Le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section péruvienne de la IVe Internationale, a tenu son congrès national les 3 et 4 mars derniers, le troisième depuis sa fondation, en 1978. Une délégation du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale y était représentée. L'ordre du jour incluait le bilan de l'orientation et de l'activité du parti, l'analyse de la situation politique nationale, le projet politico-organisationnel de construction du parti à cette étape, et les élections des instances de l'organisation, dont un comité central de 15 membres et 3 sup-
La discussion sur la réorientation politique, décidée par une large majorité au comité central en décembre dernier, a été au centre du congrès (1). Cette réorientation a abouti à une autocritique de l'orientation passée du PRT et à la de demander l'adhésion à l'Izquierda Unida (IU, Gauche unie), structuregroupe la presque totalité des organisations politiques et syndicales se revendiquant du mouvement ouvrier. Les textes proposés par la direction sortante ont été tous approuvés, soit à l'unanimité, soit à une très grande majorité
A la veille même du congrès, quatre membres minoritaires du comité central sortant du PRT ont organisé une scission. Ces camarades s'étaient opposés à la réorientation politique votée au mois de décembre dernier et s'étaient par la suite organisés en tendance pour le congrès. Dès qu'il fut clair qu'ils n'avaient pas réussi à gagner la majorité des membres du parti à leur point de vue, ils contestèrent alors la légitimité de certaines normes de représentation au congrès et le congrès lui-même. Ces normes de représentation avaient pourtant été fixées sur la base d'un accord unanime avant même la division qui se produisit au mois de décembre, et à plus forte raison avant la formation de cette tendance minoritaire. De toute façon, le droit de la minorité du
C'est par une manifestation de 1 500 personnes qu'un dernier hommage a été rendu, le 27 avril dernier à Pierre Frank. Parmi l'assistance se côtoyaient plusieurs générations de militants appartenant ou ayant appartenu au courant trotskyste. Des centaines de militants de la LCR de la région parisienne avaient quitté leur travail pour assister à ce rassemblement. Outre une importante délégation de Lutte ouvrière (LO) étaient aussi présents des représentants de l'ensemble des autres groupes trotskystes de France et de plusieurs sections de la IVe Internationale, ainsi que de nombreuses personnalités démocratiques. Ernest Mandel, au nom du SU de la IVe Internationale, José Iriarte
Bikila pour la LCR-LKI de l'Etat espagnol, Barry Sheppard au nom du SWP des USA,
Jakob Moneta du GIM de RFA, Charlie Van Gelderen, ancien militant en Afrique du
Sud au nom de la section britannique de la IVe Internationale, et, enfin, le camarade
Alain Krivine pour la LCR, ont tour à tour pris la parole lors de cette commémoration.
PRT à se présenter au congrès, y compris pour y contester les mandats si elle estimait devoir le faire, a été parfaitement respecté. Elle ne l'a pas fait, parce qu'elle savait pertinemment que son orientation était minoritaire aussi bien au niveau des délégués au congrès qu'à celui du parti dans son ensemble.
Par ailleurs, les militants minoritaires, comme ils l'ont eux-mêmes déclaré, n'étaient aucunement prêts à accepter la discipline du congrès, dans la mesure où, selon eux, la nouvelle orientation du PRT comportait une rupture politique de principe par rapport au passé. Dans un texte qu'ils ont diffusé après le congrès, ces militants ont en effet caractérisé Izquierda Unida comme « un front politique sous hégémonie réformiste, qui prône la conciliation, s'adapte au niveau de conscience des masses les plus arriérées en soumettant le mouvement ouvrier et populaire à la direction de la petite bourgeoisie, pour arriver au pouvoir par voie électorale et par une politique de réformes. Son axe programmatique est l'allianouvrier et populaire avec la bourgeoisie moyenne et la bourgeoisie nationale ».
Quant à l'initiative du groupe minoritaire autour de Raul Castro Vera de convoquer - et d'annoncer frauduleusement dans la presse, avant même sa réalisation — un congrès parallèle, ayant connu une participation dérisoire, elle n'a trompé personne au Pérou. Elle n'a finalement « trompé » que les rédacteurs de Tribune Internationale, organe mensuel du regroupement international du Parti communiste internationaliste (PCI) de France, tout particulièrement intéressés à rendre publique, dans le numéro d'avril 1984, une version qui ne se base sur aucun fait
Après son congrès, le PRT a lancé une nouvelle formule de son organe de presse mensuel, Combate Socialista, et a ouvert un nouveau local central, ce qui dénote un réel progrès organisationnel. Dans l'éditorial du numéro 1984 de Combate Socialista, le PRT définit comme suit sa position par rapport au regroupement IU : « Nos objectifs dans Izquierda Unida se placent sur deux terrains : le terrain électoral et celui des luttes des travailleurs. En ce qui concerne le premier et face à l'attitude honteuse d'un secteur de la gauche, nous devons dire que la révolution n'est pas un chemin rectiligne ; les révolutionnaires ne peuvent pas choisir leur chemin en faisant abstraction de la réalité. A propos des élections, il n'y a que deux attitudes possibles : soit nous les utilisons, soit nous les boycottons. élections devra aider à éduquer les masses et à développer leurs luttes. Nous devons
Izquierda Unida en moteur des luttes des travailleurs. Politiquement, il existe un rapport dialectique entre Izquierda Unida et les organisations de masse. L'intégration de ce front dans les organisations de masse permettra de construire un mouvement ouvrier et populaire puissant qui résiste à l'offensive de la bourgeoisie et, en partant de là, se pose des tâches révolutionnaires. »
1. Cf. Inprecor numéro 164 du 9 janvier