Le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale, est pleinement partie prenante du mouvement paysan mexicain. Ses militants interviennent de différentes façons. La première et la plus importante, c'est à travers la participation de certains de ses militants et dirigeants à la direction de plusieurs organisations paysannes indépendantes, tant au niveau régional que national. Un bon nombre de dirigeants de premier plan du mouvement paysan sont en même temps des militants du PRT. Et il y a même un nombre très important d'entre eux qui sont aussi membres du comité central du PRT. Ainsi, avec ces dirigeants et ses nombreux adhérents dans les campagnes, le PRT participe de façon unitaire, avec d'autres courants politiques, à l'activité et à la direction de la Coordination nationale « Plan de Ayala » (CNPA).
Les idées politiques et les propositions du PRT ont beaucoup progressé dans la CNPA. Lors du 2e congrès de la CNPA, le PRT a mis en avant trois axes : la recherche d'une plus grande centralisation organisationnelle de la CNPA, basée sur des méthodes démocratiques ; l'importance du développement d'alliances au sein du mouvement paysan ; et la nécessité d'une avancée programmatique du mouvement, avec l'élaboration d'une Loi agraire alternative, démocratique et populaire, élaborée par les paysans et sur la base de leur programme revendicatif. Cette orientation politique a été adoptée, d'abord par différentes organisations paysannes membres de la CNPA, puis par le 2e congrès CNPA. La revendication d'une Loi agraire alternative est aujourd'hui assumée par d'autres organisations paysannes en dehors de la CNPA et a été adoptée comme mot d'ordre central de la mobilisation du 10 avril 1985.
La participation du PRT dans le mouvement paysan s'effectue aussi au niveau électoral. Le PRT a établi un accord électoral très large avec différentes organisations paysannes, dont certaines participent à la CNPA et d'autres non. Il faut souligner, par exemple, l'accord conclu avec la Coordination paysanne (CCRI), l'Organisation des villages de l'Altiplano (OPA), le Comité de défense populaire (CDP), le Mouvement d'uni-
Le PRT et le mouvement paysan dans différents Etats.
pagnes et mobilisations paysannes.
révolutionnaire indépendante fication et de lutte Triqui (MULT), l'Union régionale des terrains communaux et des communautés du sud de l'Etat de Puebla (URECSEP), l'Union paysanne indépendante (UCI), l'Union des villages de la Mixteca Auxaquena (UPM), l'Avant-garde agraire populaire mexicaine (VAPM) et différents groupes locaux de paysans. De plus, un accord a aussi été réalisé dans plusieurs Etats avec le Parti de la révolution socialiste (PRS), une scission récente du Parti socialiste unifié du Mexique (PSUM), qui a essentiellement une base paysanne. Ces accords prévoient des candidatures communes au niveau de l'élection des députés fédéraux et
Plusieurs plans de propagande d'organisation pour une campagne politique commune ont été élaborés. Cette dernière renforce à son tour les organisations paysannes en développant leur présence régionale et nationale, les faisant connaître comme alternative à de nouveaux groupes de paysans de leur région, etc.
En dernier lieu, le PRT, en tant que parti, développe une grande campagne en faveur du mouvement paysan et de ses revendications, les intégrant dans sa plate-forme électorale, dans sa propagande centrale, dans ses interventions aux radios et à la télévision, et participant activement aux cam-
Avec cette politique, le PRT dispose aujourd'hui d'une présence importante dans le mouvement paysan, à tel point que le gouvernement pense que le PRT dirige totalement la CNPA. Ce qui est faux. C'est dans l'unité avec d'autres forces politiques que le PRT participe à la direction de la CNPA. Et, plus important encore, le PRT respecte l'autonomie organisationnelle et politique de la CNPA et de toutes les organisations paysannes régionales. Il respecte leurs décisions, leurs directions, que leurs membres soient ou non affiliés au PRT. Le PRT propose son orientation politique à travers ses militants, mais ne l'impose pas. Si les organisations paysannes l'adoptent, les militants du PRT s'engagent à fond dans cette orientation. Si elle est repoussée, ils respectent cette décision, car c'est là la meilleure façon de maintenir des relations politiques militantes démocratiques entre ces organisations de masse et le PRT.