Inprecor 1974–2004

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NICARAGUA

Déclaration du GIM de RFA en hommage à un ministre sandiniste tué par la « contra »

Inprecor n° 185, 3 décembre 1984 · p. 25 · 667 mots

Nicaragua Allemagne

NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE

NICARAGUA Déclaration du GIM de RFA en hommage à un ministre sandiniste tué par la contra

Nous publions ci-dessous un communiqué du Gruppe Internationale Marxisten (GIM), section allemande de la IVe Internationale, paru dans Was Tun du 11 novembre 1984 et rendant hommage à Enrique Schmidt-Cuadra, dirigeant sandiniste récemment assassiné par la « contra ».

Notre camarade et ami Enrique Schmidt-Cuadra, qui servait la révolution sandiniste au poste de ministre des Communications, où il avait été nommé il y a peu, est mort le 5 novembre 1984 au cours d'une bataille contre des mercenaires contre-révolutionnaires. En tant que commandant-adjoint, il dirigeait l'unité spéciale Pablo Ubeda, qui était chargée d'éliminer les commandos de la « contra » près de Carnoappa, dans le discrict de Boaco, à environ 90 kilomètres de Managua. Le 29 octobre, ce groupe de « contras » avait tué six petits enfants à San Gregorio. Au cours de la bataille, 76 « contras » ont été tués. Enrique Schmidt-Cuadra fut la seule victime du côté des sandinistes. Il a été enterré le 6 novembre à Managua. Le gouvernement a décrété une journée de deuil officielle.

Enrique Schmidt-Cuadra avait été un représentant du FSLN en Europe avant de retourner au Nicaragua, en 1979. Au mois de mai dernier, il s'est adressé au congrès du Parti social-démocrate (SPD) à Essen, et, le 20 octobre, il avait pris la parole à la manifestation pour la paix à Hambourg, en tant que représentant du FSLN.

Le 5 novembre, nous avons reçu la nouvelle qu'Enrique Schmidt-Cuadra était mort au service de la révolution au Nicaragua. Cette nouvelle nous a accablés de douleur. Nous avons perdu un ami.

Enrique a vécu durant beaucoup d'années à Cologne. Il y était étudiant. C'est à partir de cette ville, dans les circonstances les plus difficiles, qu'il a construit la solidarité avec le mouvement de libération qui luttait dans son pays contre la dictature somoziste. Dans le cadre de la campagne large de solidarité avec l'Amérique latine, nous avons travaillé ensemble très étroitement. Au cours de ce travail ont été noués beaucoup de contacts et d'amitiés, relations auxquelles nous pensons aujourd'hui.

A cette époque, le travail de solidarité avec le Nicaragua n'était pas facile. Il fallait trouver du matériel d'imprimerie, le démonter, 'emmagasiner et l'expédier au Nicaragua pièce par pièce. C'était aussi difficile en ce qui concernait d'autres types d'aide matérielle, y compris, bien sûr, l'argent. Il fallait organiser cette solidarité matérielle à un moment où, pour beaucoup de personnes, le Nicaragua était un pays exotique et le travail de solidarité semblait sans effet. Au cours de ce travail en commun, nous avons appris à connaître Enrique en tant qu'individu et comme ami. Il avait des rapports chaleureux avec beaucoup d'amis de notre milieu.

Quand Enrique est retourné au Nicaragua, nous étions à la fois tristes et heureux. Tristes, parce qu'il nous manquait, heureux, parce que nous savions que ce camarade avait décidé de s'engager directement dans le processus révolutionnaire qui se déroulait dans son pays. Nous étions fiers d'avoir connu Enrique comme ami et comme camarade. La section de Cologne du GIM honore sa mémoire.

La mort d'Enrique nous remplit aussi de colère et d'amertume. Les forces de la réaction, les « contras », soutenues par les forces cyniques, inhumaines et rétrogrades qui sont dirigées au niveau mondial par l'impérialisme US et par l'administration Reagan, essaient de plus en plus, par les assassinats, par le sabotage, par le

Get par l'intervention militaire d'arrêter et de renverser le processus révolutionnaire au Nicaragua.

C'est presqu'une ironie du sort de voir qu'Enrique lui-meme, qui s'était dévoué à la lutte pour la liberté et la justice, devait mourir au moment même où pour la première fois dans l'histoire de son pays se tenaient des élections libres.

- Vive la solidarité internationale ! - Vive la révolution au Nicaragua ! - Nous vaincrons ! Pour la section de Cologne du GIM, Helmut Wendler. Le Bureau politique du GIM, Francfort.

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