Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

L'Internationale de la honte

Inprecor n° 194, 15 avril 1985 · p. 27 · 482 mots

Nicaragua

INTERNATIONALE DE LA RESISTANCE * RESISTANCE INTERNATIONAL A L'ATTENTION DU CONGRES AMERICAIN L'avenir de la démocratie est actuellement mis en jeu au Nicaragua. Après quatre ans de dictature (mai 80 - novembre 84) un parti totalitaire - le FSLN - n'a pas réussi à briser la résistance d'un peuple. Ainsi que les élections l'ont démontré, et malgré les pressions organisées par le FSLN, plus de la moitié des électeurs nicaraguayens lui ont refusé leurs suffrages.

La proclamation de l'état d'alerte montre qu'après la relative ouverture qu'ont constitué ces élections, le projet politique du FSLN reste bien la mise en place du totalitarisme.

C'est pourquoi nous considérons que l'aide à tous les secteurs de l'opposition est indispensable pour que les Nicaraguayens puissent se défaire de la dictature d'un parti totalitaire et exercer enfin ce droit qu'ils semblaient s'être assuré en renversant la tyrannie somoziste : choisir librement leur avenir politi-

Ces raisons nous font demander au Congrès des USA, dans un esprit de solidarité démocratique, de reconduire l'aide à la Résistance nicaraguayenne.

La reconduction de cette aide est nécessaire d'un point de vue stratégique : la junte sandiniste n'a jamais caché que son but est l'intégration de toute l'Amérique Centrale en une seule et même entité marxiste-léniniste. Dans raient contraints de se désengager de l'un

L'Internationale de la honte problème.

lesquels votre pays a été fondé.

ce cas, les USA sede leurs principaux traités d'Outre-mer, et c'est précisément l'objectif recherché par la stratégie soviétique : forcer les Etats-Unis à se retirer des régions qui représentent une importance vitale pour eux-mêmes et le Monde Libre. A cet égard, le problème de l'Amérique Centrale - « cinquième frontière » de l'Europe — est aussi un

Cette aide est également nécessaire d'un point de vue moral : l'Occident doit être conséquent dans le soutien qu'il apporte à ceux qui luttent pour bénéficier de ces droits que votre propre Déclaration d'Indépendance a proclamés inaliénables et qui, par conséquent, devraient appartenir à tous

Nous disons au Congrès des USA : refuser l'aide à ceux qui cherchent à exercer ces droits équivaudrait, de votre part, à renier l'esprit de votre propre pays. En cas d'échec au Nicaragua, la situation stratégique dans laquelle se retrouveront les USA sera moins grave que la trahison des principes mêmes sur

La liberté des Nicaraguayens, c'est votre liberté et la nôtre. En ce sens, elle ne se divise pas. Si vous échouez au Nicaragua, nous sommes en droit de vous demander: où allez-vous échouer la prochaine fois ? Si la liberté et la démocratie ne valent pas la peine d'être défendues dans votre propre hémisphère, où valent-elles la peine d'être défendues ? Le Monde Libre attend votre réponse. Ses ennemis aussi.

Parmi les premiers signataires de cet appel on trouve Pierre Daix, Eugène Ionesco, Bernard-Henri Lévy, Leonid Pliouchtch, Emmanuel Le Roy-Ladurie, Vladimir Boukousky.

(*) Publicité payée parue dans le Monde du 21 mars 1985.

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