de 12,4 %. La South African Reserve Bank entrevoit certes des perspectives de redressement liées au début de reprise aux Etats-Unis. La balance des paiements, déficitaire de 7,1 milliards de rands (près de 50 milliards de FF), soit 9% du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre 1982, est devenue excédentaire de 1,1 milliard (7,7 milliards de FF) au dernier trimestre de la même année. Mais le taux d'utilisation de l'appareil de production demeure inchangé. La fédération patronale de la métallurgie (SEIFSA) estime que la capacité production est inférieure de 30% à son niveau normal, que l'industrie manufacturière ne s'est pas encore remise de la récession et, par conséquent, elle n'envisage pas d'amélioration avant la fin du premier trimestre 1984 (5).
C'est peut-être ce qui faisait titrer au supplément financier de l'hebdomadaire du Cap, le Sunday Times, du 21 août 1983 : «Le pire reste encore à venir pour le Sud-africain modeste. » Pour cet organe de presse, la situation financière de ce dernier, qui s'était déjà dégradée de 50% en 1982, ira encore en empirant, du fait de la politique gouvernementale, qui a « laissé croire aux consommateurs que les conditions économiques s'étaient réellement améliorées ».
Dans ce contexte économique, le chômage connaît une croissance significative. Les services officiels de statistique avancent le chiffre, grossièrement falsifié, de 469 000 chômeurs parmi la population noire en janvier 1983 et celui, plus réaliste pour les Blancs, de 18 177 chômeurs. Ces chiffres laissent déjà apparaître des inégalités flagrantes, car ils représentent 9% de la population active pour les Noirs et 0,3 % pour les Blancs, soit un pourcentrente fois moindre, alors que la population active blanche n'est que 3,5 fois plus petite que la population active noire. Environ 7 millions de Noirs vivent et travaillent dans les zones minières ou urbaines, parmi lesquelles on compte des « townships » (ghettos) comme celui de Soweto, qui concentre plus d'un million d'habitants. Ces statistiques sur le chômage sont donc de volontaires et grossières sous-estimations, car sont exclus chômeurs tous les Sud-africains noirs arbitrairement rattachés aux bantoustans, pseudo-Etats noirs indépendants, (Transkei, Venda, Bophutatswana, Ciskei), zones dans lesquels le taux de chômage atteint des proportions bien plus importantes.
NON - WHITES ONLY
NET NIE • BLANKES
Le racisme institutionnalisé. (DR) Ces données officielles sont d'ailleurs si peu sérieuses que de nombreux spécialistes proposent, dans leurs propres estimations, une fourchette allant de 1,5 à 3 millions de chômeurs (soit environ de 13 % à 27% de la population active). Le chiffre le plus inquiétant est celui fourni par le directeur du Bureau de recherches économiques de l'université de Steelentbosch, Attie de Vries, qui affirme que le chômage s'est aceru de 66 % entre 1981 et 1982.
Rien de surprenant done à ce que la question des licenciements ait été à l'origine de nombreux conflits dans les secteurs les plus touchés par le chômage (métallurgie, textile, automobile, ete.), qui sont également ceux où le mouvement syndical indépendant a connu son plus fort développement ces dernières années (6). Il s'agit done d'une double épreuve de force entre le patronat et les syndicats indépendants. Alors que le patronat veut adapter son appareil de production aux nécessités de la crise économique, mouvement syndical est confronté à un véritable test après plusieurs années de croissance et de développement ininterrompus. Ce contexte d'affrontements sociaux est d'ailleurs l'un des facteurs objectifs qui pousse les syndicats indépendants dans la voie de l'unité d'action et vers la formation d'une centrale unique des travailleurs, bien que la réalisation d'un tel objectif suppose que soient dépassées les
1. A sa naissance, chaque individu est classifié selon les catégories raciales officiellement en vigueur, en Blanc. Africain, Métis ou Indien.
revendiqué par les opposants à l'apartheid, regroupe indistinctement les trois dernières catégories, et a donc un contenu
2. Le courant des partis d'extrême-droite. le Hertstigte Nasionale Party (HNP) et le conservateur d'une part, de même que le Parti fédéral progressiste (PFP) et les autres formations libérales d'autre part, représentent environ 20 % de l'électorat blanc chacuns.
3. Survey of Race Relations in South Africa, Johannesburg, 1981.
4. Pour l'exercice 1982-1983, les dépenses divergences existantes sur le type de fédération à construire et son mode de fonctionnement (7). Confrontés aux projets gouvernementaux de nouvelle Constitution, les syndicats indépendants ont montré une opposition déterminée.
LE DEBAT
AU SEIN DES PARTIS BLANCS Du côté de l'électorat blanc, l'unanimité n'a pas pu être réalisée autour d'un projet de création d'un Conseil du Président (CP) (voir encadré). Le Parti national n'a pourtant pas lésiné sur les moyens. Imitant le type de campagne publicitaire ayant accompagné la victoire de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, le PN s'est offert des pages entières de publicité dans la presse en faveur du vote « oui » au référendum, avec des trouvailles l'Afrique du Sud ? Le 2 novembre est le jour le plus critique de l'histoire sud-afriaccusations selon lesquelles le PN aurait utilisé des fonds publics pour une campa dont le budget a été estimé à 3 millions de rands (21 millions de FF).
au PN, le Parti fédéral pro gressiste (PFP) a mené une bataille d'op position parlementaire plus qu'une véritable campagne de mobilisation de son électorat. Ce parti, à prédominance anglophone, représente certains secteurs de la grande bourgeoisie industrielle et financière, au premier rang desquels on peut citer Harry Oppenheimer, qui contrôle toujours, bien qu'il n'en soit plus le préle groupe géant Anglo-American, lequel détient à lui seul 56 % des intérêts côtés à la bourse de Johannesburg (8).Le PFP, qui propose une solution de replâde l'apartheid, s'est refusé à la reconnaissance universel, concrétisé dans le mot d'ordre « One man, one vote » (« Un homme, une voix »). Le PFP s'est donc contenté de dénoncer les aspects du projet gouvernemental jugés « répugnants », à savoir les pouvoirs exorbitants attribués au président du Conseil présidentiel (CP) et, à travers lui, au PN, dans des structures de ségrégation raciale maintenues.
Cette bataille fut, d'autre part, limitée par l'adoption d'une motion dite « de la guillotine » par le groupe parlementaire du PN, fixant une date limite au débat au Parlement sur cette question. En clair, cela a signifié que certains points controde la Défense ont représenté 2,668 milliards de rands (plus de 18,5 milliards de FF), soit l'équivalent de 24,33 % du budget et de 3,36 % du produit intérieur brut (PIB), Survey of Race Relations in South Africa, 1982.
5. Rand Daily Mail, Johannesburg. 5 septembre 1983.
6. Cf. Inprecor numéro 125, du 3 mai 1982.
7. Cf. Inprecor numéro 150, du 23 mai 1983.
8. L'étude de Robin Me Gregor Who Owns Whom ? révèle que sept compagnies contrôlent 80 % des actions côtées à la bourse de Johannesburg: Anglo-American, Sanlam, Barlow Rand, Anglo-Vaal, Rembrandt. Liberty et Old Mutual.
En ce qui concerne les formations Areas Act) et la classification raciale, versés du projet constitutionnel du gouvernement de Pieter Botha ont été adoptés sans débat. Une telle procédure n'avait pas été utilisée depuis 1963.
De plus, le PFP a vu son appel à voter « non » au référendum constitutionnel combattu par une partie de la presse anglophone d'Afrique du Sud, qui partageait pourtant d'ordinaire ses options. C'est ainsi que le Financial Mail, le Sunday Times et le Finance Week ont appelé à voter en faveur des projets de « New Deal » de Pieter Botha. Au sein même de l'électorat PFP, une majorité d'électeurs avait, en juillet, l'intention de voter « oui » (9), et les résultats du référendum attestent clairement ce glissement électoral. Le PFP ne pouvait cependant se départir de son opposition sans risquer de passer sous les fourches caudines du PN. d'extrême-droite, le Herstigte Nasionale Party (HNP) de Jaap Marais appréciait la Constitution proposée comme « le point de départ » d'un gouvernement de la majorité noire, tandis qu'Andries Treurnicht, ancien député PN suspendu en mars 1982 et actuellement leader du Parti conservateur, accusait le PN de vouloir détruire l'auto-détermination des Blanes.
LE REJET SANS APPEL DES MASSES OPPRIMÉES La campagne de séduction du Premier ministre destinée à associer à ses projets des secteurs « métis » et « indiens » n'a non seulement connu qu'un succès mitigé, mais a même provoqué des mobilisations d'opposition sans précédent depuis les années 1950. Seul le Parti travailliste (Labour Party) « métis », du révérend Alan Hendrickse, décidait, lors de sa conférence annuelle, le 4 janvier 1983, d'accepter les propositions gouvernementales, ce qui consommait sa rupture définitive avec le reste des masses opprimées, pour qui la nature collaborationniste de ce parti ne faisait plus de doute.
Cela ne fit que donner plus d'élan à la mobilisation, notamment dans la région du Cap, zone de résidence préférentielle pour les personnes classées comme « métisses », dans les associations locales, de résidents, religieuses rassemblant autour du rejet total des projets de Botha et du PN. Ces mobilisations se développèrent surtout à l'initiative d'associations locales comme la Fédération des associations civiques (Federation of Civie Associations, FRA) et le Comité d'action pour le logement du Cap (Cape D'après le FRA Civic News, « la Fédération a organisé plusieurs meetings de masse pour protester contre les projets de Conseil du Président. Rejetant les propositions comme racistes puisque mises en œuvre d'après la loi sur les zones de résidence des groupes raciaux (Group comme antidémocratiques du fait d'un suffrage sélectif, elle demandait à la population de boycotter toute election ou référendum destiné à leur application.
comme revendication non négociable le suffrage universel pour tous
Sud-africains. une seule nation sud-africaine, unie sans homeland. (10) » Le CAHAC a rejeté, pour sa part, les projets de Conseil du Président, parce qu'ils n'abolissaient pas la loi précitée,
9. 46,2 % de « oui » contre 43,8 % d'intentions de vote « non » selon le sondage effectué pour le journal afrikaans Rapport, cite par le Rand Daily Mail, Johannesburg, 2 septembre
10. FRA Civic News, volume 1 numéro 7, Athlone, juin-août 1982, cité dans Survey ...
11. Document de travail non publié du CAHAC, juin 1982, cité dans Survey ... 1982
12. La Charte de la liberté a été adoptée le 26 juin 1955 par le Congrès du peuple. Congress (Congrès indien d'Afrique du Sud), le Coloured People's Congress (Congrès du peuple métis), le South African Congress of Trade Unions (Congrès des syndicats sud-africains), et le Congress of Democrats (Congrès des démoexcluaient les « Africains » et ne reconnaissaient qu'un suffrage sélectif. Avec l'application des modifications constitutionnelles, le CAHAC dénonce le fait que le gouvernement central sera ainsi concentré entre les mains de quelques individus participant à l'exécutif. Selon ce comité, les projets de CP représentent une réaction du gouvernement à l'unité croissante des « Métis », des « Indiens » et des « Africains ». Il lui oppose la revendication d'un système unitaire d'élection suivant le principe « Un homme, une voix » (11).
La communauté « indienne» a, ell aussi, apidement demontre son oppos tion aux projets gouvernementaux. Lors des élections organisées pour le Conseil indien d'Afrique du Sud (SAIC), le désaveu fut clair. Créée en 1964, cette structure de collaboration avec le régime raciste n'était au départ composée que de membres désignés par le pouvoir. En 1974, son effectif était porté à 30 membres, dont la moitié devait être élue par les autorités « indiennes » locales. Les collaboration avec le régime raciste s'élisaient donc entre eux. Depuis 1978, le gouvernement concoctait une réforme destinée à donner un semblant de vraisemblance à cette structure, afin de constituer la future chambre parlementaire « indienne ». Toute personne classifiée comme « indienne », de plus de 18 ans, résidant de façon permanente en Afrique du Sud, homelands compris, était dans l'obligation légale de s'inserire comme électeur. De source officielle, on estimait que cela était réalisé à 80 % au début 1981. Les élections de 1982 devaient permettre la désignation de représentants pour le Natal (principale zone de résidence « indienne »), pour le Transvaal, ainsi que pour la province du Cap. L'opposition à cette nouvelle mascarade entraîna la formation du Transvaal Anti-SAIC Committee (TASC), autour de membres de Indian Congress, partie prenante l'Alliance du Congrès et signataire de la Charte de la liberté proposée par le Congrès national africain (African National Congress, ANC) (12). Une importante campagne de boycott des élections fut lancée, qui connut un énorme succès, puisque la participation moyenne inférieure à 20 %. Si elle a pu atteindre le chiffre de 40% dans une circonscription du Natal, elle tombait à 1,75% dans la crates), autrement dit par les trois organisa tions représentant les « peuples» non-blancs, le syndicat qui leur était lié, et une organisation de libéraux blancs. Elle constituait une plate-forme démocratique autour d'axes comme l'abolition des restrictions à la propriété fon cière pour des raisons raciales, mais affirmait par ailleurs que la totalité des terres devait faire l'objet d'une redistribution entre ceux qui la travaillent. Elle était conçue comme le socle d'une alliance interclassiste chargée d'accomplir les tâches de la révolution démocratique, ou plutôt d'une « évolution démocratique », sans que ne soient jamais définis les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. On y voit l'inspira tion traditionnelle du courant stalinien incarné par le Parti communiste sud-africain (PCAS), dominant dans l'African National Congress
circonscription de Fordsburg (au Transvaal), qui est celle d'un membre du SAIC
1968. La campagne du TASC servit aussi aux partisans de l'Alliance du congrès à remettre sur pied le Transvaal Indian Congress (TIC).
Le choix de continuer à mettre en avant des organisations définies selon les critères de classification établis par l'apartheid est l'une des critiques souvent formulées par les partisans du non-racialisme, qui refusent de diviser les opprimés en « Métis », « Indiens » ou « Africains », et privilégient le regroupement des masses au sens des masses non-blanches. Les regroupements constitués sur la base des critères de distinction raciaux de l'apartheid donnent par contre plus de poids en leur sein à des couches petites-bourgeoises, en particulier dans la communauté « indienne ». débat sur la question nationale se profile donc bel et bien le débat sur la nature de classe de ces organisations.
Le nouveau lancement du TIC a eu lieu lors du congrès du TASC, qui s'est te. nu en janvier 1983 à Johannesburg, et qui fut significatif à plusieurs égards. d'abord, par la réaffirmation publique du
« charterist » (défenseur de la Charte de la liberté) (13). En second lieu, par la mise en avant de secteurs des Eglises en général et de l'Eglise réformée hol-
« Métis » (NGS) en particulier qui, jusque-là, s'étaient tenus en retrait des regroupements d'opposition à l'apartheid, et, enfin, par l'appel à la formation d'un Front uni démocratique (UDF) contre les projets constitutionnels gouvernementaux.
LE NOUVEAU POIDS DES EGLISES
Les structures de l'Eglise réformée restent fidèles à celles de l'apartheid. La principale d'entre elles, l'Eglise réformée hollandaise (NGK), possède filiales (« Daughter Churches » terme usité jusqu'en 1982), à la manière des syndicats intégrés. Il s'agit de mission NGS pour les Métis, de l'Eglise
L'apartheid au quotidien. (DR) NON WHITES NIE BLANKES réformée d'Afrique (RCA) « Indiens », et de l'Eglise réformée hollandaise d'Afrique (NGKA) pour les « Africains ».
L'une des principales figures de la NGS, et, on le verra, de l'UDF, est Allan Boesak, dirigeant de la mission de Bellville, au Cap, qui fut l'un des initiateurs de l'Alliance des chrétiens réformés noirs d'Afrique australe fondée le 27 octobre
Hammanskraal. Cette Alliance devait lui servir de marchepied pour son élection, en août de l'année suivante, à Ottawa, comme président de l'Alliance mondiale des Eglises réformées, regroupant environ 70 millions d'adhérents, d'où il dénonça l'apartheid comme une hérésie contraire aux Evangiles. Bien qu'il ait été mis en minorité en son sein, la NGS décidait de s'affilier au Conseil sud-africain des Eglises (South Africa Council of Churches, SACC), dont le secrétaire général est l'évêque Desmond
Mais Allan Boesak ne s'est pas contenté de batailles internes à la hiérarchie ecclésiastique. Il occupe aussi une place de choix dans les alliances et les structures mises en avant par le courant « charterist ». Dénonçant la décision du Parti travailliste (métis), il appela, lors du congrès du TASC, à rejeter les propositions gouvernementales d'institution du Conseil présidentiel et conclut son intervention autour de trois mots, « tous, ici, maintenant », signifiant: « Tous nos droits pour tous les Sud-africains, ici dans une Afrique du Sud unie, maintenant, car c'est à présent le moment. (14) » Cela devait également être la conclusion de son intervention lors du meeting central de lancement de l'UDF, le 20 août 1983 au Cap. Au cours de ce discours, il dénonçait ceux, « Blancs ou Noirs, qui s'appuyent sur l'exploitation économique et la dégradation humaine pour bâtir leurs empires (15) ». Allan Boesak a aussi participé, le 25 juin derà l'hommage rendu au révérend Canon Calata, membre de l'ANC depuis 1930, ancien membre de son Comité exécutif national, qui venait de décéder. A propos de sa présence lors du lancement de l'UDF, le journal Cape Times écrivait : « C'est à l'évidence l'homme que 6 000 personnes sont venues entendre et voir. Bien qu'il participe au patronage de l'UDF sans être membre de son exécutif, il apparaît comme l'une des forces majeures soutenant le regroupement antigouvernemental. (16) »
Le changement de ton opéré par cette filiale d'une des Eglises les réactionnaires et anticommunistes traduit ainsi à la fois la crise de domination politique du système d'apartheid et de l'ensemble des institutions organisées selon ses principes, et en même temps la volonté de secteurs sociaux spécifiques, non ouvriers, de ne pas rester en marge de l'évolution de l'opposition politique et de pouvoir peser dans des regroupements larges en gestation.
Le projet de création d'une structure chapeautant des organisations locales intervenant dans l'ensemble des secteurs du mouvement de masse, adopté en janvier
Non-White Female
L'apartheid au quotidien. (DR) de cette année par le TASC, a été conçu dans les termes suivants : « Pour combattre les projets de Conseil présidentiel, notre peuple doit se rassembler dans un large front. (...) Un front signifie le rassemblement de l'ensemble des organisations de nos communautés. Pour faire de ce front, organisations doivent croire en la démocratie. Elles doivent croire en la création d'une Afrique du Sud non raciale. Elles doivent accepter la nécessité d'unir dans la lutte tous les Sud-africains, quelle que soit leur qui croient à la lutte pour une Afrique du Sud libre. (17) »
Le temps fort de cette initiative fut la tenue d'un meeting rassemblant plusieurs milliers de personnes au Cap, et dans lequel, à part Allan Boesak, prit la parole Archie Gumede, fils d'un ancien président de l'ANC et président du Comité pour la libération de Nelson Mandela (leader de l'ANC emprisonné Archie Gumede devait être élu président de l'UDF en compagnie d'Oscar Mpetha (en liberté provisoire) et d'Albertine Sisulu (épouse d'un autre dirigeant de l'ANC emprisonné avec Mandela). Les autres orateurs furent Thozamile Gqwetha (président du African Allied Workers Union, SAAWU), Helen Joseph (ancienne secrétaire générale de la Fédération des femmes sud-africaines, SAWF), ainsi qu'un représentant du Conseil judiciaire musulman et du Natal Indian Congress.
Parmi d'autres organisations partie prenante de l'UDF, il faut citer l'organisa-
13. « (Nous) déclarons ici à l'intention de tous les Sud-africains et du monde que les luttes •des 25 dernières années nous ont convaincus que la seule alternative viable à l'actuel système d'exploitation et de répression est celle fondée sur les principes de la Charte de la liberté ». congrès du TASC, cité dans Grassroots, Le Cap, volume 4, numéro 1, février 1983.
15. Cape Times, Le Cap, 23 août 1983. 16. Cape Times, Le Cap, 22 août 1983.
tion étudiante blanche NUSAS, ou des groupes représentant des secteurs « mé. tis » , comme l'Association des commerçants du Cap occidental (WCTA). Même s'ils ne constituent pas l'aile marchante de rUDF, la présence de ces forces en son sein possède néanmoins une signification particulière. Associé au poids des Eglises, cela donne à l'UDF une nature sociale hybride.
L'importante couverture accordée par la presse libérale anglophone à la création de l'UDF a relégué au second plan l'initiative du National Forum Committee (NFC), tenue au mois de mai à Hammanskraal, près de Johannesburg, à l'initiative de l'Organisation du peuple d'Azanie (AZAPO) (18) et de personnalités comme l'évêque Desmond Tutu et Neville Alexander. Le NFC, dont le Manifeste est sensiblement plus radical que celui de l'UDF, doit tenir sa prochaine convention à Pâques 1984 (19).
Cependant, le caractère de démonstration de force du lancement de l'UDF et l'écho accordé par les médias à cette manifestation, ne doit pas pour autant donner à penser que tout ce qui compte comme organisation à caractère de masse en RSA se trouve d'ores et déjà fédéré sous sa bannière. En particulier dans la région du Cap, nombreuses sont encore les associations restées en dehors de ce regroupement, telles que celles proches de la FRA, ou le Conseil sud-africain des sports (SACOS), organisé sur une base non raciale et opposé au régime. Mais l'on peut aussi noter l'absence, la plus importante au niveau national, des organisations syndicales des travailleurs, indépendantes et non raciales. En dehors du SAAWU, dont les effectifs ont été entamés par la sévère répression, notamment de la part des autorités du Ciskei, seul le Conseil des syndicats d'Afrique du Sud (CUSA), au niveau
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national, s'est joint à l'UDF, tout en soutenant par ailleurs le NFC. Ce syndicat comptait 40 000 adhérents en 1982, et approche aujourd'hui les 100 000, grâce au développement du syndicat des mineurs. Les deux tiers du mouvement syndical indépendant se maintiennent donc à l'UDF, comme, notamment, l'organisation la plus puissante, la des syndicats d'Afrique Sud (FOSATU, plus de 100 000 adhérents recensés en 1982, environ 120 000 actuellement). L'UDF a d'ailleurs décidé de mettre sur pied une délégation destinée à engager des pourparlers avec cette
La FOSATU a rendu publique sa position sur la question de l'UDF, telle qu'elle a été adoptée par son comité central des 15 et 16 octobre 1983. Elle y expli que les raisons de sa non-affiliation à l'UDF dans les termes suivants : « La FOSATU a décidé de ne pas s'affilier à L'UDF. La FOSATU pense que l'unité de buts créée au sein des organisations contrôlées par les travailleurs, dont la base et les objectifs de classe sont clairs, se perdrait au sein d'une organisation telle que L'UDF. L'UDF représente une variété d'intérêts de classe sans structure constitutionnelle claire dans laquelle la majorité des citoyens peut contrôler l'organisation. L'UDF a cependant une position progressiste en ce qui concerne l'oppression politique de la majorité des Sud-africains, et c'est pour cette raison que la FOSATU salue et soutient son opposition au projet de Constitution. » De fait, la FOSATU contre le référendum, centrée sur la revendication « Un homme, une voix ». Cette campagne a notamment pris la forme de la diffusion et du port massif d'auto-collants sur ce thème par les travailleurs des entreprises où la fédération est implantée, et d'une adresse systématique aux directions de ces entreprises pour les sommer d'annoncer clairement leur position face au référendum et de révéler si elles avaient apporté un soutien financier à la campagne du référendum.
L'UDF ET SES LIMITES Malgré la défection de la plus grande partie du mouvement syndical, l'opération de lancement de l'UDF reste cepen-
18. Héritière politique d'une partie du Mouvement de la conscience noire, l'Organisation du peuple d'Azanie (AZAPO), a en partie évolué vers une conception classiste de l'oppression en RSA. C'est la seule organisation politique issue de la « Conscience noire » disposant d'une implantation nationale.
19. « Notre combat pour la libération nationale est dirigée contre le système de capitalisme racial qui enchaîne le peuple d'Azanie au profit de la petite minorité de capitalistes blancs et de ses alliés, les travailleurs blancs et les secteurs réactionnaires de la classe moyenne noire. » Manifeste du National Forum Committee, Johannesburg.
dant, aux yeux de ses initiateurs, un succès spectaculaire. La somme de 120 000 rands (840 000 FF) a été avancée de source officieuse pour chiffrer le coût de ce lancement.
Les réactions à la création de l'UDF ont été pour le moins discrètes du côté du PN. Chris Heunis, ministre du Développement constitutionnel et de la planification, s'est refusé à tout commentaire (20), et les seuls propos du chef du groupe parlementaire du PN, Alex van Breda, étaient avant tout destinés au Parti conservateur de Treurnicht ainsi qu'au PFP, accusés d'avoir partie liée avec l'UDF en apà voter « non » au référendum constitutionnel (21).
Du côté du PFP, par contre, l'accueil fut moins tiède. « Un développement très important et significatif », que le gouvernement ignorerait « à son propre péril et à celui de l'Afrique du Sud, (...) la mobilisation de près d'un million de personnes, démontrait clairement un fossé incroyable dans la structure politique du pays (22) », déclarait Van Zyl Slabbert, chef de l'opposition. Alex Boraine, président de l'exécutif du PFP, mettait en cause la télévision nationale SABC: « La l'UDF est le plus important développement en Afrique du Sud depuis les années 1950. Mais le silence de la SABC fut assourdissant. Son parti-pris n'est pas seulement stupéfiant, mais aussi dangereux. La SABC continue à bercer les Blancs d'Afrique du Sud dans un faux sentiment de sécurité. Elle commet la même erreur tragique que celle des médias au moment du changement en Rhodésie. Il y eut alors un effort délibéré de dissimuler la vérité complète aux citoyens. cause le gouvernement dans les manœuvres (diffusion de faux tracts par exemple) visant à saboter le meeting de l'UDF. Voilà des propos que nombre de leaders pourraient reprendre à leur compte, ce qui ne signifie nullement pour autant que l'UDF soit identifiée actuellement par les masses noires d'Afrique du Sud avec les secteurs blanc libéraux repré. sentatifs des secteurs modernistes du patronat. Pour les masses noires à la recherche d'un cadre unitaire de mobilisation contre l'apartheid, l'UDF est, au contraire, certainement apparue comme un immense espoir. Le caractère militant des différents rassemblement de l'UDF témoigne. Mais la nature même de l'unité réalisée au sein de l'UDF, du fait de ses composantes et de l'absence de la majorité du mouvement syndical indépendant des travailleurs noirs, réduit d'emblée les capacités de ce cartel à répondre à l'attente des masses opprimées. Et ce, d'autant plus que la base de ce regroupement est limitée à la lutte contre des dispositions constitutionnelles gouvernementales aujourd'hui passées dans les leur approbation par la majorité de l'électorat blanc. La question qui sée tient donc à la capacité de l'UDF de constituer une alternative crédible au régime et à l'incidence de cette unité sur les mobilisations à venir.
La dynamique interne du système d'exploitation capitaliste et nationale fondé sur la discrimination raciale interdit toute possibilité d'une alternance parlementaire négociée. Alors que la transition fut rendue possible au Zimbabwe par les accords de Lancaster House, elle n'est nullement envisageable sous cette forme en RSA, où la structure économique du pays et la maturation du mouvement de masse sont différents. S'affirmer comme une force de rassemblement sur des objecpour autant toutes les questions de la révolution en Afrique du Sud.
Même du point de vue de l'ANC, qui demeure la principale force d'opposition populaire derrière l'UDF, le problème de définition est décisif. « L'UDF mobilise l'ensemble du peuple dans un seul mouvement de masse et coordonne la résistance de la communauté, mais il n'a pas pour but d'être un mouvement qui se substitue au mouvement populaire reconnu », peut-on lire dans Sede l'ANC, d'octobre 1983. L'ANC dispose à présent d'une influence réelle dans le mouvement de masse, tant à travers les figures historiques de certains de ses leaders sous les auspices, officiels ou non, desquels l'UDF a été baptisée, que par l'activité de ses membres et sympathisants dans les syndicats, associations communautaires et autres. La lutte armée, qui prend essentiellement aujourd'hui la forme d'attentats en zone urbaine, sert à renforcer l'idée que l'ANC frappe partout, et, par conséquent, qu'eltout ce qui bouge. Son orientation stratégique reste cependant articulée autour de ses rapports avec les « démocrates » et donc, pour partie, avec les libéraux blancs. L'alliance réalisée en-
HaVUON tre des secteurs de l'Eglise et des partisans de la Charte au sein de l'UDF est une réponse à la croissance du mouvement de masse. Les rapports à venir de l'UDF avec le mouvement syndical constitue l'une des inconnues de la situation. Une sorte de course de vitesse pourrait être engagée, afin de peser sur ce dernier à l'heure où se débattent les questions de l'unité syndi-
L'UDF demeure un cartel au sommet et non une organisation basée sur des adhésions individuelles. Elle cherche à unifier, sous sa direction, le mouvement des masses sans pour autant lui donner des perspectives claires de mobilisation. La question de l'avenir de l'UDF et de sa popularité dans les masses noires reste liée à sa capacité à réaliser cette unification de manière durable. Ses perspectives immédiates sont pour l'instant en rapport avec la poursuite de la mobilisation contre la politique constitutionnelle du gouvernement, mais l'UDF n'est pas la seule force à l'œuvre dans cette lutte.
Nathan PALMER, 20. Cape Times, 22 août 1983. 21. Idem, 27 août 1983. 23. Idem, 23 août 1983. 24. La déclaration du Comité exécutif national de l'ANC du 26 juin 1983, qui saluait le lancement du Front, en profitait d'ailleurs pour dénoncer « ceux qui, en se posant en socialistes, champions de la classe ouvrière et défenseurs de la dignité noire, cherchent à diviser le peuple et le dévier de la poursuite des objectifs de la leurs activités, ces éléments montrent une haine de la Charte et de l'action de masse unie qui n'est pas moins virulente que News Briefing, Londres, numéro 27, volume 7,