Inprecor 1974–2004

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ETATS-UNIS

La campagne du SWP pour les élections présidentielles du 6 novembre

· Inprecor n° 183, 5 novembre 1984 · p. 24-25 · 2 196 mots

États-Unis Nicaragua Syndicalisme Femmes

Socialist Workers Party pour les élections présidentielles nationale, y présentera des candidats indépendants. Le SWP, dont la première campagne électorale présidentielle remonte à 1948, se refuse en effet à soutenir le candidat bourgeois démocrate Walter Mondale face au républicain Ronald Reagan, comme le

Nous reproduisons ci-dessous un article analysant la position et la campagne du

SWP, initialement publié le 29 octobre dernier dans la revue Intercontinental Press

ETATS UNIS

La campagne du

font tant de courants se revendiquant du socialisme. éditée à New York. Will REISSNER

Malgré des différences de ton et de présentation dans la campagne électorale, Ronald Reagan et le candidat du Parti démocrate, Walter Mondale, partagent un large terrain commun d'accord. Celui-ci est devenu de plus en plus évident à l'approche des élections présidentielles du 6 novembre. Ainsi, Reagan promet de réduire les dépenses gouvernementales. Mondale va un peu plus loin, en s'engageant à augmenter les impôts et à réduire les dépenses. Et tous les deux sont d'accord pour augmenter les dépenses militaires. Reagan se réjouit de l'invasion américaine de Grenade. Mondale déclare qu'il aurait fait la même chose s'il avait été au pouvoir. Reagan mene une guerre contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua. Mel Mason, candidat du SWP à la présidence. (DR)

du 6 novembre

Mondale prévient que s'il était élu il pourrait mettre le Nicaragua en quarantaine. Les deux candidats maintiendraient l'aide militaire US au régime sanglant du Salvador et ils se bousculent pour se faire photographier aux côtés du Premier ministre israélien Shimon Peres. Reagan montre avec fierté le renforcement important de la puissance militaire des Etats-Unis pendant ses quatre années à la présidence des USA. Mondale fait remarquer que ce renforcement à été largement planifié sous l'administration Carter-Mondale (1977-1981) et s'engage à continuer à augmenter le budget des armements, mais à un rythme légèrement plus lent que celui de Reagan. Dans le même temps, les candidats républicain et démocrate pour la vice-présidence — le millionnaire du pétrole et ancien directeur de la CIA George Bush et la millionnaire propriétaire d'immeubles dans les bas quartiers de tous les deux de détourner l'attention publique des « irrégularités » de leurs déclarations d'impôts.

LE BIPARTISME IMPREGNE

TOUTE LA VIE POLITIQUE AMÉRICAINE Traditionnellement, la politique étrangère impérialiste des Etats-Unis a été menée sur la base d'un large accord bipartite. « Les divergences politiques s'arrêtent au bord de la mer », telle a été la régle d'or des deux partis capitalistes. Mais tout le « débat » entre les équipes présidentielles républicaine et démocrate montre à quel point cette politique bipartite s'est aussi étendue à la politique intérieure. Les partis démocrate et républicain sont unis par leur détermination à appliquer les orientations de la bourgeoisie, à infliger des réductions supplémentaires du niveau de vie et de la protection sociale des ouvriers et paysans américains et à porter des coups contre leurs droits démocratiques.

Le système électoral aux Etats-Unis met des obstacles énormes pour barrer la route à tous ceux qui veulent disputer le monopole politique aux deux partis capitalistes. Tandis que les démocrates et les républicains reçoivent des millions de dollars de la trésorerie fédérale, les candidats ouvriers ne reçoivent rien. Les candidats démocrates et républicains peuvent se présenter sans problèmes dans les 50 Etats de la Fédération et le district de Columbia (district fédéral, ndlr.), tandis que les candidats ouvriers doivent, eux, conquérir ce droit Etat par Etat en recueillant des signatures d'électeurs inscrits sur les listes électorales.

Dans certains Etats, il est pratiquement impossible pour d'autres candidats que ceux des deux partis capitalistes de se présenter aux élections présidentielles. En Californie par exemple, dépendants doivent recueillir les signatures de plus de 115 000 électeurs inscrits. Mais même après avoir recueilli les signatures nécessaires, des candidats indépendants sont souvent disqualifiés à cause de détails techniques.

Une fois qu'ils ont conquis le droit de se présenter aux élections, les candidats ouvriers affrontent des obstacles importants pour pouvoir faire connaître leurs positions. Cette situation est devenue pire, parce que la loi du « temps égal » qui, auparavant, obligeait les stations de radio et de télévision à accorder un temps égal à tous les candidats qui se présentaient pour le même poste, a été vidée de tout son sens. En conséquence, des candidats qui s'opposent aux orientations des partis capitalistes sont largement exclus des médias nationaux.

LA CAMPAGNE ELECTORALE

DU SOCIALIST WORKERS PARTY

Malgré ces obstacles énormes, le SWP mène une campagne présidentielle impor tante, afin de présenter une alternative ouvrière aux orientations des deux partis capitalistes. Le candidat du SWP à la présidence, Mel Mason, âgé de 41 ans, est un militant afro-américain et ancien conseiller municipal de Seaside, en Californie. La candidate à la vice-présidence, Andrea Gonzalez, Portoricaine née à New York, âgée de 33 ans, est actuellement présidente nationale de la Young Socialist Alliance (Alliance socialiste de la jeunesse, organisation de jeunesse en solidarité politique avec le SWP, ndlr.)

Depuis qu'ils ont été choisis comme candidats en décembre 1983, Mason Gonzalez ont voyagé sans arrêt d'une extrémité à l'autre du pays, pour expliquer la nécessité de l'action politique ouvrière indépendante et appeler à la création d'un gouvernement ouvrier et paysan aux Etats-Unis. Leurs partisans ont distribué un important matériel de propagande au cours de la campagne. L'équipe MasonGonzalez est appuyée par une liste de 53 candidats du SWP qui se présentent dans 26 Etats pour des consultations électorales au niveau local. Tous ces candidats ex-

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pouvaient apprendre de leurs frères et mé son ferme soutien au droit à l'indépliquent que les problèmes auxquels s'affrontent les travailleurs découlent d'une même source, celle du système capitaliste, et qu'ils ne peuvent être résolus par la voie électorale. Les partisans de Mason et Gonzalez ont recueilli des centaines de milliers de signatures pour permettre aux candidats SWP de se présenter dans 24 Etats et dans le district fédéral. Dans plusieurs cas, le SWP a mené des batailles po-

Get légales victorieuses contre les autorités de ces Etats, qui avaient essayé d'exclure les candidats socialistes, malgré le fait qu'ils avaient satisfait aux conditions légales pour pouvoir se présenter.

Dans leur matériel de propagande, au cours des visites aux portes des usines, dans les réunions syndicales, quets de grève, dans les régions agricoles, les quartiers ouvriers, noirs et latinos, et au cours d'interviews avec la presse locale, Mason et Gonzalez, ainsi que leurs partisans, expliquent pourquoi les travailleurs doivent rejeter les partis et les politiciens bourgeois et organiser un parti des travailleurs appuyé sur un mouvement syndical combatif. Un tel parti, soulignent-ils, doit se battre pour les intérêts des ouvriers, des paysans, des Noirs, des femmes et de toutes les autres victimes du système capitaliste. Les candidats socialistes appellent aussi à la création d'un parti noir indépendant, ce qui ne représenterait pas seulement une avancée pour les Noirs, car cela serait en plus une source d'inspiration qui accélérerait la création d'un parti ouvrier

Les travailleurs ont besoin d'un parti politique de masse « pour les représenter dans le champ politique et diriger des luttes politiques dans leur intérêt, 365 jours par an », comme l'explique Mason. « Notre campagne électorale explique que nous (les travailleurs, ndlr.) avons besoin d'un nouveau type de gouvernement, qui agisse dans notre intérêt et nous défende contre les patrons. Nous avons besoin d'un gouvernement ouvrier et paysan qui commencerait à réorganiser la société sur des bases nouvelles, les », souligne le candidat présidentiel soMOBILISER CONTRE LA GUERRE US

Les candidats SWP ont fortement centré leurs campagnes sur le développement de l'opposition à la guerre menée par le gouvernement américain contre les travailleurs d'Amérique centrale, en démontrant que les travailleurs américains n'ont aucun intérêt à soutenir le combat de Washington pour maintenir au pouvoir les propriétaires fonciers et les généraux pro-impérialistes du Salvador ou renverser le gouvernement ouvrier et paysan du Nicaragua. Les deux candidats du SWP se sont rendus au Nicaragua pour voir eux-mêmes les conquêtes de la révolution qui renversa le dictateur Anastasio Somoza, soutenu par les Etats-Unis, en 1979. De retour de leurs tournées à travers les Etats-Unis, ils expliquèrent tout ce qui avait été accompli par cette révolution et les leçons que les travailleurs américains sœurs nicaraguayens. Mason et Gonzalez encouragent leurs auditeurs à visiter eux-mêmes le Nicaragua pour voir ce qui candidats SWP montre l'exemple de Cuba, où les ouvriers et paysans sont au pouvoir depuis plus de 25 ans. Les acquis immenses enregistrés à Cuba sur les plans de la santé, de l'éducation, de l'éradication du racisme, et de la qualité de la vie sont des exemples concrets des avantages pour les travailleurs le droit des femmes de choisir l'avortecette revendication est relégué dans l'ombre par leurs bruyantes déclarations d'opposition personnelle à l'avortement, qu'ils considèrent comme une forme de meurtre. Les candidats socialistes, cependant, ont fait de la défense sans conditions du droit à l'avortement un thème important de leur campagne. Mason et Gonzalez soulignent la nécessité de la mise en place de programmes de discrimination positive, y compris avec des quotas pour les emplois et l'éducation comme un outil clef de la lutte contre la discrimination raciste et

Les candidats socialistes mènent aussi campagne en faveur d'un arrêt des saisies de fermes hypothéquées et d'un moratoire sur le paiement de toutes les dettes. Ils exigent du crédit bon marché pour tous les paysans exploités pour qu'ils puissent acheter des engrais, des graines, des machines et d'autres biens agricoles nécessaires. Ils dénoncent les programmes de subvention des prix des démocrates et des républicains, qui sont faits pour favoriser les fermiers capitalistes et les commerçants, et ils exigent un programme qui garantisse aux paysans travailleurs des revenus suffisants pour payer les coûts de production et maintenir un niveau de vie

En plus de leur voyage au Nicaragua, Mason et Gonzalez ont fait beaucoup de voyages à l'étranger pour avoir des connaissances directes des luttes internationales et pour développer la solidarité ouvrière internationale contre les patrons et leurs représentants politiques.

Mel Mason s'est rendu en Irlande au mois de mai pour participer aux actions de protestation contre la visite de Ronald Reagan dans ce pays et pour exprimer son opposition à la domination britannique sur les six comtés du nord-est de l'Irlande. En Grande-Bretagne, Mason a rencontré des mineurs de charbon en grève et a participé aux protestations contre l'installation des missiles nucléaires US

Andrea Gonzalez a visité la République dominicaine au mois de juin, où elle a fait des déclarations contre les mesures d'austérité imposées aux ouvriers et paysans de ce pays par le Fonds monétaire international impérialiste. A Porto Rico, gouverné par les Etats-Unis, elle a expripendance de l'île et son opposition à ce que cette colonie soit utilisée par le Pentagone comme base de départ pour une intervention militaire en Amérique centrale et dans la région de la Caraibe. Gonzalez a aussi visité la colonie française de la Martinique, où elle a participé à une conférence d'organisations anti-impérialistes de la Caraibe.

Mason et Gonzalez se sont tous deux rendus au Canada anglais pour se tenir informés sur place des problèmes que rencontrent les travailleurs dans ce pays, et Gonzalez a aussi visité le Québec.

DE LA VRAIE POLITIQUE Chancelante sous les coups de l'offensive de la classe dominante contre les travailleurs au Etats-Unis et à l'étranger, la bureaucratie des principaux syndicats et les dirigeants d'organisations telles que l'Organisation nationale des femmes (NOW) et l'Organisation nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP) insistent sur le fait que le moyen de résister à ces attaques est de voter pour Mondale et Ferraro.

Jesse Jackson, militant pour les droits civiques qui a brigué la nomination comme candidat présidentiel pour le Parti démocrate lors des élections primaires, soutient à fond l'équipe Mondale-Ferraro. Beaucoup de militants qui se battent contre l'intervention militaire US en Amérique centrale et dans la Caraibe ont mis leurs espoirs dans une victoire de Mondale, pour « gagner du temps » pour les peuples du Nicaragua et du Salvador. La plupart des organisations qui se disent socialistes ou communistes soutiennent aussi le candidat démocrate. Le Parti communiste, par exemple, bien qu'il ait ses propres candidats, centre toute sa campagne sur la nécessité de battre Reagan.

Les candidats du SWP, au contraire, expliquent que les attaques contre les travailleurs aux Etats-Unis et à l'étranger n'ont pas commencé avec l'élection de Reagan et ne cesseront pas avec sa défaite électorale. La réduction des services sociaux ont été soutenues par les démocrates aussi bien que par les républicains au Congrès et les deux partis capitalistes ont voté les fonds pour financer les interventions de Washington en Amérique centrale et ailleurs. Mason et Gonzalez rappellent que les véritables acquis arrachés par les ouvriers et les opprimés dans le passé - tels que la création des syndicats et la destruction de la ségrégation raciale — ont été remportés non pas par des élections mais par l'organisation de mouvements massifs indépendants des deux partis capitalistes. La clé de tout changement, soulignent-ils, c'est la transformation des syndicats en instruments de lutte qui défendent les conditions de travail et le niveau de vie des travailleurs et qui se battent pour les intérêts des Noirs, des Latinos, des femmes et de tous les travail-

Will REISSNER, Intercontinental Press, New York, 29 octobre 1984.

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