Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BOLIVIE

Les mobilisations après l'enlèvement du président Suazo

Inprecor n° 178, 23 juillet 1984 · p. 26-27 · 772 mots

Pérou et Bolivie Syndicalisme

Les mobilisations après l'enlèvement du Président Suazo L'enlèvement, en juin dernier, pendant plusieurs heures, du président bolivien Silez Suazo, qui a eu un très grand écho dans la presse internationale, a confirmé qu'il subsiste en Bolivie un courant important qui vise à renverser par un coup d'Etat le régime démocratique parlementaire instauré en octobre 1982. (Voir également Inprecor numéro 168 du 5 mars 1984).

Un communiqué du Parti ouvrier révolutionnaire unifié (PORU), section bolivienne de la IVe Internationale, explique les événements de la façon suivante :

« 1) Le kidnapping du président Siles ne peut pas être considéré comme un fait isolé. Il entre dans le cadre d'un plan putschiste d'ensemble de la droite narcofasciste (narco : trafic de narcotiques, ndlr.). Les manœuvres qui ont abouti à ce kidnapping furent précédées d'une série

«- dans la nuit du 23 juin, le présiles partis gouvernementaux avaient été informés que cette nuit-même un coup d'Etat aurait lieu. La réaction du gouvernement fut de prendre des mesures de sécurité pour ses membres, sans faire aucun commentaire ni alerter les travail-

« - une semaine avant le kidnaples chefs et les officiers des diffédépartements des forces armées avaient ordonné à tout leur personnel civil et militaire de se procurer des biens de première nécessité, parce que chose de gros" allait se passer le samedi.

« 2) German Linares, chef du groupe qui a organisé le kidnapping et commandant des "Léopards" (groupe de police spécial) était un homme de confiance du ministre de l'Intérieur, Alvarez Pla-

« 3) En fait, le kidnapping du président faisait partie d'un plan de coup d'Etat préparé par des militaires impliqués dans le trafic de la drogue. (...) Il faut y ajouter des dirigeants de l'ADN de comme Marcelo Galindo et Gonzalo Torrico, et des éléments de la FSB (Phalange socialiste bolivienne, droi-

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Le kidnapping du 30 juin a provoqué une riposte vigoureuse de la part des organisations syndicales. La Centrale ouvrière bolivienne (COB) a publié un communiqué condamnant la tentative de putsch et appelant à la mobilisation des travailleurs. Elle a annoncé son intention de constituer un commandement civil et militaire de « défense de la démocratie avec la parde la COB l'Union démocratique populaire (UDP) et de secteurs démocratiques des forces armees ». Le 2 juillet, de grandes manifestations ont eu lieu dans les principales villes du pays. A La Paz, 20 000 personnes se sont rassemblées au centre de la ville. Filemon Escobar y a pris la parole au nom de la direction syndicale et saisissait l'occasion pour avancer encore une fois les revendications des travailleurs et pour faire approuver par la masse des travailleurs rassemblés la suspension temporaire du paiement de la dette extérieure décidée par le gouvernement. A Cochabamba, le dirigeant local, Sabino Rodriguez, était encore plus explicite : les mobilisations des travailleurs n'impliquent selon lui aucun appui au gouvernement, dont la politique économique doit être condamnée. Leur but est la défense du « proces-

En fait, la COB, qui avait suspendu son ordre de grève générale au moment de l'enlèvement, a repris sa lutte pour les revendications des travailleurs après la tentative de coup d'Etat, en proclamant une grève générale à durée indéterminée. C'était une épreuve de force importante. Mais le gouvernement ne pouvait pas se permettre d'aller jusqu'au bout, et la COB non plus. En effet, la grève n'a été que partiellement suivie et avec véritable alternative politique d'ensemble, une certaine usure s'était en effet produi-

Dans ces conditions, la grève s'est achevée par un compromis. Le gouvernement confirme sa décision de suspendre le paiement des dettes envers les banques privées internationales. Il s'engage à faire appliquer des augmentations de salaires de l'ordre de 130% rétrospectivement à partir d'avril (alors que l'inflation est de l'ordre de 400 % environ) et de rétablir, à partir du mois d'août, le système de réajustement périodique des salaires rapport aux prix, dont l'application avait été suspendue (il ne s'agit pas d'un véritable système d'échelle mobile, contrairement à ce qu'ont écrit certains journaux). Des réductions du prix payé par l'Etat bolivien pour le pétrole fourni par les compagnies impérialistes Tesoro et Occidentale auraient été programmées, mais aucune

Dans l'article sur les élections européennes, paru dans notre numé ro 177, page 4, colonne 2, il faut lire : « A l'époque de l' "unité nationa-

, en 1976-1978 », au lieu de « A l'époque de l' "unité nationale", en

1979».

décision n'a été prise au moment où nous écrivons cette note. Finalement, les entreprises d'Etat auront droit d'utiliser jusqu'à 30 % des revenus de leurs exportations pour acheter directement des biens de consommation et des matières premières à l'étranger.

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