ES résultats du premier tour des élections générales
— parlementaires et présidentielles — du 14 avril dernier,
Jont finalement provoqué peu de surprises. La majorité des commentateurs politiques nationaux et internationaux s'accordaient depuis des mois sur le résultat, en donnant l'AIliance populaire révolutionnaire américaine (APRA) et son candidat Alan Garcia comme vainqueurs probables. Il reste maintenant à attendre la fin juin pour voir se réaliser pleinement ces prévisions, par l'élection de Garcia à la présidence.
L'APRA sortirait donc finalement vainqueur de ces élections générales, après avoir obtenu, dans ce premier tour, une majorité parlementaire dans les deux chambres
Alan Garcia, le candidat de l'APRA à la présidence de la République, a obtenu
48 % des votes et les candidats parlementaires de l'APRA, 51 % selon des sources officieuses. On peut essayer d'expliquer ce résultat à partir de la chute électorale spectaculaire qu'a connu l'AP, dont le résultat est passé des 47 % des voix obtenues par Belaunde Terry en 1980 aux 5 % obtenues par Javier Alva Orlandini lors du premier tour des élections, le 14 avril dernier. On peut également ajouter le transfert probable d'un certain nombre de voix du Parti populaire chrétien (PPC) et même de IU qui se sont portés sur l'APRA.
L'alliance électorale Convergence démocratique (CODE), composée du PPC, du
Mouvement des bases hayistes (du nom du fondateur de l'APRA, Haya de la Torre) (MBH) et des Indépendants, est passée de 20% en 1980 à 12% aujourd'hui.
Quant à IU, qui avait remporté 30 % des suffrages aux élections municipales de novembre 1983, elle n'en obtient cette fois-ci que 23%. On peut finalement méditer sur la baisse du nombre des votes nuls ou blancs, dont le total est passé de
18 % en 1980 à 9% lors de ces dernières
Ces chiffres témoignent d'un réalignement électoral en profondeur vers les extrêmes, vers les deux classes fondamentales de la société capitaliste, la bourgeoisie et le prolétariat, respectivement derrière l'APRA d'un côté et l'IU de l'autre. Ce processus est accompagné d'une oscillation de très nombreuses couches moyennes des villes et des campagnes.
Les commentateurs politiques nationaux et internationaux résument les résultats du 14 avril en affirmant que c'est une victoire écrasante de la « gauche », avec 70 % des suffrages face à la « droite » gouvernementale. Si ce résultat exprime bien les craintes de la petite bourgeoisie votant pour l'APRA face à l'essor du
Si cela se (sénateurs et dépuparlementaire de l'APRA (1). mouvement ouvrier et populaire sur le
Oil démontre tre part l'aspiration de l'immense majorité du pays, y compris la bourgeoisie nationale ruinée au cours des cinq dernières années, à un changement total de l'orientation suivie par le régime déjà défunt de l'AP et du PPC
La majorité de la bourgeoisie est aujourd'hui derrière l'APRA, qui compte depuis 1978 avec l'appui public des forces armées pour gouverner le pays. Les fractions bourgeoises engagées derrière le régime belaundiste, et qui en ont bénéficié, tels que les secteurs intermédiaires qui parasitaient l'économie ces dernières années sous la férule du capital financier international, se sont retranchées dans les rangs de l'AP et du PPC, condamnées à un irrémédiable isolement politique et social. L'avenir de l'AP, qui est depuis 30 ans le parti populiste-réformiste le plus lucide de la bourgeoisie, dépendra demain en grande partie de la santé de son dirigeant. Bien évidemment, nul ne succèdera à Belaunde pour relancer ce courant politique bourgeois, et ce d'autant plus que l'espace politique de cette organisation est maintenant occupé par le PPC, muni de sa filiation social-chrétienne et du conservatisme sur le plan économique. Son
Luis Bedoya Reyes, admirateur éhonté de Pinochet, est en train de devenir le futur dirigeant des fractions bourgeoises les plus liées à l'impérialisme.
Le vote des couches moyennes s'est déplacé vers l'APRA, pendant que celui de la classe ouvrière et des couches semiprolétarisées des villes et des campagnes s'orientait vers IU. Le changement qui s'est produit depuis 1979 dans les rapports de forces sociaux s'est concrétisé d'un côté par la victoire électorale l'APRA et, de l'autre, par un mouvement ouvrier et populaire en pleine réorganisation, qui n'a pu être défait par la bourgeoisie et qui est parvenu, au travers de IU, à se placer à la seconde place sur le confirme en juin, nous aurons affaire, à un niveau plus élevé et contradictoire, à une réédition du pouvoir absolu dont bénéficiait le régime de l'Action populaire (AP), dirigé par l'actuel président de la République, Belaunde Terry, après les élections de 1980. L'hypothèse d'une surprise, avec une éventuelle victoire de la Gauche unie (IU) à l'élection présidentielle, lors du second tour, victoire qui dépend plus de la direction de ce front que de la volonté unitaire et combative des masses travailleuses du pays, semble avoir été écartée par la décision d'Alfonso Barrantes, candidat de IU à la présidence, de retirer sa candidature. Néanmoins, la coalition IU est déjà la seconde force politique du Pérou et la plus sérieuse opposition terrain électoral, derrière le principal parti bourgeois, qui apparaît comme la dernière carte de la bourgeoisie pour un changement politique dans le cadre de la démocratie parlementaire.
LA FIN D'UNE PÉRIODE
Le nouveau gouvernement va prendre ses fonctions au beau milieu d'une crise profonde et devra essayer de maintenir la domination bourgeoise au prix sans doute d'une usure politique prématurée, liée à sa nécessaire connivence avec les forces armées. Dans les faits, le pays demeurera divisé en deux régimes : l'un parlementaire, basé sur la Constitution approuvée en
1979, et l'autre, militaire, représenté par la dictature féroce instaurée dans 18 provinces du pays pour faire face aux mouvements de guérilla, dans lesquelles le système démocratico-parlementaire est pour le moins un obstacle aux formes actuelles de domination de la bourgeoisie dans ces
Si nous ajoutons à ce fait qui remet en question le projet bourgeois de 1978-
1979, la crise qui s'aiguise de jour en jour sur le plan économique et social, une classe ouvrière représentée au Parlement comme jamais auparavant, une maturation accélérée de la conscience révolutionnaire des masses populaires au travers d'organisations syndicales, de quartier, d'étudiants, de catégories professionnelles, de femmes, si nous intégrons à l'analyse les conquêtes démocratiques et populaires de l'auto-organisation des masses que sont les assemblées populaires, les fronts de défense, les réunions publiques des conseils municipaux et les structures naissantes d'autodéfense comme embryons du pouvoir populaire, nous pouvons affirmer que
1. Sur l'analyse générale des marxistes révolutionnaires péruviens concernant les événements politiques de ces dernières années dans ce pays, se reporter au dossier paru dans Inprecor numéro 192 du 18 mars 1985.
nous nous trouvons face à une situation explosive. Une fois que sera achevée la période politique instaurée par l'élection de l'Assemblée constituante en 1978 et par les élections générales de 1980, lui succèdera une étape de luttes dans le cadre d'un gouvernement de l'APRA disposant d'une majorité parlementaire, d'un accord avec les forces armées, de l'appareil d'un parti de masse discipliné, animé par une doctrine national-populiste et d'une tradition autoritaire.
L'évolution du futur gouvernement sera liée à l'expérience vécue par les masses à partir de son intronisation en juillet prochain et à la tournure que prendront les contradictions à l'intérieur de l'APRA entre la tendance nationaliste et la tendance social-démocrate.
Mais il serait naif de penser qu'avec le maintien des rapports de forces actuels, les mobilisations des travailleurs contre la ruine économique et les actions du Parti communiste péruvien - Sentier lumineux (PCP-SL) et du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA), l'APRA pourra rééditer ou même améliorer l'expérience gouvernementale de ces cinq dernières années.
LES CONTRADICTIONS
A L'INTÉRIEUR DE IU La Gauche unie (IU) représente, l'étape actuelle, l'expression politique réelle des masses travailleuses organisées du pays. Au cours des derniers mois, elle a été soumise à une intense campagne de calomnies et de boycott. Toute opinion critique en son sein était montée en épingle par la presse. Les crédits et les subventions de l'Etat aux municipalités dirigées par IU ont été supprimées et on a essayé de réprimer ce front au travers d'une campagne de type maccarthyste, qui tentait d'identifier IU et Sentier lumineux.
Tous ces faits, qui obéissent à une stratégie bourgeoise concertée, ne peuvent cependant masquer les réelles divergences qui existent au sein de IU. En ne trouvant pas leur solution démocratique, ces divergences ont limité les capacités d'action révolutionnaire de IU et en ont éloigné un nombre non négligeable de membres des couches moyennes qui ont vérifié, par leur propre expérience, les limites de ce front unique pour mener à bien un programme démocratique révolutionnaire et de profondes transformations économico-sociales.
Depuis la mairie de Lima, Alfonso Barrantes, président de IU et candidat à la présidence de la République, a remplacé les mobilisations de masse par la diplomatie et les manœuvres au sommet. Le résultat ne s'est pas fait attendre : le régime d'un côté, et l'APRA de l'autre, ont tiré un avantage immédiat de ce comportement « réaliste ». Mais on ne lui a pas pour autant accordé les crédits qu'il sollicitait, et encore moins les subventions prévues. Et la campagne de calomnies de la presse bourgeoise contre IU n'a pas cessé. Bien au contraire, le pouvoir a réprimé les travailleurs des municipalités, les employés du secteur public organisés dans la Confédération intersyndicale des travailleurs de l'Etat (CITE) qui se mettaient en grève, et les masses populaires des nouveaux quartiers qui se mobilisaient contre l'absence de services sociaux élémentaires comme l'eau et l'électricité. Suivant sa stratégie, Barrantes s'est trouvé contraint de se prononcer contre la montée des grèves et contre SL. La réponse populaire à la crise était pourtant légitime.
L'APRA fut promotionnée par la presse, son leader Alan Garcia appuyait les mobilisations de manière lyrique, et beaucoup de dirigeants de l'APRA ont essayé de diriger le mouvement. Alfonso Barrantes a finalement été obligé par les
L'armée péruvienne en action. (DR)
masses à se porter à la tête de la mobilisation des quartiers, alors que d'un autre côté, il déclarait à la presse que « les luttes actuelles mettent en danger les élections et sont motivées par des éléments inflitrés de SL ». Grossière erreur, si l'on prend en compte le fait que la majorité des organisations syndicales et de quartier en lutte étaient dirigées par des militants et des sympathisants de IU. Ces déclarations ont donc eu de sérieuses répercussions négatives à la base.
L'usure politique de IU, dont parle la bourgeoisie, peut s'expliquer par une perte de confiance des couches moyennes. Cela correspond à des erreurs politiques graves du secteur réformiste qui dirige IU, mais aussi, d'une certaine façon, au manque de décision des masses travailleuses organisées dans le front. La campagne elle-même a été traversée par des contradictions publiques. La sanction prise à l'encontre de Ledesma, membre du comité directeur de IU, les manifestations limitées et l'arrogance du candidat à décider de leur itinéraire et même des orateurs, contrastaient avec la chaleureuse et massive démonstration de sympathie donnée par le peuple travailleur à chacune des apparitions publiques du même candidat aux présidentielles.
LE REPLI TACTIQUE
DE L'« ULTRA GAUCHISME » ? Le PCP(SL) et le MRTA n'ont pas été défaits militairement. S'ils annonçaient bien depuis janvier le « boycott actif des élections » pour les premiers, le « vote nul » pour les seconds, nul ne mettait en doute le fait que l'occupation militaire virtuelle du pays 48 heures avant le premier tour des élections du 14 avril allait limiter à l'extrême toute aventure terroriste à cette occasion. Ce qu'il faut néanmoins souligner, c'est l'inexistence d'une offensive d'attentats que tout le monde prévoyait pour les semaines précédant les élections. Il ne doute que les deux organisations révolutionnaires s'accordent pour un repli tactique de leurs actions tout en restant fermes sur leur stratégie de guerre prolongée.
Les torpeurs du réformisme et de l'opportunisme à l'intérieur de IU sont des obstacles à la mobilisation des masses. Mais non moins condamnable est le manque total d'une analyse objective des rapports de forces que l'on retrouve dans les positions politiques des deux organisations révolutionnaires qui prônent la lutte armée. Elles se trouvent d'ailleurs obligées aujourd'hui à un repli dû avant tout au rejet par les masses de méthodes étrangères à leur pratique, à leurs traditions, leur expérience, à leurs conquêtes, à leur volonté unitaire et combative. Le réformisme comme l'« ultra gauchisme » convergent pour apporter de l'aide à une bourgeoisie divisée qui veut se recomposer autour de l'APRA. Les deux organisations révolutionnaires armées vont donc être obligées non seulement d'effectuer un repli tactique, mais aussi de donner une explication aux masses et à leurs militants totalement dévoués, sur l'abîme qui
exite tente leurs consine poitoues
LA PERSPECTIVE D'UN ÉVENTUEL
GOUVERNEMENT DE L'APRA Le nouveau gouvernement, qui sera proclamé le 28 juillet prochain, devra affronter la crise la plus grave de toute l'histoire du pays. Celle-ci peut se résumer par les éléments suivants : un nouveau record de l'inflation, qui atteindra, estime-t-on, 200 % en 1985 ; un taux de chômage de 61,3 % de la population active ; une dette extérieure supérieure dollars, dont le paiement du service et des intérêts a aujourd'hui plusieurs mois de retard; une situation de guerre civile larvée dans 18 provinces qui comprennent 5 des 25 départements du Pérou (Ayacucho, Huancavelica, Apurimac, Pasco et Huanuco), autant de zones déclarées en « état d'urgence », placées sous le contrôle politico-militaire des forces armées et où prédominent les séquestrations, les tortures, les viols et les exécutions sommaires ; le maintien de la présence de l'impérialisme nord-américain dans l'économie, vers du contrôle du cuivre (Southern) et du pétrole (OXY) par des entreprises exonérées du paiement de dollars d'impôts par an ; un salaire minimum vital qui équivaut à 35 dollars par mois ; un taux élevé de mortalité infantile ; une récession sans précédent, qui a considérablement fait chuter le produit national brut (PNB) en 1983 et un fort taux de dévaluation, qui mettait le dollar américain au taux de 8 500 soles à la fin du mois de mars 1985.
Face à cette situation, la démagogie électorale d'Alan Garcia, dont la propagande a coûté près de 20 milliards de soles selon les estimations (environ 23,5 millions de francs), n'offre pas de réponses précises. Son théoricien le plus prestigieux, l'économiste aujourd'hui député, candidat à la deuxième vice-présidence et pressenti pour être ministre de l'Economie du futur gouvernement de l'APRA, propose les mesures suivantes pour les cent premiers jours de ce gouvernement : réduction de l'inflation dans les premiers mois à un rythme moyen annuel de 60 % ; renégociation de la dette extérieure à long terme en obtenant un nouveau financement ; révision des contrats pétroliers en éliminant les exonérations fiscales ; moralisation de la vie publique ; application d'un programme de pacification nationale, avec la garantie du respect plein et sans restrictions des droits de l'homme et des libertés démocratiques ; mise en œuvre d'une politique de régionalisation et de décentralisation pour les cinq années 1985-1990 ; mise sur pied d'un programme d'Urgence sociale donnant la préférence au développement de la santé, de l'éducation et de l'habitat ; reconstruction économique à travers l'intervention planifiée de l'Etat pour surmonter les déséquilibres extérieurs et intérieurs.
L'APRA est obligée de promettre à la classe travailleuse un programme réformiste bourgeois qui dépend, en dernier ressort, du bon vouloir du capital financier international, principalement américain et, dans une moindre mesure, européen. Ce parti devra se définir face au Fonds monétaire international (FMI) et convaincre les masses populaires d'accepter cinq nouvelles années de sacrifices. Son accord politique avec le groupe Solidarité et démocratie (SODE) de Javier Silva Ruete, ex-ministre de la dictature militaire de Morales Bermudez (au pouvoir de
Get initiateur de l'endettement de notre pays envers le FMI, représente un appui non négligeable pour le gouvernement dans l'étape actuelle de la lutte des classes. Les marges de manœuvre démocratiques de la bourgeoisie sont réduites au minimum et se voient menacées par la militarisation du pays qu'Alan Garcia et l'APRA sont non seulement disposés à tolérer, mais même à approfondir. L'accord politique de ce gouvernement avec la social-démocratie internationale ne représente que peu de choses, comme on peut le constater en considérant l'expérience que vit aujourd'hui le peuple bolivien sous la tutelle du gouvernement de l'Union démocratique populaire (UDP)
Les contradictions de classe, loin de s'atténuer, vont en s'approfondissant. A la militarisation du pays s'ajoutera l'action fascisante de l'appareil de l'APRA qui, depuis 1940, comme pendant la période de l'Assemblée constituante, de 1978 à 1980, et récemment avec l'assassinat d'un militant de IU, utilise la terreur pour imposer sa politique.
La victoire de ce parti bourgeois va jouer un rôle d'aiguillon pour les luttes populaires. Seule une défaite violente des travailleurs, ou l'éventuelle division de IU et le passage de son secteur réformiste à une collaboration ouverte avec la bourgeoisie, pourraient renverser le cours actuel des rapports de classes.
Maintenir le front unique de IU, déson unité contre toute rupture aventuriste qui ne corresponde ni à l'expérience actuelle ni à l'évolution de la conscience des travailleurs et, en même temps, créer un pôle révolutionnaire en son sein, voilà les tâches prioritaires. Le débat entre réformistes et révolutionnaires peut prendre un cours dangereux s'il cède aux provocations bourgeoises et à celles des secteurs dogmatiques. Mais il serait également dangereux de cacher ou d'atténuer les contradictions politiques qui expliquent ces manœuvres.
Il s'agit de défendre la plus large démocratie et l'unité dans l'action de toutes les organisations parties prenante de IU, ainsi que l'intégration de toutes les forces révolutionnaires qui ont demandé cette intégration. Il est nécessaire de se mobiliser avec les masses exploitées et opprimées pour donner satisfaction aux revendications urgentes du peuple, en obligeant le nouveau régime réformiste bourgeois à se définir en épuisant les illusions que les couches moyennes et les secteurs attardés du prolétariat ont en lui. Il est indispensable de ne pas s'en remettre à la petite bourgeoisie ou à la bourgeoisie pour lan-
Un des journalistes assassinés à Ayacucho. (DR) cer des initiatives de mobilisation pour les revendications économiques, politiques et
Get d'impulser une politique correcte d'alliance démocratique révolutionnaire, sans pour autant hypothéquer l'indépendance politique du prolétariat.
La liste des tâches révolutionnaires pour cette période s'allonge aussi des nécessités suivantes : lutter pour le moratoire de la dette extérieure et la fin de la dépendance vis-à-vis du FMI ; prendre la tê te de la lutte en défense de notre souveraineté nationale et pour la nationalisation des mines de cuivre et du pétrole ; exiger la levée de l'état de siège dans les 18 provinces de la Sierra sud-centrale, la libération des prisonniers politiques et le jugement des responsables des atrocités
Ces tâches sont imposées aux révolutionnaires par la situation de crise de notre pays, par la dépendance servile à l'impérialisme des gouvernements qui se sont succédés ; elles sont liées aux revendications économiques des travailleurs pour un salaire digne, pour la sécurité de l'emploi, pour l'échelle mobile des salaires et des heures de travail, qui constituent des réponses à des problèmes dont il impossible de différer la solution. démagogie bourgeoise, qui se propose de donner la priorité à la paysannerie, impose au prolétariat la nécessité d'une politique d'alliance et de mobilisation unitaire avec les pauvres des campagnes. Sans aucun doute, la lutte pour l'unité de IU, pour l'approfondissement et l'extension à l'échelle nationale des comités de base de IU, doit être accompagnée par la construction en son sein d'une direction révolutionnaire. De la résolution de ces tâches dépendra le destin de notre pays et celui de millions d'exploités et d'opprimés.
Esteban MARCOS, 18 avril 1985. 2) Pour la situation actuelle en Bolivie, se reporter à Inprecor numéro 194 du 15 avril