Des groupes de femmes dénoncent la militarisation de la société
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ARMI les différents groupes qui participent au mouveque allemande (RDA), l'un des plus actifs est aujourd'hui celui des « Femmes pour la paix ». A l'image du reste du mouvement, il ne s'agit pas d'une organisation structurée, mais plutôt de groupes informels qui se sont constitués dans différentes villes, à Berlin, Dresde, lena, Halle, à partir de motivations similaires et qui se retrouvent autour d'initiatives communes.
Les premiers groupes se sont formes au milieu de l'année 1982 afin de discuter de la nouvelle loi sur le service militaire, qui venait d'être annoncée en mars de la même année. A côté d'un renforcement de la préparation militaire pour les jeunes, cette loi prévoit qu'en cas d'« état de défense » ou de « mobilisation générale », toute femme âgée de 18 à 50 ans peut être appelée sous les drapeaux. La clause 3 de la loi stipule que cette disposition est applicable dès maintenant dans le domaine de la préparation militaire. Des femmes, qui s'étaient déjà inquiétées de l'importance croissante que prenaient les questions militaires dans l'éducation de leurs enfants, décidèrent alors d'écrire et de faire signer une lettre au président Erich Honecker (voir le texte ci-dessous). Elles recueillirent 150 signatures, ce qui, quand on connaît la répression qui frappe tous ceux qui « pensent autrement » dans les pays de l'Est, représente un important succès. Devant l'absence de réponse des autorités, elles décidèrent de continuer à se rencontrer, afin de discuter de la poursuite de leur action.
Ainsi, quelques semaines après l'envoi de la lettre à Honecker, 500 femmes se réunissaient dans une église de Berlin pour discuter de la paix. A côté de leur refus du service militaire féminin, deux questions se trouvent au centre de leurs préoccupations : la première est de développer une information la plus large possible sur les conséquences d'une éventuelle guerre nucléaire, systématiquement et intentionnellement minimisées par les autorités , la seconde est, comme on l'a déjà dit, l'éducation des enfants, initiés dès leur plus jeune âge, aux questions militaires.
Les femmes pour la paix pant à des actions mixtes.
la conscription pour les femmes!
et les plus ancrés dans la société.
blique fédérale allemande (RFA).
RDA Au départ, ces « groupes de femmes pour la paix » n'étaient pas motivés par des revendications purement féministes, mais par un refus de la guerre et du recours à la violence pour régler les conflits. Ces femmes avaient même invité les hommes à participer à leurs rencontres. Mais, réalisant qu'ils monopolisaient tout de suite la parole et que les femmes avaient tendance à se taire devant eux, elles ont insisté sur la non-mixité de leurs réunions, tout en organisant et en partici-
Par leur action même, elles ont aussi été amenées à remettre en question l'affirmation des autorités selon laquelle l'égalité de la femme était une réalité en RDA. En effet, face à leurs initiatives, elles se sont souvent entendu rétorquer que les femmes est-allemandes n'avaient pas à mener d'actions spécifiques, puisqu'elles étaient absolument les égales de leurs compatriotes mâles. D'aucuns ont même poussé le cynisme jusqu'à invoquer, comme preuve à l'appui, la nouvelle loi qui prévoit
Si la question de la lutte contre la course aux armements demeure actuellement la préoccupation centrale de ces groupes, il ne fait guère de doute que tous les problèmes rencontrés dans cette lutte même ont déjà amené de nombreuses participantes à se poser des questions plus directement liées au statut de la femme en RDA. En attendant, loin de diviser ou d'affaiblir le mouvement, ces « groupes de femmes pour la paix » en représentent aujourd'hui un des secteurs les plus dynamiques
Nous reproduisons ici deux textes émanant des femmes pacifistes de RDA. Le premier est la pétition adressée à Honecker ; le second est une lettre de Katja Havemann, veuve de l'opposant communiste Robert Havemann, à la femme de Jürgen Fuchs, écrivain est-allemand aujourd'hui en exil en Répu-
A.L. d'être appelées à participer au service mi-