Une crise aux multiples facettes dari les sur les palais com numiste d hurecor une siste.
d'articles sur les partis communistes d'Europe capitaliste. Dire que ces partis sont en crise est devenu presque une banalité ces dernières années. Mais cette crise est beaucoup plus aiguë et beaucoup plus visible dans certains cas que dans d'autres. C'est pourquoi aujourd'hui, il s'agit non seulement de des contradictions générales qui touchent tous ces comment ces contradictions s'expriment concrètement pour chacun d'entre eux.
A l'époque où ces partis faisaient partie de l'Internationale communiste stalinisée, ils appliquaient la ligne imposée par la bureaucratie soviétique, et se pliaient aux changements d'orientation, aux tournants « gauche » et « droite », plus ou moins dans le même temps et relativement indépendamment des conditions particulières de leurs propres pays. Mais en ce qui concerne les partis communistes d'Europe occidentale, ils ont appliqué une ligne de collaboration avec leurs propres bourgeoisies depuis maintenant presque 50 ans, à l'exception de la période relativement courte du Pacte germano-soviétique entre 1939 et 1941 et de celle du début de la guerre froide et de la guerre de Corée. Cette pratique continue de collaboration de classes devait forcément avoir des répercussions sur ces partis et entrer en contradiction croissante avec les exigences de leurs liens avec la bureaucratie soviétique. Bien sûr, les effets de cette collaboration de classes ne pouvaient pas être exactement les mêmes pour les partis de masse, profondément investis dans les structures de la démocratie parlementaire, comme le PCF ou le PCI, et pour les petits partis communistes d'Europe du Nord ou les partis clandestins d'Espagne ou du
C'est pourquoi, le phénomène eurocommuniste, surgi il y a dix ans, ne s'est pas manifesté de la même façon ni au même moment dans tous les partis. Mais il est clair qu'au-delà des particularités nationales, le développement de l'eurocommunisme représentait une codification théorique de décennies de pratique réformiste. Une des raisons de cette évolution fut le besoin qu'ont ressenti ces partis de sortir du ghetto et de devenir un partenaire gouvernemental crédible pour les partis bourgeois. Ainsi leur a-t-il fallu prendre leurs distances par rapport à l'URSS et jeter par dessus bord une partie des bagages théoriques hérités de la Ille Internationale, notamment la théorie marxiste de l'Etat.
Mais il faut voir aussi pourquoi cette codification est intervenue dans les années 1970 et pas avant. Les critiques de plus en plus ouvertes envers l'Union soviétique et la volonté de formuler une perspective réformiste crédible dans leurs propres pays avaient une autre motivation. Les partis communistes ne sont pas seulement tiraillés entre la bourgeoisie et la bureaucratie soviétique. Ils sont aussi soumis à la pression de leur base sociale, de la classe ouvrière de leur propre pays, dont dépend, en dernière analyse leur force et donc leurs propres privilèges aussi bien que leur utilité aux yeux de l'impérialisme et de la bureaucratie soviétique. Critiquer les tares du « socialisme réellement existant » était devenu impératif, face à une classe ouvrière pour laquelle les liens de ces partis avec l'URSS n'étaient plus un atout mais un repoussoir. Formuler une réformiste crédible était devenu essentiel pour maintenir le contrôle sur des franges combatives de la classe ouvrière, qui cherchaient une issue politique dans la foulée des luttes ouvrières à partir de 1968 et pour détourner ces luttes.
Aujourd'hui, il est clair que, loin d'être la solution aux contradictions des partis communistes ou le début d'un nouvel essor, l'eurocommunisme n'a été qu'une étape d'une crise qui
DOSSIER PARTIS COMMUNISTES couvait au moins depuis 1956 et qui s'est aggravée depuis. En s'aggravant, cette crise s'est diversifiée. Si les partis communistes occidentaux sont frappés d'une triple crise, de leurs rapports avec la bourgeoisie, la bureaucratie soviétique et la classe ouvrière, chacun d'entre eux a suivi et continue à suivre sa trajectoire spécifique. C'est de ces spécificités que veulent traiter les articles de ce dossier.
Nous avons choisi de commencer par les trois partis qui étaient auparavant les piliers de l'eurocommunisme. Depuis l'apogée de ce phénomène en 1976-1977, beaucoup de choses ont changé. Le Parti communiste espagnol a abandonné la perspective de la « rupture démocratique » avec le franquisme pour mieux s'adapter à une transition sous l'hégémonie de la bourgeoisie et sans déchirement de l'appareil de répression de l'Etat. Depuis, les travailleurs ont vécu les pactes de la Moncloa et la politique de « paix sociale » qui en a découlé. Les consé quences ont été dramatiques pour un parti qui ne possédait pas un appareil assez solide pour résister aux tendances centrifuges qu'il avait nourries. En Italie la réalité du « compromis historique » s'est révélée dans le soutien apporté par le PCI à la politique d'austérité et de restructurations menée par des gouvernements de droite pendant la période d' « union nationale »
« opposition constructive » entre 1976 et 1980. Mais, grâce à une implantation profonde dans la classe ouvrière et un rapport de forces favorable par rapport à la social-démocratie, le PCI a su sauvegarder une image de défenseur des intérêts de la classe ouvrière, sans pour autant résoudre la contradiction entre cela et sa stratégie politique réformiste.
En France, nous sommes loin des beaux jours de l'Union de la gauche et du Programme commun. Depuis, la classe ouvrière a vécu la rupture de 1977, la défaite électorale de 1978, la politique sectaire du PCF et enfin la victoire de 1981 suivie par trois années de participation du PCF à un gouvernement de collaboration de classes. La combinaison de cette série de virages avec un revirement pro-soviétique depuis 1977 a fait que le parti a perdu sur tous les tableaux. Aujourd'hui sa crise commence à atteindre l'appareil même du PCF, dont tous les indices d'influence sont en baisse. La direction du parti s'effoce aujourd'hui d'éviter une dérive à l'espagnole.
La situation des deux petits partis communistes dont nous traitons, ceux de Grande-Bretagne et des Pays-Bas se situe à une autre échelle. Toujours minoritaires face à la social-démocratie, ces partis ont survécu grâce à leurs liens avec l'URSS et à la combativité de leurs militants dans les syndicats. Aujourd'hui, ils sont menacés de scission et de marginalisation, pris entre la double pression de la social-démocratie et d'une extrême-gauche qui semble aussi crédible qu'eux.
Notre dernier exemple est celui d'un parti qui pourrait sembler être l'exception à la règle. Le Parti communiste portugais n'a connu ni l'eurocommunisme, ni menace de scission, ni crise visible. Il semble solide, avec 20 % des suffrages aux élections, 200 000 adhérents, la direction de la confédération syndicale majoritaire, etc. L'article de Nuno Pinheiro s'efforce d'expliquer cette situation particulière à partir de l'histoire de ce parti sous la dictature de Salazar et de son rôle pendant la révolution. Mais il montre aussi que le PCP n'échappe pas aux contradictions qui ont provoqué les crises de ses « partis frères » et dont nous sommes loin d'avoir vu toutes les consé
David CAMERON, le 26 décembre 1984.