La direction révolutionnaire unifiée (DRU), qui s'est constituée pour le be congrès de la COB, réunit plusieurs organisations et groupes d'intervention syndicaux, parmi lesquels le Parti communiste bolivien marxiste-léniniste (MRTK), des fractions dissidentes du PS 1, du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) et du Front de la gauche révolutionnaire (FIR), le Parti révolutionnaire de la gauche nationaliste (PRIN) inspiré par le dirigeant de la COB Juan Lechin, le Mouvement paysan de base (MCB), le Groupe de travail syndical (GTS), la section bolivienne de la IVe Internationale (POR-U) et une petite organisation se revendiquant du trotskysme (POR-Debout). interview publiée par le journal marxiste révolutionnaire brésilien Em Tempo, du 11 octobre dernier, un dirigeant du POR-U définissait l'objectif central de la DRU destiné à « donner une réponse à la faillite de l'UDP, à son usure dans le mouvement ouvrier et à la rupture des travailleurs avec le gouvernement de l'UDP identifié au FMI et à une politique favorable à la bourgeoisie ». Face aux tentatives putschistes de la droite, poursuivait-il, « la DRU est née dans ce contexte pour donner une réponse à la nécessité d'une alternative propre des travailleurs dans la lutte pour leurs objectifs historiques qui sont clairement exprimés dans les thèses politiques du 4e congrès de la COB de
Nous publions ci-après de larges extraits de la partie du document de la DRU reproduit dans l'organe du POR-U, Bandera Socialista de la première quinzaine de septembre
Nous, travailleurs boliviens, réaffirmons la validité des thèses du 4e congrès de la COB, et déclarons que notre objectif stratégique est l'instauration de la société socialiste. Le prolétariat est la classe sociale révolutionnaire par excellence, aussi bien du fait de sa place dans le processus de production que par les caractéristiques créatrices de son idéologie et de sa conscience politique. Nous, les ouvriers, assumons notre role dirigeant dans la révolution en tant que re présentants véritables des intérets nationaux. Toutefois, nous savons aussi que seule l'alliance des ouvriers, des paysans et des couches moyennes paupérisées des villes pourra
La Bolivie est un pays capitaliste dépendant, opprimé par l'impérialisme. Par conséquent, la libération nationale fait partie de la mission historique de la classe ouvrière bolivienne, puisque le caractère antinational de la classe dominante oblige les exploités à accomplir des tâches nécessaires pour réaliser un développement économique et
Le gouvernement qui s'est formé en octobre 1982 est bourgeois par ses méthodes et par sa définition programmatique. Il ne faut donc pas s'étonner que le régime de l'UDP, tout en s'attaquant à la crise économique par des mesures prétendument à égale distance des intérêts du prolétariat et de ceux de la bourgeoisie, favorise finalement cette dernière. (...) Il existe une alternative cruciale : soit avancer dans la réalisation des objectifs de libération nationale et sociale en transformant le processus en cours en un processus révolutionnaire, ou bien périr sous les coups de l'impérialisme et du fascisme. Pour avancer, l'unité du mouvement ouvrier et populaire est indispensable, sa dispersion serait suicidaire et catastrophique. (...) Puisque le fascisme représente la destruction de toute forme de démocratie ouvrière dans la société bourgeoise, la seule manière de le combattre est de renforcer les organisations ouvrières en avançant sur la voie du contrôle de la production et en préparant les travailleurs pour qu'ils puissent battre le fascisme et l'impérialisme sur
Nous, les travailleurs, avons lutté pour intervenir à tous les niveaux de décision politique et économique, pour ga-
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Extraits de la plateforme de la Direction révolutionnaire unifiée garantir la victoire finale. social réellement indépendant. (...)
rantir par là-même le processus démocratique et rechercher des mécanismes qui permettent de faire face à la crise politique et économique de notre nation. (...)
Cette tendance à intervenir dans les mécanismes de dé. cision économique et politique impliquait, dans son développement, la conquête du pouvoir dans son ensemble. C'est pourquoi, tout en propulsant cette tendance, nous, les travailleurs, nous comprenions que cela n'était pas suffisant. Nous comprenions également que cela ne pouvait pas comporter un renoncement à nos objectifs historiques. En effet, seuls ceux qui ont abandonné la lutte pour une société sans exploiteurs et exploités conservent l'illusion que la bourgeoisie puisse quitter le pouvoir graduellement. (...)
La période allant de novembre 1982 à août 1984 révèle une tendance de plus en plus accentuée à une multiplication des conflits sociaux. Cela est déterminé par deux facteurs : d'une part, l'aggravation de la crise, avec l'orientation persistante du gouvernement qui s'efforce d'y remédier par des mesures antinationales et antipopulaires et, de l'autre, le fait que les mobilisations populaires défensives permettaient l'adoption d'accords que, toutefois, le gouvernement ne respectait pas.
La défense du processus démocratique en tant que conquête des travailleurs contre les dictatures militaires a incontestablement été l'une des préoccupations fondamentales du mouvement ouvrier. Nous défendons et nous défendrons ce processus qui représente une condition du dévelop pement de nos luttes et du renforcement de nos organisations. Nous défendons le processus contre ses ennemis de toujours, les grands entrepreneurs partisans du coup d'Etat et leurs alliés dans l'armée. Nous le défendons également par rapport au gouvernement. En effet, la déstabilisation du processus démocratique n'est pas que le résultat des complots de la droite. Elle est aussi déterminée par le gouvernement lui-même, dans la mesure où ses décisions économiques successives affectent les couches travailleuses, les démoralisent et les amènent à perdre confiance dans la décation des luttes et leur portée. (...)
Nous avons donné la plus grande preuve de notre engagement dans le processus démocratique, le 30 juin dernier à l'occasion du coup d'Etat avorté des fascistes liés au trafic de drogue. Nous avons suspendu la grève générale et nous avons serré nos rangs autour de la COB. Toutefois, ce qui nous intéresse, ce n'est pas l'institutionnalisation formelle de la démocratie bourgeoise. Ce qui nous intéresse, c'est la préservation de ce processus non comme un but en soi, mais dans la mesure où il nous permet de nous renforcer pour avancer à pas sûrs vers la réalisation de nos objectifs straté-
Les organismes intermédiaires entre le Comité exécutif national (CEN) de la COB et la base des confédérations et des fédérations syndicales, etc., n'ont pas fonctionné efficacement. Ils n'ont pas su expliquer aux travailleurs la signifi-
Il y a un autre bilan négatif, surtout en ce qui concer ne la période la plus récente : la démocratie ouvrière a été appliquée de manière déséquilibrée. Le sectarisme a mis en danger l'unité du mouvement populaire. Tous les problèmes intérieurs des fédérations et des confédérations, notamment en ce qui concerne l'élection des délégués au congrès, ont eu comme l'une des causes fondamentales le non respect de la démocratie ouvrière. Cette démocratie doit être préservée à tout prix : elle est l'une des conditions de la force du mouvement ouvrier bolivien et l'une de ses caractéristiques positives par rapport à d'autres mouvements ouvriers.
Il est par conséquent nécessaire que le mouvement ouvrier se réarme idéologiquement en partant de l'objectif stratégique des thèses politiques de 1970 - 4e congrès de la COB — et qu'il joue à nouveau son rôle d'alternative de pouvoir en adoptant une politique qui tienne compte de toutes les expériences des dernières années, et puisse ainsi inaugurer une période de transition avec un programme de transition et de libération nationale. (...)
Direction révolutionnaire unifiée (DRU), La Paz, septembre 1984.