Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COLOMBIE

L'analyse du PSR sur la trêve entre le gouvernement et la guérilla

· Inprecor n° 175, 11 juin 1984 · p. 22-24 · 3 336 mots

Syndicalisme Amérique centrale IVe Internationale

E 28 mai 1984 entrera en vigueur la trêve conclue le 28 mars dernier entre l'état-major des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et certains membres de la Commission de la paix. Cet accord a été ratifié par le président de la République, Belisario Betancur, et il doit durer un an. Il permet de rétablir les autorités civiles dans les régions militarisées et l'usage de la carte d'identité qui avait été remplacée par celle d'un sauf-conduit militaire. Cette situation de militarisation de plusieurs régions du pays, dénoncée par l'organisme humanitaire Amnesty International, avait donné lieu à de nombreuses violences envers les paysans, en les empêchant notamment de circuler librement, en provoquant la rareté et le renchérissement des vivres et des

Cette trêve implique le cessez-le-feu entre l'armée et la guérilla et l'arrêt des actions et des opérations militaires, mais elle n'implique pas, de la part des organisations de guérilla qui ont accepté cet accord, qu'elles déposent les armes. Plusieurs commissions chargées de vérifier le respect de la trêve vont fonctionner dans les principales régions affectées par les affrontements militaires et vont contrôler la réalisation du plan contlit qui éclata au sein du • M... . une différenciation qualitati la réponse qu'il fallait donner à de telles pressions sociales et politiques.

L'expérience tragique de la révolution grenadienne confirme donc l'im] 5: tance vitale, pour la consolidation d' d'une articulation entre un pouvoir des travailleurs institutionnalisé, parti-Etat, et une conception léniniste de la construction du parti (extension de la base prolétarienne, libre discussion politique, capacité à lancer la discussion publique liée aux intérêts clés des masses, etc.) Une telle articulation, loin de freiner l'exercice du pouvoir par le prolétariat ou la consolidation de sa dictature, constitue une garantie indispensable pour la défense de ce pouvoir à la fois contre l'impérialisme et contre les dangers d'un processus de bureaucratisation. Cela évite que les masses ne soient surprises par des événements tels que ceux qui se sont produits à Grenade.

La tragédie grenadienne doit aussi nous aider à renforcer l'éducation des militants révolutionnaires partout dans le monde, en leur faisant comprendre pourquoi la violence ne doit jamais être utilisée contre les masses ou entre des révolutionnaires pour régler des divergences

La tâche prioritaire de la IVe Internationale, étant donné la victoire de la contre-révolution à Grenade, est de participer au mouvement international de solidarité avec les masses et les révolutionnaires grenadiens contre l'impérialisme américain et ses fantoches, et d'expliquer les raisons de la défaite, dans laquelle la prise du pouvoir par la fraction Coard joua un rôle clé. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour construire ce mouvement.

- Retrait immédiat des troupes étrangères de Grenade !

- Bas les pattes devant les acquis des masses grenadiennes!

- Restauration immédiate et sans restrictions des droits démocratiques pour les masses !

La IVe Internationale participe aussi au mouvement international de solidarité avec les organisations ouvrières grenadiennes et la Fondation Maurice Bishop, et s'efforce de les défendre contre des tentatives éventuelles de répression de la part du régime réactionnaire instauré à Grenade. Elle s'employera aussi à mettre en garde tous ceux et celles qui constituent son audience dans les couches d'avant-garde contre les dangers accrus d'intervention contre-révolutionnaire contre la révolution centro-américaine, le gouvernement révolutionnaire sandiniste et Cuba.

Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale, 13 mai 1984.

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L'analyse du PSR sur la

et la guérilla

médicaments soumis au contrôle des postes de réquisition de l'armée. de réhabilitation de la zone.

Le gouvernement s'est engagé, dans l'accord avec la guérilla, à présenter devant le Congrès, lors de sa session ordinaire du 20 juillet prochain, des projets de réforme politique et à préparer des mesures de réforme sociale. L'accord ainsi conclu a été appuyé par le mouvement syndical et populaire comme étant un pas important sur la voie de la négociation avec la guérilla et de la conquête d'une avoir discuté avec le président Betancur lors de son voyage en Espagne, en octobre 1983, les dirigeants du Mouvement du 19-avril (M-19), Ivan Marino Ospina et Alvaro Fayad, ont tenu des réunions avec la Commission de paix et le gouvernement. Ensemble avec Ernesto Rojas, commandant de l'Armée populaire de libération (EPL) et ses camarades Francisco Caraballo et Oscar

Calvo, membres du Comité central du Parti communiste marxiste léniniste (PC m-l), ils ont signé un document dans lequel ils déclarent : « Le gou-

1. La guérilla a une longue histoire en CoElle constitue une réaction d'auto-défense des paysans face à la violence des propriétaires terriens et de l'armée. La guerre civile de 1948 entre le parti libéral et le parti conservateur a donné naissance à une guérilla libérale, qui fut à l'origine de la formation, beaucoup plus tard, des FARC actuellement liées au Parti

La Commission de paix est une structure de dialogue avec la guérilla, créée à l'initiative personnalités indépendantes du régime, dont Socorro Ramirez, dirigeante du PSR.

2. Le M-19 est un mouvement de guérilla plus récent que les FARC, qui s'est attiré, dans un premier temps, une certaine sympathie populaire en engageant des actions à caractère offensif, alors même que les FARC développaient trêve entre le gouvernement vernement a fait un pas important en reconnaissant les mouvements de guérilla comme force belligérante, et des réunions vont se tenir les prochains jours pour discuter un cessez-le-feu dans le cadre de l'accord signé avec les FARC. (2) » Ces deux organisations ont demandé ensemble une réunion multilatérale et qu'un dialogue national accompagne la négo-

Parti communiste colombien (PCC), qui connaît aujourd'hui une crise interne, a fait récemment des propositions allant dans le sens de l'organisation d'un plébiscite national pour les réformes politiques et la trêve avec la guérilla, si la majorité du Congrès n'approuve pas ces réformes (3). Un nouveau groupe issu des FARC, la colonne Franco, a par ailleurs revendiqué une série d'actions militaires et a annoncé une offensive de guérilla urbaine, montrant ainsi son désaccord avec le pacte signé par la direction des FARC et avec le fait que celle-ci ait condamné les séquestrations et le terrorisme individuel en ordonnant la mise en liberté des personnes qu'elle détenait. plutôt des actions de type défensif. Mais, au cours de la dernière période, le M-19 a gâché une bonne partie de ce capital de sympathie en tentant, par ses actions militaires et sur la base tionnaires de la conjoncture, de précipiter artificiellement la crise du régime. guérilla liée au PC m-l de Colombie.

3. Le Parti communiste colombien fait face à une crise interne qui a éclaté au grand jour avec la démission d'Humberto Criales de la Rosa, membre du comité exécutif du PCC, élu sénateur sur la liste de la coalition du Front démocratique. Deux autres dirigeants de ce parti, Alvaro Vasquez et Alvaro Delgado, également membres du comité exécutif, ont annoncé leur retrait de cette instance.

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LA POSITION DU PSR Le Parti socialiste révolutionnaire (PSR), section colombienne de la IVe Internationale, a salué cet accord comme un acquis positif du mouvement démocratique, populaire et révolutionnaire, dans la mesure où ce dernier a exigé que la négociation avec la guérilla se déroule dans les conditions formulées par les insurgés eux-mêmes. Cela implique que le résident Betancur ait réussi à convaincre 'ensemble de la bourgeoisie que la voie politique, c'est-à-dire la négociation et le dialogue, était la meilleure façon de faire face aux mouvements de guérilla et de préparer une contre-offensive contre le mouvement de masse. Bien entendu, le régime ne cessera pas d'apporter son soutien à l'action civico-militaire, à la modernisation des forces armées et à la création de nouveaux commandos opé-

La signature de cet accord ne signifie pas que la totalité des secteurs de la bourgeoisie soient d'accord avec la négociation et le dialogue. Des éditoriaux de la grande presse, des déclarations d'organisations patronales et de la hiérarchie militaire avaient exigé que les armes soient purement et simplement déposées par la guérilla avant que le président Betancur ne proclame le cessez-le-feu. Cela signifie que, pour les classes dominantes, le choix qui a été fait, sur la base des événements confrontation nationale avec la guérilla par la voie institutionnelle.

Pour la gauche et les organisations de guérilla, le cadre de cet accord permet d'insister fortement sur la nécessité de s'opposer au militarisme en réclamant la démilitarisation des zones rurales, la dissolution des organismes paramilitaires, la réapparition des disparus, le châtiment des responsables de tortures, comme le général Vega Uribe, actuel commandant de l'armée et candidat au poste de ministre de la Défense, qui fut chef de la Brigade des instituts militaires sous le gouvernement de Julio Cesar Turbay Ayala avant 1982, au moment où Amnesty International avait dénoncé l'existence de 50 centres où étaient appliquées massivement 35 formes différentes de torture.

Ce sont les grands propriétaires fonciers colombiens - qui conservent leur pouvoir économique en utilisant des bandes de tueurs à gages et en maintenant des liens directs avec l'armée - qui sont les responsables de la violence sévissant dans les zones rurales. La guérilla urbaine, s'explique par le caractère étroit et limité des institutions bipartistes, qui entravent les possibilités d'expression de l'opposition, ainsi que par la place occupée par la militarisation du pays sous l'impact de la théorie dite de « sécurité nationale » imposée par le Pentagone aux armées latino-américaines à la fin des années 1950 et, en Colombie, à partir de l'accord de Front national de 1958 entre les deux grands partis bourgeois.

La question, de la lutte armée est donc un problème de tactique politique.

Compte tenu de l'évolution récente du régime et du niveau de conscience actuel de la population, il nous paraît plus adéquat, pour impulser les luttes de masse, d'avoir recours aux organisations naturelles des masses populaires, à savoir les syndicats, les conseils paysans, civiques, de quartiers ou populaires, pour y propager les idées fondamentales des marxistes révolutionnaires, et ceci avec la conviction que même si nous n'obtenons pas de résultats très massifs immédiatement ou des succès à court terme, nous pouvons avancer vers l'organisation d'une force ouvrière et populaire qui soit une alternative de classe au régime existant. L'avant-gardisme de la guérilla a fait obstacle à ce travail lent et patient. Nous nous sommes opposés aux pratiques aventuristes du terrorisme individuel et des séquestrations, qui ont semé le désarroi dans les masses populaires et ont fourni des prétextes aux forces du régime pour recourir à la répression.

Il ne s'agit pas tant, pour les révolutionnaires, d'inventer des formes de lutte que d'œuvrer à leur généralisation, en les organisant en pratique lorsqu'elles apparaissent d'elles-mêmes dans le cours du mouvement de masse. C'est pour cela que nous appuyons les formes d'autodéfense de masse qui se développent dans les zones rurales, afin de riposter aux agressions directes des propriétaires fonciers et des assassins à leur solde.

La lutte contre la violence du capitalisme semi-colonial, de son Etat et de ses forces répressives, est une nécessité que nous soulignons quotidiennement par la dénonciation, les protestations et la mobilisation. Le peuple et les travailleurs s'opposent à cette violence et à ses manifestations les plus brutales, telles que la torture et les assassinats politiques, en se mobilisant et en se défendant par tous les moyens à sa disposition. Cela, alors que le mouvement de masse — malgré des expériences positives, tels que les 15 grèves de

Récupération de terres par des paysans colombiens. (DR) l'an passé et les mobilisations civiques de cette année — n'a toujours pas trouvé de direction capable de centraliser ses revendications à l'échelle nationale.

Le mouvement ouvrier et populaire est ainsi placé face à un piège idéologique qui oblige les révolutionnaires à se confronter aux partis bourgeois dans des conditions d'inégalité institutionnelles - dues à l'instauration du bipartisme -, pour obtenir l'indépendance politique des exploités. Il ne s'agit pas là d'un processus d'élargissement progressif de la démocratie bourgeoise, car la bourgeoisie, combinant la voie institutionnelle et la répression, accentuera ses attaques contre le mouvement de masse, comme le montrent la récente réforme judiciaire et le consensus patronal destinés à imposer une réforme du travail réactionnaire, tout comme le retour à l'utilisation de l'état de siège le ler mai dernier. Globalement, toutes ces causes ont conduit le régime bipartiste colombien à choisir d'exercer sa domination sur les exploités en privilé giant les éléments de consensus du système, tels que les institutions, les faux-semblants juridiques, la démocratie parlementaire avec toutes ses limites, afin de se préparer à affronter, à freiner, à désarticuler et à tromper les travailleurs et le peuple.

Une telle orientation ne change pas la nature anti-ouvrière et anti-populaire du gouvernement Betancur, dont la caractéristique fondamentale, celle qui définit

4. Après une guerre fratricide meurtrière, les partis libéral et conservateur se sont engagés, en 1958, dans un pacte de Front national par lequel ils sont convenus d'une alternance à la présidence du pays et du partage à égalité des postes gouvernementaux. Initialement prévu jusqu'en 1974, puis prorogé jusqu'en 1978, cet accord passé marque de son sceau la politique actuelle dite du bipartisme. Le jeu politique est ainsi réduit à sa plus simple expression et se limite aux deux grands partis bourgeois dominants.

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son comportement envers les masses, est qu'il garantit la surexploitation bourgeoise, comme lorsqu'il bloque les hausses de salaire en-dessous de la hausse du coût de la vie, met en place des plans d'austérité et impose l'accroissement du chômage comme prix de la crise économique aiguë qui sévit actuellement. UN GOUVERNEMENT ANTI-OUVRIER

ET ANTI-POPULAIRE Le ler mai, l'état de siège était à nouveau imposé, après l'assassinat du ministre de la Justice, Rodrigo Lara Bonilla, par la mafia des trafiquants de drogue (5). Le programme d'action le plus important que s'était fixé le ministre de la Justice était de lutter contre la participation à la vie politique de secteurs importants de la mafia, dont le poids dans la vie économique et politique du pays est très grand. Pourtant, ses dénonciations n'ont pas obtenu un appui réel, qui aurait pu se concrétiser par des mesures telles que l'application du traité d'extradition des personnages liés au marché international des stu-

Le sénateur Lara avait dénoncé nominalement les membres de la mafia qui finançaient les activités du MAS (Mort aux séquestrateurs)(6), et le procureur général de la Nation, Carlos Jimenez Gomez, avait engagé des recherches sur les actions de cet appareil paramilitaire qui a assassiné, fait « disparaitre », torturé et menacé des centaines de dirigeants populaires, syndicaux et révolutionnaires. Mais les résultats de ces recherches, qui ont mis en cause plus de 50 militaires de haut rang et en service actif, ont été détournés. Les pressions des militaires ont permis que les procès soient contrôlés. Elles ont empêché que la justice ordinaire puisse conclure ses enquêtes, évité que ces organisations soient neutralisées et les coupables châtiés.

L'assassinat du ministre avait donc pour but d'étouffer les le pouvoir de la mafia et l'impunité dont elle jouit, et de provoquer l'état de siège. Les secteurs qui, dans l'armée ou au sein du régime bipartiste s'opposent à la trève et qui sont opposés à l'ouverture démocratique, ont profité de la situation pour au durcissement immédiat du régime. Il y mois, l'état de siège ments de Huila, Caqueta, Cauca et Meta, pour répondre à l'occupation militaire de la ville de Florencia, capitale de Caqueta, par le M-19. Maintenant, alors que l'état de siège est étendu à tout le pays, le president Betancur la justifié l'opinion publique en disant qu'il s'agissait d'affronter la mafia, de lutter contre la délinquance et la violence. qu'avait déjà affirmé le précédent président, Turbay Ayala, pour justifier la mesure extrêmement répressive du Statut de securite, mesure qui tut appliquee ensuite contre les grévistes, contre les mobilisa• tions et les manifestations de protestation. Le bilan en fut la violation des droits de l'homme et des libertés syndicales, l'intervention militaire contre les l'emprisonnement de travailleurs combatifs, l'assassinat révolutionnaires, exercée sur des détenus politiques. La violence et l'insécurité s'en sont trouvées aggravées et la mafia n'a pas été atteinte.

La crise économique actuelle a d'énormes conséquences sur le plan social, avec un chômage qui atteint près d'un million de personnes, surtout dans les villes principales. Le cas le plus alarmant est celui de la ville de Medellin, où le chômage oscille entre 14 % et 17 % de la population active, tandis qu'à Bogota, il atteint 12 %. Cette situation est encore plus dramatique avec l'instauration de la Taxe à la valeur ajoutée (TVA), qui a provoqué une énorme hausse des prix des articles de première nécessité

Le gouvernement de Belisario Betancur bénéficie encore de la sympathie de larges secteurs de la population, bien qu'il mette en œuvre une gestion économique et sociale clairement anti-ouvrière et anticoncrétisée par son récent Plan pour le changement dans l'équité. C'est ce que démontre la limitation des hausses de salaire, l'augmentation (à la fois publique et clandestine) des tarifs des transports, la hausse des tarifs des services publics, la militarisation ciaux tels que ceux des travailleurs portuaires, des travailleurs du pétrole et des métallurgistes, la militarisation des zones rurales et indigènes où se produisent des disparitions et des assassinats, la prolifération des licenciements collectifs avec l'aval du ministère du Travail.

Le gouvernement Betancur a certes opéré un certain changement de style politique par rapport à ses précédesseurs, en acceptant l'amnistie démocratique, en choisissant de faire partie des pays non-

Men prenant des initiatives telles que la formation du groupe de Contadora (Colombie, Mexique, Panama, Venezuela) qui exprime une faible résistance à la politique agressive des Etats-Unis en Amérique centrale. Mais, pour l'essentiel, il dirige un gouvernement libéral-conservateur dans lequel le style du régime de Front national s'exprime par le fait que le bipartisme détermine toujours la vie politique du pays, les moyens de communication et contrôle, par des moyens frauduleux, le système électoral.

UNE REPRISE DE L'ACTIVITE DU MOUVEMENT OUVRIER ET POPULAIRE

D'importantes grèves civiques régionales ont eu lieu récemment dans le sud-ouest d'Antioca et à Narino, contre les hausses des prix des services publics et l'abandon de toute politique sociale dans ces ré-

Get de grandes mobilisations se sont déroulées contre la politique éducative du gouvernement et pour la défense de l'enseignement public. Il y a eu des grèves dans les ports et dans l'industrie textile, des mobilisations et des arrêts de travail dans les télécommunications, les services administratifs, les services judiciaires, les services téléphoniques et dans d'autres secteurs d'Etat. Ces actions, par la fédération syndicale FENALTRASE, ont mis en échec le blocage salarial établi par le gouvernement et sont un signe que de nouvelles développer à l'avenir. En même temps, le processus d'unification de larges secteurs du mouvement syndical vers la constitution d'une cendémocratique, te, sur des bases de classe, se renforce.

La gauche colombienne qui, lors des élections locales, municipales et provinciales du 11 mars dernier, s'est présentée en majorité unie au sein d'une coalition électorale appelée Front démocratique, mettant en avant une plate-forme de revendications ouvrières, populaires et anti-impérialistes, pour les libertés syndicales et politiques, la trêve négociée, le dialogue et la paix démocratique, pour une centrale syndicale unitaire et pour la solidarité avec le Nicaragua, le Salvador, Grenade et Cuba.

L'unité de la gauche sans libéraux et sans conservateurs, réalisée en cette occasion dans la majeure partie du pays à l'exception des villes de Barranquilla et de Narino, où le PCC s'est allié avec des secteurs libéraux, constitue une victoire politique. Celle-ci va sans doute permettre de développer et de consolider une politique indépendante face au bipartisme, et une action révolutionnaire et populaire dont nous voulons qu'elle se prolonge dans la lutte pour la réforme politique, l'ouverture démocratique et les batailles anti-impérialistes qui sont à l'ordre du jour. Cette orientation pourrait s'incarner lors des élections présidentielles de 1986, au travers d'une alternative politique de masse construite sur la mobilisation.

Socorro RAMIREZ, Bogota, 12 mai 1984. 5. En juin 1982, le gouvernement de Betancur avait levé l'état de siège puis pris, en novembre de la même année, quelques mesures d'amnistie.

6. Le MAS est une organisation paramilitaire créée par la mafia de la drogue pour faire échec aux enlèvements de ses membres ou de leurs proches parents.

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