Nous publions ci-dessous une interview de Marlène Chow, responsable des relations publiques et internationales de la Commission nationale de soutien au combat-
NICARAGUA tant (Maison du combattant).
« INPRECOR » : - La Maison du combattant a été créée cette année pour faire face à l'aggravation de l'agression impérialiste contre le Nicaragua et renforcer le front de lutte. Peux-tu nous expliquer comment elle fonctionne ?
Marlène CHOW : - La Commission nationale de soutien au combattant est une instance gouvernementale qui exprime la volonté politique du FSLN et du gouvernement révolutionnaire de résoudre les problèmes qui se posent aux combattants. C'est sur cette base que la commission a été formée, au mois de février dernier. Les préparatifs avaient commencé depuis le mois de juillet 1984 et depuis lors des bureaux ont été installés, à Managua et dans différentes régions.
Nous projetons de fonder, aussi bien à Managua que dans toutes les provinces, des maisons de rencontre pour les combattants et leurs familles. Les combattants pourront y expliquer leurs problèmes et obtenir un soutien. C'est pourquoi ces maisons ne doivent pas être des bureaux, mais des lieux agréables où les gens puissent se sentir à l'aise. Par exemple, la maison où nous nous trouvons est assez grande, elle dispose d'une cantine pour les combattants et leurs familles. Soldats du Service militaire patriotique (SMP) au Nicaragua. (DR)
L'aide aux combattants
Interview de Marlène Chow, C'est un local de détente (1).
En même temps, nous nous occupons de la santé et de l'éducation des combattants et de leurs familles. Nous nous efforçons d'éviter que la situation alimentaire du pays ne devienne encore plus dif-
Nous travaillons sur la base de programmes : pour les combattants immobilisés, les blessés, les morts, les orphelins de guerre, etc. Nous organisons le soutien aux combattants mobilisés. Nous nous occupons par exemple de leurs conditions de santé, à partir du moment où ils rejoignent leurs unités militaires. Nous travaillons avec l'aide et sous la coordination des institutions gouvernementales, de même qu'avec des organisations populaires comme l'association des femmes, les Jeunesses sandinistes et autres. Nous traavec des structures de soli- Comment ces programmes de soutien sont-ils appliqués?
- Nous sommes l'instance de coordination de toutes les Maisons du combattant qui existent dans le pays. Cela nous permet d'accomplir des tâches multiples. Nous nous chargeons des rapports entre les familles et les Maisons du combattant des zones où les jeunes sont mobilisés et combattent. Nous assurons l'acheminement de la correspondance et même des visites des familles aux unités qui se trouvent au front. En ce qui concerne la santé, les institutions de l'Etat privilégient les familles des combattants. Nous garantissons que les blessés soient particulièrement soignés, nous prenons en charge leur transport dans les hôpitaux et éventuellement des changements d'hôpitaux, nous recherchons des avions disponibles et des ambulances pour que les transports aient lieu immédiatement.
Nous nous efforçons également d'établir des contacts avec des hôpitaux d'autres pays dans le but d'y faire soigner des camarades qui ont besoin d'une assistance plus spécialisée du fait, par exemple, que nous n'avons pas la possibilité de faire appliquer des prothèses en cas d'amputation. Nous avons terriblement besoin de médicaments et d'instruments médicaux. Nous manquons de tout. Nous souffrons des conséquences de la situation de pénurie, qui se répercute aussi dans le domaine de la santé.
- Qu'est-ce que vous faites pour la réintégration dans la vie civile des blessés après qu'ils aient quitté le service militaire?
- En ce domaine, on peut bien saisir la différence entre la situation dans une armée impérialiste et la nôtre. Nos combattants sont, dans leur majorité, des gens qui ont lutté pour la libération nationale déjà avant 1979. Selon notre conception, nous sommes un peuple en armes. peux voir dans la rue une quantité de personnes en uniformes qui, pourtant, ne font pas partie de l'armée ni des milices. Il s'agit d'une attitude politique. Dans sa majorité, le peuple considère qu'il participe à la défense de la patrie. Les combattants sont entourés de la solidarité de toute la société.
Nous voulons que les mouvements de solidarité sachent que face à l'agression impérialiste, nous ferons tous les efforts nécessaires pour sauvegarder notre unité et défendre le Nicaragua libre.
Propos recueillis par Jorge BUARQUE,
Managua, 20 avril 1985. 1. A Managua, la Maison du combattant est installée dans un grand bâtiment qui a servi, en novembre 1984, de local du FSLN pour la campagne électorale.