Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

TURQUIE

Un gouvernement civil sous surveillance militaire

· Inprecor n° 164, 9 janvier 1984 · p. 5-10 · 6 138 mots

Grèce et Turquie Syndicalisme Économie mondiale

Après la victoire électorale du Parti de la mère patrie

L mitres dections logiste doute le coup de mila

Are du 12 septembre 1980. 20 millions d'électeurs ont élu les 400 députés de la « Grande Assemblée » (Parlement). Ce processus de retour du pouvoir aux civils s'inscrit dans une tradition spécifique des militaires de ce pays. Par deux fois déjà depuis la Deuxième Guerre mondiale, des juntes militaires ont pris puis rendu le pouvoir aux civils. La dernière fois, l'année 1973 avait ainsi mis fin à une période de régime militaire de deux ans particulièrement répressive, et le retour à un gouvernement civil avait été marqué par une profonde fermentation politique, par le développement des organisations de travailleurs et des organisations révolutionnaires, et par la victoire du Parti républicain populaire (PRP) de Bülent Ecevit (voir encadré). Le gouvernement Ecevit, incapable de faire face à la crise économique et à la radicalisation des masses avait, sous la pression de la droite, instauré la loi martiale, le 26 décembre 1978, dans les principaux centres ouvriers et kurdes.

En novembre 1979, la droite traditionnelle, le Parti de la justice (PJ) dirigé par Suleyman Demirel, reprenait le contrôle du gouvernement et inaugurait, en janvier 1980, un programme d'austérité qui devait soulever une forte opposition parmi les travailleurs. Mais ce gouvernement fut incapable de mettre fin à la période de chaos économique, social et politique que connaissait le pays, et lorsqu'ils s'emparèrent du pouvoir, les militaires, considérés par beaucoup comme la seule alternative politique, reçurent le soutien d'importantes couches popu-

A l'automne 1981, le régime militaire a esquissé les premiers pas d'une « ouverture vers la démocratie ». Son calendrier, en plusieurs étapes, proposait d'abord la nomination d'une Assemblée constituante, puis un référendum autour d'un projet de Constitution, et, enfin, la mise en place d'un gouvernement civil. Il s'agissait d'un processus étroitement contrôlé, puisqu'au lendemain même du coup, les militaires, considérés par beaucoup comme la seule alternative politique, reçurent le soutien d'importantes couches popuFuat ORCUN

A la veille de l'installation de la dictature militaire sous la houlette du général Kenan Evren, le 12 septembre 1980, la société se trouvait paralysée par son incapacité à faire face à toute une série de problèmes. Sur une période de dix ans où se sont succédés, au rythme moyen d'un par an, différents cabinets constitués par une seule et même coalition, la mise en place d'un gouvernement stable s'est avérée impossible. Dans l'impasse, le Parlement s'est trouvé dans l'incapacité, pendant six mois, d'élire un président de la République. Le régime ne pouvait prendre les mesures nécessaires au remboursement de la dette extérieure, d'un montant total de 26 milliards de dollars en 1979. La mise en œuvre de réformes économiques fondamentales était condamnée par l'impuissance à réorganiser l'ensemble de la production en vue de l'intégration du capitalisme turc à l'économie mondiale.

Un gouvernement civil

sous surveillance militaire

sont tenues en Turquie les pre-

Taux de croissance négatif, rétrécissement du marché intérieur, hausse de l'inflation, augmentation du chômage, grèves longues de plusieurs mois, caracté risaient la période qui a précédé le coup d'Etat. Face à cette situation, les militaires, une fois au pouvoir, ont immédiatement dissous le Parlement, suspendu la Constitution, interdit les grèves. Parallèlement à ces mesures, une vague d'arrestations massives a été déclenchée contre les syndicalistes, les militants du mouvement ouvrier, démocratique et révolutionnaire, et les combattants du mouvement de libération nationale kurde. Le faible niveau de mobilisation politique des masses populaires, de même que la confusion et l'impréparation des mouvements révolutionnaires, ont rendu les choses encore plus faciles que les généraux ne l'avaient escompté. Il n'y a eu, de fait, aucune résistance sérieuse au coup d'Etat, et les masses, découragées par les conflits stériles des partis parlementaires

TURQUE Le projet de nouvelle Constitution fut cependant voté massivement, en novembre 1982. Entre autres, il installait le général Kenan Evren à la présidence de la République, pour 7 ans, et promettait la tenue d'élections législatives avec la possibilité de créer de nouveaux partis pour ces élections.

C'est dans ce cadre qu'ont eu lieu les élections parlementaires de novembre 1983, pour lesquelles, comme lors du référendum sur la Constitution, le vote avait été rendu obligatoire. Trois partis ont été autorisés à s'y présenter. Le Parti de la démocratie nationale (PDN), soutenu plus ou moins ouvertement par la junte, n'a obtenu que 23 % des votes. Le Parti du peuple (PP), se qualifiant de centre-gauche, a obtenu 30% des votes. Il apparaissait, dans une certaine mesure, comme le continuateur du PRP d'Ecevit. Enfin, le Parti de la mère patrie (Anavatan) de Turgut Ozal, a obtenu, avec 45 % des voix, la majorité absolue des sièges au Parlement. Le vote blanc ou nul préconisé par les dirigeants des partis traditionnels, interdits, n'a récolté que moins de 5 % des suffrages. La victoire d'Ozal, initiateur des mesures d'austérité de janvier 1980 dans le gouvernement Demirel, et qui avait pu continuer sa politique économique comme ministre pendant 22 mois après le putsch, a été saluée par certains porte-parole de la bourgeoisie internationale comme un profond revers pour la junte, sans qu'ils s'en désolent pour autant. Ainsi, le Financial Times du 7 novembre 1983 écrit-il: « M. Ozal - en supposant que le Président Kenan Euren le nomme comme Premier ministre -maintenant bien placé pour mettre en œuvre les réformes économiques et ouvrir le pays au libre marché. »

Aujourd'hui, Ozal est effectivement Premier ministre. Comment interpréter sa victoire par rapport aux militaires d'un côté, et pour les masses turques et kurdes de l'autre, c'est cette question que traite l'article que nous publions ci-dessous, en évoquant une série de problèmes posés par les résultats des premières élections législatives organisées depuis le coup d'Etat de 1980 et la répression massive qui l'a suivi.

Get par des confrontations incessantes entre les fascistes et les mouvements révolutionnaires faisant de huit à dix victimes par jour, ont accueilli le coup d'Etat avec résignation. N'ayant pas rencontré de résistance sérieuse, les militaires ont ainsi été en mesure d'atteindre, au cours de ces trois dernières années, un certain nombre des objectifs qu'ils s'étaient fixés. Ils ont notamment eu les mains libres pour leur politique de répression du mouvement révolutionnaire. Au cours de ces trois années de dictature, près de 60 000 personnes accusées de compter celles qui étaient déjà détenues. et pas moins de 1 200 personnes ont été liquidées. Ces chiffres ont cependant une tout autre signification que ceux, déjà considérables, de la période précédant le coup d'Etat. Alors, on trouvait, parmi les victimes, des « innocents » et des fascistes, tandis que le chiffre de 1 200 personnes tuées concerne presqu'exclusivement

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avait plutôt pour fonction de préparer le putsch de 1980, il ne pouvait guère repré-

A titre de comparaison, lors des élections du 5 juin

1977, les résultats des divers partis furent les suivants.

- Parti républicain populaire (PRP) : 41,4 %. Ce parti bourgeois se veut l'héritier du fondateur de la République de Turquie, Mustafa Kemal « Atatürk », en 1923. Après l'intervention militaire de 1971, il a changé d'orientation sous la houlette de Bülent Ecevit, et s'est lié à l'Internationale socialiste.

— Parti de la justice (PJ) : 36,9 %. Dirigé par Suleyman

Demirel, formation conservatrice au pouvoir au moment du coup d'Etat de 1980.

— Parti du salut national (PSN) : 8,6 %. Parti d'obédience islamique. Son dirigeant, Necmettin Erkaban, s'est vu infliger un procès par les généraux en 1981, pour avoir créé un parti contraire à la Constitution, qui, elle, interdit sur des notions de classe ou de religion, tout parti fondé ainsi que ceux qui se réclament du fascisme et du communisme.

— Parti républicain de la confiance (PRC) : 1,9 %. Petite formation née d'une scission à la droite du PRP, se proclamant d'un kémalisme intransigeant. Après le putsch, la junte a pensé un moment faire appel à son dirigeant, le professeur Feyzioglu.

- Parti d'action nationaliste (PAN) : 6,4 % (environ un million de voix). Organisation fasciste de l'ex-colonel Alpaslan Türkes, principal responsable des violences politiques avant le putsch. Elle a longtemps participé au gouvernement aux côtés du Parti de la justice. Türkes fut emprisonné par la junte et accusé d'avoir fondé un parti fasciste.

- Un certain nombre de petits partis et de sectes, de droite ou de gauche, s'étaient également présentés à ces élections, comme le Parti travailliste (PT), obtenant 1 % des voix ou le Parti de l'union de la Turquie (PU), obtenant

0,4 % des voix.

des militants révolutionnaires. De fait, toutes les organisations révolutionnaires ont été écrasées.

Les organisations de masse ont été interdites et leurs membres poursuivis. Si la répression se faisait plus sélective dans les grandes villes, au Kurdistan, par contre, elle touchait la population toute entière. Ces coups sévères ont réussi à museler les différents courants du mouvement ouvrier, ainsi que le mouvement de libération nationale kurde, qui, en dépit de leur caractère de masse, étaient néanmoins insuffisamment organisés, même avant le coup d'Etat, pour pouvoir résister efficacement.

LA JUNTE ET LES PARTIS

Depuis qu'elle est au pouvoir, la junte n'a contracté aucune alliance avec un quelconque parti bourgeois. Les militaires accusaient les partis traditionnels de corrompre la démocratie, et prétendaient en particulier que l'incapacité des deux plus grands partis, le Parti de la justice (PJ) et le Parti républicain populaire (PRP), à former coalition gouvernementale une stable avait été l'un des facteurs qui les avaient obligés à intervenir sur la scène politique. Le journal que publiait le dirigeant du PRP, Bülent Ecevit, après le coup, intitulé

Arayis (Recherches), ne s'opposait pas directement à la junte. Il

Les anciens et les "nouveaux" partis politiques ques traditionnels. de centre-droit, qui était situe dans la mouvance absolue des sièges au Parlement. terrain pour une future rentrée politique de l'ancien politicien. Ce qui n'a pas empêché la junte de l'interdire. A la suite de cette interdiction, Ecevit a rejoint les coulisses. Le Parti de la justice, de Suleyman Demirel, formation de la droite traditionnelle, au gouvernement au moment du coup d'Etat était confronté à un tout autre problème. La junte continuait en effet à appliquer le même programme économique d'austérité que le gouvernement précédent, et les changements politiques et législatifs qu'elle introduisait dans le pays étaient favorables à la droite (1). Ce n'est donc que très tard que cette derniere réalisa qu'elle n'aurait droit à aucune existence politique propre sous la dictature militaire. Après quoi elle a rejoint l'opposition.

Pour que les nouvelles élections s'inscrivent dans le cadre qu'elle avait défini, la junte prit des mesures pour empêcher les anciens partis de se reformer et n'autorisa que les partis ayant reçu son aval à y participer. Le Parti de la démocratie nationaliste (PDN) a été le premier nouveau parti à se constituer. Au début, il était dirigé en coulisse par le Premier ministre en fonction, Bülent Ulusu. Au cours de la campagne électorale, la propagande du PDN s'est fondée, pour l'essentiel, sur l'anticommunisme. Appuyant officiellementle

Après son arrivée au pouvoir, la junte a interdit tous les partis politiques et frappé leurs dirigeants d'interdiction de toute activité politique. Pour l'organisation des élections de novembre 1983, de nouveaux partis devaient être créés, avec à leur tête des « hommes nouveaux ». Mais ils devaient passer au travers du filtre sévère mis en place par les généraux. Seuls trois parmi les « nouveaux » partis créés ont été autorisés à se présenter aux élections. Ils ont, dans une certaine mesure, été les catalyseurs des courants politi-

- Parti de la démocratie nationaliste (PDN) : 23 % des votes. Dirigé par le général à la retraite Turgut Sunalp, il est souvent catalogué comme le « parti des généraux ». Il se de l'ancien PRC. Soutenu par le général Kenan Evren, il n'est arrivé qu'en troisième position

- Parti de la mère patrie (PMP ou Anavatan) : 45 %.

Parti de Turgut Ozal, qualifié de « parti des hommes d'affaires ». Grand vainqueur des élections, il obtient la majorité

— Parti du peuple (PP ou Halkci) : 30 %. Dirigé par

Necdet Calp, il fut désigné comme le « parti de l'opposition des généraux ». Se prétendant de centre-gauche, il apparaissait, dans une certaine mesure, comme le continuateur du

PRP d'Ecevit. Une partie des suffrages obtenus est constituée par des voix social-démocrates traditionnelles.

- D'autres partis se sont constitués avant les élections, mais n'ont pas été autorisés à se présenter. Il s'agit du Parti de la voie juste (PVJ), qui se situe dans la continuité du Parti de la justice de Demirel, et du Parti de la social-démocratie (PSD), avec à sa tête Erdal Inonu, créé par une partie des cadres et des membres du PRP. Quant à Ecevit lui-même, il s'est inscrit dans un autre projet politique, celui de la création future d'un parti de masse appuyé sur les syndicats, un parti de la gauche démocratique.

senter qu'un simple écho du régime du coup d'Etat, six de ses dirigeants étant par ailleurs ministres en fonction de ce ré-

Le Parti de la mère patrie (Anavatan)

de Turgut Ozal, a été le second à se constituer. Lorsque le 24 janvier 1980, une politique d'austérité fut adoptée par le gouvernement Demirel, Ozal était alors membre de son cabinet en tant que conseiller économique. Et, après le coup d'Etat, il est resté en fonction comme ministre de l'Economie. Comme résultat de sa politique de taux d'intérêts très élevés il y a eu, l'année dernière, de nombreux krachs bancaires affectant 155 000 personnes, petits épargnants, retraités, etc., qui avaient confié leur argent à des intermédiaires financiers opérant semi-clandestinement au marché noir. Ces krachs ont porté sur une somme de 55 milliards de livres turques (2). Suite à ce désastre,

Ozal a été démis de ses fonctions, mais cela n'a pas empêché son parti d'axer sa campagne électorale sur la poursuite de la politique économique que les décrets d'austérité du 24 janvier 1980 avaient inaugurée.

1. Voir Inprecor numéro 143 du 14 février

2. Au moment de la rédaction de cet article, 1 dollar équivalait à 265 livres turques.

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Le troisième nouveau parti, le Parti du peuple (Halkci), s'est formé, quant à lui, sous la direction de Necdet Calp, qui était encore récemment le conseiller du Premier ministre. Le Halkci, qui constitué en tant que parti d'opposition, ne mérite pourtant même pas l'étiquette de « centre gauche ». L'intention initiale des généraux était en effet de constituer un parti de « centre droite » autour du Premier ministre, et un parti d'opposition de « centre gauche » autour du conseiller du Premier ministre. Mais, la junte s'est révélée incapable de parvenir à un accord avec les représentants traditionnels de la droite, et elle n'a pu empêcher la d'un second parti de droite, l'Anavatan de Turgut Ozal.

LES LIMITES DU SYSTEME « MULTIPARTITE »

INSTAURE PAR LES GÉNÉRAUX

Les généraux ont institué toute une série de changements juridiques et constitutionnels qui ne laissent aucune marge de manœuvre aux partis politiques. chef de la junte a été désigné comme Président pour sept ans, et une sorte de Sénat, le Conseil de la République, parallèle au Conseil des ministres et composé par les généraux putschistes, a été mis en

Qui plus est, ces nouveaux partis n'ont pas de positions très divergentes concernant les orientations économiques à promouvoir. Le secteur de la bourgeoisie qui produit pour le marché intérieur - et plus particulièrement les entreprises qui connaissent aujourd'hui des difficultés financières - critique l'orientation de la politique économique proposée par Ozal. Ce secteur s'oppose aux projets, qui sont ceux de Turgut Ozal, de réduction de l'inflation par le rétrécissement du marché. Leur argument est que l'inflation ne peut être réduite par la baisse des ventes, dans la mesure où elle est due à une hausse des coûts de production et non à une hausse de la demande et que, dès lors, laugmentation de la production est la seule voie pour mettre un coup d'arrêt à la hausse des prix. On trouve, dans ce secteur qui contrôle la production de l'acier, de l'automobile et des biens de consommation durables, tous les gros bonnets de

Ces compagnies s'avèrent politiquement plus actives et plus influentes que le secteur qui s'est développé grâce à l'exportation, et qui procure des rentrées de devises au pays.

Ni les porte-parole des industriels ni ceux des banquiers n'ont pris une position claire pendant la campagne électorale. La raison en est que la junte a assuré la de la situation politique et la réorganisation nécessaire à son maintien. Et, de toute façon, au cours des cinq prochaines années, les partis qui présideront aux destinées du pays n'auront que très peu d'espace politique pour engager des changements importants dans le domaine de la politique économique.

Au cours de la période où Turgut Ozal était en fonction (1980-1982), l'aide que le gouvernement accordait aux industriels et aux investisseurs visait à accroître les exportations. Mais, au cours de l'année dernière, il est apparu nécessaire d'équilibrer cette aide en la répartissant entre les exportateurs et les firmes en difficulté sur le marché national. Et, pour la période à venir, les partis parlementaires devront trouver une voie moyenne entre une politique favorable aux exportations et le soutien aux firmes qui battent de l'aile. A cela, il faut ajouter que l'augmentation des exportations s'est ralentie l'année dernière et que les exportations n'ont pas atteint les prévisions envisagées sur la base des données antérieures. plus, l'apport en devises fourni par les travailleurs tures à l'étranger — égal, certaines années, à la moitié de ce que rapportaient les exportations - a lui aussi chuté. Dans les années qui viennent, le remboursement de la dette extérieure arrivant à

Oil va falloir chercher de nouveaux crédits et s'occuper du rééchelonnement des paiements. A cet égard, Ozal est susceptible d'avoir une plus grande chance de succès, grâce à ses liens avec les organisations financières internationales.

LES NOUVEAUX PARTIS

EXCLUS DES ÉLECTIONS Bien que la junte ne les ait pas autorisés à participer aux récentes élections, de « nouveaux » partis, continuation de fait des partis traditionnnels PJ et PRP, se sont rapidement organisés à travers tout le pays. Il s'agit du Parti de la voie juste (PVJ) et du Parti de la social-démocratie (PSD). L'ancien dirigeant du PJ, Demirel, contrôle toujours les militants de ce vieux parti de droite, et le PV, s'il avait pu participer aux élections, aurait obtenu, selon les estimations, les voix d'une très large part de l'électorat de droite traditionnel.

Contrairement à la droite, les dirigeants du PRP se sont, quant à eux, dispersés en diverses fractions adoptant des attitudes différentes face à la junte et face aux élections. Si l'ancien dirigeant du PRP, Ecevit, avait violemment condamné l'intervention militaire du 12 mars 1971, il ne s'est pas opposé avec la même force au coup d'Etat du 12 septembre 1980, pourtant beaucoup plus brutal. L'entourage d'Ecevit estimait que les circonstances faisant suite au coup d'Etat ne perLa politique internationale de la Turquie Survenus juste avant le coup d'Etat militaire en Turquie, les événements

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mettaient pas de former un nouveau parti social-démocrate. Cependant, le des élections, le bruit circulait qu'un nouveau parti visant à organiser les masses serait fondé juste après les élections. (PSD), finalement créé en vue des élections par une fraction des dirigeants de l'ancien PRP, n'a cependant pas été autorisé à participer à la consultation électorale, bien qu'il ait rempli les procédures requises par la junte militaire pour être légalisé en tant que nouveau parti. Sa base est semblable à celle PRP. Selon les estimations, le PSD a pulation que le Parti du peuple, lui aussi fondé par d'anciens responsables du PRP mais sous les auspices de la junte, et qui a été autorisé à se présenter aux élections. Il apparaît donc que la mise l'écart des formations politiques traditionnelles a limité l'intérêt pour ces élections. Et l'on peut meme atfirmer que si le vote n'avait pas été rendu le taux d'abstention aurait peut-être été le plus élevé de toute l'his-

Les limites imposées par la junte, y compris pour les partis bourgeois, engendreront de gros problèmes dans années à venir. Selon le général Kenan Evren, ces limitations ont pour but de permettre une transition vers la « démocratie » aussi rapide que possible. A première vue, il peut sembler étrange que les généraux aient rétabli le Parlement sans y avoir été forcés. Cependant, jusqu'à présent, aucune dictature militaire n'a duré très longtemps en Turquie, et la junte a tiré les leçons des interventions des coups d'Etat militaires précédents. Les militaires tures savent que le prix à payer sera beaucoup plus fort s'ils se maintiennent au gouvérnement que s'ils se retirent du devant de la scène politique, tout en gardant bien en main les moyens de contrôle sur la situation. Ils ont ainsi mis en place un Parlement strictement contrôlé et aux prérogatives limitées leur permettant de préserver leur autorité politique aux yeux de la nation. Dans le même temps, et contrairement à ce qui s'était passé en 1960 et en 1971, les militaires se sont conservés une porte ouverte pour reprendre le pouvoir. En effet, le putsch de 1980 a été accompli sous la direction unanime du haut commandement militaire et n'a pas produit de divisions au sein de l'armée et de sa hiérarchie. Une des conditions qui a permis à la junte d'envisager son retrait du gouvernement sans y être forcée, au moment qu'elle a choisi et sans pour cela ouvrir la voie une mobilisation de masse radicale, a été le processus de dépolitisation déjà enclenché avant qu'elle ne prenne le pouvoir, et qui s'est depuis lors accéléré. Ce processus s'est approfondi avec les élections récemment organisées et, selon toute vraisemblance, se prolongera encore au-delà.

Une autre raison pour laquelle la junte a pu engager une telle transition, c'est que les forces politiques bourgeoises font preuve d'une très faible volonté d'offrir une alternative au régime actuel. Bien plus, tant la droite que les sociaux-démocrates sont terrifiés à l'idée de ce qui pourrait survenir si le mécontentement contre l'armée pouvait s'exprimer librement. Ainsi, la junte, qui est consciente de leurs contradictions et de leurs limites, dispose d'une marge de manœuvre politique très importante.

Qu'ils aient pris part ou non aux élections, les nouveaux partis ne sont en aucun cas susceptibles de s'opposer à la junte. Dès lors, il leur sera très difficile, dans l'avenir, de garder une quelconque autorité aux yeux des masses qui les soutiennent aujourd'hui. Dans la mesure où le Parlement ne peut prétendre représenter réellement les masses, sa dépendance vis-à-vis de l'appareil d'Etat n'en sera que plus totale et, naturellement, par rapport à la composante la plus puissante de cet appareil d'Etat, à savoir l'armée, qui est elle-même censée représenter la tion ». Et c'est précisément à cette situation que voulait parvenir la junte.

Bien qu'aujourd'hui l'opposition à la junte soit identifiée à la ligne politique la plus conservatrice de ces vingt-cinq dernières années, la situation pourrait changer rapidement et brutalement. Ce que les autorités craignent le plus, c'est de voir se mettre sur pied un mouvement social-démocrate autour d'Ecevit, qui marquerait ainsi l'apparition d'un troisième parti social-démocrate, à côté du parti « socialdémocrate » de la junte (à savoir le Parti du peuple) et du PSD, qui a été formé pour jouer le rôle de représentant de ce courant dans les conditions imposées par les militaires. Tandis que la junte interdit aux organisations de masse, aux syndicats et aux associations démocratiques de mener une activité politique, elle tente aujourd'hui de lancer un « mouvement démocratique » pour occuper une place sur la scène politique. Aujourd'hui comme par le passé, un tel mouvement « démo-

Arrestation des dirigeants du syndicat Disk. (DR) cratique » se délimitera de lui-même, et dès le départ, du mouvement ouvrier. A ce propos, un facteur important continue à jouer dans ce sens : tous les partis qui étaient perçus comme sociaux-démocrates étaient des partis se réclamant du kémalisme (3) et se considéraient comme « partis d'Etat » (selon la formule d'Ecevit avant le putsch): plutôt que comme partis

LES SYNDICATS Aujourd'hui, la confédération syndicale Türk-is clame sur tous les toits qu'elle est l'institution de l'Etat la plus forte après l'armée, et elle continue de poursuivre une orientation prétendument « apolitique » (4). En fait, son secrétaire général était ministre des Affaires sociales jusqu'aux dernières élections. La force politique dominante de cette confédération est le courant de centre-droit, mais on y trouve également un faible courant social-démocrate, de même qu'un courant fasciste. Si, lors des élections, la Türk-is n'a soutenu aucun parti, elle ne s'est pas engagée pour autant dans une quelconque activité d'opposition ces dernières années, en dépit de la chute brutale des salaires au

3. Du nom de Mustafa Kemal « Atatürk » (« Père des Turcs ») qui, après avoir mené la guerre d'indépendance contre la Grèce (1919-1923), construira l'Etat bourgeois turc. Il gouverna avec le parti unique qu'il avait fondé, le Parti républicain du peuple (PRP), mélange de populisme et de chauvinisme, se prétendant au-dessus de la société et des classes et arbitre

4. Premier syndicat ayant existé en Turquie, créé avec l'aide des syndicats américains. Avec un million d'adhérents, son secrétaire général était ministre de la Sécurité sociale pendant le gouvernement militaire mis en place par le coup d'Etat de 1980. A sa tête se trouvent des membres du PJ et du

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IMAYIS cours de la période de dictature militaire. Bien plus, elle continue à diffuser sa propagande nationaliste et anticommuniste.

En dépit de l'opposition manifestée par le ministre des Finances et par l'organisme officiel d'arbitrage des salaires, les travailleurs obtiendront une hausse mensuelle de l'ordre de huit dollars à la fin de l'année. Cette hausse a en fait été conçue comme une sorte d'« investissement » en vue des élections, du prochain congrès de la Türk-is, et des négociations d'un nouveau contrat. Elle représente cependant le premier signe de vie donné en trois ans par la Confédération, dans le domaine des conventions collectives. Avant le coup d'Etat, la Türk-is n'organisait de fait aucune greve, en dépit des efforts entrepris en ce sens par sa concurrente, la DISK (5). La direction de la Türk-is est en train de préparer les conditions pour bloquer toute possibilité à l'opposition de se développer sur les lieux de travail où elle est présente. Dans la mesure où la nouvelle loi sur les syndicats appelle à en réduire le nombre et à opérer les fusions nécessaires pour y parvenir, la position de la direction de la Türk-is s'est trouvée grandement renforcée.

L'interdiction de la DISK (syndicat qui comptait au moins 300 000 membres) après le putsch de 1980, et les poursuites engagées contre la direction confédérale et les dirigeants syndicaux, signifient que le secteur le plus avancé de la classe ouvrière est désormais inorganisé. Ainsi, en trois ans, la situation dans le domaine syndical s'est trouvée complètement gelée. Les syndicats n'ayant pas le droit d'utiliser un système de prélèvement automatique des cotisations et devant les collecter directement auprès des travailleurs, il leur sera très difficile de parvenir à organiser les 10% de travailleurs requis dans une branche d'industrie pour être reconnus officiellement représentatifs de cette branche, sans parler de la majorité absolue qu'il leur faut obtenir dans chaque entreprise prise isolément pour obtenir la même reconnaissance sur le lieu de travail.

OU EN SONT

LES ORGANISATIONS POLITIQUES

DU MOUVEMENT OUVRIER? Le référendum sur la nouvelle Constitution, organisé par la junte l'année dernière, a montré que les masses n'ont guère été influencées par les positions du mouvement ouvrier et révolutionnaire (6). En particulier, les mouvements qui étaient actifs dans les secteurs de la petite bourgeoisie, ont été durement réprimés et ne sont désormais plus capables de regagner des forces dans la jeunesse. Ce n'est pas seulement leur influence de masse, mais leur existence même qui est en danger.

Avant le coup d'Etat, les mouvements réformistes et révolutionnaires comptaient une cinquantaine de grou-

Get d'organisations. Les réformistes ont été les moins touchés par le putsch, mais ils n'ont pas, jusqu'à présent, gagné l'hégémonie au sein de la gauche turque. Les groupes les plus radicaux ont survécu parmi les deux millions de Turcs et de Kurdes qui vivent en Europe, mais dans la mesure où ils n'ont pas réussi à se réorganiser et à se réarmer politiquement, ils se trouvent toujours en crise. Les mouvements qui s'étaient développés de manière tout à fait informelle grâce à leur activisme dans la période d'activité légale, poussés par le dynamisme du mouvement de masse spontané lui-même, sont aujourd'hui confrontés à la question brûlante de l'organisation.

La période qui a suivi l'intervention militaire de 1971 avait été, en particulier, une expérience politique importante pour les masses populaires, mais le développement de leur conscience politique, relativement rapide, n'a pas été guidé par l'existence d'une alternative révolutionnaire. De plus, par le passé, les mouvements révolutionnaires ont en général axé leurs activités vers la lutte pour la démocratie, dont l'issue se cristallisait autour du soutien à Ecevit. Les groupes révolutionnaires parlaient beaucoup de l'imminence de la révolution mais, dans la mesure où ils n'avaient aucune proposition concrète qui leur soit propre, leur tâche s'est résumée à soutenir Ecevit dans la lutte au jour le jour contre la droite, et ils

DÍSK

Affiche de la centrale syndicale DISK pour un ler mai. (DR) ont ainsi semé des illusions parmi les travailleurs.

Le fait que les hauts et les bas du développement des organisations du mouvement démocratique et révolutionnaire aient été calqués sur ceux du parti d'Ecevit en est la conséquence directe. Ainsi, lorsque le PRP s'est trouvé paralysé, elles ont commencé, elles aussi, à perdre du terrain. Conséquence de ce phénomène, ces forces ont, lors des élections législatives de 1979, prôné le boycott ou présenté leurs propres candidats, prenant ainsi pour la première fois leurs distances par rapport à Ecevit. Si, au départ, ces mouvements avaient lié leur destin à celui d'Ecevit, ils ont par la suite essayé, tardivement et maladroitement, de retrouver leur indépendance, mais sans préparer le terrain et de façon tout à fait abstraite.

5. Confédération syndicale dirigée par des membres du PRP, moins importante numériquement mais plus à gauche que la Türk-is. En son sein coexistaient tous les courants de gauche et d'extrême-gauche. Elle fut interdite par la junte.

6. Ce référendum, organisé par la junte le 7 novembre 1982, soit près de deux ans après le coup d'Etat, avait recueilli plus de 90 % de « oui ». Pour une analyse de ses résultats, voir Inprecor numéro 143 du 14 février 1983.

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Halte à la répression en Turquie. (DR) Au matin même du 12 septembre 1980, ces organisations menaient toujours leur propagande totalement irréelle sur l'imminence de la révolution.

La plupart des membres des groupes révolutionnaires qui étaient actifs dans les syndicats avant le putsch de 1980, ainsi que la plupart des militants syndicaux indépendants, sont aujourd'hui soit en prison, soit en exil. Cependant, les nouveaux militants qui sont apparus dans le pays ont montré qu'ils étaient capables de mener une activité non clandestine sur une ligne « social-démocrate », ouvrant ainsi une nouvelle phase dans l'organisation de la classe ouvrière en Turquie. La mise sur pied de formes d'organisation légales et illégales est donc à l'ordre du jour.

Le mouvement de libération nationale kurde connaît aussi un développement très complexe au regard de sa composides questions brûlantes auxquelles il est confronté aujourd'hui. Les organisations révolutionnaires kurdes et turques se sont construites séparément, et elles ne se sont jamais orientées vers une lutte commune pour le pouvoir qui tienne compte de leurs problèmes et de leurs activités spécifiques. Le nationalisme profondément ancré au sein du mouvement socialiste et la tradition d'accusations mutuelles entre Kurdes et Turcs empêché, sur une longue période, qu'un lien ne se développe entre les deux

Puis, avec le développemnt du mouvement kurde, les organisations révolutionnaires turques ont commencé à s'intéresser davantage à la question kurde. De l'autre côté, et particulièrement après la défaite de Barzani, les mouvements kurdes ont été plus loin que leurs directions traditionnelles, en commençant à organiser des groupes « marxistes-léninistes » qui, s'ils avaient une base essentiellement nationaliste, menaient de temps à autre une activité de masse (7).

STOPPT

DE TURKEI

HILFE

Hi Même en temps normaux, la répression politique au Kurdistan Nord (le Kurdistan turc) n'était pas menée par la police mais par l'armée. Cependant, en dépit de ces opérations intensives de nettoyage, la dictature militaire a été incapable de déraciner le mouvement national kurde.

VERS UNE NOUVELLE PÉRIODE

L'arrivée au pouvoir du Parti de la mère patrie (Anavatan) ne signifie nullement que la junte sera obligée de réviser fondamentalement ses objectifs. A l'avenir, le Président ne se trouvera plus, grâce au Conseil de la République, en position de faiblesse vis-à-vis du gouvernement. Il ne faut pas oublier que Turgut Ozal a été pendant vingt-deux mois au service du général Evren, et qu'après avoir fondé son parti, il est venu lui demander son opinion ... Le fait que ce soit l'Anavatan et non le PDN qui se trouve au gouvernement ne signifie donc en aucun cas qu'il y ait au pouvoir un parti opposé à la junte. Ozal a accepté le cadre de la nouvelle période inaugurée par l'arrivée de la junte au pouvoir et a construit son parti sur cette base. Il a même accusé les anciens partis de prôner, par leur attitude, la confrontation. Tout comme le PDN, l'Anavatan n'a jamais envisagé autre chose

7. Voir Inprecor numéro 142 du 31 jan8. Après la chute brutale de 25 % du pouvoir d'achat entraînée par les mesures d'austérité inaugurées en janvier 1980, le taux d'inflation, qui était de 120 %, est descendu à 37 % puis à 25 %. Mais en 1983, il est remonté à 40 %, et les salaires réels sont descendus à un niveau égal à la moité de celui où ils se situaient cinq ans auparavant. Le chômage constitue un problème crucial. 20 % des personnes de plus de vingt ans aptes à travailler sont sans emploi, ce qui fait environ 3 566 000 personnes. Dans le meilleur des cas, seule la moitié des 600 000 jeunes qui arrivent chaque année sur le marché qu'un Etat policier, et l'on ne sait pas quand la loi martiale sera levée. En outre, le Conseil de la République peut pousser le Président à prendre des mesures de renforcement de l'état d'exception convoquer de nouvelles élections. Le gouvernement l'Anavatan reste donc très militaire.

D'un autre côté, le passage à un système parlementaire signifie la reconnaissance formelle que le gouvernement est responsable devant les masses. Dès lors, pour les prochaines élections, le régime sera obligé de faire quelques concessions pour maintenir une certaine crédibilité à cette image. Les élections locales prévues pour l'année 1984 seront à cet égard un véritable enjeu. En outre, le gouvernement n'a pas en mains les moyens nécessaires pour affronter les problèmes économiques et sociaux auxquels il doit faire face (8). Les partis bourgeois vont désormais clamer le « manque de légitimité du gouvernement ». Sous un régime militaire, il n'est pas étonnant d'avoir des dizaines de milliers de personnes en prison. Mais, sous un régime parlementaire, le problème devient plus délicat. De plus, dans la mesure où l'existence d'un organisme paritaire d'arbitrage chargé d'encadrer les rapports entre patrons et syndicats est maintenue, la question de son rôle va se poser immanquablement. Parallèlement, tous les décrets de la junte interdisant ou paralysant l'activité des organisations sociales devront être revus.

En ce qui concerne le domaine économique, Ozal apparaît comme la meilleure carte pour la bourgeoisie. Les débats qui ont lieu en son sein vont se poursuivre mais, dans la mesure où il n'y a pas d'alternative, ils ne mèneront pas à un conflit

Les ravages causés par la junte dans le domaine social et politique et dans celui de l'éducation demeurent les problèmes fondamentaux auxquels le nouveau gouvernement sera confronté. Et s'il veut rester en place, il devra y répondre sans « provoquer » les militaires. Bien que contradictoires, ces facteurs ne provoqueront pourtant pas, à court terme, une rupture de la stabilité politique actuelle. Si avec les élections de 1973, qui avaient suivi le coup d'Etat de 1971, on avait assisté à une remontée du mouvement de masse, les dernières élections, au contraire que la période de stagnation va se poursuivre.

Fuat ORÇUN, du travail pourront trouver un emploi. Rien que pour empêcher l'armée de réserve des chômeurs de s'accroître et la stabiliser à ses dimensions actuelles, il faudrait doubler les investissements. Or, les prévisions d'investissements pour l'an prochain ne couvrent que la moitié de ce besoin, ceci calculé sur la base d'un taux d'inflation de 25 % qui sera bien inférieur à la réalité.

Le Fonds monétaire intenational (FMI) explique, quant à lui, qu'aucune augmentation de la masse salariale ne doit être envisagée dans les années qui viennent, dans le cadre de la politique économique qu'il cherche à imposer à la Turquie.

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