Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

Qui sont les contras ?

Inprecor n° 197, 27 mai 1985 · p. 28 · 950 mots

Nicaragua

agressive de l'impérialisme américain contre le Nicaragua et, pour cela, de déni- NE certaine presse internationale s'est fait fort d'emboîter le pas de la politique

NICARAGUA grer systématiquement le régime sand pu rétablir une partie des faits en présenta lution sandiniste et ses acquis pour les mas culier Inprecor numéro 195 du 29 avril 198

Mais la campagne de presse réactionn une image acceptable des forces de la con qu'y jouent les anciens gardes somozistes. qui a été publié par la revue Latin America rétablir les faits en ce domaine. « LATIN AMERICA WEEKLY REPORT

Un rapport récemment publié par la commission du Congrès américain sur le contrôle des armements et la politique étrangère, a étalé au grand jour la nature des contras, révélant ainsi ce qui se cache derrière ceux à qui Reagan veut apporter son soutien. Ce rapport fait apparaître que, contrairement à des déclarations faites par des chefs politiques du Front démocratique nicaraguayen (FDN), comme Adolfo Calero, 46 des 48 postes de commandement militaire du FDN sont détenus par d'anciens membres de la garde nationale de Somoza.

Les informations contenues dans ce rapport ont été recueillies au travers d'interviews d'officiels de haut rang dans la première force contra - Edgar Chamorro Coronel et Salvador Icaza - qui ont respectivement servi comme membre du directoire civil du FDN et comme officier de liaison au sein du même FDN en 1983 et en 1984. Elles ont été recueillies également au travers du matériel publié par le FDN et au travers d'interviews de groupes Des sandinistes en patrouille dans une zone menac

Qui sont les contras ?

iniste. A de nombreuses reprises, nous avons nt les caractéristiques essentielles de la révoises populaires nicaraguayennes (cf. en parti15). aire se fixe aussi comme objectif de donner tra en minimisant ou en dissimulant le rôle L'article que nous reproduisons ci-après, et Weekly Report du 26 avril 1985, permet de qui aident les contras. Aucune information émanant du gouvernement sandiniste n'a été utilisée dans ce rapport.

Le rapport établit que, pendant que les « fantassins » de l'armée contra sont principalement des paysans, l'armée est, elle, organisée et commandée par d'anciens membres de la garde somoziste.

Quoique le directoire civil du FDN ait été

« nettoyé » pour minimiser le rôle des anciens membres de la garde somoziste, la hiérarchie militaire est restée en grande partie intacte.

Le commandant chargé des questions de stratégie est un ancien membre de la garde somoziste, comme l'est l'ensemble de l'état-major, comme le sont quatre des cinq membres du commandement central, six des sept membres du commandement régional, et comme l'est probablement la totalité des trente commandants de la force d'intervention. Les auteurs du rapport admettent que « le noyau central dù commandement général et central est fluide », mais la structure générale existe néanmoins depuis 16 mois et « les responsabilités de chacun ont été vérifiées » il y ée par des contras. (DR)

a quelques semaines.

Le rapport a été considéré comme « inexact » par le représentant à Washing ton du FDN, un certain Bosco Matamaros, qui a précisé que le poste de commandant chargé de la stratégie n'était pas détenu par l'ancien garde somoziste Enrique Bermudez, comme le dit le rapport, mais par le président civil du directoire du FDN.

Le rapport a mis l'accent sur la direction militaire plutôt que sur la direction civile du FDN, parce que les auteurs ont obtenu plus d'informations sur la fraction militaire et parce que « la question reste ouverte de savoir si les dirigeants civils, qui ont peu sinon aucun pouvoir de décision, seraient à même d'arracher le pouvoir des mains des dirigeants militaires si les forces rebelles remportaient la victoire ». Le rapport de la commission comprend un organigramme du haut-commandement du FDN, avec chacun de ses membres apparaissant sous son nom de guerre. Le coordinateur des différents commandements régionaux, directement sous les ordres de Bermudez, se nomme W. « Tono » Calderon Lopez et est membre de l'état-major ; « le Daim » est responsable du personnel, alors que le chef du contre-espionnage est « le Taureau » ; le G-3 (les opérations) est dirigé par « Mike Lima », et Armando « le Policier » est le chef de la logistique. « L'Invisible », comme son nom l'indique, est responsable de la guerre psychologique.

Ricardo Lau, membre du commandement central et responsable du contre-espionnage, est l'un des dirigeants les plus contestés. Il est plus que probable qu'il ait commis des atrocités, à la fois comme membre de la garde somoziste et pendant qu'il servait dans le FDN. De ce fait, Lau est depuis quelque temps resté dans l'ombre.

Néanmoins, le chef de l'Alliance révolutionnaire démocratique (ARDE), Eden Pastora, et le dirigeant miskito Brooklyn Rivera, ont tous les deux mentionné la présence de Lau au sein du haut-commandement du FDN, ce qui fut la raison principale de leur refus de participer à une coalition avec le FDN. Le rapport affirme que leurs sources de renseignement ont établi que Lau a un poste garanti dans le FDN tant que Bermudez restera commandant chargé de la stratégie.

Le rapport se penche également sur la direction des groupes américains qui ont apporté leur soutien aux contras, matériellement et financièrement. Il les décrit comme « ultra-conservateurs, proches de groupes fascisants » et révèle que la force agissante derrière les principaux groupes est « un petit groupe d'une demi-douzaine d'hommes, la plupart ayant des antécédents militaires ou une expérience de mercenaires ». Le rapport établit qu'ils ont donné aux contras environ 5 millions de dollars (50 millions de francs, ndlr.), mais d'autres sources parlent de 12 millions de dollars.

« LATIN AMERICA WEEKLY REPORT », Londres, 26 avril 1985.

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