_ mars 1984, le Front l'arabundo Marti de libération nationale (FMI.N) et le Front E 31 janvier 1984, dans le cadre de la préparation des élections présidentielles de démocratique révolutionnaire (FDR) rendaient publique la proposition d'un gouvernement provisoire de large participation (1). Dans la logique de cette démarche, ils ont accepté la proposition du président José Napoleon Duarte, faite en automne
1984, d'une rencontre qui a eu lieu le 15 octobre dans la ville de La Palma (2). Suite à cette première rencontre, une deuxième a eu lieu le 30 novembre dans la ville d'Aya gualo. A cette dernière occasion, le FMLN-FDR a fait de nouvelles propositions se situant dans le cadre du document du 31 janvier 1984. Le communiqué du FMLN-FDR au peuple salvadorien, que nous publions ci-dessous, dénonce le rejet par Duarte de ces propositions. Dans une conférence de presse, le 23 janvier 1985, le président Duarte a écarté la perspective d'une reprise des négociations en prenant pour prétexte la soi-disant intransigeance du FMLN-FDR au cours de la rencontre d'Ayagualo. Pour sa part,
Duarte n'avait rien d'autre à proposer à Ayagualo que la participation des rebelles aux jouer. (...) Avec l'état de siège permament et aucune possibilité de sécurité, (…..) il est impossible que nous participions. Ces élections seront une mascarade sanglante, faites
La position du FMLN-FDR
élections législatives de mars 1985 ... une fois qu'ils auraient déposé leurs armes. Commentant cette proposition, Guillermo Ungo, président du FDR, a déclaré : « C'est comme si on liait les mains d'un joueur de baseball avant de l'inviter sur le terrain pour par la droite et pour la droite. » (3)
Le Front démocratique révolutionnaire (FDR) et le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) du Salvador utilisent le moyen de cette déclaration pour communiquer à la classe ouvrière et à la paysannerie, aux enseignants et aux étudiants, aux militaires honnêtes des forces armées salvadoriennes, aux militants et combattants révolutionnaires et à tout le peuple salvadorien, les points suivants de nos positions vis-à-vis du dialogue avec le gouvernement du Salvador.
1) La rencontre d'Ayagualo. La deuxième rencontre, qui a eu lieu le 30 novembre à Ayagualo, a représenté un pas en avant dans le processus difficile de la recherche d'une solution politique globale au conflit que connaît notre nation. A Ayagualo, nous étions confrontés à une situation plus compliquée et difficile que celle que nous avons trouvée à La Palma, puisqu'il y avait l'opposition entre deux projets de résolution basés sur des analyses différentes des problèmes du pays, ainsi qu'une discussion des premiers points d'accord concrets dans la recherche de la paix.
2) Les perspectives du dialogue. L'attitude qu'a montrée José Napoleon Duarte, par son rejet de nos propositions pour une solution politique, rejet basé sur un jugement contradictoire et sommaire de ce qui était non constitutionnel, a compromis les possibilités de paix et renforcé les positions des secteurs les plus réactionnaires des milieux d'affaires et de l'armée. Le refus de Duarte d'admettre qu'à un moment ou à un autre dans le processus, il faudra aborder le problème posé par l'existence actuelle de deux armées au Salvador, est contradictoire avec le fait largement reconnu que l'existence
EL SALVADOR de l'armée révolutionnaire constitue un aspect fondamental de la situation réelle de notre pays. Le refus d'accepter une réalité aussi puissante équivaudrait à nier l'existence même de la guerre, et donc les possibilités réelles d'une recherche de la paix. La prétention de Duarte, qui essaie de réduire le dialogue à son « offre » de paix qui ne prend manifestement pas en compte les réalités les plus urgentes de la guerre ni les problèmes les plus importants du pays, est négative ainsi que contradictoire. Après La Palma, et en adoptant une attitude plus constructive, Duarte avait indiqué qu'aucune des parties ne pourrait imposer ses propres propositions de façon unilatérale.
Pour sa part, l'oligarchie a commencé à déclencher toutes ses forces contre le dialogue. Pour ce faire, elle a ressorti les vieilles justifications de défense de la Constitution, qu'elle a toujours violée, et de l'armée, qu'elle a toujours manipulée. Mais, en réalité, aujourd'hui comme dans le passé, la seule chose qu'elle s'intéresse à défendre, ce sont ses privilèges minoritaires et injustes. Ce n'est donc pas un accident si d'Aubuisson (dirigeant de l'AIliance républicaine nationaliste, ARENA, d'extrême-droite, ndlr.) félicite Duarte de son rejet de nos propositions.
Néanmoins, la volonté et la force de tous les secteurs nationaux qui appuient le dialogue s'imposent sur les intérêts minoritaires qui mettent des obstacles à la recherche de la paix. Nous espérons que Duarte comprendra qu'avec cette large force populaire qui appuie le dialogue, continuer à chercher une solution politique viable par des concessions et la suborgarchie fasciste serait une erreur historique aux conséquences graves. En fait, malgré toutes les difficultés, le processus de dialogue a été renforcé depuis La Palma et Ayagualo, en tant que chemin vers
3) La volonté de paix de la part de nos fronts. En ce moment difficile, alors que le contraste entre la compréhension des problèmes et la difficulté de les résoudre a été soulignée, nos fronts FDRFMLN considèrent qu'il est opportun et nécessaire de réitérer au peuple salvadorien que c'est notre volonté sincère pour la paix qui nous motive. Nous avons fait une proposition pour une solution aux problèmes centraux du pays, sans ambiguités ni échappatoires. Par cette proposition, nous avons exprimé notre volonté de faire des compromis dans un cadre de garanties solides de la défense des intérêts commencer de façon graduelle et réaliste, pour permettre toutes les fondamentales de sa réalisation. gualo, nous avons conclu des accords, limités mais d'une grande importance historique, avec la délégation gouvernementale. Nous communiquons de façon concrète les informations suivantes au peuple salvadorien : pour remplir ces accords, nous remettrons , le jeudi 11 décembre à l'Eglise catholique, 42 soldats qui ont été faits prisonniers par des unités de notre armée le ler décembre dans les environs d'El Salto dans le département
4) Appel aux secteurs nationaux. L'instauration du dialogue représente une conquête pour notre peuple. En même temps, son succès, la progression vers une conclusion réussie de ce processus de dialogue, constituent une aspiration de toutes les forces démocratiques et patriotiques du pays. Nos fronts considèrent que c'est seulement à travers la participation organisée et active de tout le peuple que nous pourrons avancer dans le processus
Les propositions du gouvernement et été rendues publiques. Nous appelons tous les secteurs organisés du pays pour exiger qu'ils participent au dialogue et qu'ils expriment librement leurs positions sur la solution politique à la crise natio-
Nos fronts réitèrent leur décision irrévocable de faire avancer le dialogue et d'obtenir des résultats concrets et progressistes, de telle façon que nous atteignions la paix avec l'indépendance et la justice, éléments que notre peuple désire les uns et les autres avec autant de force.
Comité exécutif du FDR, Commandement général du FMLN, San Salvador, le 7 décembre 1984 1. Le texte de ce document a été publié dans Inprecor numéro 170 du 2 avril 1984. FMLN-FDR lors de cette rencontre ont été publiées dans Inprecor numéro 183 du 5 novem-
3. Interview publiée dans Latin America Weekly Report du 1er février 1985.