NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE
CARABE
Conférence régionale anti-impérialiste à l'initiative du GRS Plusieurs rencontres internationales d'organisations révolutionnaires et anti-impérialistes de la région de la Caraibe sont succédées l'intervention Grenade en 1983. La réunion qui s'est tenue à Georgetown, en Guyana, rassemblant les partis communistes de la région, a permis de vérifier la virulence des divergences provoquées par le coup de force criminel de Bernard Coard et de sa clique contre la direction du New Jewel Movement (NJM) dirigé par Maurice Bishop. Une autre réunion a eu lieu à Cuba, avec une plus large participation, regroupant les PC de la région ainsi que des révolutionnaires, puisque notamment le Front de la gauche dominicaine (FID) de la République dominicaine, qui comprend le Bloc socialiste, y était
Comme l'écrit Révolution socialiste, organe du Groupe révolution socialiste (GRS), section antillaise de la IVe Internationale, dans son édition du 28 juillet 1984, « en décidant d'œuvrer à la réalisation d'une conférence des organisations anti-impérialistes de la Caraibe, le Ge congrès du GRS, de fin octobre 1983, se trouvait de fait à l'unisson des préoccupations de la plupart des anti-impérialistes de la zone ». C'est ainsi que les 17, 18 et 19 juillet derniers, date rappelant le renversement de la dictature somoziste au Nicaragua en 1979, s'est tenue à Fort-de-
Men Martinique, une conférence anti-impérialiste de la Caraibe organisée à l'initiative du Comité martiniquais de solidarité avec les peuples de la Caraibe et de l'Amérique centrale, du GRS, et du Mouvement d'action syndicale unifié
Cette rencontre a rassemblé environ 150 représentants d'une quinzaine d'organisations, parmi lesquelles la Ligue internationaliste des travailleurs (LIT) de Porto Rico, la Ligue marxiste révolutionnaire (RML) de la Jamaïque, le Parti travailliste unifié (UDLP) de la Dominique, le Parti travailliste progressiste (PLP) de Sainte-Lucie et, évidemment, le GRS, le MASU de Guadeloupe et le Comité martiniquais de solidarité avec les pays de la Caraïbe et de l'Amérique centrale. Une représentante du SWP des Etats-Unis éiait aussi présente. Plusieurs organisations antillaises invitées se sont défilées. Ce fut évidemment le cas des partis communistes locaux et des syndicats qui leur sont liés, et des formations nationalistes. Plus étonnante fut néanmoins l'attitude du groupe Combat ouvrier (CO), formation liée à l'organisation Lutte ouvrière en France, qui, « sarts se prononcer sur le bien fondé de la réunion », s'est declare « trop occupe pour pouvoir y participer, vu les délais ».
Parmi les organisations qui ont envoyé des messages à cette rencontre sans pouvoir s'y rendre, notons la Fondation Maurice Bishop et les autres martyrs, Grenade, à partir de laquelle s'est créé le Mouvement patriotique Maurice Bishop (MBPM). Dans leur lettre, Georges Louison et Kenrick Radix, deux survivants du gouvernement de Bishop, ont expliqué leur absence pour des raisons de visa, tout en exprimant leur solidarité avec cette ini-
Toutes les interventions ont été marquées par le symbole de l'unité anti-imcarribéenne. Les participants sont tombés d'accord sur un certain nombre d'axes et de résolutions que l'on peut synthétiser de la manière suivante :
- Soutien et popularisation des révolutions cubaine et centro-américaines et des efforts anti-impérialistes des partisans de Bishop à Grenade.
- Dénonciation des situations coloniales de Porto Rico, de la Martinique, de la Guadeloupe, et de la répression qui frappe les anticolonialistes de ces pays.
pratique des luttes peuples de Haïti et de la République do-
- Propagande auprès des peuples de la Caraibe pour l'unité contre l'impérialis-
- Dénonciation de tout chauvinisme insulaire et lutte contre le sectarisme et la violence au sein du mouvement anti-impérialiste, à la lumière des leçons de l'expé-
- Recherche de l'unité des anti-impéde la région, notamment en s'adressant aux structures issues des précédentes conférences régionales, pour leur proposer un comité commun de coordination anti-impérialiste carribéen.
Les participants à cette conférence ont aussi débattu des événements de Grenade. La résolution concernant ce pays n'a pas été adoptée intégralement par toutes les délégations, certaines d'entre elles ayant demandé un délai de réflexion. Ce texte salue l'œuvre réalisée par le gouvernement révolutionnaire de Maurice Bishop, dénonce l'action irresponsable de Bernard Coard et de ses partisans, condamne la violence entre les courants anti-impérialistes, et affirme la nécessité de la prise en charge par les masses populaires des choix les concernant et de la liberté de discussion. Les participants se sont engagés à soutenir activement les initiatives prises à Grenade pour que « vive l'esprit de Bishop », notamment en réclamant le retrait des troupes étrangères, le rétablissement des droits syndicaux, l'attribution du nom de Bishop à l'aéroport de PointeSaline, et l'arrêt des restrictions de circulation pour les partisans de Bishop.
La conférence a aussi décidé que les organisations anti-impérialistes présentes uniraient, au-delà de leurs divergences d'opinion, leurs forces contre les impérialismes actifs dans la région, à savoir les USA, la France et la Grande-Bretagne. Elles ont aussi convenu d'étudier les moyens d'organiser un voyage carribéen de solidarité au Nicaragua et les possibilités de faire paraître un journal commun d'échange et de débats. Un comité de coordination émanant de cette rencontre a reçu mandat de s'adresser au comité mis en place lors de la conférence de la Havane pour coordonner et préparer des actions anti-impérialistes et anticapitalistes ainsi que le soutien aux luttes en cours dans la région.