Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EL SALVADOR

Le congrès de la FSR attaqué par les forces répressives de la dictature

Inprecor n° 166, 6 février 1984 · p. 27 · 385 mots

El Salvador Syndicalisme

Le 19 janvier dernier, les forces répressives de la dictature salvadorienne encerclaient, puis attaquaient le bâtiment de la Confédération générale des syndicats à San Salvador. A l'intérieur de l'édifice se tenait le Ve congrès de la Fédération syndicale révolutionnaire (FSR), une organisation syndicale indépendante fondée légalement le 25 janvier 1980, qui regroupe environ 35 000 travailleurs de différents syndicats et représente, en outre, les 50 000 adhérents de cinq autres organisations syndicales « suspendues » par le gouvernement. La FSR dispose d'un statut d'observateur dans le Front démocratique révolutionnaire (FDR) et reconnaît le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) comme l'avant-garde de la lutte du peuple salvadorien (cf. Inprecor numéro 161 du 21 novembre 1983). Cinquante-deux délégués au congrès ont été arrêtés, parmi lesquels toute la direction de la FSR, en particulier son secrétaire général, José Jeremias Herrera, ainsi que Dinora Ramirez Perrera, Erbert Orlando Guevara, Oscar Orlando Rosales, Salvador Arana Flores, Salvador Chavez, Cesar Almaro Escalante.

Outre ces militants, de nombreux observateurs ont été appréhendés par les forces de sécurité. C'est en particulier le cas d'une syndicaliste mexicaine, Maria Raquel Gutierrez, de plusieurs journalistes, notamment un correspondant de l'agence américaine UPI, et d'un représentant juride l'archevêché de San Salvador. Selon certaines informations, un journaliste salvadorien, Raul Beitran, collaborateur de Radio YSKC (proche de l'archevê ché), aurait été abattu au cours de l'intervention des militaires.

Jusqu'à ce jour, la FSR avait pu développer une activité semi-légale au Salva-

Get tenir, par exemple, plusieurs congrès, dont le dernier en juillet 1983 avec la présence d'observateurs étrangers. Malgré cela, le mouvement syndical a payé un lourd tribut aux exactions des commandos de la mort et à la répression gouvernementale. Alors qu'un mouvement syndical prenant appui sur des luttes revendicatives des travailleurs commence à se développer de nouveau dans les centres urbains, et notamment dans la capitale San Salvador, c'est à cette recomdu mouvement ouvrier que la dictature à voulu porter un coup d'arrêt.

Ce nouvel acte scélérat des alliés de Washington ne doit pas rester sans réponse de la part du mouvement ouvrier international. L'ensemble des organisations ouvrières et anti-impérialistes, touformations syndicales doivent exiger la libération immédiate des syndicalistes salvadoriens emprisonnés, que celle de toutes les personnes appréhendées le 19 janvier.

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