Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BELGIQUE

De la LRT au Parti ouvrier socialiste (POS)

Inprecor n° 170, 2 avril 1984 · p. 26-27 · 1 232 mots

Belgique IVe Internationale Syndicalisme

(POS) La Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT), section belge de la IVe Internationale, vient de tenir son 7e congrès national, les 17, 18 et 19 février 1984. Les 60 délégués présents ont ap prouvé à une très large majorité une résolution politique centrale intitulée « Vers un parti de l'avant-garde ouvrière », adopté une motion qui décide du changement de nom de l'organisation en Parti ouvrier socialiste - Socialistische Arbeiders Partij (POS-SAP), et de nouveaux statuts pour le parti. congrès de routine, ce Te congrès marque un tournant important dans l'histoire de la section belge de la IVe Internationale, suite à une longue discussion interne et bilan autocritique sur ses quinze dernières années d'activité.

La LRT fut formellement fondée en 1971, grâce à la fusion de trois organisations : l'ancienne section belge de la IVe Internationale de l'époque, la Jeune garde socialiste (JGS), organisation de jeunesse du Parti socialiste (PS) qui était, depuis 1969 déjà, sympathisante de la IVe Internationale, et un petit parti centriste de gauche, produit d'une scission du PS en 1965, dont l'aile wallonne, surtout, avait une base ouvrière dans quelques grandes entreprises industrielles de cette partie du

La nouvelle organisation allait néanmoins se construire dans des conditions objectives difficiles. Celles-ci étaient caractérisées par un développement inégal très marqué entre, d'un côté, les luttes ouvrieres en recul et, de l'autre, une radicalisation étudiante montante, mais aussi entre un prolétariat wallon qui subissait les du chômage, 1966-1967, et un prolétariat flamand combatif et renforcé par une expansion économique soutenue dans le nord du pays, sans pour autant que cette combativité soit relayée par un niveau de conscience et d'organisation syndicales comparables à ce qui continuait à exister en Wallo-

Ainsi, des trois composantes du départ, ce fut sans aucun doute l'ex-JGS qui fut l'élément dynamique, puisant des forces militantes dans les mobilisations anti-impérialistes, le mouvement étudiant, et ... les vagues successives de grèves ouvrières spontanées. Malgré la présence de militants ouvriers chevronnés et de délégués syndicaux de poids, la ligne et le fonctionnement de la LRT furent néanmoins avant tout déterminés, durant cette période, par le rôle qu'y jouaient les militants issus du mouvement étudiant. Cela amena, entre autres, un certain retard dans l'accumulation de cadres et de forces militantes, et quelques difficultés de recrutement et de stabilisation de travailleurs dirigeant les luttes de la classe ouvrière. Le recul des perspectives révolutionnaires en Europe, surtout après 1974-1975 au Portugal, et la violente offensive d'austérité menée par la la bourgeoisie, ont finalement. précipité une importante crise politique au sein de la LRT, à partir de la fin de l'année 1978.

Le 7e congrès se devait donc d'être un congrès de redressement. Ce redressement possible a exigé une analyse rigoureuse des principales défaillances de la LRT. Il s'est agi de jeter un regard sans complaisance sur la réalité concrète du mouvement ouvrier belge, de son avant-garde, et de la conjoncture sociale. Pas à pas, ce redressement fut opéré, la discussion autocritique se poursuivant en parallèle. Le « tournant vers l'industrie », décidé par le XIe congrès mondial de 1979, a donné un nouvel élan à la section belge. Cette importante mesure tactique imposa une réflexion nouvelle sur l'orientation politique et sur la manière de la mettre en œuvre. Ainsi, la direction de la LRT fut mise en prise directe avec l'intervention ouvrière et le travail syndical. La montée sociale quasi-ininterrompue des années 1979-1983 (plusieurs mouvements vers la grève générale, mobilisations annuelles des « Femmes contre la crise », marches des jeunes pour l'emploi, manifestations gigantesques contre les missiles de l'OTAN) a permis à la LRT de vérifier sa nouvelle orientation politique face à une réalité sociale en ébullition, limitant au maximum les dérapages des « débats internes » en les ancrant dans le vif

Le congrès, qui a décidé de proclamer le POS, a rompu avec une certaine tradition suivant laquelle une résolution politique centrale doit se construire en partant d'une analyse fouillée de la réalité objective et relègue les tâches de construction du parti à la portion congrue, tout au plus ponctuée par quelques formules rituelles en la matière. Cette fois-ci. la tâche de construction du parti a été placée au centre de la résolution et mise en rapport, successivement, avec une ré flexion théorique sur le parti (chapitre I), sur la nature de la période (chapitre II), sur l'orientation politique (chapitre III), sur le travail de masse et le mouvement syndical (chapitre IV), et sur la tradition du parti (chapitre V).

Il s'est agi de préparer ainsi une nouvelle étape du développement du POS qui, selon la résolution adoptée, offrira des possibilités certaines, malgré une conjoncture sociale très difficile pour le mouvement ouvrier. Ainsi, la résolution politique définit un but organisationnel précis pour les deux ans qui viennent : « Recruter et organiser, dans et autour du parti, plusieurs dizaines de travailleurs d'avant-garde issus de la classe ouvrière, et adapter tout le système organisationnel du parti, de haut en bas, pour faire de ces travailleurs, souvent des militants syndi-

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caux importants, les cadres du parti. »

Les prochains mois diront si le POS sera à même de relever ce défi. Il ne fait aucun doute toutefois que le POS-SAP (ex-LRT-RAL) dispose de quelques atouts sérieux pour cela. Ainsi, entre le 6e et le Te congrès, le POS a recruté 20 % de membres supplémentaires. Il comprend aujourd'hui 82% de travailleurs lariés, 25 % d'ouvriers et d'ouvrières de l'industrie, 22% de délégués syndicaux d'entreprise, dont plusieurs sont dans les comités exécutifs régionaux de leur centrale professionnelle. Tout dépendra de la capacité de la nouvelle direction élue au congrès - un comité central restreint à 28 membres, dont un tiers d'ouvriers - d'engager l'ensemble des membres de l'ex-LRT à poursuivre la transformation en profondeur du nouveau POS.

réaffirmée par le deuxième congrès de l'ORM (DS), en même temps que se poursuivait la discussion sur un premier bilan du PT et les nouvelles tâches à l'ordre du

Le congrès a également adopté, à une large majorité, la décision importante de demander la reconnaissance (DS) comme section brésilienne de la IVe Internationale. Il y a déjà plusieurs années que l'ORM (DS) - et, auparavant, les groupes aujourd'hui fusionnés en son sein - maintenait des rapports fraternels et actifs avec la IVe Internationale. La décision de s'incorporer à la IVe Internationale est par conséquent la conclusion logique de ce processus de collaboration.

En ce qui concerne les questions politiques de l'heure au Brésil, deux débats ont pris un relief particulier dans le congrès. Celui sur la situation du mouvement syndical, à partir de la division qui s'est en même temps la nécessité de l'unité d'action avec les secteurs réformistes regroupés dans le Conclat, et d'un congrès de réunification des deux centrales en construction. La division, délibérément provoquée par les jaunes et les réformistes du PC, qui se trouvaient en minorité en août 1983, à la veille du second Congrès de la classe travailleuse et de la fondation d'une centrale réellement unique, pas aux secteurs combatifs, contrairement à ce que croient naïvement de nombreux syndicalistes de la CUT. Elle constitue plutôt un obstacle à la mobilisation et à la préparation d'une nouvelle grève générale, plus massive que celle de juillet 1983 contre la crise et la dictature (cf. Inprecor numéro 158 du 10 octobre 1983).

En ce qui conterne la campagne pour l'élection directe, l'ORM (DS) défend un

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