Premier congrès du Bloc socialiste La tenue du premier congrès du Bloc socialiste (BS), les 28, 29 et 30 juin, fut l'un des moments forts du large processus d'unité, de luttes et de débats que la majorité des forces révolutionnaires de république Dominicaine ont entrepris au milieu des années 1970. Il fut ouvert par un rapport de son secrétaire général, Fafa Taveras, sur la situation politique générale.
De nombreux représentants des mouvements de masse et révolutionnaires du monde étaient présents ou ont envoyé leurs salutations au congrès. Les délégués ont entendu, entre autres, des messages du Salvador, du Guatemala, du Honduras, de Palestine, ainsi que de la LIT de Porto Rico et de la LCR de république Dominicaine, organisations sympathisantes de la IVe Internationale. Des représentants de sections de la IVe Internationale se trouvaient à la tribune du congrès. Les représentants du PC de Cuba et du FSLN du Nicaragua n'ont pas été autorisés à entrer dans le pays par les autorités dominicai-
Avant le congrès du BS s'étaient tenus d'autres congrès importants, comme celui du Parti des travailleurs dominicains (PTD) et du Parti communiste dominicain (PCD). Ces trois événements témoignent de la volonté unitaire qui s'exprime dans le Front de la gauche dominicaine (FID). Ce Front a été constitué le 14 juin 1984 par le PCD, le PTD, le BS, des militants de la Gauche unie (IU), la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), pour le socialisme l'Union patriotique anti-impérialiste.
Le Bloc socialiste, produit de la fusion du Noyau communiste des travailleurs, du Parti socialiste et du Mouvement socialiste des travailleurs, est issu d'un long processus de coordination qui a dû vaincre de multiples difficultés et qui en aura d'autres à vaincre à l'avenir. Ce long cheminement s'insère dans les luttes du mouvement ouvrier et populaire. Le Bloc n'est pas seulement lié au mouvement réel actuel de la lutte des classes, mais il est, de plus et avant tout, une synthèse de l'histoire révolutionnaire militante de plus de trois décennies. La dynamique interne de ce premier congrès, congrès de fusion, lui a permis de dépasser les cadres partisans de ses composantes pour arriver à se situer au premier plan dans un moment politique de première importance pour toutes les forces révolutionnaires.
Ce moment se caractérise par la montée du mouvement populaire, le renforcement de l'unité de la gauche révolutionnaire, en même temps que le déchaînement d'une vague de répression et l'aiguisement des contradictions au sein du parti gouvernemental, tout cela dans le contexte de la crise économique la plus grave qu'ait connue le pays. En outre, la répu-
blique Dominicaine se trouve dans l'espace géo-politique centro-américain et caraîbe agressé par l'impérialisme, qui s'y affronte à la montée du mouvement populaire et à la forte révolutionnaires de la région d'avancer unies contre l'impérialisme nord-américain.
Etant donné ce contexte, le congrès du BS a caractérisé la région comme le maillon le plus faible de la chaîne impérialiste, la situation interne du pays comme pré-révolutionnaire et a annoncé l'imminence de la révolution. Le journal du BS, Ofensiva, conclut ainsi son compte rendu du congrès, dans son numéro du 28
« Les tâches qui se profilent pour le dans la situation politique actuelle, sur le plan extérieur et intérieur, sont les
« Sur le plan intérieur, la tâche essentielle est d'impulser le plus haut niveau possible de travail collectif autour des éléments essentiels de lignes et d'orientations politiques adoptées par le congrès, dans la perspective d'atteindre une homogénéité politico-idéologique qui garantisse une plus grande cohérence dans l'action politique
« Déployer un plus grand dynamisme et une plus grande combativité en ce qui concerne l'unite de la gauche. Il faut l'impulser comme un facteur synthétisant la plus grande possibilité effective de construction de l'avant-garde révolutionnaire avec les ouvertures réelles qui se concrétisent aujourd'hui, même si elles n'ont pas totalement atteint le niveau que nous sou-
« Sur le plan extérieur, il faut maintenir et élargir les positions que nous occupons dans le mouvement de masse. Pour cela, il faut promouvoir la lutte, l'éducation politique, l'organisation et l'unité des masses. C'est possible si, comme le dit notre résolution générale, nous adoptons cette orientation comme une tâche essentielle et permanente (...) d'élargir les niveaux d'organisation et de parvenir à l'unité des mouvements de masse.
« De cette façon, nous avancerons avec la certitude que l'aspect le plus caractéristique de cette phase pré-révolutionnaire caractérise l'avancée soutenue du mouvement de masse et sa radicalisation.»