Tournée des femmes des mineurs et de militantes pacifistes britanniques
Au mois d'octobre, une délégation de quatre femmes britanniques s'est rendue en Allemagne fédérale. Cette délégation était composée de Marie Collins et Kay Suteliffe, représentant femmes des mineurs de la région de Kent, et de Lesley Boulton et Ilona Aronowsky, du camp des femmes de la paix de Greenham Common. L'objectif de la visite était de faire connaître en Allemagne la réalité de la grève des mineurs et la situation politique actuelle en Grande-Bretagne, aussi bien que le mouvement d'auto-organisation des femmes des mineurs et les liens
Sont établi avec les femmes du antiguerre. Interviewée mande de la IVe Internationale, Boulton a expliqué pourquoi les femmes de Greenham soutenaient les mineurs : « Nous avons des revendications communes. (...) Le NUM s'oppose à l'énergie nucléaire et partage avec nous la revendication du désarmement nucléaire unilatéral. Nous avons aussi un ennemi commun, le gouvernement. Il essaie depuis longtemps de disperser le camp de Greenham Common par la violence policière. En même temps, il utilise des chiens, des chevaux et des matraques contre les de grève. Nous nous sommes unies aux mineurs parce que nous savons que s'ils gagnent nous aurons fait, nous aussi, un grand pas vers la réalisation de
La délégation s'est organisée en deux équipes, avec une femme de mineur et une femme de Greenham Common dans chacune d'elles, pour faire deux tournées de meetings parallèles à travers le pays.
12 meetings, elles se sont adressées à un total de 1 300 personnes et ont réuni la somme de 16 000 DM (75 000 FF) pour la caisse de grève des
Ces meetings ont été organisés par des structures très diverses. Le meeting le plus important de la tournée s'est tenu dans la ville minière de Hückelhoven. Organisé par le groupe Femmes et travail et par un centre d'éducation pour adultes, il a réuni 200 personnes pour un débat qui a été centré sur les parallèles à tirer entre la grève des mineurs et la situation en Irlande du Nord, grâce à la présence dans la ville d'un groupe de jeunes protestants et catholiques venus de cette province. A Lünen, autre ville minière, le meeting a été organisé par l'ASF, l'organisation des femmes du Parti social-démocrate (SPD) et par d'autres groupes de femmes. Malgré l'attitude du Syndicat des mineurs allemand (l'IG Bergbau, dirigé par la droite syndicale), qui n'a presque rien fait pour organiser la solidarité, les femmes britanniques ont été bien recues. A Oberhausen, un diri-
geant de l'IG Bergbau qui a organisé la solidarité dans sa région malgré la passivité de son syndicat, a pris la parole au cours d'un meeting organisé par un comité local de soutien aux mineurs britanniques.
A Osnabrück, le meeting des femmes britanniques a été pris en charge par les organisations locales du Syndicat de la métallurgie (l'IG-Metall) et de la Confédération des syndicats allemands (DGB), qui a organisé une conférence de presse. A Stuttgart, c'est le comité local des femmes de l'IG-Metall qui a organisé un meeting où il y a eu une discussion très animée autour des comparaisons entre la grève des mineurs et la grève pour les 35 heures qui s'était déroulée en Allemagne au printemps. Ce comité s'est jumelé avec le comité des femmes de mineurs de St.Helens, dans le Lancashire (qui est la ville jumelle de Stuttgart), en demandant que la section locale de l'IG-Metall fasse pareil avec le NUM de St.Helens. Cette forme de solidarité entre les travailleurs de différents pays devient assez habituelle en ce moment. Il y a aussi eu une proposition de jumeler Lünen avec Leeds, dans le Yorkshire.
Des groupes de femmes et des organisations de gauche ont tenu des meetings à Mannheim, Aachen, Karlsruhe et Russelsheim. A Tübingen, un rassemblement fut organisé par les femmes des syndicats de l'imprimerie, des cheminots et des PTT et par l'assemblée générale des personnels
Au cours de tous ces meetings, des résolutions furent adoptées, appelant à continuer et renforcer le travail de solidarité avec la grève des mineurs et à nouer des liens directs avec les comités des femmes de mineurs. C'est là sans doute le résultat le plus durable de cette visite. Interviewée par Was Tun sur les perspectives des comités des femmes des mineurs après la fin de la grève, Marie Collins a déclaré : « Nous voulons rassembler toutes les femmes qui se battent contre la politique réactionnaire de Thatcher. Le gouvernement a déjà annoncé son intention de privatiser encore plus de secteurs de l'économie, par exemple la santé. Cela impliquerait la perte de leur emploi pour des milliers de femmes. Nous pouvons établir des contacts avec elles, partager nos expériences et les appuyer.
« Nous voulons aussi militer autour d'autres thèmes, par exemple celui du désarmement nucléaire unilatéral. Nous voulons jeter dans la balance notre force collective afin de faire tomber ce gouvernement. En novembre, nous allons organiser la deuxième conférence nationale des comités des femmes des mineurs.
« Nous sommes ravies d'avoir eu la possibilité d'établir des contacts avec des femmes d'ici. Nous espérons les maintenir et que des femmes allemandes vont venir en Grande-Bretagne, pour que nous puissions leur montrer comment nous vivons et comment nous luttons. Nous espérons que ces contacts vont durer au-delà de la grève et qu'ils constitueront la base pour
Run mouvement international des femmes. »