PAYS DE L'EST Le 25e congrès du Parti communiste d'Union soviétique a adopté, l'an dernier les grandes lignes du 10e plan quinquennal, qui se sont traduites dans le plan 1976-1980 lui-même, adopté par le Comité central du PCUS et ensuite par le Soviet suprême, sous forme de loi, en octobre 1976. L'ensemble des pays de l'Est européen ont également une planification quinquennale qui correspond à la même séquence (1976-1980). Même la Yougoslavie ne fait pas exception avec son plan social de développement pour 1976-1980. L'ensemble de ces pays a publié durant les derniers mois, des bilans assez complets de l'accomplissement de la première année de quinquennat. Avant d'examiner les problèmes actuels des économies de ces pays face à la crise économique du système capitaliste, il s'impose donc de jeter un coup d'œil sur les plans quinquennaux, puis sur les données concernant la première année d'exécution du plan (1). Nous examinerons ensuite les perspectives pour l'année en cours, les problèmes liés aux échanges internationaux et les chances des plans d'être réalisés en 1980. La réalisation des plans 1971-1975 On s'accorde pour dire que la réalisation du plan quinquennal soviétique a été un échec, ainsi que l'avaient d'ailleurs prévu, avant la fin de la période, E.Salvini (I), H.H. Ticktin (2) et d'autres auteurs. Le manque d'emphase avec lequel Brejnev tirait le bilan du plan 1971-1975 au dernier congrès du Parti communiste de l'URSS en témoigne à sa façon : "Le bilan général du 9e quinquennat se ramène pour l'essentiel à ceci : le travail consciencieux du peuple soviétique, de même que l'activité dirigeante et organisatrice du Parti ont assuré une croissance stable de l'économie. Les grandes tâches socio-économiques du quinquennat ont été accomplies. " (3). On peut apprécier de deux manières les résultats économiques des pays de l'Europe de l'Est. La première consiste à les comparer aux prévisions des planificateurs. La seconde consiste à les comparer aux résultats obtenus par les économies capitalistes occidentales. En comparant les résultats soviétiques
Guy DESOLRE pour le quinquennat avec les objectifs du quinquennat lui-même, on obtient, pour l'économie soviétique, un très clair constat chiffré de l'échec. Le tableau | en témoigne : Tableau I. Objectifs et résultats du 9e Plan (1971-1975).
Objectifs Réalisations
(taux de croissance exprimés en % annuels moyens) Revenu national 6,8 5,0 Production industrielle 8,0 7,4
Secteur A 7,9 7,8 Secteur B 8,3 6, 6 Production agricole 4,3 0,4 Investissements Bruts 6,7 7,0 Chiffre d'affaires du commerce de détail 7,2 6,4 Productivité du travail
Industrie 6,8 6,0 Construction 6,5 5,1 Salaire moyen des ouvriers et employés 4,1 3,6 Rémunération des kolkhoziens 5,5 4,3 Revenu réel par tête 5,5 4,4 Source : Hans-Hermann Höhmann-Gertraud Seidenstecher, "Zum Start ins 10. PlanjahrfUnft. Die Sowjetische Wirtschaft 1976-77", Berichte des Bundesinstituts für ostwissentschaftliche und internationale Studien, n° 8-1977, p. 7). En moyenne annuelle, le taux de croissance de l'économie nationale est tombé de 7,8 % pendant le 8e quinquennat (1966-1970) à 5,5% pendant le 9e quinquennat. En revanche, les faux de croissance planifiés ont été en général atteints dans les pays de l'Europe de l'Est, durant la même période. En comparaison avec la deuxième moitié des années soixante, le taux annuel moyen de croissance du produit national fut pour l'Europe orientale (Albanie et la Yougoslavie non comprises) de 7, 8 % au lieu de 6,5%. En règle générale, les objectifs des plans ont été atteints ou dépassés. Le dépassement moyen pour l'ensemble des pays est plus particulièrement dû à l'expansion inhabituelle de l'économie polonaise (9,8% en 1971-75) et de l'économie roumaine (11,3% en 1971-75), qui avaient les taux de croissance les plus élevés des pays du
Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM, plus connu sous son sigle anglais : Comecon). Ceci est d'autant plus significatif que ces deux pays ont été également ceux où l'on a encore connu une nette augmentation du nombre de travailleurs employés dans l'industrie (2,9% de moyenne annuelle en Pologne pour 1971-1975 et 6,2% en Roumanie pour la même période). En comparaison avec la deuxième moitié des années soixante, les taux de croissance industriels 1971-75 de la Pologne et de la Roumanie ont été plus élevés, tandis au'ils étaient égaux pour la RDA, la Hongrie et la Tchécoslovaquie et qu'en Bulgarie et en URSS, un ralentissement devait être noté par rapport au quinquennat précédent. Etant donné le poids prédominant qu la toujours l'industrie soviétique, le taux de croissance industrielle de l'ensemble des pays européens du CAEM a été ralenti : 7,8% pour la moyenne des années 1971-75, contre 8,4% pour le quinquennat précédent (4). Quant aux objectifs pour la production agricole, ils furent réalisés pour tous les pays d'Europe de l'Est, sauf en URSS (où la production agricole recula en 1972, 1974 et 1975) et en Roumanie (où une croissance exceptionnellement élevée avait été prévue par les planificateurs). Si on compare les résultats obtenus dans les pays de l'Est aux performances des économies capitalistes occidentales, l'image est différente. Malgré leurs difficultés, l'ensemble des pays de l'Est obtiennent des performances qui contrastent avec la , a pris on us, par reporta stagnation occidentale; de ce point de vue, même les résultats modestes ou médiocres obtenus en URSS, par rapport aux objectifs prévus par le plan, apparaissent comme relativement favorables, et la part des pays du CAEM dans la production mondiale s'est accrue. La récession mondiale a toutefois eu des effets néfastes sur les économies de l'Est durant la dernière année du quinquennat, et l'on peut citer à cet égard la cherté des matières premières et des produits semi-finis pour l'industrie chimique, qui a conduit les pays pauvres en matières premières à restreindre leurs importations et, partant, le rythme de développement de leur industrie chimique. Les plans pour 1976-1980 Dans tous les pays européens du CAEM, le rythme de développement de l'ensemble de l'économie nationale se ralentira sensiblement durant les années 1976-1980, en comparaison avec les années 1971-1975. Ceci représente la donnée fondamentale qui résulte des directives adoptées par les congrès des PC au pouvoir et des plans adoptés à leur suite (5). Le rythme de croissance de la production industrielle est également appelé à diminuer en comparaison avec le quinquennat précédent. Ceci représente pour les pays de l'Europe de l'Est (URSS non comprise) une solution de continuité avec le passé le plus récent. Par contre, les taux de croissance modestes de |'URSS se situent dans le prolongement d'une tendance à la baisse. Aucune publication soviétique ou est-européenne ne justifie,bien entendu, ces diminutions des rythmes de développement.
Mais parmi les facteurs dont les planificateurs ont tenu compte il faut sans aucun doute compter les incertitudes qui planent sur l'avenir économique du monde occidental d'une part, et l'obligation de ne plus compter sur un accroissement de la population industrielle (comme cela a encore été le cas durant le dernier quinquennat en Pologne et en Roumanie), d'autre part. La modestie du plan soviétique se reflète dans le tableau II. Tableau Il. 10e Plan quinquennal. Accroissement en 1976-1980 en % par rapport à 1975
Rapport Kossyguine Plan définitif Revenu national 24-28 26 Production industrielle 35-39 36 dont : groupe A 38-42 38 groupe B 30-32 32 Production agricole 14-17 16 • Source : A.N. Kossyguine, "Les grandes options de l'économie nationale de l'URSS pour 1976-80", Moscou, Editions A.P.N.,. 1976; Loi sur le plan 1976-1980, in "Vedomosti verhovnogo soveta SSSR", n° 44, 1976, texte n° 624, p.718. De la comparaison, il résulte quelques enseignements qui ne sont pas dénués d'intérêt. La modestie des chiffres de contrôle mise à part, on remarquera que, dans l'ensemble, les chiffres de contrôle du plan se situent en général dans la fourchette donnée par les chiffres de contrôle de Kossyguine. Toutefois, le taux de croissance donné pour la production industrielle globale se situe plus près de la limite inférieure que de la limite supérieure. Mais ce qui est plus intéressant, c'est le sort des chiffres de contrôle des deux secteurs (groupe A et groupe B) qui, com on le sait, représentent la production des moyens de produ tion et la production des biens de consommation. Comme on le voit, le groupe A est resté à la limite inférieure de la fourchette, tandis que le groupe B (biens de consommation) a vé poussé à la limite supérieure. Cela veut dire que sans pot autant prévoir (comme le faisait le 9e plan pour le quinqui.nat précédent, plan dont la proportionnalité ne fut d'aille un pas respectée) une priorité aux biens de consommation, le Gosplan et le Soviet suprême se sont vus dans l'obligation de leur accorder une importance plus grande que celle qui était envisagée à l'origine. Ceci n'est pas étonnant. En effet, il est prévu que l'accrolicement de la production industrielle de l'Union soviétique devra, pendant ce quinquennat, reposer dans une très large mesure sur un accroissement de la productivité du travail (nous ations déjà vu plus haut que ceci était déjà le cas du quinquennat précédent et que cette même caractéristique était aussi applicable aux plans des autres pays, sauf la Roumanie). Déjà, pour l'URSS, le quinquennat 1971-1975 n'avait pas été fameux du point de vue des résultats sous cet angle (5,8% d'accroisse -ment annuel de la productivité dans l'industrie au lieu c'es 6,8% prévus). D'où la nécessité, afin d'encourager les travailleurs à augmenter la productivité du travail (et l'intensiré du travail), de prévoir, en échange, une amélioration plus grande de la quantité (sinon de la qualité) des biens de consommation.
L'importance de l'accroissement de la productivité dans l'accomplissement du plan est une caractéristique valable pour tous les pays de l'Est. Partout, sauf en Bulgarie et en Roumanie, la croissance des investissements sera inférieure au quinquennat précédent. Partout, les facteurs dits "extensifs" qui avaient encore pu porter le développement économique d'un certain nombre de pays dans la première moitié des années 70, sont en train de disparaître. En particulier, les possibilités d'augmenter le nombre de travailleurs dans l'industrie se heurtent à des limites toujours plus étroites, même en Bulgarie, en Pologne et en Roumanie (6). C'est par conséquent dans une plus grande efficacité des investissements et dans une augmentation de la productivité du travail que les planificateurs de l'Est devront chercher la clé garantissant la réalisation de leurs plans. La productivité du travail est appelée à augmen'ter annuellement dans l'industrie de 5,8% en Allemagne de l'Est (contre 5% obtenus en 1971-75), de 8,5% en Bulgarie (6,9%), de 6,05% en Hongrie (6, 1%), de 7,5% en Pologne (7,5 % également en de de en en Roumanie (6,4%), de 5,3% en Tchécoslovaquie (5,9 %) et de 5,5% en URSS (6%). En Yougoslavie, la productivité du travail ne doit augmenter que de 4% l'an en moyenne, contre 2, 4% pour la période quinquennale précédente. Pour terminer, notons encore qu'alors que l'ensemble de la croissance, et en particuler celle de l'industrie, doit partout se ralentir (sauf en Yougoslavie), la croissance de l'agriculture doit, selon les plans, se faire sans ralentissement. La décélération ne doit pas se manifester au niveau agricole. La Bulgarie, la RDA, la Roumanie et l'URSS, où la réalité 1971-75 était restée largement en-dessous du plan, s'attendent pour 1976-80 à une augmentation de la production agricole plus rapide que pendant les années précédentes. Dans les autres pays la croissance doit être la même (7). Avant de commenter les résultats fournis par les instituts de statistiques des différents pays, il faut rappeler que pour l'URSS, l'année 1976 devait être une année-charnière de grande importance, puisqu'elle était à la fois l'année qui suivait un quinquennat plutôt médiocre et la première année de la nouvelle période de 5 ans. Les résultats soviétiques ont été chaleureusement commentés par la presse : "Le quinquennat a commencé d'un pas assuré" ', titrait la "Pravda" en présentant les résultats de 1976 fournis par la Direction centrale des statistiques près le Conseil des ministres de l'URSS (8), ce que I' "Economist" traduisit, de manière réaliste et avec une pointe d'humour britannique par : "Good but could do better" (Bon, mais pourrait faire mieux) (9). Le tableau III donne quelques indications quant à la réalisation du plan en Union soviétique. Tableau III. Réalisation du plan en 1976.
1976 en % de 1975 Prévision Réalisation Revenu national 105,4 105 Production industrielle 104,3 104,8
Groupe A 104,9 105,5 Groupe B 102,7 103
Productivité du travail : prévision réalisation
Industrie 103,4 103,3 Construction 105,5 103,3 Chemins de fer 103 101,3 Production agricole (1) 104 Revenu réel par habitant 103,7 103,7 . Source : Loi sur le plan 1976-1980, dans " Vedomosti verhovnogo soveta SSSR" ', n°44, 1976, texte n° 624, page 718. Rapport sur l'exécution du plan en 1976, "Pravda", 23 janvier 1977, p. 1. (1) Chiffre non publié par les sources soviétiques. L' "Economist" de Londres (29.1.77), l'estime à 107% de 1975. Cette estimation nous semble exagérée. Comme on le voit, le bilan est à peu près satisfaisant, mais des problèmes commencent à apparaître du côté de la productivité du travail (en particulier dans la construction, talon d'Achille traditionnel en URSS, et dans les chemins de fer). Quant aux autres pays de l'Europe de l'Est, nous présentons ci-dessous brièvement leurs résultats pour 1976, pays par pays. RDA Les taux de croissance de la RDA se sont ralentis en 1976. Le revenu national a augmenté de 3, 7 % en comparaison avec les 5% minimum des années précédentes (et les 5,3% prévus par le plan). La diminution de la croissance économique a été largement due à une diminution de la production agricole (diminution de 9,8% par rapport à l'année 1975, notamment à cause de la sécheresse). La production industrielle a été conforme aux directives du plan (malgré des difficultés dans le secteur de la chimie). Les investissements ont augmenté de 6,8 %. Le déficit de la balance du commerce extérieur avec l'Ouest s'est accru. Les statistiques officielles indiquent que la plupart des objectifs du plan n'ont pas été atteints en 1976. Le revenu national a augmenté de 7% au lieu des 9% réclamés par le plan (et de l'augmentation de plus de 9% réalisée en moyenne annuelle depuis 1971). La production industrielle a augmenté de 8% au lieu de 9,2% et la production agricole de 3,1 % au lieu de 5%. Il n'empêche que les autorités ont annoncé que le plan a été réalisé à 100, 1% dans l'industrie. La seule explication semble résider dans une diminution des objectifs du plan en cours d'année. Plus encore qu'en RDA, l'industrie chimique a connu de grandes difficultés (croissance de 5, 1% au lieu des 13, 4% prévus à l'origine). Les investissements totaux ont excédé les prévisions du plan. Le déficit du commerce extérieur avec l'Ouest a été réduit. HONGRIE De nombreux objectifs du plan de 1976 n'ont pas été atteints et les commentaires officiels eux-mêmes ont admis que le rythme de croissance économique n'a pas atteint les prévisions. En 1976, la croissance du revenu national fut de 3%. La production industrielle atteignit un taux de croissance de 5%
(au lieu des 6% prévus), abstraction faite des industries alimentaires (dont la production n'a crû que de 0,9%, en raison de la perte de récoltes dues à la sécheresse). La production agricole est restée de 3% en-deçà de 1975 (au lieu de croître à raison de 4,2 %). Les investissements du "secteur socialiste" se sont accrus de 3% (conformément au plan qui prévoyait une décélération). Le déficit du commerce extérieur avec l'Ouest a été notablement comprimé. POLOGNE L'année 1976 a été marquée par un ralentissement général du développement économique en Pologne. Le revenu national a augmenté de 7,5% (le plan prévoyait 6%), en comparaison avec une moyenne annuelle supérieure à 10, 1% durant les 5 années précédentes. La production industrielle a crû de 10,7 %en comparaison avec 1975, dépassant l'objectif du plan de 2,5% (mais le plan n'a pas été réalisé dans des secteurs tels que les engrais, le ciment, la chaussure, la viande, les produits laitiers et le sucre). Les résultats agricoles ont subi le double contrecoup de la situation climatique et d'une diminution des investissements : la production diminua de 0,8% en général et de 7,5% dans l'élevage. Les salaires réels augmentèrent de 3,8% contre 13% en 1975. Les investissements polonais ont augmenté de 3,5 %, conformément au plan (ce qui signifie une diminution considérable, mais prévue, de leur croissance : ils représentent environ un quart du revenu national). Le déficit du commerce extérieur s'est aggravé. ROUMANIE La Roumanie est le pays dont les planificateurs ont le plus lieu d'être satisfaits pour 1976. Le revenu national a augmenté de 10,5 % (comme prévu) et la production industrielle de 11,5 % (au lieu des 10,2% prévus). L'agriculture réussit à accroftre sa production brute de 17,2% par rapport à 1975 (qui fut une très mauvaise année étant donné les inondations). La Roumanie est le pays est-européen où les salaires ont augmenté le plus, en moyenne, pour 1976. Le bilan du commerce extérieur a été favorable en 1976. L'ensemble de ces résultats (confirmés pour les deux premiers mois de 1977) doit cependant être relativisé, étant donné les conséquences (jusqu'ici incalculables pour nous, vu la réserve des autorités) du tremblement de terre qui a détruit (ou ralenti le fonctionnement) de nombreuses unités de production. Une personnalité roumaine a parlé d'un "retour de cinq ans en arrière" , tandis que Ceausescu a indiqué dans un rapport présenté devant l'appareil central du Parti et de l'Etat roumain que 763 unités économiques des secteurs de base avaient été frappées par la catastrophe. TCHECOSLOVAQUIE Le revenu national a augmenté de 4% en 1976, par rapport à 1975 (5 % prévus par le plan). La production industrielle augmenta de 5,5% (conformément au plan). La production agricole est par contre restée la même qu'en 1975 (les trois dernières années peuvent être considérées comme de "mauvaises années" pour l'agriculture tchécoslovaque). Les investissements se sont accrus de 5, 2% à peu près conformément au plan. Le déficit du commerce avec l'Occident s'est accru, étant donné que les exportations de produits alimentaires vers l'Ouest - essentielles en vue d'augmenter les exportations aYAR afin de réduire le déficit - n'ont pu être réalisées au niveau prévu par le plan. YOUGOSLAVIE Le produit national a crû de 3,6% en 1976 (moins que dans les pays du Comecon, exception faite de la Hongrie et moins que les prévisions du plan social de développement : 7% l'an jusqu'en 1980). La production industrielle a augmenté de 3,4%. La production agricole a augmenté de plus de 4% grâce à des récoltes record (aucune donnée ne nous est parvenue sur la part respective du secteur socialisé et celle du secteur privé - le plan social prévoit un taux de croissance deux fois plus élevé pour le secteur socialisé). Mais les responsables yougoslaves sont surtout satisfaits de la diminution d'un tiers du déficit du commerce extérieur, obtenue grâce à une augmentation de 20% des exportations face à une diminution de 4% des importations. Le taux d'inflation a également été considérablement réduit (de 30% en 1975 à 10% en 1976, environ), sans que les autorités aient eu recours à une politique administrative des prix ou des salaires. Pour terminer cet exposé par un bilan plus général, disons que l'expansion économique globale des pays de l'Europe de l'Est (URSS non comprise) a été moins vigoureuse en 1976 qu'en 1975. Ce sont en particulier les développements défavorables dans l'agriculture, combinés avec les erreurs et les imprévoyances des planificateurs sur le plan industriel (souvent dans l'industrie de la construction) qui ont été à l'origine des difficultés. Perspectives pour 1977 Le plan annuel soviétique pour 1977, approuvé en octobre dernier, prévoit un accroissement du revenu national extrêmement bas : à peine 4, 1 %, alors qu'il avait été de 5% (prévision : 5,4%) en 1976. Le taux de croissance modeste de 1977 est pratiquement égal à celui de 1975, année catastrophique pour l'agriculture soviétique. Nous sommes loin en-dessous des taux de croissance des années 60 et même de la croissance des dernières années. Le plan de 1977 fixe une augmentation de 5,6% de la production industrielle (performance pour 1975 : 7,5%; performance pour 1976 : 4,8 %). Le secteur A doit croître de 5,9% et le secteur B de 4,9% (l'année 1976 mise à part, il s'agit du taux de croissance le plus bas du secteur de production des biens de consommation depuis 1950) (10). De l'avis de la publication que nous venons de mentionner, le plan 1977 (de même que le plan quinquennal) peut être décrit comme "une tentative de survivre... une tentative d'affronter les problèmes qui se sont accumulés sans essayer d'en atteindre les racines "(11). On ne peut se départir de l'impression que les planificateurs se sont fixés des objectifs très modestes pour éviter qu'il ne leur arrive ce qui s'était passé après les deux premières années du plan quinquennal précédent : un fossé croissant et infranchissable, entre le plan et ses résultats, avant même d'avoir atteint la moitié de la durée du quinquennat. C'est probablement ainsi qu'il faut interpréter (à moins de les réduire à une
trivialité) les paroles de Nicolas Bajbakov, président du Comité du Gosplan, selon lesquelles le plan pour 1977 constitue "une composante organique du 10e plan quinquennal" (12). Pour 1977 également, le taux de croissance des investissements sera très bas, avec une priorité accordée toutefois (comme cela est le cas depuis un certain nombre d'années) aux investissements dans le secteur agricole (13). Avec des variantes, les mêmes remarques pourraient être faites à propos des plans 1977 des démocraties populaires. Le plan de la République démocratique allemande prévoit une croissance du revenu national de 5,5% et une croissance industrielle de 5,1%, tandis que les investissements doivent augmenter de 6,5% et le revenu de la population de 4%. La croissance plus importante des investissements s'explique cepen dant par les obligations incombant à la RDA, en fonction des accords passés au niveau du CAEM, de participer à des investissements conjoints, notamment en URSS. En Hongrie, le revenu national devra croftre de 6 à 6,5% en 1977, notamment pour combler le retard encouru en 1976. La production industrielle doit s'accroître de 6% (avec des pointes pour l'industrie chimique et les constructions mécaniques). Les investissements devront être réduits considérablement. En Pologne, le revenu national croîtra bien moins rapidement que durant les années précédentes (5,7 % en 1977) et la production industrielle également (6,3 à 7,3% en 1977). Les investissements ne doivent pas augmenter plus que l'an dernier. Mais c'est surtout le revenu national distribué qui devra subir un coup (augmentation de 2,3 % seulement), afin de diminuer le déficit considérable de la balance commerciale. La production agricole doit augmenter de 5,3% par rapport à 1976, année dont les résultats ont été, sur ce plan, fort mauvais et loin en-dessous des prévisions du plan. Dans l'ensemble, les tâches de ces plans particulièrement modestes - et il en est de même des plans des autres pays, sauf de celui de la Roumanie (compromis par le tremblement de terre) - sont susceptibles d'être remplies. Le commerce extérieur L'Union soviétique et l'Europe orientale ont augmenté le volume global de leurs échanges internationaux de 9% (6 % en 1975), en particulier grâce à un effort de promotion des exportations. Leur déficit global pour 1976 est estimé par la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe à 7 milliards de dollars US ; en comparaison, le déficit pour 1975 était estimé à 9,2 milliards de dollars US. En fait, la Pologne et l'URSS sont les deux pays qui sont à l'origine du déficit de 1976, car les autres pays ont amélioré leur balance commerciale. Les emprunts - surtout soviétiques et polonais - sur les marchés des capitaux en Occident ont été considérables et la dette totale accumulée des pays de l'Est dans les pays d'Europe occidentale a continué à augmenter. On l'estime à 32 ou 35 milliards de dollars pour la fin de l'année 1976 (14). Dans certains cas, le service de la dette extérieure atteint des proportions considérables : environ un quart des rentrées en devises fortes de la Pologne en 1976, par exemple. Les grèves de juin, dirigées en premier lieu contre les tentatives d'augmenter les prix des produits alimentaires, ont empêché le gouvernement polonais de résoudre ces problèmes au détriment des travailleurs. C'est surtout à partir de 1975-1976, c'est-à-dire après le rush des exportations occidentales en direction des pays de l'Est, que les experts occidentaux ont commencé à s'inquiéter de l'endettement de l'URSS et des autres pays de l'Est, en parlant même de "point de rupture financier" (15). Cet endettement est le résultat de l'accroissement des échanges pendant la première moitié de la décennie 1971-1980, et plus particulièrement des exportations occidentales. Le tableau IV explicite cette croissance : Tableau IV. Echanges commerciaux de l'URSS avec les pays capitalistes développés. (en millions de roubles)
1971 1976 Allemagne 667 3.009 USA 184 2.206 Japon 734 2.120 Finlande 569 1.979 Italie 495 1.778 France 476 1.697 Grande-Bretagne 605 1.232 Pays-Bas 224 542 Suède 196 539 . Source : V. Klodek, "Le Commerce extérieur de l'URSS en 1976", "Ekonomičeskaja Gazeta", n° 18, avril 1977, p.20-21. Le déficit de la balance commerciale soviétique par rapport à l'Occident était (à son niveau record) de 4,8 milliards de dollars US en 1975. Il était de 4 milliards en 1976. Pour comprendre pourquoi cette diminution a eu lieu, il est nécessaire de se pencher sur le déficit de 1975. Celui-ci était, en partie au moins, une conséquence de la récession économique du monde occidental. La récession avait eu pour résultat une diminution des exportations soviétiques vers l'Occident, tandis que les importations avaient augmenté de 26%. En 1976, en revanche, les importations en provenance de l'Occident n'ont plus augmenté que de 11,6 % parmi lesquels, les céréales tenaient une place importante (63% des importations en provenance des USA). La différence est due au fait que 1975 (la dernière année du plan 1971-1975) était une année où un grand nombre de nouveaux projets, nécessitant des investissements importants, devaient être terminés. En revanche 1976, comme première année du nouveau plan, ne nécessitait pas ces importations et, d'autre part, la reprise partiel le dans certains pays occidentaux permettait à l'URSS d'accroître ses exportations vers l'Ouest (de 28 %). Tout le problème est de savoir si ces tendances vont continuer à s'affimer. Il semble bien que non, si, comme il est à peu près certain, l'Ouest n'est pas près de sortir de la crise. D'une part, les programmes d'investissements prévus par le plan 1976-1980 impliquent qu'à partir de 1977, et ce jusqu'en 1980, les importations soviétiques de biens d'équipement en provenance de l'Occident s'accroîtront progressivement.
D'autre part, il est vraisemblable que les importations de blé, qui ont été ralenties après la bonne récolte de 1976, reprendront également à une échelle importante, surtout si l'objectif d'une récolte atteignant les 235 millions de tonnes de céréales pour 1980 n'est pas atteint (ou si la production annuelle moyenne de 215-220 millions de tonnes n'est pas atteinte pour l'ensemble du quinquennat). Le déficit global du commerce extérieur soviétique n'a plus été que de 740 millions de roubles en 1976, alors qu'il avait atteint 2.600 millions de roubles en 1975. Ceci a été largement dû à l'augmentation des prix de l'essence et du gaz naturel soviétiques livrés aux pays du CAEM, tandis que les importations en provenance de ces pays n'augmentaient que légè rement et que, par ailleurs, les importations en provenance du Tiers-monde diminuaient alors que la valeur des exportations vers ces pays augmentaient. Ainsi, le déficit vis-à-vis de l'Ouest était-il en grande partie compensé par un solde positif vis-à-vis des pays "frères" et des pays en voie de développement. Le tableau ci-après illustre la situation : Tableau V. Balance du commerce extérieur soviétique 1975-1976. (en millions de roubles).
1975 1976 Pays occidentaux - 3.564, 1 - 2.992, 1 Tiers Monde + 311,2 + 913,1 Comecon + 478,0 +1.040,8 Autres pays + 138,0 + 298,5 Commerce total - 2.636,9 - 740,3 .Source : "East-West" , n° 175, 25 mars 1977, p.3. Il est vraisemblable que l'URSS et les pays de l'Est feront un effort particulier en 1977 et pendant les années suivantes pour réduire leur dette extérieure. L'URSS peut le faire soit en augmentant ses exportations en Occident, soit en profitant de la détérioration des termes de l'échange avec les "pays frères". Ceci ne manquera pas d'entraîner des répercussions défavorables dans ces pays, y compris au niveau des rapports entre les bureaucraties. Mais il est vraisemblable que l'URSS devra avoir recours à une combinaison de ces mesures, quitte à laisser les "pays frères" se débrouiller pour augmenter à leur tour leurs exportations vers l'Ouest, et, si la dépression continue à l'Ouest, vers le Tiers-Monde. Si aucun de ces moyens n'apporte de résultats tangibles, il restera aux pays de l'Est la possibilité de quémander des facilités de crédit aux pays impérialistes, pour soutenir les importations indispensables. D'ici 1980 : une accumulation de problèmes Les considérations qui précèdent nous ont insensiblement conduits à pénétrer sur le terrain des perspectives générales d'ici 1980. Les problèmes des échanges entre l'URSS et les pays de l'Europe de l'Est, que nous venons d'évoquer ci-dessus, ne seront pas sans incidences sur certains programmes d' investissements importants, conclus à l'échelle du CAEM. Nous avons déjà fait allusion aux investissements conjoints, à participation est-allemande. Pour la période qui va jusqu'à 1980, il a été prévu que les investissements conjoints s'élèveraient à 13 milliards de dollars, dont une partie notable incombera aux partenaires de l'URSS. (4 milliards incombant à la RDA). Toutefois, l'amélioration des termes de l'échange au profit de L'URSS aura pour résultat que ces investissements seront mis en péril, à moins que les partenaires de l'URSS ne réduisent leurs exportations vers l'Ouest. Or, comme nous venons de le dire, il est simultanément de l'intérêt de ces derniers pays d'accroître, et non de diminuer, ces exportations. Ce dilemme posera des problèmes croissants aux partenaires est-euro -péens de l'URSS (Yougoslavie non comprise) d'ici 1980 (16). Ces sombres perspectives pour les économies est-européennes se combinent avec un (très relatif) optimisme de la part de la bureaucratie et des planificateurs soviétiques. Il semble bien que de ce côté, la modestie aidant, les résultats de 1976 et du début de 1977 le confirmant, les objectifs du plan puissent être réalisés avec plus de fidélité que ceux du 9e quinquennat. Des difficultés commencent cependant à se faire jour, du point de vue de l'accroissement de la productivité, avant tout dans le secteur combien essentiel de la construction. Dans l'ensemble cependant, le plan soviétique pourra être exécuté avec moins de difficultés que ceux des autres pays. Une "petite phrase" prononcée par Brejnev au XX Ve congrès indique peut-être quelle est la préoccupation majeure des bureaucrates soviétiques pour les années à venir. S'adressant aux travailleurs des industries du groupe B, du commerce, de l'alimentation publique et des services, il dit: "Je me tourne vers eux pour leur dire : camarades, de vous, de votre travail, dépendent à bien des égards le bien-être et la bonne humeur (souligné par nous G.D.) des Soviétiques" (17). Cette appréciation des conséquences sociales d'une consommation insatisfaisante (les grèves et autres mouvements sociaux fort nombreux en URSS ces derniers temps attestent du réalisme de remarques) est à mettre en regard des préoccupations en matière de productivité du travail : à l'instar de ses frères de par le monde, le travailleur soviétique placé dans des conditions défavorables, est un piètre producteur. A entendre la justification des taux de croissance modestes (par la priorité donnée à l'efficacité et la qualité, selon Brejnev dans le rapportau XX Ve congrès) ,les sociétés de l'Est auraient aujourd'hui atteint un degré de maturité économique qui ne permettrait plus les taux de croissance élevés des périodes précédentes. L'argument est étonnant, car il contredit de manière tout à fait flagrante ce que les mêmes responsables rétorquaient aux économistes occidentaux qui affirmaient qu'au fur et à mesure du progrès économique, les taux de croissance se ralentiraient. En réalité, la cause doit en être recherchée, comme c'est bien connu, dans les multiples goulots d'étranglement que la planification bureaucratique entraîhe au fur et à mesure que l'économie passe du développement dit "extensif" à un développement "intensif". Comment éliminer ces goulots d'étrangle -ment? Pour le faire, il faudraif un changement de politique radical. Tentant, comme il a élé dit plus haut, de "survivre" la bureaucratie de l'ère Brejnev est incapable de le faire.
Ainsi qu'un perspicace analyste ouest-allemand l'a noté, même le terme "réforme" a progressivement disparu de la littérature économique spécialisée (18) pour être remplacé graduellement par celui de "perfectionnement" (des mécanisme de gestion). La bureaucratie, de peur de ne pas dominer la situation, craint de toucher aux mécanismes économiques. On pourrait à ce propos parler d'une nomie et la politique, confirmée par le fait que la vie des partis au pouvoir est, depuis plusieurs années, déterminée par le plan, au point que dans la plupart des pays considérés (URSS en tête), les statuts du parti lui-même ont été modifiés de manière à ce que les congrès cofhcident avec le début de chaque quinquennat. Les rythmes des congrès sont scandés par les rythmes de la planification. Etrange inversion de la part de partis et de régimes qui se réclament, en paroles du moins, d'une doctrine selon laquelle la politique est de l' "économie concentrée" (Lénine), mais pour qui, dans la pratique, elle n'est que de l'économie "diluée" bureaucraties échaudées et apeurées contraste fortement avec les perspectives grandioses qui étaient tracées aux économies des pays concernés, il y a de cela quinze ou seize ans, lorsque les taux de croissance atteignaient encore les moyennes impressionnantes que l'on sait, comparons (tableau VI) les perspectives pour 1980, fin de ce quinquennat, telles qu'elles avaient été brossées en 1961, à l'époque du XX|le congrès et du slogan du "rattrapage des Etats-Unis", avec celles du plan en cours. Tableau VI. L'URSS en 1980.
Prévisions de 1961 Production d'acier (1) Production de charbon (1) 250
1 200 Extraction de pétrgle () 710 Extraction de gaz 720 Ciment (1) 235 Tissus (milliards de m2) 22 Chaussures de cuir (millions de paires) 900-1000 Céréales (1) 311 •Coton brut (1) 10-11 Betterave sucrière industrielle (1) 98-108 Viande, poids brut (1) 30-32 Lait (1) 170-180 Oeufs (milliards) 110-116 (1) millions de tonnes (2) milliards de m3 Comme on le voit, les perspectives du "socialisme avancé" de Léonid Brejnev sont de très loin inférieures au "rattrapage" des Etats-Unis de Nikita Khrouchtchev. Des remarques identiques pourraient être faites à propos des autres pays. Certes, il serait faux de croire que les premiers chiffres aient jamais été pris au sérieux par le prolétaire soviétique. Mais la deuxième colonne n'indique-t-elle pas que l'URSS, même si elle réussit à atteindre ses objectifs, aura fort à faire pour maintenir le "moral" à la production et la discipline du travail, avec une consommation de viande par tête d'habitant qui dépassera à peine la stagnation, compte tenu de l'accroissement démographique ?
NOTES paraison.
"inversion" des rapports entre l'écocou, Editions APN, 1976, p. 43.
fur Wirtschaftsforschung"
• La prudence extrême des politique internationale"
Prévisions de 1976
168,5
805
640
435
8) "Pravda" du 23 janvier 1977.
143-146
12,75
810,5
235
9
11) Ibidem, p. 2
12) " Pravda" du 28 octobre 1976.
95-98
15-15,6
94-96
58-61 p. 23.
mation est probablement exagérée.
1976, par exemple.
tumsbedingungen", op. cit.
op.cit. p. 69.
1) Ettore SALVINI avait publié un examen des résultats de l'économie de l'URSS dans cette même revue (n° 26, 22 mai 1975, pages 21 à 26). On pourra s'y reporter à fin de com2) H.H. Ticktin, "The capitalist crisis and current trends in the USSR", in "Critique" (Londres), n°4, 1975, p. 101. 3) "Documents et résolutions, XXVe congrès du PCUS", Mos4) B.Askanas, H.Askanas, F.Levcik : "Die Wirtschaft der RWG- Ländern 1971-75 und die geplante Entwicklung bis 1980", in : "Monatsbericht des Oesterreichischen Institutes
, n° 3-1976. 5) Rappelons que l'Albanie (à laquelle nous consacrerons un article spécial) ne fait pas partie du CAEM et que l'économie de ce pays n'est pas examinée ici. Quant au nouveau plan social de développement yougoslave, il prévoit une accélération de la croissance (7% de 1976 à 1980, contre 6, 3 entre 1971 et 1975); voir : B.Sefer, "Le plan social de développement de la RSFY pour la période 1976-1980" , in "Revue de
, n°s 632-633, 5-20 août 1976, p.7. 6) En Yougoslavie cependant, l'emploi dans le secteur social doit augmenter au taux moyen de 3,5 %, accroissant le nombre de travailleurs employés de 880 000 environ. Les autorités espèrent ainsi résoudre en partie les problèmes dus au chômage, à l'émigration et au retour au pays des travailleurs yougoslaves licenciés par suite de la crise dans les "pays d'accueil" 7) B.Askanas, H. Askanas, F. Levcik, "Die Wirtschaft in den RWG-Landern 1976 bis 1980 : Verschlechterung der Wachstumsbedingungen", in : "Monatsbericht des Oesterreichischen Institutes für Wirtschaftsforschung", n° 12-1976. 9) "The Economist", 29 janvier 1977, p. 90. 10) "Monthl y Report" (rapport confidentiel sur le développement économique de l'URSS et d'autres pays de l'Est européen), Vol. III, n°35, 10 novembre 1976, p.4. 13) "Les investissements dans la deuxième année du 10e quinquennat", in : "Planovoe Hozjajstvo", n°1, janvier 1977, 14) Des sources américaines ont même parlé de 40 milliards durant la campagne électorale de M. Carter, mais cette esti15) Voir "Le Monde" des 2 mars 1976; 1-2 août 1976; 31 août 16) B. Askanas, H.Askanas, F. Levcik, "Die Wirtschaft in den RWG-Landern 1976 bis 1980 : Verschlechterung der Wachs17) "Documents et résolutions, XXVe congrès du PCUS", 18) Hans-Hermann Höhmann, "The USSR : Economic policy by default", in : "Aussenpolitik", n°1-1977, p. 38.