Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

Construire le CND-syndicats

· Inprecor n° 168, 5 mars 1984 · p. 18-20 · 3 597 mots

Syndicalisme Grande-Bretagne Paix et armements

désarmement nucléaire (CND) dans les syndicats

Les militants de la Campagne pour le désarmement nu cléaire (CND) qui interviennent dans le mouvement syndical, sont regroupés dans une branche du CND dénommée

TUCND (CND-syndicats). Celle-ci a tenu son assemblée générale annuelle le 25 février dernier. Depuis l'implantation des premiers missiles Cruise en Grande-Bretagne, de plus en plus nombreux sont ceux qui ont rejoint le CND. Comme branche spécifique du CND, l'intervention dans les syndicats aura un rôle important à jouer en 1984. Andrew Hewet, permament du CND-syndicats, a exposé à Socialist Action, hebdomadaire publié à Londres, les priorités de campagne dans les syndicats pour cette année. Nous reproduisons ce témoignage, paru dore le numéro du 3 février 1974 de ce journal.

28 syndicats nationaux et entre 450 et 470 organismes locaux sont affiliés au CND. Fous les groupes d'entreprise et les affiliés votent lors de notre assemblée annuelle pour élire les représentants officiels et les membres de l'exécutif, qui se réunit tous les mois. L'intervention dans les syndicats varie. Par exemple, le Syndicat des ouvriers et employés de la fonction publique (National Union of Public Employees,

NUPE) est celui qui fait le meilleur travail, avec une campa-

Thatcher. Lorsque les intentions gouvernementales ont été annoncées pour la première fois, le TUC prit le parti de s'y opposer, y compris en organisant des actions en soutien aux syndicats qui bafouaient ces lois. La confédération syndicale refusa également toute discussion avec le gouvernement sur la question des lois restreignant les droits syndicaux, prétendant raison qu'une telle collaboration donnerait une légitimité à cette nouvelle

C'est lors du congrès du TUC de septembre 1983 que le premier grand changement se produisit dans cette politique.

Ce congrès était la première occasion pour le mouvement ouvrier d'évaluer les résultats des élections générales du 9 juin

1983. Lors de ces élections, les conservateurs avaient en effet remporté une majorité massive au Parlement, sur la base d'un électorat pourtant en diminution, majorité remportée grâce, en grande partie, au score réalisé par l'Alliance (front politique entre le Parti social-démocrate et les libéraux), qui s'est retrouvée à 2% seulement derrière les résultats du Parti travail- congrès du TUC, au lieu d'adopter la politique proposée par le dirigeant des mineurs, Arthur Scargill, qui préconisait la nécessité d'actions extraparlementaires urgentes pour s'opposer à la majorité massive des conservateurs, les délégués ont voté pour un pas à droite supplémentaire. Sur l'avis de Len Murray, général du TUC, le congrès à voté une rencontre avec le gouvernement pour discuter des propositions de réforme des syndicats.

Murray a été jusqu'à parler de la nécessité de discuter avec « n'importe quel parti politique qui a une chance de former un gouvernement à l'avenir ». Il s'a-

Construire la Campagne pour le l'une de nos priorités. gissait-là d'un soutien clair aux propositions faites par les dirigeants de l'aile droite, suggérant que les syndicats rompent avec leur stratégie traditionnelle de lutte politique à travers le Parti travailliste, pour entretenir également des relations avec les candidats des partis bourgeois, en particulier ceux qui composent l'Alliance (2).

Cette ligne politique de collaboration a une tradition déjà longue et fort peu honorable dans le mouvement ouvrier britannique. Avant la fondation du Parti travailliste sous la forme d'un comité de représentation ouvrière, en 1900, les syndicats menaient déjà une politique de soutien au Parti libéral. Même après la fondation du Parti travailliste, en 1906, de nombreux syndicats ont continué à soutenir à la fois les candidats des deux partis

Au congrès de septembre 1983, presque un tiers des syndicats membres du TUC n'était pas affilié au Parti travailliste. La majorité des membres de cinq des principaux syndicats se prononçait soutien au Parti travailliste, et des sondages d'opinion récents ont montré que d'autres syndicats parmi les plus importants, comme ceux des transports, des métallos, des employés municipaux, des électriciens, des employés du commerce, des chemins de fer, se désaffilieraient aussi, si un vote était organisé chez leurs adhérents. Parmi les grands syndicats où un sondage a été effectué, seul le Syndicat des mineurs et celui des fonctionnaires se prononceraient pour le maintien de l'affiliation au Parti travail-

Quand la législation proposée par le gouvernement aura été adoptée, elle obligera les syndicats affiliés au Parti travailliste à tenir des « mini-élections générales », sous la forme de votes, pour décider si l'affiliation au Parti travailliste doit être gne très large. Mais beaucoup ne font guère plus que payer leur cotisation annuelle au TUCND et voter de la bonne façon lors des congrès du Parti travailliste et du TUC (confédération syndicale britannique), mais cela aussi est important. Nous avons déjà fait circuler des modèles de résolution pour les congrès syndicaux de 1984, et nous espérons organiser des réunions dans le cadre de la préparation de ces congrès pour exposer nos propositions. Nous n'avons pas de réseaux régionaux très efficaces. Seules quelques régions ont un groupe actif du TUCND. Construire ces groupes est

Nous espérons également pouvoir mettre sur pied u1.

réseau de « bateaux de la paix », une idée qui vient des syndicats des marins australiens. Nous avons également suggéré que le syndicat des mineurs envisage la possibilité de « puits de la paix ». Il s'agit-là de variations pleines d'imagination des groupes sur les lieux de travail, quelque chose comme déclarer une zone dénucléarisée.

Nous avons quelques objectifs plus spécifiques. Quelques-uns de nos syndicats ont des membres dans l'industrie d'armement. Nous espérons que le congrès de Bradford, que nous aiderons à organiser pour les 7 et 8 avril - soutenu par quelques-uns des principaux syndicats — maintenue. Evidemment, étant donné le déclin de l'engagement des syndicats envers le Parti travailliste - les élections législatives de 1983 ont vu, pour la première fois, une majorité de syndiqués voter contre le Parti travailliste -, une grande campagne serait nécessaire pour renverser le cours décrit ci-dessus. En tout cas, la direction actuelle du TUC n'est pas prête à mener une telle campagne. En ré ponse à des appels lancés par Frank Chapple, du Syndicat des électriciens, et par d'autres dirigeants de l'aile droite, à opérer des changements fondamentaux dans le mouvement syndical, afin « de faire taire les attaques menées contre nous (...) et de renforcer notre force d'attraction pour la fin du XXe siècle », le secrétaire général du TUC, Len Murray, a produit un document intitulé Stratégie pour l'avenir.

Approuvé par le Conseil général du TUO de janvier, ce document appelle à la collaboration avec les gouvernements et les partis de toutes couleurs politiques, polémique contre l'utilisation des actions de grève, et suggère fortement que les syndicats se fassent de nouveau les avocats d'une politique de restriction des revenus.

DIVISIONS AU SEIN

DE LA BUREAUCRATIE

L'adoption de ce plan par le Conseil général ne fut pas une surprise, vu le tournant radical vers la droite pris par le congrès de 1983. Cette évolution était partiellement due, bien sûr, à des change.

ments structurels diminuant le poids, au sein de la confédération, des syndicats

1. Cf. Inprecor numéro 154 du 4 juillet

2. Cf. Inprecor numéro 157 du 26 sep-

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vailleurs de cette industrie à discuter de la possibilité d'une production alternative socialement utile. Il y a aussi certains syndicats qui sont directement affectés par les nouveaux règlements de défense civile, qui sont entrés en vigueur le ler décembre dernier. Nous avons déjà organisé avec succès des contre-opérations de défense pour dénoncer la campagne militariste du gouvernement. Nous pouvons avoir d'autres succès sur ce terrain en 1984.

L'un des objectifs nationaux discutés actuellement est celui d'une semaine d'action, selon le même canevas que le mouvement allemand pour la paix l'an dernier. Un jour, ce sont les églises qui organisent quelque chose, un autre jour ce sont les femmes, un autre encore le secteur de l'éducation, etc. Le jour des syndicats pourrait se voir concrétisé par la tenue d'un meeting dans l'entreprise, ou d'une grève de protestation de cinq minutes. La seule limite à ces actions c'est l'imagination. Un grand nombre de membres du

CND désirent travailler dans les syndicats, mais ils n'ont qu'une faible idée des structures syndicales.

Les syndicats se trouvent dans une position délicate en ce moment. La défense du niveau de vie est leur priorité immédiate. Nous devons trouver le moyen d'intégrer leurs soucis majeurs et les nôtres. Faire la liaison entre la réduction des dépenses sociales et l'accroissement des dépenses militaires est une bonne façon, pour les groupes du CND, de tisser des liens avec les syndicats. La législation anti-syndicale du gouvernement offre aussi cette possibilité. Le CND est conscient de ce que cette législation droits d'organisation et de nrotestation.

droits d'organisation et de protestation.

plus petits et traditionnellement plus militants, mais elle reflétait aussi un glissement croissant vers la droite de la part des syndicats les plus importants. Même dans le

Syndicat des mineurs, lors de l'élection du secrétaire général, le candidat de la gauche n'obtint qu'une très mince majorité. Un résultat tout à fait semblable est attendu lors de la prochaine élection du secrétaire général du Syndicat des transports et des travailleurs non qualifiés

(Transport and General Workers Union,

TGWU), bastion traditionnel du centre- gauche dans le mouvement travailliste. Un autre syndicat d'importance

Syndicat des travailleurs de la métallurgie

(AUEW), a évolué vers la droite au cours des dix dernières années. Autrefois force motrice de la gauche sous la direction de

Hugh Scanlon, au début des années 1970, ce syndicat est aujourd'hui, sous la direc-

Duffy, l'une des forces majeures de la droite.

Mais à l'exception d'Arthur Scargill, la réaction de la gauche de la bureaucratie syndicale à ce cours droitier a été, au mieux, l'acquiescement et, au pire, la collaboration active à des trahisons aussi graves que celle de la grève des conducteurs de train et des travailleurs de la santé en

Mais le conflit des travailleurs de la presse mené par le NGA a produit une polarisation au sein-même du Conseil général de la confédération. La gauche s'opposa avec force au renversement de la politique du TUC par Len Murray et appela à une réunion séparée pour discuter du soutien à apporter au NGA en lutte. Il n'est rien résulté de cette réunion, en partie à cause de l'attitude défaitiste de la direction du NGA. Cependant, cette division au niveau de la direction du TUC a révélé les importantes tensions à l'œuvre au sein attaque ses propres Elle ne vise pas seudu mouvement syndical, ainsi que les possibilités offertes à la gauche pour s'organiser en opposition au tournant vers un syndicalisme « apolitique ».

Les forces qui pourraient lutter pour l'organisation d'un nouveau « Mouvement minoritaire » (3) dans les syndicats britanniques existent certainement chez les cadres les plus proches de la base. Leur expression la plus claire a été la croissance de nouveaux groupes de la Gauche large dans un certain nombre de syndicats. C'est dans le Syndicat des techniciens des télécommunications que cette Gauche large a émergé de la façon la plus frapante, ainsi que chez les fonctionnaires et d'autres employés, et dans le syndicat des électriciens. L'un de ces groupes vient d'être fondé dans le TGWU.

De telles organisations oppositionnelles ont déjà existé auparavant dans les syndicats, et notamment dans l'AUEW. Mais, auparavant, elles servaient au Parti communiste britannique (PCB) à cimenter son alliance avec la bureaucratie syndicale de gauche, et la plupart ont dégénéré parallèlement au déclin de cette gauche, à la fin des années 1970, en un certain nombre de réseaux de bureaucrates des échelons intermédiaires. Ces traits ne sont pas totalement absents des nouveaux courants de la Gauche large, mais le Parti communiste n'exerce plus sur eux un contrôle décisif. C'est là le reflet du déclin de la force à la fois numérique et ouvrière du PC. Au cours des quinze dernières années, les effectifs de ce parti ont décliné, passant de 28 000 membres à 15 000. De 1967 à 1973, à travers le Comité de liaison pour la défense des syndicats, le PC a pu convoquer des conférences de milliers de délégués de base des lieux de travail et même, à certaines occasions, appeler à des grèves non-officielles.

lement le Syndicat national de l'industrie graphique (NGA), qui vient de mener une lutte dure défaite par le gouvernement (cf. article dans ce numéro d'Inprecor, ndlr.)

Le CND ne peut pas prendre en charge un travail d'op position à la nouvelle législation industrielle, c'est en dehors de son statut. Mais le NGA est affilié au TUCND, et un membre de sa direction est intervenu lors du congrès du

CND et lors d'un meeting du TUCND. Pour le CND, les priorités restent le retrait des missiles Cruise, l'assurance que le programme des missiles Trident soit stoppé, et la participation au mouvement international contre l'armement nucléaire. Tous ces objectifs impliquent la construction d'un mouvement de masse pour les mener à bien.

Le rôle du mouvement ouvrier est crucial. Les syndicats organisent 10 millions de personnes, dont 6 millions sont déjà affiliées au Parti travailliste par l'intermédiaire de leurs syndicats. Si une majorité d'entre elles faisaient une campagne avec le mouvement pour le désarmement nucléaire, la voix de ce mouvement deviendrait bien plus forte. Il serait difficile de ne pas en tenir compte.

Des syndicalistes sont impliqués dans la production, l'entretien, les services et le transport des armes nucléaires.

Il y a là un important potentiel pour freiner, arrêter puis fermer les industries d'armement nucléaire. Le mouvement ouvrier, conjointement avec d'autres forces sociales, a donc un rôle très important à jouer dans le CND.

« SOCIALIST ACTION »,

L'élan de la croissance des courants de la Gauche large n'est donc pas venu du PC, mais de l'impact de la montée du courant qui suit Tony Benn à l'intérieur du Parti travailliste. Ce courant, dit

« benniste », se dessina en 1980 pour réformer le Parti travailliste de telle façon que ne puissent plus se produire les désasexpériences des gouvernements travaillistes de Harold Wilson (1974-1976)

et de James Callaghan (1976-1979).

Leur plate-forme était fondée sur la revendication de l'élection directe du leader travailliste (dirigeant du groupe parlementaire) par le parti plutôt que par les seuls députés, du choix des candidats à la députation par les sections locales du Parti travailliste, et la rédaction des manifestes électoraux par son exécutif national, sur la base de la politique adoptée lors des congrès, plutôt que par la direction du bien que les revendications concernant le programme de transformation du fonctionnement du Parti travailliste aient abouti dans leurs deux premiers objectifs, la lutte pour la direction du parti, menée par Tony Benn, a échoué face au mur de béton que constituait l'utilisation du vote bloqué par les syndicats lors du congrès travailliste. Ce vote bloqué, qui permet aux directions syndicales d'avoir jusqu'à 6 millions de votes lors des congrès du Parti travailliste, contre seulement

600 000 aux mains des sections locales du parti, donne à la bureaucratie syndicale

3. Le « Mouvement minoritaire » (Minority Movement) fut fondé en 1924 sur l'initiative du Parti communiste britannique, suivant la consigne du Komintern. A son apogée, il représentait plus d'un million d'ouvriers de l'in-

Il déclina après la défaite de la grève générale de 1926 et fut dissous dans les années

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cats. Leur stratégie générale a été expli- de la classe ouvrière britannique restent un droit de veto de fait contre toute progression de l'aile gauche.

Une partie des partisans de Tony

Benn se sont donc préoccupés du problème de savoir comment dépasser cet obstacle et s'attaquer à l'aile droite de la direction des syndicats, de la même façon qu'ils l'avaient fait pour la direction du parti lui-même. Cependant, comme c'est de tradition avec la social-démocratie de gauche en Grande-Bretagne, le courant Benn n'était pas efficacement organisé à la base. La seule figure qui aurait pu donner une direction nationale à ce courant, Scargill, concentrait ses efforts uniquement sur le Syndicat des mineurs.

La principale des forces de la Gauche large qui a bénéficié de l'impulsion donnée par le courant Benn a été le groupe Militant, tendance centriste au sein du Parti travailliste, dont le nombre des partisans est probablement aujourd'hui de 4 500. Paradoxalement pour une tendance du Parti travailliste, le groupe Militant n'a pas cherché à diriger ses forces vers un engagement actif dans le parti. Au contraire, il a concentré ses efforts à faire élire ses membres à des postes élevés dans la hiérarchie syndicale. Si ses gains dans ce domaine ont été impressionnants, l'évolution droitière de la politique du groupe Militant en général, et sa pratique purement économiste dans les syndicats, ont eu pour conséquence son incapacité à offrir une orientation distincte de celle du Parti communiste, qui reste la force la plus importante dans la gauche syndicale.

Le déclin du Socialist Workers Party (SWP) (4) dans les syndicats a également réduit les possibilités de construction d'une alternative de gauche. Le diagnostic d'un déclin de la lutte des classes, bien que fondé sur une certaine réalité, a conduit ce groupe à une politique abstentionniste et sectaire vis-à-vis de la lutte dans les syndicats. Tout en supprimant leurs organisations de base « frontistes » dans divers secteurs d'intervention (jeunes, antiracisme, etc), le SWP proclama son indifférence aux résultats de la lutte d'influence au sein du Parti travailliste et concentra son feu sur la « dénonciation » de Scargill, Benn et Livingstone, dirigeants de l'aile gauche.

L'analyse faite par le SWP, selon laquelle rien ne peut être construit au niveau national, a également eu conséquence un boycott de facto des courants de gauche. A la place, il se consacra à la reconstruction d'un syndicalisme de base sur les lieux de travail. Son attitude travailliste a conduit ses militants à s'opposer à l'affiliation à ce parti de syndicats comme celui des fonctionnaires des gouvernements locaux qui hésitait sur la question. Cette orientation a eu pour conséquence que de nombreux shop stewards, qui avaient rejoint ce groupe dans les années 1970, l'ont maintenant quitté. Certains d'entre eux, prenant les positions du SWP au pied de la lettre, se consacrent exclusivement au travail syndical, et d'autres abandonnent toute actipartisans du journal Socialist représentent une composante

GUC

ATTACK

THE BILL

ATTACK

TICE Manifestation syndicale contre la politique du gouvernement de Margaret Thatcher. (DR) ouvrier de ce journal, dans son numéro du 6 janvier 1984 : « Aujourd'hui, c'est sur l'organisation effective de l'aile gauche dans le syndicat que repose la défense du

En outre, cette gauche, c'est-à-dire les forces qui combattent réellement pour un syndicat indépendant et affilié au Parti travailliste, doit s'organiser a tous les niveaux.

« Des attaques comme celle contre l'affiliation au Parti travailliste ou contre le monopole d'embauche ne peuvent pas être simplement combattues au niveau local, même si c'est à ce niveau-là que la lutte démarre. La riposte exige l'organisation au plan national de ceux qui sont prêts à défendre un mouvement syndical indépendant et travailliste, basé sur l'organisation locale à tous les niveaux.

« Cette perspective de renversement du courant droitier dans les syndicats est aujourd'hui minoritaire, cela ne fait aucun doute. L'aile droite ne pourra être défaite que si cette minorité s'organise pour diriger la lutte contre les conservateurs à

«Il n'y a pas de raison d'attendre qu'une initiative vienne d'en haut. La gauche de la Confédération a beaucoup parlé de son opposition à Thatcher et à la ligne actuelle du Conseil général. Mais l'action est restée chose rare.

« Pour gagner le vote sur l'affiliation au Parti travailliste et sur le monopole d'embauche, la préparation doit commencer dès maintenant au niveau local et dans

« Chaque section du Parti travailliste doit lancer une campagne pour gagner le vote sur l'affiliation au niveau local. Chaque branche du syndicat, tous les courants de gauche doivent faire campagne pour obtenir le vote sur l'affiliation et sur le closed shop. Avec le soutien à toutes les luttes qui se mènent, ce sont là les problèmes principaux qui se posent aux syndicats et au mouvement travailliste pour l'année 1984. »

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REGION 3

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THE

BILL

Le fait que les organisations de base intactes signifie que l'offensive des conrencontrera l'opposition puissantes luttes dans la période qui s'ouvre. Mais étant donné la prédominance de l'aile droite dans la direction du mouvement syndical et la possible perte d'emplois pour ceux qui luttent effectivement, beaucoup de travailleurs seront prudents avant de s'attaquer aux patrons et au gouvernement. Cette prudence sera renforcée par la débâcle de la lutte du NGA.

Un double processus doit être engagé pour combattre ce pessimisme. Tout d'abord, un cadre national même imparfait doit être mis en place. Ensuite, les militants qui ont tiré la leçon de la succession de défaites subies par le mouvement ouvrier du fait des conservateurs, doivent s'organiser, comme minorité, pour lutter pour la direction du mouvement à tous les niveaux. C'est au sein d'un courant agissant que les travailleurs commenceront à tirer des conclusions socialistes révolutionnaires et décideront de la nécessité de rompre avec toutes les variétés de réformisme.

Aucun de ces espoirs n'est utopique. Le projet a été formé que Benn et Scargill lancent un journal commun qui allie la gauche dans le syndicat et dans le parti d'une manière bien plus solide que dans le passé. La capacité des marxistes révolutionnaires de proposer leur démarche au sein des forces attirées par de tels objectifs sera un facteur important, pour influencer aussi bien les luttes que la politique de la gauche dans les années à venir.

Steve ROBERTS, 5 février 1984. 4. Le Socialist Workers Party (SWP) est un groupe fondé et dirigé par Tony Cliff, précédemment appelé International Socialist. Une de ses spécificités programmatiques réside dans l'analyse qu'il fait de l'Union soviétique comme étant un régime de capitalisme d'Etat.

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