La « Déclaration sur l'Amérique cen- Honduras et du Costa-Rica respectent les
NICARAGUA
Rencontre syndicale
internationale de Managua
Du 24 au 27 avril 1984 s'est tenue à Managua une rencontre internationale syndicale pour la paix en Amérique centrale. Celle-ci avait été appelée par la Coordination syndicale nationale du Nicaragua (CSN) à l'occasion du 50e anniversaire de l'assassinat d'Augusto Cesar Sandino, leader historique de la lutte de libération nationale nicaraguayenne (1). Cette rencontre a réuni 240 délégués représentant 133 syndicats nationaux de 68 pays différents appartenant à toutes les principales structures internationales du mouvement syndical mondial. Malgré la présence de la CGT française et de la CGIL italienne, le mouvement syndical européen était moins largement représenté que son homologue du continent américain. La CFDT française avait notamment refusé l'invitation des syndicats nicaraguayens. Il s'est pourtant agi d'une véritable conférence unitaire qui a lancé un appel à « l'unité des travailleurs du monde » en défense des peuples d'Amérique centrale. L'unanimité des congressistes a adopté une motion « Spécial Nicaragua » (cf. encart) et approuvé deux déclarations, respectivement intitulées « Déclaration sur l'Amérique centrale » et « Déclaration de Managua Nicaragua libre »: « Ils ne passeront pas ! Vive la Révolution ! » (DR)
VYA
trale » votée par la conférence contient un plan d'action précis pour développer la solidarité. Celui-ci propose de :
« - Mettre en avant, à l'occasion du ler mai à travers le monde, la solidarité avec les peuples d'Amérique centrale, avec le Nicaragua et le Salvador en •particulier.
- Organiser des comités syndicaux de solidarité avec le Nicaragua et le Salvador et assurer la mobilisation avec les autres secteurs qui participent à la solidarité dans nos pays. Notre but est d'arrêter la guerre d'agression, notre slogan est « Non à l'intervention en Amérique centrale ! »
- Informer tous les travailleurs du monde des agressions contre les peuples d'Amérique centrale, en particulier ceux du Nicaragua et du Salvador, et expliquer l'aggravation de la situation socioéconomique de ces pays.
- Dénoncer les agressions dont l'Amérique centrale, en particulier le Nicaragua et le Salvador, sont victimes, à la réunion du Bureau international du travail (BIT) qui doit se tenir en juin, afin qu'une résolution condamnant cette politique y soit adoptée.
- Exiger que les gouvernements du
NOPASAR
VIVA
suite de la page 28 gouvernement du Nicaragua
- Envoyer des messages de protestation au Congrès US, aux Nations-Unies et aux autres organisations internationales, signés par des travailleurs dans tous les
— Promouvoir, en particulier parmi les marins, la solidarité avec les peuples d'Amérique centrale en général, et avec le peuple du Nicaragua en particulier, qui font face au blocus et au minage de leurs ports, partie intégrante de l'escalade des plans d'invasion financés par l'adminis tration Reagan.
- Organiser des débats, des tables rondes, des conférences dans les organisations internationales, régionales et locales, afin d'exposer la politique de minage des ports nicaraguayens appliquée par l'administration Reagan en violation de la
- Nous engager à tenir une semaine de solidarité avec l'Amérique centrale, et avec le Nicaragua en particulier, du 15 au 21 juillet 1984. Comme action de solidarité matérielle avec le peuple du Nicaragua pendant cette semaine, les travailleurs du monde donneront une partie de leur journée de salaire du 19 juillet.
- Développer des campagnes pour la libération des syndicalistes emprisonnés et kidnappés au Salvador, au Guatemala
- Organiser des manifestations de protestation devant les ambassades des Etats-Unis dans nos pays respectifs et devant des ambassades des gouvernements qui soutiennent la politique interventionniste de l'administration Reagan en Amérique centrale.
- Organiser des brigades de techniciens et de travailleurs volontaires au Nicaragua et des campagnes d'assistance matérielle au peuple du Nicaragua en collectant des fonds, des produits alimentaires et des médicaments qui soutiendront l'héroïque défense de la révolution sandiniste.
— Afin de permettre l'information du mouvement syndical et la continuité des actions de solidarité, la Coordination syndicale nationale du Nicaragua restera en relation permanente avec les organisations syndicales des différentes régions du
Une telle résolution est d'autant plus significative qu'elle émane d'une conférence rassemblant des travailleurs « de tous les continents et de différents courants syndicaux et idéologiques », selon l'expression même d'un des textes votés à Managua. Elle appelle à des actions unitaires de solidarité. Il reste maintenant à agir pour que ces décisions se traduisent par des actions pratiques. La prochaine échéance est la semaine du 15 au 21 juillet, date à laquelle il est proposé par l'ap pel d'organiser, entre autres choses, une collecte mondiale en solidarité avec le Nicaragua, le Salvador et l'Amérique centrale.
ler juin 1984.
traités et conventions internationaux sur les relations entre Etats et le droit d'asile, et ne permettent pas que leurs territoires soient utilisés comme bases d'agression contre le Nicaragua. Dans le cas du Costa-Rica, exiger que son gouvernement applique sa politique proclamée de neutralité, expulse de son territoire les bandes contre-révolutionnaires en démantelant les structures qui pourraient servir de bases opérationnelles pour des attaques criminelles et impunies contre le peuple du Nicaragua. Exiger l'annulation immédiate de l'autorisation donnée aux conseillers militaires des Etats-Unis d'entrer au Costa-Rica en novembre prochain.
- Demander que nos gouvernements respectifs condamnent l'intervention US en Amérique centrale et exiger de nos gouvernements qu'ils fournissent au gouvernement nicaraguayen le matériel pour l'aider à déminer ses ports, et qu'ils garantissent ensuite la liberté du trafic civil maritime international. Leur demander de renforcer leurs relations diplomatiques, économiques et culturelles avec le suite page 27 1. Cf. le texte de cet Appel dans Inprecor numéro 167 du 20 février 1984.